Message d’intérêt public: Nouvelles règles libérales encadrant la liberté d’expression au Québec

nonDans un effort d’information publique, ce blogue tient à aviser les citoyens de nouvelles dispositions, applicables immédiatement (même, rétroactivement), encadrant l’usage de la liberté d’expression au Québec.  Les nouvelles règles sont les suivantes:

Nouvelle règle #1:Si vous avez purgé une peine de prison pour un crime commis il y a plus de 40 ans, avez payé votre dette à la société et usez aujourd’hui de votre droit à la liberté l’expression en plaçant dans l’espace public des affiches, sachez que le Premier ministre du Québec pourra vous dénoncer à l’Assemblée nationale.

Le cas en jeu: Rhéal Mathieu, ex-felquiste ayant plaidé coupable à une accusation d’homicide involontaire en 1967 puis condamné en 2000 à un mois de prison de complicité après le fait lors de tentatives d’incendies à Second Cup, coordonne la pose d’affichettes réclamant la démission des députés libéraux pour leur refus de réclamer une commission d’enquête sur des crimes présumément commis en ce moment, dans l’industrie de la construction.

Détail amusant: Le Premier ministre, gardien ultime des droits des Québécois, vous dénoncera au cours d’un débat sur une autre question — la langue — où il affirme ne pas vouloir « brimer les droits fondamentaux« .

Nouvelle règle #2: Si vous opérez un site internet pacifique, à but non-lucratif, représentant une grande diversité de points du vue du mouvement souverainiste, et incluant parfois quelques excès de langage de la part de plumes… fédéralistes et souverainistes, et que vous avez le malheur de relayer un mouvement de liberté d’expression lancé par un citoyen ayant purgé une peine de prison il y a quarante ans, sachez que le Premier ministre pourra affirmer à l’Assemblée nationale que vous êtes « des gens qui proposent la violence au Québec« .

Le cas en jeu: M. Charest a dénoncé le site Vigile.net qui a relayé la campagne d’affichage du citoyen Mathieu, affirmant: « c’est inacceptable ce qui se fait là« . Oups ! Maintenant que j’ai mis ces deux liens, j’ai enfreint ces deux règles et m’expose à une dénonciation du PM. (Transparence totale: je connais les artisans de Vigile.net et soutiens leur valeureux bénévolat souverainiste depuis des années. Vigile.net est un vivant reflet des débats qui ont cours dans le mouvement souverainiste et les fédéralistes paieraient cher pour avoir l’équivalent.)

Détail amusant: La dernière infolettre d’un organisme appelé le « Parti libéral du Québec », datée du 12 octobre 2010, cite le site Vigile.net d’une manière clairement positive. Espérons que, demain, le PM dénoncera cet organisme en chambre pour avoir encouragé les citoyens à aller sur ce site qui « incite à la violence ».

Nouvelle règle #3: Si vous êtes un député élu à l’Assemblée nationale et que vous avez, à même les fonds discrétionnaires que vous distribuez à des organismes divers et de votre choix, versé quelques centaines de dollars à un site internet qui a relayé la campagne d’affichage d’un citoyen qui a purgé une peine de prison il y a 40 ans, sachez que le Premier ministre du Québec pourra vous accuser en chambre de vous « rapprocher de groupes radicaux qui, dans certains cas, ont prôné la violence« .

Le cas en jeu: Au moins trois députés péquistes ont versé de petites sommes à Vigile.net, ce qui a permis à ce site de relayer l’appel à l’affichage du citoyen Mathieu.

Détail amusant: Ces sommes ont aussi servi à Vigile.net de relayer des propos très controversés tenus par des radicaux comme… André Pratte, Lysiane Gagnon, Maclean’s, Nicolas Sarkozy, Jean Charest, etc, etc, etc…

Nouvelle règle #4: Si vous dirigez un parti politique dont certains des élus ont contribué au financement d’un site internet pacifique qui s’est fait le relais d’une campagne d’affichage lancée par quelqu’un qui a purgé une peine de prison il y a 40 ans, sachez que le Premier ministre pourra vous accuser d’accepter de « tenir compte de l’avis d’anciens membres du FLQ condamnés pour des meurtres » et d’accepter « que son propre caucus donne des fonds publics à des gens qui proposent la violence au Québec« .

Le cas en jeu: Pauline Marois a des députés qui ont contribué financièrement au site Vigile.net.

Détail amusant: Grâce à Jean Charest, le site Vigile.net a reçu depuis ce lundi davantage de dons en ligne que n’importe quel autre jour de son existence. J’ai vu sur la liste le nom d’une députée péquiste et d’un ancien-felquiste. Devrait apparaître également le don d’un blogueur de L’actualité, fervent défenseur de la liberté d’expression.

Finalement, la publicité faite par le Premier ministre à Vigile.net, visible entre autres — ai-je déjà donné ce lien ? — sur le site Vigile.net :

Ce contenu a été publié dans Libertés, Parti libéral du Québec par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !