Laïcité: au nom de qui Valérie Plante parle-t-elle ?

Sur la laïcité, Valérie Plante et Denis Coderre sont sur la même longueur d’onde. Mais qu’en pensent vraiment leurs électeurs ?

La mairesse de Montréal a pesé de tout son poids, hier, contre le projet de loi sur la laïcité déposé par le gouvernement québécois. L’opposition officielle à l’hôtel de ville réclame que Montréal soit exempté de son application, rien de moins !

Disons d’abord que les opinions de ces élus sont légitimes et qu’ils pourront l’exprimer dans la consultation qui précédera l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale. Mme Plante s’insère parfaitement dans les traces de son prédécesseur Denis Coderre qui s’opposait, en principe, à ce genre de mesures mais qui avait poussé le bouchon un peu plus loin en laissant entendre qu’il n’appliquerait pas ses dispositions dans sa ville. J’étais à l’époque ministre responsable de la Métropole et je l’avais semoncé à ce sujet (Il avait même récidivé lors de la loi libérale sur l’interdiction du voile intégral, beaucoup plus timide – voir plus bas).

Valérie Plante n’a pas, pour l’instant, franchi ce pas, contrairement à la Commission scolaire du Montréal anglophone qui a clairement affiché sa volonté de ne pas appliquer la loi.

Avant d’aller plus loin, une question de base se pose. Mme Plante et les conseillers municipaux de Montréal ont le droit d’avoir des avis sur la question, mais sont-ils représentatifs de leurs électeurs ? Pour qui parlent-ils ?

Il serait utile d’avoir un sondage effectué dans les limites de la ville de Montréal pour en avoir le cœur net. Nous détenons cependant une intéressante approximation: le sondage effectué par la maison CROP en novembre dernier, donc il y a à peine quatre mois, avec un échantillon représentatif couvrant la Région Métropolitaine de Montréal.

Que découvre-t-on ?

La mairesse Plante se plaint que la loi s’applique aux policiers (et policières) de Montréal, qui sont pourtant sous son autorité. Or qu’ont répondu les Montréalais ?

Interdiction des signes religieux chez les policiers:

65% POUR, 29% CONTRE

Pour ce qui est de l’interdiction chez les enseignants, la marge est aussi forte:

58% POUR, 35% CONTRE

En fait, force est de constater que le projet de la CAQ (et, dois-je ajouter, la position du PQ que j’ai défendue et défends toujours) est MOINS SÉVÈRE que l’opinion exprimée par les Montréalais.

Le projet de loi prévoit une clause grand-père protégeant les droits acquis des policiers, enseignants et juges. Or..

56% des Montréalais sont CONTRE cette clause.
En fait, 48% (contre 44%) préféreraient que les récalcitrants soient CONGÉDIÉS !

L’excellente décision des parlementaires québécois de déplacer le crucifix hors de l’enceinte du pouvoir, le Salon bleu, n’est pas appuyée par les Montréalais:

54% auraient préféré MAINTENIR LE CRUCIFIX au Salon Bleu, contre 30% favorables à son retrait.

La conclusion coule de source. Dans ce débat, le PQ et la CAQ cherchent un point d’équilibre entre la volonté populaire favorable à la laïcité et ceux qui y sont opposés. Le PQ et la CAQ ont mis de l’eau dans leur vin, pour maximiser les chances de succès de la réforme.

Pour l’instant, on ne peut en dire autant de la mairesse. Dans le doute, peut-être devrait-elle écouter ses citoyens.


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18 septembre 2017

Lettre ouverte à M. Denis Coderre: Montréal fait partie du Québec

Monsieur le maire, cher Denis,

Vous me savez partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole. Je m’y étais engagé lorsque j’étais ministre de la métropole et l’ai appuyé comme chef du Parti Québécois. J’estime d’ailleurs que la loi votée par le gouvernement libéral est encore trop timide. En habitation, par exemple, j’aurais aimé donner davantage de latitude à Montréal pour mieux répondre aux besoins criants de logements sociaux et abordables.

Je dois cependant exprimer mon désaccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble.

Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise.

Dans votre prétention d’exclure Montréal des décisions de l’Assemblée nationale, vous semblez oublier un élément essentiel. Les Montréalais sont représentés à l’Assemblée nationale par des députés de plusieurs partis. J’en suis. Les questions d’immigration et de laïcité font partie des enjeux qui déterminent le vote des électeurs montréalais au moment de leur choix de députés.

Vous indiquez avec raison que les décisions que nous pourrions prendre sur le port de la burqa ou du niqab, par exemple, aura davantage d’impact à Montréal qu’en régions. Vos collègues maires des régions pourraient utiliser votre argument et se déclarer maîtres des décisions touchant la forêt, les mines, les pêches. Ils ne le font pas.

