Sarkozy, les frontières et l’enfermement

quebec.1224351773-150x150Je ne peux m’empêcher de faire ce parallèle. En février 2009, le président Sarkozy avait fait la leçon aux souverainistes Québécois. Affirmant qu’ils étaient coupables de « sectarisme », d »enfermement sur soi », de vouloir définir leur « identité par opposition féroce à l’autre », alors que « si notre identité est forte, on n’a pas besoin d’être agressifs ».

« De qui parlez-vous ? » avaient rétorqué dans une missive carabinée Pauline Marois et Gilles Duceppe, faisant le détail des gestes d’ouverture posés par les gouvernements souverainistes. La question prend un sens encore plus fort aujourd’hui.

Peut-être le Nicolas Sarkozy de février 2009 parlait-il, en le semonçant à l’avance, le Nicolas Sarkozy d’avril 2012.

Car le terme « repli sur soi » pullulent sur les manchettes des quotidiens français depuis que le président-candidat mène campagne contre l’immigration en soi et fait l’apologie, lui le grand européen d’hier, des « frontières », dans un discours ce dimanche:

La frontière est au coeur du problème de l’immigration, au coeur du problème économique, au coeur du problème de la réciprocité, au coeur de la lutte contre les dumpings, au coeur du problème fiscal, au coeur de la lutte contre les trafics.

Son communiqué de campagne présente cet extrait:

Pour Nicolas Sarkozy, l’effacement des frontières quelles qu’elles soient – économiques, culturelles, morales – a été une grave erreur car « sans frontières, il n’y a pas de Nation, pas d’Etat, pas de République, pas de civilisation ».

« La frontière, c’est l’affirmation que tout ne se vaut pas, qu’entre le dedans et le dehors ce n’est pas la même chose, tracer une frontière entre les cultures, le vrai et la faux, la beauté et laideur, c’est le long travail de la civilisation ».

« L’Europe a trop cédé à la religion du libre-échange et de la déréglementation au nom de l’abaissement des frontières, trop cédé à une conception d’un monde sans État » a-t-il défendu.

Pour mémoire, voici comment Infoman avait superbement couvert, et agrémenté, la sortie sarkozyste de 2009:

Pour les mordus, voici le discours intégral de Toulouse de Nicolas Sarkozy:

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !