Récit de la rencontre Charest / étudiants

Le comité de négociation de la CLASSE a mis en ligne un résumé de la négociation. Voici l’extrait qui concerne la présence de Jean Charest, lundi dernier :

Jean Charest entre dans la pièce, nous salue, explique que c’est le bon timing, qu’il faut que ces discussions soient franches et qu’il espère que cela mènera à des solutions. Il rappelle que depuis le début du conflit le gouvernement a fait plusieurs gestes et qu’il sent qu’aucune gratitude n’a été exprimée pour la bonification de l’aide financière aux études. La grève n’est-elle pas autour de la question de l’accessibilité ?

 

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Nous [les deux négociateurs de la CLASSE] répondons que oui, mais aussi du principe de la marchandisation des services publics et de la tarification. Un enjeu beaucoup plus grand et qui ne peut être compensé par de l’aide financière.

Jean Charest reconnaît que cela est une bonne question et que cela est effectivement une question autour de laquelle nous ne nous rejoignons pas. Quelle solution amener ?

Des états généraux, le débat dépasse les gens autour de la salle et devrait inclure toute la population. Le premier ministre trouve que c’est une bonne idée, que le gouvernement est ouvert à une discussion plus large, cela nous offrirait la possibilité d’exposer nos visions différentes, un forum ou des états généraux règleraient la question après que nous nous entendions sur les enjeux immédiats.

La TaCEQ [la quatrième fédération étudiante] va dans le même sens et affirme que le débat dépasse la question étudiante, que c’est rendu une question de société.

Nous affirmons aussi que le rejet massif de l’entente du 5 mai était parce que le comité provisoire [de discussion sur les économies à trouver dans les universités pour compenser les frais afférents] représentait une discussion beaucoup trop fermée, nous voulons un débat ouvert.

Le premier ministre affirme nous comprendre, dit que ces enjeux ont toujours été dans l’air, mais que le contexte actuel nous permet de croire que cela [un Forum] permettrait de réduire la pression.

La FECQ demande alors quel sera le geste qui sera fait pour régler la question de droits de scolarité. Charest rappelle que pour lui l’enjeu sur les droits se situe sur la question de l’accessibilité, que le gouvernement a fait des gestes importants, qu’il faut voir la satisfaction des gens face à ces gestes, qu’il martèle comme étant concrets et mesurables.

La FEUQ rappelle que ceci n’a amené aucun avantage aux membres et que, dans les faits, c’est 50 000 étudiant-e-s de plus pris avec le problème de l’endettement.

Léo questionne donc le premier ministre à savoir pourquoi, s’il est prêt à investir dans les prêts et bourses, n’est-il pas prêt à mettre de l’argent?

Jean Charest lui répond que le gouvernement a la conviction que ses politiques sont justes, qu’il faut un financement pour garantir l’accessibilité. Pour le gouvernement, notre vision de l’accessibilité à l’éducation qui touche les droits de scolarité est une manière de privilégier les riches. Pour eux et elles, il faut de l’aide financière aux études avec un prix élevé, mais de toute façon vous savez déjà leur vision de l’accessibilité, elles et ils le mettent de l’avant depuis tellement d’années.

La discussion revient sur l’évaluation des universités et le financement. Jean Charest nous dit que 80 % du budget des universités est alloué aux salaires, nous pouvons bien sûr avoir un regard sur la reddition de compte et l’imputabilité. [Le ministre délégué aux Finances] Alain Paquet, quant à lui, met de l’avant le contexte mondial dans lequel le Québec doit s’inscrire.

Jean Charest en profite pour critiquer le Parti Québécois et le gel des années 90.  Jean Charest dit qu’il sait qu’il ne nous convaincra pas et que l’inverse est tout aussi vrai.

Léo demande si le gouvernement a un mandat pour parler de droits, Jean Charest dit qu’il faut discuter dans des conditions moins tendues, il faut mettre la table. Sur ce, il quitte la salle.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !