(Vidéo) À qui profitent les premières décisions du gouvernement Couillard ?

J’ai tenté de répondre à cette question dans ma réplique au discours d’ouverture de Philippe Couillard, jeudi dernier. J’ai voulu savoir aussi à qui ces décisions vont nuire. La vidéo est maintenant en ligne:

Voici le texte intégral de l’intervention:

Merci aux électeurs de Rosemont

Merci, Mme la Présidente. Moi également, je voudrais d’abord dire quelques mots pour remercier les électeurs de Rosemont d’avoir bien voulu reconduire la confiance qu’ils avaient déjà manifestée à mon égard il y a 18 mois. En cette période de 18 mois ou à peu près, j’ai pu aller revoir les mêmes gens, reconnaître les personnes, les organisations, et il y a un lien qui se tisse. Des gens comme le député de Beauce, qui est là depuis longtemps, le savent beaucoup mieux que moi, mais cette relation au long cours que le député peut tisser avec ses commettants fait partie de notre vie parlementaire et enrichie énormément la connaissance du terrain, du réel que les parlementaires peuvent avoir, et j’en suis très heureux. Je suis très heureux d’un système dans lequel les ministres sont députés et donc peuvent constamment passer du particulier au général sans perdre le contact avec la réalité.

Un bon ton dans nos débats

Oui, je salue le ton qui a été employé depuis le début de nos travaux, de cette législature, à la fois le ton utilisé par le premier ministre, par le chef d’opposition, par le chef de la deuxième opposition, évidemment, par la députée de Gouin également. La période de questions a aussi été fructueuse, pragmatique, réelle, a démontré un certain nombre de choses à la fois sur la qualité des questions et la qualité des réponses, mais a été faite dans le respect, et je pense que c’est de bon augure.

Maintenant, on va arriver assez rapidement sur le fond des choses, et sur le fond des choses de ce qu’a dit le premier ministre hier et de comment ça va se déployer dans le réel québécois. Alors, bien sûr, on salue le fait que certaines bonnes idées qui ont émané de l’ensemble des parlementaires sur le projet de loi mourir dans la dignité ont été retenues et vont être bientôt mises en œuvre. C’est très bien. Nous avons reconnu aussi la grandeur d’esprit du premier ministre lorsqu’il a salué la première femme première ministre, Pauline Marois, et lorsqu’il a repris à son compte le chantier sur l’électrification des transports, qui avait été amorcé par le gouvernement libéral précédent, mais largement approfondi par Mme Marois, et on est très heureux de voir que cela aura des conséquences. Et dans plusieurs éléments comme ceux-là, il y a une continuité dans l’action de l’État.

À qui profiteront les décisions libérales ?

Évidemment, la grande question qui a été posée par le premier ministre hier porte sur les changements qui seront à apporter à la façon qu’a l’État de répondre aux besoins de la population et d’alimenter la croissance économique. Il a eu un mot intéressant en jouant sur les acquis.

Alors, il y a des acquis, qui… ce n’est pas parce que ça existe que ça doit toujours exister, nous en convenons, et là, il a retourné le mot en disant : À qui? À qui profite chacun de ces programmes? Évidemment, c’est encore assez tôt dans son gouvernement, donc nous en saurons plus au budget et au livre des crédits, mais on sait déjà des choses.

1) les constructeurs de petites centrales

Déjà, il s’est commis sur à qui profiteront certaines des premières décisions du gouvernement libéral. Il nous l’a dit, ça profite à qui? Aux petites centrales. Un débat que l’on croyait terminé qu’il vient de rouvrir, donc ceux qui se battent depuis des décennies pour des petites centrales, eux, savent que leurs vœux seront réalisés au-delà même de ce qu’ils croyaient, parce qu’ils pensaient que ce dossier était fermé, et c’est un dossier qui est très symbolique parce qu’il est à la croisée de la mauvaise politique publique. Chaque dollar généré localement par ces petites centrales coûte 4 $ à Hydro-Québec, donc aux consommateurs. C’est à la jonction aussi du clientélisme, puisque, dans certaines circonscriptions, dont celle du premier ministre, il y a un projet comme celui-là. Je ne dis pas qu’il est mauvais ou bon, mais, quand même, il faut le voir. Et troisièmement, bien, on sait que des contracteurs libéraux de renom sont impliqués dans un certain nombre de ces projets.

S’il fallait choisir un symbole de ce qu’il ne faut pas refaire, les petites centrales auraient dû être celui-là, et je suis un peu surpris du manque d’habilité du premier ministre de s’être engagé aussi fermement sur un dossier aussi miné.

2) les médecins spécialistes et les constructeurs de cliniques

Deuxièmement, à qui? Bien, on sait déjà que 50 cliniques privées, nouvelles, dans le réseau, pour des médecins spécialistes seront parmi les priorités. Eux savent déjà à qui va profiter le gouvernement libéral. Ils le savent, et c’est encore là une mauvaise politique publique, parce que des institutions, un réseau de la santé, nous en avons. Il y a des groupes de médecine familiale qui sont en train d’être complétés, il y a des CLSC. La nécessité d’investir dans le béton plutôt que dans les services devrait être soumise à un débat, et je pense que le débat serait assez rapide. Ce n’est pas la priorité.

3) l’industrie des gaz de shistes

Et on apprenait aujourd’hui qu’à qui cela pourrait profiter aussi, les décisions libérales, c’est à l’industrie du gaz de schiste. Je suis sûr qu’eux-mêmes sont surpris de cette réouverture d’un dossier qui était fermé, qui avait été très mal engagé par le gouvernement précédent, qui a conduit à un moratoire, qui est en ce moment devant un BAPE.

Et là même ceux qui sont pour le gaz de schiste et qui sont en train de se préparer à des audiences devant le BAPE ne savent pas s’ils vont aller au BAPE ou dans une nouvelle étude environnementale stratégique. Que se passe-t-il? Et certains des investisseurs du gaz de schiste, pensant que, de toute façon, les taux de rentabilité ne seraient jamais, du moins, pas dans l’avenir prévisible, au rendez-vous ici, voient que tout à coup il y a cette embellie sur une industrie qui avait fait un deuil de la possibilité d’agir ici.

Évidemment, à qui cela va nuire, et qui cela va déranger, et déstabiliser, et angoisser? Ce sont ces dizaines de milliers de propriétaires et de citoyens sur la vallée du Saint-Laurent qui pensaient avoir fait le bon combat, et que c’était terminé, et que personne ne viendrait remettre en cause leur droit à la quiétude dans leur ferme, dans leur terre, dans leur chalet, et tout à coup ils apprennent maintenant que tout est ouvert encore sur ce sujet.

Alors donc, on sait à qui, avec certitude, dans le cas des petites centrales et dans le cas des cliniques de santé, et possiblement dans le cas du gaz de schiste… vont profiter de ces décisions.

Le principe du cran d’arrêt

Maintenant, le premier ministre nous a bien dit qu’il a imposé, dès son arrivée, et je le cite,

« le principe du cran d’arrêt sur les dépenses dans l’ensemble du gouvernement. La logique est simple : aucun nouveau programme ne sera autorisé sans la réalisation d’une économie équivalente ailleurs dans l’appareil d’État. Cette mesure est déjà en place. Au moment où nous nous parlons, elle engage tous les organismes de l’État. »

Cela signifie que ces nouvelles dépenses qui sont annoncées seront nécessairement coupées ailleurs. Où seront-elles coupées? Nous ne le savons pas.

Mais nous lisons avec précision le premier ministre, d’autant plus qu’on apprenait hier qu’il avait mis le crayon, son propre crayon sur la feuille. Et il y a un moment qui m’a beaucoup intéressé. Parce que je suis le porte-parole de la métropole mais aussi des services sociaux, de la prévention de l’itinérance, et donc je suis très attentif à ce qui va se passer avec les gens les plus fragiles dans notre société. Et j’ai entendu le premier ministre dire :

«Dans tous les cas, les services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société et la sécurité à la population seront l’objet…  d’une attention particulière.»

Ça ne veut rien dire, Mme la Présidente, «seront l’objet d’une attention particulière».

J’aurais aimé entendre le premier ministre dire que les services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société sont sacrés, sont essentiels, sont fondamentaux, représentent notre volonté de solidarité, seront non seulement préservés, mais améliorés. Il y avait plusieurs options, Mme la Présidente, il y avait plusieurs options. Il a choisi de dire : «une attention particulière».

Écoutez, c’est très inquiétant. Parce que nous avons tous remarqué que le Parti libéral du Québec, qui a une longue tradition à la fois économique et sociale… Il n’y a pas que le Parti québécois qui, au cours de ses 50 ans d’existence, a amélioré… a fait en sorte que le Québec soit un endroit en Amérique du Nord qui soit un modèle de progrès social. Le Parti libéral, de temps à autre, et de façon significative, a construit ce modèle social québécois.

Et nous étions déjà un peu surpris du silence des candidats libéraux et du chef libéral pendant la campagne sur plusieurs de ces thèmes. Rien sur le logement social, rien sur l’itinérance, rien sur les 3 000 organismes qui aident, au quotidien, les plus fragiles de notre société. Silence total.

Et ce silence était d’autant plus assourdissant qu’il arrivait au moment où des politiques très consensuelles avaient été déposées par certains de mes collègues au gouvernement Marois, applaudies par la ville de Montréal en particulier, pour faire des avancées significatives — pas très coûteuses –, mais significatives en prévention et en accompagnement de l’itinérance à Montréal et ailleurs, en stabilisation du financement des 3 000 organismes qui aident nos Québécois les plus fragiles, en contrats pour l’insertion au travail de nos Québécois les plus fragiles et en propositions pour des logements sociaux, y compris pour les itinérants.

Alors, ce silence, on aurait pu penser que c’étaient des choix de campagne électorale. On met l’accent sur autre chose : l’économie, le référendum.

Mais donc on s’attendait à une correction pendant le discours du premier ministre. Et non seulement il ne l’a pas faite, alors qu’il en était avisé, parce que, depuis son élection, les groupes sociaux, les groupes d’itinérance n’arrêtent pas de solliciter l’attention du gouvernement sur ses désirions.

Il a choisi ces mots: «une attention particulière». Ça peut vouloir dire : On va couper très attentivement; alors que le consensus québécois c’était qu’on pouvait ajouter des sommes modestes, mais significatives parce que, Mme la Présidente, la rigueur et l’austérité, il y a des gens qui la connaissent déjà, ce sont nos Québécois les plus fragiles, et il y a des gens qui veulent s’en sortir de l’austérité et de la rigueur par l’emploi, par l’accompagnement, et c’est ce qu’on leur offrait.

Un engagement unanime

D’ailleurs, les membres de cette Assemblée du côté libéral qui étaient députés il y a un an avaient voté avec nous, et avec la CAQ, et avec Québec solidaire unanimement une résolution affirmant qu’il fallait « rehausser le financement des organismes communautaires » dont les missions de base n’avaient jamais été indexées ou autrement soutenues pendant une dizaine d’années.

Nous étions tous d’accord, et le rehaussement que le gouvernement du Parti québécois a proposé était de 40 millions de dollars par année, 40 millions de dollars par année. Ça coûte beaucoup moins cher que les mini-centrales, ça coûte beaucoup moins cher que les 50 cliniques privées, et ça a un impact positif sur la vie de dizaines de milliers de Québécois pour qui ça fait toute la différence.

Alors, nous sommes dans l’expectative et dans l’espoir, Mme la Présidente, nous avons espoir que, puisque le premier ministre a dit qu’il entendrait les bonnes idées, puisqu’il veut accorder une attention particulière — à peut-être d’ici le dépôt du budget et des crédits qui sont, en ce moment même, colligés et calculés –, qu’il y ait ce volet social, cette aile sociale du Parti libéral qui a été muette pendant la campagne électorale, qui commence à s’exprimer au sein des réunions du caucus.

Et, à travers vous, Mme la Présidente, je me tourne vers les députés qui, comme nous… députés libéraux qui comme nous connaissent ces situations dans leurs comtés respectifs. Vous avez des réunions de caucus, je compte sur vous pour exprimer cette  importante priorité de faire en sorte que la parole de l’Assemblée sera reconnue par ce rehaussement modeste mais important pour ces organisations.

Le trou fictif de 7 milliards

Alors, finalement, on pourrait nous dire : « Mais on n’a pas les moyens, on n’a pas les moyens parce qu’il nous manque 7 milliards ». C’est ce qu’on a entendu, le ministre des Finances, le président du Conseil du trésor et le premier ministre hier nous dire : Si rien n’était fait, il manquerait, d’ici deux ans, 7 milliards.

Mais, écoutez, là aussi je suis un peu déçu parce que le premier ministre nous a dit qu’il voulait être le gouvernement le plus transparent de l’histoire du Québec et qu’il voulait qu’à la prochaine élection on ait les vrais chiffres. Mais, savez-vous, il a fait en sorte, lui et son parti, qu’à la dernière élection, on avait les vrais chiffres. Il a demandé au Vérificateur général d’aller voir le ministre des Finances pour vérifier ces chiffres, et il les a vérifiés et il n’a pas trouvé un trou de 7 milliards. Le Vérificateur général ne les a pas trouvés. Pourquoi? Parce qu’il n’existe pas.

Évidemment, comme chaque année, chacun des ministères, ça va être le cas, va demander : Ça serait bien si on pouvait augmenter l’investissement ici, ce serait bien si on pouvait faire ceci et cela. Et, en additionnant toutes ces demandes, on arrive à une croissance des dépenses qui peut atteindre 6 %. Évidemment, c’est dans l’univers mental du Parti libéral puisque, 6 % d’augmentation de dépenses, ils l’ont fait sous le gouvernement Charest.

Mais, nous, dans notre univers mental, ce n’était pas possible, on a fait 1,9 % et on était pour faire 2 %. Bon. Alors, c’est impossible, ce 7 milliards, il n’existe pas. D’ailleurs, c’est intéressant parce que, lorsque M. Godbout et M. Montmarquette ont fait leur rapport en utilisant certains de ces chiffres, ils ont indiqué que, bien, évidemment, ça n’arriverait jamais. Oui si on ne faisait rien, mais on fait toujours quelque chose.

Alors, moi, je crédite le premier ministre de bonne foi et de bonne volonté, et lorsqu’il dit qu’il veut être transparent, j’aime le prendre au mot. Et, puisqu’il veut de la transparence, j’aimerais qu’il arrête de dire aux Québécois ce qui n’existe pas. La situation des finances publiques du Québec, elle est difficile, elle demande du travail, elle demande de la rigueur, mais ça ne sert à rien de dire aux Québécois ce qui n’existe pas. Il n’y a pas de trou de plusieurs milliards de dollars qu’il faut combler dans les années à venir, le Vérificateur général nous disait que, pour atteindre nos cibles qui seront similaires à celles du Parti libéral, il faudrait de la rigueur, de l’ambition, mais que c’était raisonnable. Alors, voilà ce à quoi j’appelle le premier ministre.

Les moyens de la solidarité

Et puisque l’on sait ça, lorsque le gouvernement Marois avait proposé, à l’intérieur de son cadre d’augmentation de dépenses de 2 % pour l’an prochain, un investissement de 6 millions sur l’itinérance, dont 1 million pour les autochtones à Montréal, lorsqu’ils proposaient 40 millions par année pour les 3 000 groupes, organisations communautaires, ça faisait partie d’un travail très sérieux de restriction de l’augmentation des dépenses, ça faisait partie des dépenses possibles.

Et, si c’est possible pour nous, je suis certain que c’est possible pour le Parti libéral du Québec et le nouveau gouvernement. Je l’espère, je partage cet espoir avec vous, et je vous remercie, Mme la Présidente.

 

Gaz de schiste, la guerre des ondes

Savez-vous qu’il y aura bientôt une suite au fameux documentaire Gasland, de Josh Fox, sur les dangers du Gas de schiste ?

Et savez-vous qu’un contre-documentaire, pro-gas de schiste, est en production ? En voici un avant-goût. D’abord les pro-fracturation, pour leur film Frack Nation:

Puis un petit film dans lequel Fox répond à ses détracteurs et plonge dans le débat en cours pour les permis de fracturation dans l’État de New York

 

Québécois: oui aux puits de gaz, à condition qu’ils ne soient nulle part !

58%

Proportion de Québécois favorables à l’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

66%

Proportion de Québécois qui ne veulent pas  de puits de gaz de schiste à moins d’un kilomètre de chez eux.

Attendez que je regarde sur la carte. Si on trace un cercle dont le rayon est d’un km autour de deux Québécois sur trois habitant la vallée du Saint-Laurent, nous obtenons…. zéro centimètre carré exploitable.

C’était simple. Pas besoin de Bape. Le dossier est clos !

Ces chiffres sont tirés du sondage CROP sur les Québécois et l’énergie réalisé du 7 au 21 juin derniers pour Les Rendez-vous de l’énergie et L’actualité.

J’en décortique les résultats dans Jamais sans mon pétrole, que vous pouvez lire en ligne ici.

Schiste: Duplessis serait fier de nous !

duplessis-150x150Peut-être arrive-t-il que Maurice Duplessis et René Lévesque se croisent, au paradis (purgatoire?) des anciens premiers ministres québécois. Si c’est le cas, le premier doit être hilare, le second, bougon.

Hilare, Maurice Duplessis, car l’homme qui vendait le fer québécois 1 cent la tonne aux intérêts américains doit être très fier de ses descendants qui, en ce début de XXIe siècle, bradent les ressources du Québec au moins offrant.

Le scandale de l’exploration du gaz

Charles Côté, de La Presse, nous affichait ce samedi une éclairante comparaison entre les pratiques de la Colombie Britanniques, et les nôtres:

En 2009, les sociétés pétrolières et gazières ont versé 893 millions au Trésor de la Colombie-Britannique pour obtenir le droit d’y faire de la prospection. En 2008, elles ont versé 2,7 milliards. [Dont 1,5 pour le seul gaz de schiste.]

En comparaison, en 2008-2009 et en 2009-2010, au Québec, les permis d’exploration pétrolière et gazière ont rapporté en tout 3,5 millions depuis deux ans.

Comment arrivent-ils à ces montants ? C’est que le Québec fixe un prix de Wal-Mart, soit 10 cents l’hectare l’an, pour le permis d’exploitation. Victoria, elle, fait des enchères, qui font monter le permis à 1 000$, parfois 10 000$ l’hectare par an. Vite, trouvez le cancre, et trouvez celui qui sait vraiment briller parmi les meilleurs et créer de la richesse…

Le pire est que les permis sont distribués pour presque tout le territoire québécois. Il est trop tard pour réparer ce gâchis. Vous comprenez maintenant pourquoi, en haut, Lévesque bougonne à pleins poumons…

Le gaz de schiste, comme l’éolien

D’autant qu’il avait certainement mal pris que sa grande réalisation, Hydro Québec, reste à l’écart du grand développement de l’industrie éolienne. Depuis 2002, les gouvernement Landry et Charest ont réussi à faire en sorte que 3200 des 4000 MW installés sur le territoire d’ici 2015 soient tombées dans les mains d’entreprises non québécoises, dont plusieurs ont développé leur expertise éolienne grâce à ces contrats, sur le tas. Avec le Québec dans le rôle du tas. Avoir échoué à utiliser ces contrats massifs pour forcer un manufacturier à installer une usine de fabrication au Québec fut un tour de force.

Ce blogueur sait que le gouvernement Charest est intervenu auprès d’Hydro Québec pour l’empêcher de faire sa propre soumission pour acquérir un secteur témoin dans le second appel d’offres, ce qu’elle souhaitait faire.

Comme pour le schiste, le gâchis est déjà fait. Car 4000 MW d’éolien constitue le maximum d’énergie intermittente qu’Hydro affirme pouvoir intégrer à son réseau de transport. (Un point vivement débattu, mais passons).

Et le pétrole ?

D’ici quelques semaines, la compagnie Corridor Resources, de Nouvelle-Écosse, dépensera 800 000 $ pour commencer l’exploration de Old Harry, au large des côtes des Iles-de-la-Madeleine. On estime que deux milliards de barils de pétrole y attendent les forages, soit davantage que le projet Hibernia (1,2). Corridor Resources pense commencer l’exploitation du gisement proprement dit l’an prochain ou en 2012.

Elle le fera du côté terre-neuvien d’une frontière imaginaire, jamais légalement reconnue, entre le Québec et Terre-Neuve.

Les Madelinots sont évidemment opposés à ces forages, craignant des déversements comme ceux que vient de connaître le golfe du Mexique.

Que fait l’État du Québec pour s’opposer à cette exploration, pour réclamer un droit de veto, pour exiger une étude environnementale et l’agrément des populations avoisinantes, pour discuter, le cas échéant, de la propriété de la ressource, du contenu québécois dans les opérations et la distribution  ? Rien.

Le seul écho est la volonté d’obtenir l’aval du fédéral pour qu’une frontière soit définie, pour permettre à… Corridor Resource de venir forer du côté du Québec!

Comme pour le gaz de schiste, la décision d’exploiter la ressource pétrolière est déjà prise, au cabinet Charest. Il ne reste que quelques détails à fignoler. Des détails dont Duplessis serait fier.

Presque l’endroit le plus servile pour les mines

L’institut néo-conservateur Fraser émet chaque année le palmarès international des endroits les plus invitants pour les entreprises minières. Ce qui signifie: les endroits les plus serviles, ceux qui bradent leurs droits le moins cher, ceux qui insistent le moins pour la remise en l’état des terres contaminées.

Pendant trois ans, le Québec était couronné par Fraser endroit le plus servile au monde pour les compagnies minières. Cette année, l’Alberta a pris la première place, devant la Finlande, puis le Québec. C’est la seule bonne nouvelle de l’année en matière de colonne vertébrale. La seule raison pour laquelle Lévesque, au ciel, hésite à se suicider…