Semaine de lecture: suggestion pour Lucien Bouchard

Le rapport du Bape sera bien sûr une lecture obligée pour le nouveau président de l’industrie du gaz et du pétrole québécois.

On croit comprendre que les scribes du Bape ont eu accès aux documents officiels de l’Environmental Protection Agency. Les journalistes du New York Times ont fait mieux: ils ont eu accès aux documents non publiés, ainsi qu’à 30 000 pages de documents fédéraux et des États, donc plusieurs n’étaient pas publics.

Dans l’édition du NYT du 26 février, ils disent entre autres ceci:

More than 1.3 billion gallons of wastewater was produced by Pennsylvania wells over the past three years, far more than has been previously disclosed. Most of this water — enough to cover Manhattan in three inches — was sent to treatment plants not equipped to remove many of the toxic materials in drilling waste.

 

At least 12 sewage treatment plants in three states accepted gas industry wastewater and discharged waste that was only partly treated into rivers, lakes and streams.

 

Of more than 179 wells producing wastewater with high levels of radiation, at least 116 reported levels of radium or other radioactive materials 100 times as high as the levels set by federal drinking-water standards. At least 15 wells produced wastewater carrying more than 1,000 times the amount of radioactive elements considered acceptable.

Je ne traduis pas tout, mais j’indique qu’en ce dernier cas 116 des puits de gaz de schiste ont produit des eaux usées présentant des traces radioactives 100 fois plus élevées que la norme américaine. Mieux: dans 15 cas, les traces étaient 1000 fois plus élevées que la norme.

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La contamination radioactive en Pennsylvanie, « l’Arabie Saoudite » du gaz de schiste (Cliquez pour agrandir)

Les limiers du NYT citent entre autres une étude interne de l’American Petroleum Institute selon laquelle:

“using conservative assumptions,” radium in drilling wastewater dumped off the Louisiana coast posed “potentially significant risks” of cancer for people who eat fish from those waters regularly.

Traduction: « en restant conservateurs, nous estimons que le radium versé sur la côte de Louisianne pose des « risques potentiellement significatifs » pour les personnes qui mangent régulièrement du poisson provenant de ces eaux ». Autant dire l’essentiel de la population locale !

(Merci à l’alertinternaute Jean-Luc Dion pour ce signalement.)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !