Rapaille aurait-il percé le mystère de Québec ?

freud_femme-257x300Il a mis les gens de Québec sur le sofa du psychanalyste et en a tiré une conclusion : ils sont sado-maso ! Ce serait le mystère de Québec, celui que les chefs politiques, les Montréalais, les chroniqueurs et sociologues tentent en vain de comprendre depuis des lustres.

Lui, c’est Clotaire Rapaille, le spécialiste en communication embauché par Régis Labeaume pour relooker la vieille capitale. Il n’a pas encore trouvé la formule-choc, ni le thème de la future promotion de la ville. Mais il a livré hier matin une partie de son diagnostic, fondé sur ses entrevues avec 10 groupes de citoyens choisis au hasard par une maison de sondage.

L’homme est flamboyant et on en rit avec bonheur (Infoman, entre autres, lui a taillé une jolie veste l’autre jour, pointant des invraisemblances dans ses histoires de jeunesse. Voir en fin de billet.)

Mais puisqu’on ne comprend rien à Québec, toute théorie est bonne à examiner. Voici, en quelques citations tirées du compte rendu de Pierre-André Normandin du Soleil, ce qu’il avait à en dire hier. Il note que le phénomène des radio-poubelle existe ailleurs qu’à Québec, mais que son importance, là, le frappe :

«C’est pas uniquement à Québec, mais on ne m’en avait jamais parlé dans mes autres groupes [de discussion]. Il y a un plaisir dans le masochisme, sinon pourquoi ça marcherait? Il y a un plaisir à entendre ‘regardez, on est petit, on n’arrive pas vraiment, on est contre l’argent, on est contre la réussite, on est des porteurs d’eau’.»

Autre idée fixe : Montréal

«À chaque fois que je parle de Québec, les gens me parlent de Montréal. Vous ne pouvez pas vous définir sans qu’il y ait Montréal derrière. C’est très intéressant. Je ne porte pas de jugement, mais ça fait partie d’une tension, d’un rapport qu’il faut découvrir.»

Un peu comme le Canada qui se définit souvent comme n’étant pas les États-Unis. Et il met tout ça ensemble dans un bouquet :

«Pourquoi, les Québécois, vous êtes absolument sûrs d’être accueillants, d’être chaleureux, d’être ouverts à tout le monde, que vous souriez à tout le monde, que vous n’êtes pas comme les gens de Montréal ? Tout ça et, en même temps, vous êtes passionnés par les radios-poubelle, par tous ceux qui détruisent, démolissent. Pourquoi ?»

Il en tire la conclusion préliminaire qu’il devra trouver pour Québec un thème qui reflète ces tensions :

«La tension, c’est ‘est-ce qu’on est ouvert?’ Oui bien sûr, mais on ne veut pas être trop ouvert. On a un truc, une formule, une solution, on ne veut pas la perdre. On n’est pas comme Montréal»

Québec, ville rapaillée !

Le quotidien Le Soleil a invité ses lecteurs à proposer leurs propres slogans. Je retiens, en plus de Québec rapaillé «Québec, la nouvelle capitale», et «Voulez-vous Québec avec moi, ce soir ?»

Mais si nous voulons, chers internautes, contribuer à cette recherche du slogan idéal pour Québec, il faut tous y mettre de sien, d’où que nous venions (transparence totale : je viens de Thetford Mines).

Je vous lance donc le défi. En tentant de coller au diagnostic de Clotaire Rapaille, que proposez-vous ?

Je vous mets sur la piste :

Québec : beaucoup mieux que ce qu’en dit notre radio !

Québec : ouvert, mais ouvert égal !

Québec : on s’aime à s’en faire mal !

Québec : tout sauf Montréal !

Et pendant que vous y réfléchissez, comme promis, Infoman sur Clotaire:

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Photo: Q: Gens de Québec, que voyez-vous dans cette image ? R: Jeff Fillion et Montréal !

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !