Sondage : l’effet Coderre / l’effet Khadir

En ces temps politiquement troublés, il y a toujours un peu d’humour dans les chiffres.

Prenez le sondage de ce lundi dans Le Devoir et The Gazette. Il faut aller au-delà des réponses sur la démission souhaitée du premier ministre, l’insatisfaction chronique envers les leaders, la confirmation de l’avance du PQ.

C’est dans le détail du sondage de Léger Mise-en-marché (ma traduction) que ce blogueur trouve les pépites d’or de l’opinion politique.

Ainsi, on a suggéré aux sondés qui réclament, à 57 %, le départ de Jean Charest, le nom de neuf remplaçants potentiels. Un quart des répondants n’étaient attirés par aucune des personnes proposées (dont les principaux ministres du gouvernements). Les seuls passant la barre des 10 %: Philippe Couillard à 10 % et le vainqueur: Denis Coderre à 11 %

Ce genre de palmarès est peu utile, car le vote est trop divisé avec un si grand nombre de candidats. Il est préférable de demander si les gens seraient plus enclins à voter pour le PLQ si telle ou telle personne était chef du parti. C’est ce que Léger a fait et c’est là que ça devient franchement super. Voyez plutôt :

Un affrontement Charest/Marois donne actuellement

Charest 31 % / Marois 41 %

Voici l’effet Coderre:

Coderre 30 % (-1) / Marois 43 % (+2)

Vous avez  bien lu. Denis Coderre nuit au PLQ et aide le PQ.

Voyons les autres effets:

Raymond Bachand 25 % (-6) / Marois 48 % (+7)
Nathalie Normandeau 24 % (-7) / Marois 46 % (+5)
Jacques Ménard 23 % (-8) / Marois 47 % (+6)

Bref, il est exact de dire qu’une fois Charest parti, Denis Coderre serait celui qui nuirait le moins…

L’effet Khadir

« Qui ferait le meilleur Premier ministre ? »  40 % des sondés ne savent pas quoi répondre à cette question. Ceux qui ont encore une opinion offrent ce palmarès: Pauline Marois 20% , Jean Charest 18% et Amir Khadir 12%

Or Amir, de mois en mois, réduit l’écart qui le sépare de Charest. Vrai, Charest chute davantage qu’Amir ne grimpe. Qu’importe. Dans cette course de nains, seul le vainqueur compte.

Alors voici la progression du co-chef de QS au cours des derniers mois. Le chiffre indique le nombre de points de pourcentage le séparant du Premier ministre.

2010
Février: – 21
Mars: – 11
Avril: – 9
Juin: – 8
Août:  – 6

Sans pouvoir en être certain, on note ces derniers mois une tendance à la réduction de l’écart Charest/Khadir d’un point par mois. On pourrait donc croire que l’égalité surviendra en février 2011. Puis, Amir dépassera Jean. Mais il ne faut pas tout de suite faire sauter les bouchons de bière dans les locaux de Québec Solidaire. Les derniers points sont toujours les plus difficiles à gagner.

Mais si Amir réussit, deux mois plus tard, il atteindra l’égalité avec… Pauline Marois. Ensuite, son prochain objectif sera le plus difficile, le favori des Québécois: M.  Aucune de ces réponses.

Post scriptum: Autre détail trouvé dans les tableaux du sondage. Pour la première fois, après répartition des indécis, une majorité des francophones (51 %) voteraient PQ.

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !