Fondé sur 400 cas français récents de radicalisation islamique, cet ouvrage démonte avec précision les mécanismes qui aspirent des jeunes (et moins jeunes) dans la dérive djihadiste. Jeunes musulmans, bien sûr, mais jeunes athées, chrétiens, même quelques jeunes juifs !
Dounia Bouzar, qui dirige un centre de déradicalisation, puise dans son expérience pour suivre à la trace la façon dont, de clic en clic sur internet, le jeune en recherche de justice sociale est happé par un récit de conspiration internationale contre les opprimés, conspiration dont les seuls opposants sont les djihadistes !
Bouzar multiplie ensuite les exemples de dé-radicalisation. Il ne faut pas, explique-t-elle, tenter de les convaincre qu’ils ne portent pas la bonne version de l’Islam. Ils sont blindés. Il ne faut pas leur dire que la conspiration à laquelle ils croient est invraisemblable, ils vous croiront envoyés par la conspiration.
Il faut plutôt retrouver un point d’émotion, un pont vers la personne pré-djihadiste, pour qu’elle retrouve sa personnalité perdue, puis la fasse triompher. Pour y arriver, la participation d’autres ex-djihadiste est souvent essentielle. Ce que j’ai lu de mieux sur la question.
L’affaire avait fait grand bruit au début des années soixante et avait soldé la carrière d’un conservateur éminent du Québec, Pierre Sévigny.
L’ex-journaliste Gilles-Philippe Delorme (transparence totale: un ami) a eu la chance de connaître la sulfureuse Gerda Munsinger, amie de la famille, et retrace avec Danielle Roy l’histoire intime et politique où se croise ambition, volupté, poursuite médiatique, pudibonderie et orgueil.
En prime, les détails enfin révélés d’un véritable « coup d’État », c’est-à-dire comment des députés créditistes se sont faits littéralement achetés pour permettre le renversement du gouvernement Diefenbaker en 1962.
Quelques longueurs, mais un beau voyage dans le Montréal des élites du tournant des années soixante, entre jolies jambes, alcool, jeux d’influence et personnages louches.