Schiste: Duplessis serait fier de nous !

duplessis-150x150Peut-être arrive-t-il que Maurice Duplessis et René Lévesque se croisent, au paradis (purgatoire?) des anciens premiers ministres québécois. Si c’est le cas, le premier doit être hilare, le second, bougon.

Hilare, Maurice Duplessis, car l’homme qui vendait le fer québécois 1 cent la tonne aux intérêts américains doit être très fier de ses descendants qui, en ce début de XXIe siècle, bradent les ressources du Québec au moins offrant.

Le scandale de l’exploration du gaz

Charles Côté, de La Presse, nous affichait ce samedi une éclairante comparaison entre les pratiques de la Colombie Britanniques, et les nôtres:

En 2009, les sociétés pétrolières et gazières ont versé 893 millions au Trésor de la Colombie-Britannique pour obtenir le droit d’y faire de la prospection. En 2008, elles ont versé 2,7 milliards. [Dont 1,5 pour le seul gaz de schiste.]

En comparaison, en 2008-2009 et en 2009-2010, au Québec, les permis d’exploration pétrolière et gazière ont rapporté en tout 3,5 millions depuis deux ans.

Comment arrivent-ils à ces montants ? C’est que le Québec fixe un prix de Wal-Mart, soit 10 cents l’hectare l’an, pour le permis d’exploitation. Victoria, elle, fait des enchères, qui font monter le permis à 1 000$, parfois 10 000$ l’hectare par an. Vite, trouvez le cancre, et trouvez celui qui sait vraiment briller parmi les meilleurs et créer de la richesse…

Le pire est que les permis sont distribués pour presque tout le territoire québécois. Il est trop tard pour réparer ce gâchis. Vous comprenez maintenant pourquoi, en haut, Lévesque bougonne à pleins poumons…

Le gaz de schiste, comme l’éolien

D’autant qu’il avait certainement mal pris que sa grande réalisation, Hydro Québec, reste à l’écart du grand développement de l’industrie éolienne. Depuis 2002, les gouvernement Landry et Charest ont réussi à faire en sorte que 3200 des 4000 MW installés sur le territoire d’ici 2015 soient tombées dans les mains d’entreprises non québécoises, dont plusieurs ont développé leur expertise éolienne grâce à ces contrats, sur le tas. Avec le Québec dans le rôle du tas. Avoir échoué à utiliser ces contrats massifs pour forcer un manufacturier à installer une usine de fabrication au Québec fut un tour de force.

Ce blogueur sait que le gouvernement Charest est intervenu auprès d’Hydro Québec pour l’empêcher de faire sa propre soumission pour acquérir un secteur témoin dans le second appel d’offres, ce qu’elle souhaitait faire.

Comme pour le schiste, le gâchis est déjà fait. Car 4000 MW d’éolien constitue le maximum d’énergie intermittente qu’Hydro affirme pouvoir intégrer à son réseau de transport. (Un point vivement débattu, mais passons).

Et le pétrole ?

D’ici quelques semaines, la compagnie Corridor Resources, de Nouvelle-Écosse, dépensera 800 000 $ pour commencer l’exploration de Old Harry, au large des côtes des Iles-de-la-Madeleine. On estime que deux milliards de barils de pétrole y attendent les forages, soit davantage que le projet Hibernia (1,2). Corridor Resources pense commencer l’exploitation du gisement proprement dit l’an prochain ou en 2012.

Elle le fera du côté terre-neuvien d’une frontière imaginaire, jamais légalement reconnue, entre le Québec et Terre-Neuve.

Les Madelinots sont évidemment opposés à ces forages, craignant des déversements comme ceux que vient de connaître le golfe du Mexique.

Que fait l’État du Québec pour s’opposer à cette exploration, pour réclamer un droit de veto, pour exiger une étude environnementale et l’agrément des populations avoisinantes, pour discuter, le cas échéant, de la propriété de la ressource, du contenu québécois dans les opérations et la distribution  ? Rien.

Le seul écho est la volonté d’obtenir l’aval du fédéral pour qu’une frontière soit définie, pour permettre à… Corridor Resource de venir forer du côté du Québec!

Comme pour le gaz de schiste, la décision d’exploiter la ressource pétrolière est déjà prise, au cabinet Charest. Il ne reste que quelques détails à fignoler. Des détails dont Duplessis serait fier.

Presque l’endroit le plus servile pour les mines

L’institut néo-conservateur Fraser émet chaque année le palmarès international des endroits les plus invitants pour les entreprises minières. Ce qui signifie: les endroits les plus serviles, ceux qui bradent leurs droits le moins cher, ceux qui insistent le moins pour la remise en l’état des terres contaminées.

Pendant trois ans, le Québec était couronné par Fraser endroit le plus servile au monde pour les compagnies minières. Cette année, l’Alberta a pris la première place, devant la Finlande, puis le Québec. C’est la seule bonne nouvelle de l’année en matière de colonne vertébrale. La seule raison pour laquelle Lévesque, au ciel, hésite à se suicider…

 

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !