Pour des dividendes à visage humain !

images4-150x150Voici ma citation du jour (en fait, qui date de quelques jours).

Encore un bolchévique qui tonne contre le caractère injuste du capitalisme:

« Que des actionnaires gagnent de l’argent, tant mieux ! Que des entreprises gagnent de l’argent, tant mieux ! Mais je ne peux pas accepter que pour les entreprises du CAC 40 [les 40 plus grandes entreprises françaises], on ait pu distribuer plus de 80 milliards d’euros de dividendes pour les actionnaires et que, en même temps, on explique qu’il n’y a pas d’argent pour les salaires. »

Ce commentaire d’un excité crypto-communiste est arrivé après qu’on ait appris que les salaires français n’avaient augmenté en termes réels que de 0,3% l’an dernier, la plus faible hausse depuis 10 ans.

Les dividendes, eux, ont grimpé de 13% en 2010, pour dépasser leur niveau d’avant la crise, donc battre leur record historique de 2007.

Des excités, comme celui cité plus haut, se sont demandés s’il ne fallait pas introduire une mesure — qu’ils appellent du bizarre terme de « mesure d’équité » — qui ferait en sorte que, lorsqu’une entreprise obtient d’excellents résultats et veut en faire bénéficier les actionnaires et, via des bonus mirobolants, les dirigeants d’entreprise, les salariés aussi (dont on ne voit vraiment pas ce qu’ils viennent faire là-dedans) bénéficient d’une partie du magot.

En fait, la France oblige depuis longtemps les entreprises de plus de 50 salariés à verser aux salariés une « prime de participation », qui varie en fonction des résultats annuels de l’entreprise. Cinq millions de salariés sont ainsi couverts, soit près du tiers des salariés du pays.

Un groupe de radicaux discutent en ce moment d’une façon d’obliger les entreprises qui augmentent leurs dividendes de partager cette manne avec leurs salariés. Pour l’instant, le mécanisme n’est pas au point, les patrons étant, disons, plutôt contre.

Ce groupe de radicaux a un nom, c’est le gouvernement français, de droite. L’excité de la citation du jour est Nicolas Sarkozy.

Reste que la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise, selon un rapport du Sénat, est plus fort en France qu’ailleurs en occident. Y aurait-il un lien entre ce mécanisme et la productivité française ?

Voir cette étonnante carte de la productivité comparée des européens (par heure travaillée) par rapport à la moyenne européenne de 100. On y apprend avec effroi que les Français et les Belges sont plus productifs que les Allemands et les Autrichiens.

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Source: Le Monde (Cliquez pour agrandir)

(Merci à ma collègue blogueuse Diane Bérard pour avoir attiré mon attention sur ce débat.)

 

Ce contenu a été publié dans Gauche efficace par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !