Message des Québécois à l’argent des sables: Non merci !

56%

Proportion des Québécois qui préfèrent se passer de l’argent de la péréquation provenant de l’exploitation des sables bitumineux (contre 27%) si cela augmente les gaz à effet de serre. Cela m’avait complètement échappé. J’ai du être distrait. Il se trouve donc que les Québécois ont indiqué en février à Léger Mise-en-marché (ma traduction) ce qu’ils pensaient de l’idée de recevoir de la péréquation provenant des sables bitumineux.

La question était un peu longue, mais factuellement exacte:

Actuellement, l’argent généré par les sables bitumineux en Alberta est une des sources des paiements de péréquation qui profitent à l’ensemble du pays. Ce qui veut dire que le Québec reçoit une partie de l’argent généré par les sables bitumineux. Dans quelle mesure êtes-vous d’accord ou en désaccord avec le fait que les Québécois, à cause de ces paiements, devraient accepter une augmentation des gaz à effets de serre ?

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Pardon pour l’anglais, c’est la seule version en ligne.

Donc, 56% (dont la moitié sont très convaincus) des Québécois préfèrent s’en passer, contre 27% (dont 8% de très convaincus). C’est beaucoup lorsqu’on demande à des gens de renoncer à des chèques. Et c’est dire que la conscience écologique des Québécois résiste au, disons, climat de scepticisme grandissant sur le changement climatique.

Ajout suite à des commentaires:  J’admets que la question aurait mérité d’être mieux écrite. Ceux qui disent non affirment refuser d’accepter les GES en échange des paiements. Il aurait été plus net d’établir les faits puis de demander: Sachant cela, croyez vous que le Québec devrait accepter ou refuser les montants provenant de l’exploitation des sables bitumineux ? — (Tu notes pour la prochaine fois, Steven ?) On m’a aussi demandé si le taux était pour ainsi dire pollué par les non-payeurs de taxes, qui s’en fichent. Or il est de plus de 50% dans toutes les tranches de revenu et de 56,5% chez ceux qui gagnent plus de 80 000$ par an. Tout cela dit, il s’agit bien sûr d’une question ne visant qu’à prendre la température de l’opinion, car il est impossible de départager correctement ces montants. Fin de l’ajout.

On le constate aussi dans la réponse à cette question, portant sur l’intention de vote conservatrice:

D’après ce que vous savez de la politique en matière de changements climatiques du Premier Ministre Harper, êtes-vous plus ou moins enclin à voter pour son gouvernement aux prochaines élections ?

 

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Le détail est encore plus impressionnant. Les politiques de Harper rendent 2,6% des Québécois «beaucoup plus portés» à voter pour lui (Bonjour Jacques Brassard, ça va bien ?).  Mais 40% sont «beaucoup moins portés» à offrir leur vote au PC.

Le sondage a été réalisé du 8 au 10 février auprès de 1002 Québécois et financé par Équiterre et Défense environnementale.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !