Productivité: les Québécois, meilleurs que les Ontariens!

tobinNous interrompons, comme chaque vendredi, le lancinant commentaire anti-modèle québécois des plumes économiques locales pour vous transmettre ce bref message d’intérêt public.

C’est entendu, les Français et les Américains sont parmi les champions de la productivité, c’est-à-dire de la capacité de produire de la richesse pendant chaque heure travaillée .

Et les Québécois ? Ils ont fait progresser leur productivité plus lentement que leurs voisins ces dernières années mais, comme nous l’avons indiqué ici, c’est en train de changer.

De plus, selon de nouveaux calculs de mon économiste-lucide favori, Pierre Fortin, présentés le mois dernier lors du sommet économique Ontario-Québec, le salarié québécois produit désormais davantage de richesse par heure travaillée que l’ontarien.

En 2009 (US$PPP/heure)

US

ONT

ONT/US

QC

QC/US

QC/ONT

Productivité

$53.12

$42.58

80%

$44.79

84%

105%

Bref, lorsqu’on ajuste pour la parité de pouvoir d’achat (ce que la droite québécoise ne fait jamais, mais que les organisations internationales, même de droite, font toujours) le travailleur Québécois produit 5% de plus de richesse à l’heure que le travailleur Ontarien.

Maintenant, il faut rattraper les Américains et les Français.

Pour les mordus, voici les notes de calcul de Pierre Fortin:

Note: Domestic income per capita is the ratio of GDP to population, converted to current US dollars with the purchasing power parity (PPP) conversion rate. Productivity is GDP per work hour, also converted to US dollar with the PPP rate. U.S. GDP and population are the current estimates from the U.S. Department of Commerce. Ontario and Quebec GDP and population are the current estimates from Statistics Canada (CANSIM tables 384-0001 and 051-0001). Estimates of work hours are calculated from sources and according to the methodology described in Jean-Pierre Maynard, A Comparison of GDP per Capita in Canada and the United States from 1994 to 2005, Catalogue no. 11-624-MIE-016, Statistics Canada, Ottawa, 2007. The average PPP conversion rate for Canada in 2009 is 88 US cents per Canadian dollar (CANSIM table 380-0058). Based on various statistics such as retail prices across Canadian cities (CANSIM table 326-0015), the 2009 PPP conversion rates for Ontario and Quebec relative to the Canadian average are estimated to be 1.054 and 0.959, respectively. This implies that the PPP conversion rates relative to the US dollar are 0.835 = 0.88/1.054 and 0.918 = 0.88/0.959 for Ontario and Quebec, respectively.

Sources: International Monetary Fund, U.S. Department of Commerce, Statistics Canada.

Nous retournons maintenant à notre programme régulier.

Note en petits caractères :

Les billets du vendredi « Temps durs pour les détracteurs du modèle québécois » ne prétendent pas que tout est parfait au Québec, loin s’en faut. L’auteur a d’ailleurs proposé, dans ses ouvrages et sur ce blogue, des réformes nombreuses et importantes visant à surmonter plusieurs des importants défis auxquels le Québec est confronté. Cependant, la série permet de percer quelques trous dans le discours ambiant qui tend à noircir la situation globale du Québec qui, pourtant, affiche d’assez bons résultats comparativement aux autres sociétés semblables.
Ce contenu a été publié dans Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !