Franchement, on pensait que la journée de M. Couillard avait mal commencé avec la révélation-choc de son compte en banque dans un paradis fiscal.
Mais il aura accompli l’impossible: nous faire oublier le paradis fiscal en descendant dans l’enfer linguistique. En plus de nier qu’il y ait quelque problème que ce soit avec la langue à Montréal, il a affirmé avec une grande sincérité qu’il estimait que les employés d’usine, dans les chaînes de montage, doivent savoir l’anglais. Pourquoi ? Au cas où un acheteur anglophone voulait se faire expliquer un problème par un salarié.
Robert Bourassa a dû se retourner dans sa tombe. Claude Ryan avec lui.
Cette proposition de bilinguisme intégral dans les lieux de travail est un suicide politique. J’ai dû voir une centaine de débats dans ma vie politique et de journaliste, je n’ai jamais assisté à un tel désastre.
M. Couillard s’était déjà beaucoup amoché en affirmant, sur la Charte, qu’il reviendrait aux chefs de police de décider, chacun chez lui, si oui ou non un policier aurait le droit de porter un signe religieux.
Il avait commencé à s’autodétruire, en début de débat, sur les questions d’intégrité, étant mis sur la défensive à la fois sur le moralement indéfendable paradis fiscal et sur son entreprise fantôme avec Arthur Porter.
François Legault a soulevé un bon élément en demandant comment un ancien ministre de la Santé (Couillard) avait pu s’associer au DG d’un superhôpital, alors que ce dernier devait consacrer 100 % de son temps à la gestion de son institution.
Qui a gagné le débat ? Chacun aura son favori et je vote pour Pauline: elle fut claire, pédagogique, ferme, pratique.
Mais quelqu’un a perdu le débat de façon spectaculaire: Philippe Couillard.
Un ratage historique.