Ce matin, les nouveaux ministres québécois entrent dans leurs bureaux. Les hauts fonctionnaires les accueillent, tous sourires (n’étant pas certain de leur sort prochain), armés de grands cahiers d’information.
Les ministres ne verront pas trace de leurs prédécesseurs, qui ont quitté les lieux avec leur personnel et leurs effets personnels il y a quelques jours. Il y a une froideur dans cette transition qui n’a pas lieu d’être.
On a vu, la semaine dernière, Philippe Couillard reçue par Pauline Marois pour la passation des pouvoirs. Pas de chaleur dans le contact mais, au moins, une rencontre, un décorum, une politesse. Un entretien, ensuite, scripté certes par les adjoints, mais où le dialogue est possible, des messages peuvent être envoyés, sinon entendus.
Il y a surtout le symbole de la continuité du pouvoir et du respect des individus.
Les Français ont deux ou trois choses à nous apprendre sur l’esprit démocratique et républicain. Lors de chaque changement de régime (et de chaque remaniement), la passation des pouvoirs entre ministres se fait en personne.
Le ministre sortant reçoit le nouveau ministre devant le ministère, le conduit au bureau pour un entretien de longueur variable. Les deux ministres se présentent ensuite devant le personnel rassemblé et ils y vont chacun d’un petit laïus. Ils se serrent la main. Le ministre sortant part, le ministre entrant retourne au bureau pour voir aux affaires.
Les journalistes sont présents. Il y a parfois de l’émotion, parfois un peu de tension, parfois de l’humour. Mais toujours ce sens de la continuité de l’État au-delà des individus. Et une sorte de bienséance imposée.
Je le soumets comme suggestion, pour la prochaine fois…
Post scriptum: Il y a parfois des couacs, comme lorsqu’en 2011 le ministre Brice Hortefeux a oublié quelque chose à la fin de la cérémonie. Voir ici:
http://youtu.be/R4rEdgxxhiY&start=59
Mais, bon. C’est l’intention qui compte.