Vos déclarations de cette semaine font craindre une dérive malsaine. Souhaiterez-vous demain soustraire Montréal de certaines dispositions actuelles ou futures de la loi 101 ? Du Code du travail ? Du Code criminel ?

Le maire et les élus de Montréal sont des personnes importantes qui doivent bien sûr être consultées sur un ensemble de sujets qui peuvent avoir un impact sur la vie dans la cité (…). Mais les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises à l’Assemblée nationale. Montréal a droit au respect. L’Assemblée nationale aussi.

Bien cordialement,
Le député de Rosemont,

Jean-François Lisée


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L’appui à la souveraineté: état des lieux

Où en est l’opinion sur la question centrale de la souveraineté ? Il y a la façon régulière de voir les choses, comme dans ce graphique qui recense les sondages publics de CROP et de Léger:

Moyennes annuelles des sondages Crop (+ Léger en rouge lorsque écart), répartition proportionnelle des indécis. En 1980 et 1995, le vote référendaire effectif.

Moyennes annuelles des sondages Crop (en bleu) et Léger (en rouge lorsqu'il y a écart avec Crop). En noir, les résultats référendaires effectifs.

Moyennes annuelles des sondages Crop (en bleu) et Léger (en rouge lorsqu’il y a écart avec Crop). En noir, les résultats référendaires effectifs.

Le graphique donne l’impression d’une grande stabilité, donc d’une disponibilité presque ininterrompue de plus de 40% de souverainistes qui seraient mobilisables électoralement, pour peu qu’on fasse la promotion active de la souveraineté ou que les partis souverainistes s’unissent.

Voici maintenant le graphique du Groupe de recherche de l’opinion publique, qui sonde pour le PQ sur les 10 dernières années, et qui témoigne de variations beaucoup plus fortes depuis avril 2011 (notez que la question posée est celle de 1995 souv/offre de partenariat alors que CROP et Léger ne demandent que souv depuis avant 2000):

Source: GROP Cliquer pour agrandir.

Source: GROP
Cliquer pour agrandir.

Source: Grop. Cliquer pour agrandir.

La situation est malheureusement plus complexe (pour le Oui et pour le Non). D’abord ces tableaux ne tiennent pas compte de la variation du nombre d’indécis qui sont, par définition, non décidés donc non mobilisables. Ensuite, ils ne nous disent rien sur l’intensité de leur conviction.

Par exemple, la grande majorité des Québécois sont contre la monarchie, mais si un parti décidait d’en faire un enjeu électoral, il apparaîtrait clairement que cette opposition à la monarchie n’est pas d’une intensité suffisante pour motiver un choix électoral, entre tous les sujets abordés pendant l’élection.

Une autre façon de poser la question est celle de la firme EKOS, qui met l’électeur québécois devant un autre choix: entre l’indépendance complète et le statu quo. Voici l’évolution:

http://ipolitics_assets.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/2014/04/Screen-Shot-2014-04-04-at-3.07.58-PM.png

Source: Ekos.

La stabilité du vote souverainiste est beaucoup moins visible ici.

Dans les entrailles des souverainistes

Depuis des décennies le Groupe de recherche sur l’opinion publique scrute la solidité de l’intention souverainiste en posant quatre questions:

1. Le fédéralisme canadien est/n’est pas réformable de manière à satisfaire à la fois le Québec et le reste du Canada (le bilan que le répondant tire de la relation);
2. Le Québec possède /ou non le droit à l’autodétermination (le droit de partir);
3. Le Québec a/n’a pas les capacités d’être un pays souverain (est-on capables?)
4. La souveraineté est réalisable (faisabilité)

Pour le GROP, 4 réponses Oui donnent un souverainiste décidé, 3, un modéré, 2, un centriste, 3 et 4 réponses Non donnent un fédéraliste modéré ou décidé.

Pierre Alain-Cotnoir, de GROP, explique:

Nos recherches ont révélé que les répondants « centristes » sont ceux dont les opinions demeurent les plus volatiles. Si on les interroge à deux moments différents, ils pourront être passés de POUR à CONTRE la souveraineté lors d’un référendum, tout comme du PQ au PLQ ou à la CAQ dans un court intervalle de temps. Ils possèdent peu de représentations politiques et se montrent peu intéressés par l’actualité politique.

C’est donc que, sur les 40 % de sondés qui répondent oui à la question référendaire, incluant les indécis répartis contre leur gré, les centristes sont peu mobilisables. L’important est de savoir quelle est leur importance relative. Elle évolue dans le temps. Dans le mauvais sens:

En 1995, année référendaire:

 1995

En 2002:

2002En 2004:

2004.En mars 2014:

2014

Les constats sont clairs mais on peut en conclure qu’il n’y a désormais que 28% de l’électorat qui est mobilisable sur la question de la souveraineté. Cela est proche du vote péquiste d’avril, soit 25%. Il n’y a donc pas de « réservoir » de 15% de souverainistes supplémentaires qui auraient quitté la barque parce que le PQ n’insiste pas suffisamment sur l’indépendance. (Je ne dis pas qu’il est impossible d’augmenter ce nombre par une meilleure et plus intense pédagogie et engagement, je dis qu’au moment de l’élection, ils n’existaient pas.)

Autre indice concordant: si 40% des Québécois se disent souverainistes, mais que 72% d’entre eux ne veulent pas de référendum, le chevauchement entre ces deux ensemble nous ramène aux centristes.

Il faut voir aussi qu’il est faut de prétendre que 60% des Québécois sont des fédéralistes convaincus. Ils ne sont que 48%. C’est beaucoup, mais c’est moins que 60%.

L’autoidentification

Le GROP a utilisé également une autre technique pour vérifier l’intensité du vote souverainiste, en posant une question de degré. Celle-ci:

« Sur une échelle de 0 à 10, où zéro signifie que le Québec doit demeurer une province comme les autres et 10 où le Québec doit être un pays souverain, où vous situez-vous? »

Moyenne des évaluations totales données par les sondés. La courbe en zigzag montre les résultats bruts, la courbe lisse la tendance sur 10 ans. Source: GROP

Moyenne des évaluations totales données par les sondés. La courbe en zigzag montre les résultats bruts, la courbe lisse la tendance sur 10 ans.
Source: GROP

Et pourtant !

Et pourtant, pendant la même période, les Québécois se sentent de moins en moins canadiens. La chose est abondamment étayée par des sondages.

graphique-identiteLe graphique ne va que jusqu’en 2011. La dernière donnée disponible date de mai 2013. Elle affiche un niveau historiquement record: 70% d’autoidentification québécoise, pour 13,5% de Canadiens-français et 14,5% de Canadiens.

Voici le graphique jusqu’en 2013:

Source: GROP.

Source: GROP.

Il est frappant de mettre cette courbe en parallèle avec la précédente, sur la baisse de l’autopositionnement souverainiste sur la même période. Il y a un double mouvement: des Québécois francophones de moins en moins canadiens, et simultanément de moins en moins souverainistes.

Le résultat, il est résumé ici par Pierre Foglia en janvier 2012:

De facto, le Québec est séparé du Canada émotivement, spirituellement, intellectuellement, mais aussi idéologiquement, culinairement, sportivement, agronomiquement (de moins en moins de cornichons), scientifiquement, géographiquement, poétiquement, linguistiquement, musicalement, esthétiquement, philosophiquement, économiquement, sexuellement, absolument, totalement. Et cela n’a rien à voir avec M. Harper.
(Merci à l’alertinternaute Marie Y.L. pour ce signalement.)

Cette dichotomie entre détachement canadien et désintérêt pour la souveraineté doit avoir plusieurs causes. Le sondeur canadien anglais Frank Graves, président d’Ekos, semblait parler d’eux en fin de campagne lorsqu’il a écrit que deux facteurs expliquaient le déclin de l’appui à la souveraineté, les craintes économiques (un classique) et:

The second factor is less obvious, but no less powerful: Quebecers’ emotional ties to the rest of Canada have unravelled to such an extent that a kind of mental separation has already occurred — diminishing the case for a legal separation. […]
In emotional and symbolic terms, Quebec has already left the building. Quebecers seem content with this achievement and they have little appetite for taking on the risks associated with complete independence.

(traduction: Le second facteur est moins évident, mais pas moins puissant. Les liens émotifs du Québec avec le reste du Canada ont faibli à un point tel qu’une sorte de séparation mentale est déjà établie — diminuant la nécessité d’une séparation légale. […]

En termes émotifs et symboliques, le Québec est déjà parti. Les Québécois semblent satisfaits de cette réalisation et ils ont peu d’appétit pour les risques associés à l’indépendance complète.

Qu’en conclure ?                                                                              

Le résultat du 7 avril nous oblige à un exercice de grande lucidité. L’analyse doit nous permettre de faire un état des lieux sans fard, pour ne pas nous lancer dans des solutions factices.

Certains tireront profit de ces chiffres brutaux sur l’intensité de la volonté souverainiste pour nous inviter à abandonner notre objectif indépendantiste. C’est déjà commencé et ça n’arrêtera pas. Nous savons pour notre part que plusieurs grandes idées et plusieurs mouvements politiques ont connu des périodes creuses.

Pensons simplement que les conservateurs canadiens ont été presque rayés de la carte en 1993 et ont connu une traversée du désert qui a duré 13 ans. Treize années de défaites successives. Je ne me souviens pas avoir lu Chantal Hébert ou Alain Dubuc les inviter à se faire hara-kiri et à renoncer à leurs valeurs et à leurs idées, comme ils le font aujourd’hui avec nous.

Que l’indépendance du Québec et son navire amiral, le Parti Québécois, soient dans une période difficile, c’est indubitable. L’aveuglement serait de ne pas le voir.

Mais l’indépendance a été, est et reste la meilleure proposition d’avenir pour le peuple québécois. Le Parti québécois a été, est et reste le meilleur véhicule d’affirmation identitaire, de progrès social, économique et environnemental au Québec et le meilleur véhicule pour porter (du moins principalement) le projet indépendantiste.

Le reste est question de moyens.

CROP : deux autres experts se prononcent

L’expert en sondages Pierre Drouilly, de l’UQAM, et le politologue Guy Lachapelle, de Concordia, critiquent ce vendredi dans le Journal de Montréal les pratiques de sondage de CROP.

Pierre Drouilly revient sur la sous-représentation des 18-24 ans dans les derniers sondages :

« Ce n’est pas acceptable. C’est une distorsion importante de la réalité, surtout quand on sait que c’est ce groupe d’âge qui est principalement opposé à la hausse des droits de scolarité et à la loi 78. L’échantillon n’est pas donc pas représentatif. »

Guy Lachapelle critique l’impossibilité pour les sondés de CROP par Internet d’exprimer leur indécision :

« En forçant les gens à avoir une opinion, on ne se retrouve pas avec un échantillon représentatif de la population. Ce n’est plus l’opinion publique que l’on cherche, mais l’opinion de gens intéressés »

Fin de l’épisode.

Le président de CROP nous écrit

Mes deux billets sur les errements de CROP ont convaincu le président de la maison de sondage, Alain Giguère, à nous envoyer la réponse que voici. Je la commente brièvement plus bas.

Le message et le messager
Par Alain Giguère, Président de CROP

Dans des moments d’intensité comme en vit le Québec, il y a des réalités qui dérangent. On le sait, le débat qui fait rage actuellement au Québec polarise énormément. Il faut toutefois garder une certaine perspective de manière à ce que les faits veuillent encore dire quelque chose.

Il est clair pour nous que les sondages sur le sujet sont des photos prises à des moments différents dans le temps et qu’ils reflètent de façon tout à fait fascinante l’évolution et la division des Québécois sur l’enjeu de l’heure au Québec. CROP s’est afférée à suivre cette mouvance avec sa rigueur habituelle. Le premier sondage a été réalisé au moment où ni nous ni le public ne connaissions tous les aspects de la loi 78. Nous savions qu’elle suspendait les cours, prévoyait un retour en classe en août et qu’il y aurait des amendes pour ceux qui empêcheraient le retour en classe. À ce moment, 66 % des Québécois étaient en faveur de la loi. La Presse et Le Soleil ont fait mention des limites de ces résultats.

Une semaine après, notre question sur l’appui des Québécois à la loi 78 donne un résultat de 51 %. Les Québécois ayant été informés des aspects plus « contraignants » de cette loi, l’appui a diminué. Fait intéressant, lorsqu’on décortique les questions de ce second sondage, tous les aspects qui étaient mentionnés lors du premier sondage recueillent autour de 66 % d’appui (et même plus dans certains cas). Ce sont les perceptions reliées aux libertés fondamentales des citoyens qui font baisser le résultat à 50 % (élément que nous n’avions pas sondé lors du premier sondage).

Il faut vraiment être de mauvaise foi pour voir dans ces résultats « des erreurs » de CROP. La situation a évolué, notre questionnaire aussi, les résultats conséquemment. D’ailleurs, si l’on met de côté un peu l’appui à la loi et si l’on ne s’attarde globalement qu’à l’appui aux étudiants ou au gouvernement, ce dernier obtenait 68 % d’appui lors du premier sondage, 64 % lors du deuxième. Deux sondages erronés de suite ?

Nous sommes en affaires depuis 1965, nous collaborons avec différents médias dont La Presse depuis 1969. S’il y a un aspect qui caractérise fondamentalement la culture corporative de CROP, c’est certainement cette passion du métier, de mettre en place les meilleures méthodes et outils, et ce, afin d’explorer avec le plus de finesse possible les besoins des gens, de la population, des citoyens et des consommateurs. Jamais il n’y a eu de raccourcis méthodologiques à CROP. Nous cherchons constamment les meilleures approches pour répondre le mieux possible aux interrogations de nos clients. Et si de surcroit nos travaux sont publiés, s’ils se retrouvent sur la scène publique, cette passion se transforme en obsession : celui qui nous publie, qui s’affiche avec nos résultats a droit au meilleur de nous-mêmes !

Sommes-nous infaillibles ? Qui peut le prétendre ? En affaires depuis 47 ans, il est clair que les lois de la statistique nous ont rejoints à l’occasion. Il est dit que dans notre métier nous pouvons nous tromper une fois sur vingt et CROP peut être fière d’avoir une moyenne au bâton bien en deçà de cette règle. Nous sommes plus que fiers du bilan de nos pratiques depuis toutes ces années.

Aussi engagés puissions-nous être à l’égard de nos travaux, à un moment donné ils nous échappent. Après publication, le public s’en empare et ils entrent dans l’arène politique. Ils viennent, sans qu’on le veuille, supporter le point de vue de certains acteurs, contrecarrer celui de certains autres. Les sondages encouragent ou dérangent. Ils deviennent le catalyseur des uns et le fossoyeur des autres.

Dans l’arène politique tous les coups sont permis, y compris de tenter de remettre en cause le messager, dans ce cas-ci le sondeur, quand le point de vue dérange. Nous, nous ne faisons pas de politique. Nous n’avons pas d’agenda, pas de jupon qui dépasse. Nous ne nous prenons pas pour Parsifal en quête d’absolu ! Nous faisons des sondages avec professionnalisme et passion.

Mon commentaire :

C’est une réponse qui n’en est pas tout à fait une. M. Giguère esquive complètement la question de la sous-représentation des 18-24 ans dans ses sondages — le reproche principal de mon premier billet. Il admet que CROP n’est pas infaillible. Mais il n’aborde pas le principal reproche du second billet : pourquoi, à des moments cruciaux, quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ ?

J-F Lisée

L’heure avancée de CROP

crop-ligne-dureL’éditorialiste du Soleil, Pierre-Paul Noreau, débutait ainsi son texte de samedi dernier: « L’important sondage de la maison CROP diffusé aujourd’hui remet les pendules à l’heure à un moment crucial de la crise sur la hausse des droits de scolarité. »

Le sondage « remet les pendules à l’heure ». Pourquoi ? Quelqu’un les avait-elle détraquées ? Il faut croire que oui. La semaine précédente, un sondage CROP réalisé pour partie avant que les détails de la loi spéciale soient connus avait conduit La Presse et Le Soleil à titrer que 66% des Québécois favorisaient « la ligne dure ».

Avec le recul, on sait que ce n’est pas le cas. Une semaine plus tard, le nouveau CROP présentait un électorat divisé sur la question, comme ce qu’avait indiqué un sondage Léger le lundi précédent. Les pendules avaient en effet été remises à l’heure.

Et il fallait voir avec quelle vigueur le directeur de l’information de La Presse, Éric Trottier et son adjointe Katia Gagnon devaient défendre la crédibilité de leur journal et de leurs sondages CROP, samedi matin et ce mardi dans la gazouillosphère. Je veux être extrêmement clair sur ce point. L’intégrité professionnelle de Trottier et celle de Gagnon est impeccable. Comme l’écrivait récemment le collègue Patrick Lagacé, les journalistes de La Presse ont puissamment contribué, ces dernières années et notamment sous la direction de Trottier, à révéler scandale sur scandale au sujet du régime libéral.

À mon avis, et connaissant personnellement les joueurs, La Presse est la victime collatérale des erreurs de CROP, comme celles que j’ai mise en lumière ce mardi sur l’incroyable sous-représentation des 18-24 ans dans un sondage destiné à juger d’une crise provoquée par… des 18-24 ans !

Quand La Presse nettoie derrière son CROP

On doit à la vérité de dire que ce n’est pas la première fois que La Presse doit nettoyer derrière son CROP.  Au moment de l’élection fédérale de janvier 2006, La Presse avait du présenter ses excuses en première page pour une erreur de calcul de CROP.

En ce cas, l’erreur de CROP avait conduit le quotidien à affirmer que l’élection fédérale avait considérablement amélioré la cote du chef libéral québécois Jean Charest et mis à mal la popularité du PQ et de l’option souverainiste. Une fois les calculs refaits, le mouvement de l’opinion était beaucoup moins important que ce qui avait d’abord été écrit.

La direction de l’information de La Presse résolut alors de diversifier ses sources de sondage. Ce blogueur sait de source sûre que La Presse a même approché Léger Marketing pour l’inviter à devenir son sondeur régulier. Mais le quotidien de la rue Saint-Jacques ne pouvait offrir autant à Léger que ce qu’il retire de son association avec le Journal de Montréal et TVA combinés.

Mais on ne peut pas accuser La Presse de ne pas avoir essayé de se dégager, du moins à l’époque, de son fournisseur habituel de sondages.

Quand un sondeur libéral critique CROP

Le sondage CROP le plus controversé, et le plus lourd de sens, de l’histoire québécoise moderne fut celui réalisé en février 1995 pour le compte de Radio-Canada, donc dans les mois précédant le référendum. J’ai raconté la chose dans mon livre Sortie de secours, publié en 2000.

CROP y affirmait que l’appui à la souveraineté n’était que de 40%. Ce résultat fut inscrit dans le débat collectif grâce à la tribune télévisuelle dont a joui cette révélation, de son chiffre symboliquement fort — 40% était le résultat du Oui au référendum de 1980 — et des relais fédéralistes enthousiastes dans les journaux par la suite. Un texte de une de La Presse, citant un sondeur canadien anglais, titrait peu après: « Le référendum a eu lieu et il est perdu ». Ce sondage eut plus d’impact que tout autre événement de début d’année pour déprimer le travail du camp du Oui (transparence totale: j’étais alors conseiller de Jacques Parizeau).

Mais ce résultat de février était d’autant plus surprenant que, pendant la période immédiatement précédente, les résultats de CROP sur la question référendaire suivaient presque exactement ceux du légendaire sondeur interne du PQ, Michel Lepage. En décembre, CROP avait livré à L’actualité un sondage montrant que la souveraineté était à 49%. C’est ce qu’avait Lepage. Puis, après un début de janvier difficile pour le OUI, CROP s’associait à SOM et au sondeur CRÉATEC, du Parti libéral, pour diffuser un super-sondage fondé sur un très large échantillon, donnant la souveraineté à 46%. C’est ce que le camp du Oui avait aussi.

Donc en février, l’étonnant 40% de CROP, comme sorti de nulle part, mettait de méchante humeur… le sondeur du Parti libéral, Grégoire Golin de CRÉATEC. Il fit à La Presse un commentaire dubitatif sur la quasi disparition des indécis relevés dans le CROP (5% seulement) un mois après leur forte présence (20%)  dans le CREATEC-SOM-CROP. Le jour de ce 40%, Michel Lepage livrait au Oui son propre son de cloche: 47%. Il n’avait jamais constaté un tel écart entre CROP et lui.

Évidemment, tout le monde a le droit à l’erreur. Il est absolument certain que les artisans de CROP tentent de faire leur travail avec méthode et rigueur. J’ai moi-même réalisé avec CROP, pendant mes 30 ans de collaboration à L’actualité, un bon nombre de sondages, sociaux et politiques, dont je fus parfaitement satisfait.

Mais il est tout de même curieux que, régulièrement, lorsqu’un qu’un sondage CROP sort du rang, lorsque CROP donne pour ainsi dire l’heure avancée, c’est l’heure pro-PLQ ou pro-fédéraliste qu’elle donne.

Cela est arrivé maintenant trop souvent, sur des sujets trop sensibles, pour qu’on ne le remarque pas.

Sondage : les jeunes, victimes d’escroperie ?

jeunes-300x199Si vous deviez faire un sondage sur le conflit étudiant, souhaiteriez-vous mesurer avec exactitude, entre autres choses, ce qu’en pensent les 18-24 ans ?

Cette préoccupation semble absente à la maison CROP, dont l’avant-dernier sondage a semé tant de controverse que La Presse a mis en ligne les tableaux complets de son dernier sondage. Un beau geste de transparence, révélant cependant ainsi la nette sous-représentation des répondants de 18-24 ans dans le groupe des sondés.

D’abord, des chiffres. Dans la population en général, les 18-24 représentent 11 % des adultes. Dans le CROP de samedi, ils ne pèsent que 3,06 % de l’ensemble des répondants. Dans le CROP du samedi précédent, dont le blogueur a obtenu copie, ils ne pesaient que 2,6 %.

Une sous-représentation draconienne pour le segment de la population le plus opposé à la loi spéciale et à la hausse des droits de scolariré. Dans le dernier sondage Léger, où les 18-24 ans pèsent 11 %, soit leur poids réel, leur opposition à la loi spéciale est massive (73 % selon Léger).

La sociologue et spécialiste des sondages Claire Durand avait noté cette incongruité samedi matin à la lecture du rapport en ligne de CROP et en avait avisé la direction de l’information à La Presse.

« Ce n’est pas correct, il y a un biais, m’explique-t-elle. Ça a un impact qui fait que le sondage est un peu plus favorable à la loi spéciale que ce à quoi on pourrait s’attendre. »

L’inspecteur Clouseau des sondages ?

Cependant, cet impact est atténué par… une autre erreur du sondeur, qui sous-estime le poids des personnes plus âgées qui sont, elles, plus favorables à la loi.  « On pourrait leur demander [à CROP] de refaire le calcul pour le corriger », dit Durand.

C’est ce que CROP a fait, ce mardi matin, après avoir reçu mes questions. Youri Rivest, vice-président de la société de sondages, affirme qu’un nouveau calcul sur la base de la répartition utilisée par Léger (et dérivée du recensement) de la répartition des âges donne le même résultat sur l’appui au gouvernement ou l’appui à la loi spéciale.

Dans ce cas d’espèce, CROP est l’inspecteur Clouseau des sondages, qui arrive en fin d’intrigue au bon résultat, mais seulement en ayant accumulé les bévues sur le parcours.

Nous aimerions vérifier les nouveaux calculs de l’inspecteur du sondeur ; cependant il a refusé de remettre ces nouveaux tableaux, à nous comme à la professeure Durand.

Pour être plus précis, CROP ne se prononce pas sur l’opinion des 18-24, mais inclut ce groupe dans un segment plus large des 18-34, où les plus jeunes étaient nettement sous représentés. J’ai demandé à M. Rivest la comparaison avant correction et après correction de l’opinion des 18-34 ans, maintenant que la portion des 18-24 avait repris son poids. Il nous affirme que le résultat est le même. Cela me paraît, au vu des variations perçues chez Léger entre ces groupes (73 % contre chez les 18-24 et 46 % contre chez les 25-34), mathématiquement impossible. Mais on ne peut juger sur pièce, puisqu’on n’a pas les pièces.

On peut cependant refaire le calcul à partir des données de Léger. S’ils avaient fait la même erreur que CROP, le groupe des 18-34 de Léger aurait du être opposé à la loi dans une proportion de 49,2 %, soit une minorité. En corrigeant ces données pour représenter correctement le poids de chaque groupe, la minorité devient majorité claire, à 57,5 %. Que cette variation plus que significative n’apparaisse pas dans le calcul corrigé de CROP laisse songeur.

Interdit d’être indécis

Les sondages Internet de CROP posent un autre problème, que j’avais observé dans un dossier fait avec la maison CROP pour L’actualité : sauf pour les questions d’intention de vote, il y est interdit d’être indécis.

Lorsque les sondages étaient faits au téléphone, on vous demandait votre avis et il vous arrivait de dire spontanément « je ne sais pas » ou « je ne veux pas répondre ». On notait alors ces réponses, qu’on ne vous avait pas suggérées.

Sur Internet, on ne peut parler à l’ordinateur. CROP ne suggère pas les réponses « je ne sais pas » ou « je ne veux pas répondre », alors que Léger le fait. Pourquoi pas ? Pour Youri Rivest, « lorsqu’on suggère la réponse, on a tendance à surestimer le nombre de gens qui disent ne pas savoir. Il arrive que les gens soient paresseux ».

C’est aussi l’opinion de Claire Durand qui, dans ses propres sondages, permet au moins aux sondés de ne pas répondre au choix forcé et de cliquer sur la flèche qui envoie à la question suivante, son absence de choix étant comptabilisée comme « je ne sais pas/je ne réponds pas ». CROP, dit Rivest, ne permet pas cette échappatoire.

Quelles conséquences cela peut-il avoir ?

Le dernier sondage de Léger montre généralement des taux d’indécis assez faibles, de 3 à 5 % selon les questions. Mais les variations sont intéressantes. À la question « Êtes-vous en faveur ou opposé à cette loi spéciale ? », on comptait au total 6 % d’indécis, 9 % des femmes et 11 % des 24-35 ans. N’est-ce pas là, aussi, une mesure de l’opinion, un reflet de son indécision partielle ?

Si Léger avait obligé tous ses répondants à se décider, on peut penser que les indécis se seraient répartis à peu près également, ce qui aurait gonflé les chiffres de la majorité et de la minorité, ce qui introduit déjà une petite distorsion. Mais il est statistiquement possible que les indécis se soient reportés plus massivement sur une des options, faisant basculer les chiffres de majorité à minorité ou vice versa.

C’est majeur. À mon avis, les indécis, comme les jeunes, méritent respect et rigueur.

Demain : L’heure avancée de CROP

Merci à l’alertinternaute André Allard
pour le néologisme
escroperie.

Le beau mois de mai du PQ. Enfin, selon CROP !

Un sondage CROP-La Presse publié début mai s’abattait comme une grise pluie sur le Parti québécois et sa chef. Selon le sondage, le parti de René Lévesque ne récoltait plus que 25 % des intentions de vote. Et se faisait devancer par le PLQ, dont un Conseil général peut-être préélectoral s’ouvrait au moment de la sortie du sondage.

Coup de tonnerre : le sondage CROP-La Presse publié ce samedi nous informe que le PQ a grimpé à 30 % dans les intentions de vote. Un redressement important, totalement encaissé pendant les quatre pires semaines de la crise étudiante.

Bizarrement, cette variation avait complètement échappé à Léger Marketing, qui plaçait le PQ à 31 % début mai et à 32 % il y a quelques jours. Calme plat.

Elle a également échappé à la firme Segma, sur le terrain du 10 au 17 mai, et qui a donné 32 % au PQ. Aussi dans le noir à ce sujet, la maison Forum Research qui plaçait le PQ à 33 % à la mi-mai.

On doit sévèrement semoncer toutes ces maisons de sondage pour n’avoir pas perçu, ces quatre dernières semaines, un aussi fort courant d’opinion pro-PQ que seule CROP a su mesurer avec lucidité et exactitude.

À moins que…

Samedi dans La Presse : le re-CROP sur la loi 78

megaphone-460x270-150x150Lorsque le débat social et politique s’échauffe, comme c’est le cas en ce moment, les sondages se transforment de spectateurs à acteurs.

C’est ce que nous avons vu depuis la publication, samedi dernier, d’un étonnant sondage CROP dans La Presse, suivi, dans ce contexte, d’un détonant sondage Léger dans l’empire Québécor ce lundi.

Les sondages deviennent acteurs de quatre façons.

1. Le rapport de force : puisque le conflit oppose un corps social — les étudiants — à l’État, la proportion de sondés, donc d’électeurs potentiels, qui appuient les uns ou les autres renforce la position de celui qui remporte la faveur populaire.

2. La validation ou l’invalidation : chacun dans la population croit avoir la bonne attitude envers le conflit. Mais de savoir que la majorité des autres sont d’accord avec nous a un effet important sur la consolidation de notre propre position.

3. La mobilisation : un sondage favorable à une cause alimente la mobilisation. Un sondage défavorable la défavorise.

4. L’action : lorsque la réponse à un point du sondage est massive, cela peut avoir un effet immédiat sur le comportement des protagonistes.

Exemple au hasard : le gouvernement Charest. Au moment d’annoncer la loi, la semaine dernière, la ministre Courchesne et le premier ministre affirment qu’il n’y a « pas de compromis possible » avec les associations étudiantes.  Et M. Charest d’ajouter : « On changera pas notre attitude » !

Lundi, le sondage Léger indique que 74 % des Québécois réclament une reprise des négociations. Le jour même, la ministre Courchesne se dit parfaitement disposée à négocier !

Le sondage CROP de vendredi dernier et de vendredi (demain)

La querelle Gesca-Quebecor a rebondi cette semaine au sujet du sondage CROP publié en une de La Presse vendredi dernier et selon lequel 66 % appuyaient la loi spéciale. En fait la question semblait être l’appui à « la décision » d’adopter une loi. Je dis « semblait », car le questionnaire n’est pas en ligne. De plus, une partie des sondés ont donné leur opinion avant même le dépôt de la loi.

Cela a valu une volée de bois vert au grand quotidien, dans les réseaux sociaux, ainsi qu’une campagne de désabonnement. Bizarrement, le TVA Nouvelles a même fait état de cette campagne en heure de grande écoute !!

Dans la présentation du sondage Léger/QMI publié lundi dernier, le directeur de l’information du Journal de Montréal, Dany Doucet (jamais invité à Sagard), a pour ainsi dire placé ses « balises de qualité » pour l’utilisation de sondages « en période de sensibilité sociale extrême », a-t-il écrit.

Il sera intéressant de voir s’il donnera une bonne note au sondage CROP de demain. Voici ces balises [avec mes commentaires] :

• Toute la démarche est entièrement contrôlée par Léger Marketing sans recours à la sous-traitance. [CROP sous-traite son panel Web à d’autres firmes.]

• Léger Marketing ne répartit pas les indécis pour ce type de sondage, seulement pour les intentions de vote. [Ici, on laisse entendre soit que CROP ne permet pas aux répondants de dire qu’ils sont indécis face à la loi spéciale, soit que les indécis sont répartis dans les réponses données, ce qui gonfle les résultats.]

• Les choix de réponses ainsi que les libellés des questions sur les dispositions de la loi et les personnalités politiques ont été mis en rotation afin d’éliminer le biais lié à l’ordre des questions. [Cette pratique est standard.]

• La question des intentions de vote était la première du sondage afin qu’elle ne soit pas contaminée par les autres questions. [Ici, on laisse entendre que la question des intentions de vote dans le dernier CROP était à la fin du questionnaire, donc conditionnée par les questions précédentes, plutôt qu’au début. Mais on ne le sait pas avec certitude.]

• Dans un souci de transparence, toutes les questions ont été mises en ligne sur notre site Internet lundi soir […] et le sondage en entier a été mis en ligne sur lejournaldemontreal.com après notre heure de tombée. [Ici, on note que les lecteurs et autres intéressés n’ont pas eu accès au questionnaire et aux réponses complètes du sondage CROP.]

De son côté, La Presse a défendu son sondage, mais a annoncé mardi ce qui suit :

Nous comprenons très bien la réaction de certains de nos lecteurs. Aussi, nous avons demandé à CROP de refaire un sondage qui décortiquera toutes les mesures de la loi, maintenant que celles-ci sont bien connues.

C’est sage de la part de La Presse. Souhaitons qu’elle passe avec succès, samedi, tous les tests de qualité !