Métropole: le match Lisée vs Coiteux

J’ai eu le plaisir de croiser le fer jeudi soir dernier avec le nouveau ministre de la métropole, Martin Coiteux. J’ai pensé vous faire rapport et vous présenter les principaux extraits. Les voici:

1) Chômeurs montréalais ou albertains?

Jamais au cours des quatre dernières années le taux de chômage n’a-t-il été si élevé sur l`île de Montréal. Pour venir en aide aux chômeurs albertains, le gouvernement fédéral allonge de 20 semaines la période de prestations. Le ministre de la Métropole entend-il demander le même traitement pour les chômeurs montréalais ? Voyez-vous même: il n’est d’aucune utilité.

D’abord un bref fait saillant :

Puis l’intégrale de l’échange :

2) L’effet libéral sur l’emploi à Montréal

Plutôt que de reconnaître que la situation de l’emploi est préoccupante, le ministre Coiteux veut toujours blâmer le gouvernement précédent. C’est son choix. Pourtant, jamais les conditions d’un décollage de l’économie montréalaise n’ont-elles été aussi bien réunies, même en intégrant dans l’argumentaire des éléments de la propagande libérale.

D’abord un fait saillant:

Puis l’échange complet :

3) Investir dans les écoles ou pour les médecins?

En campagne électorale en 2014, le PLQ et M. Coiteux personnellement, avaient promis d’ajouter sur 10 ans 15 milliards de dollars supplémentaires. La promesse a été brisée. La seule promesse tenue, et amplifiée, fut celle de sur-rémunérer les médecins.

Un fait saillant:

L’échange complet :

4) Trudeau dans le métro et un Toit du stade sans calendrier

Nous avons eu de la visite à Montréal la semaine dernière: le premier ministre Justin Trudeau, pour faire une annonce concernant le métro de Montréal. Mais pourquoi n’y avait-il aucun représentant du gouvernement québécois à cet événement ?

Pendant la campagne électorale de 2014, Philippe Couillard avait promis de s’occuper du toit du stade « dans les premières semaines » de son mandat. Deux ans plus tard, on nage toujours dans le noir.

Un fait saillant:

L’intégrale de l’échange:

Le ministre Coiteux tente de me piéger en m’accusant de n’avoir « rien fait » sur la question du stade alors que j’étais ministre. C’est à la fois mensonger et mesquin, comme tous les acteurs du dossier le savent très bien. Mais il veut ainsi que j’utilise le temps qui m’est alloué pour me défendre, plutôt que pour le questionner. Ça n’a pas marché.

5) L’abandon honteux de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le PLQ ne pouvait être plus clair en campagne électorale: le grand hôpital vétuste de l’Est de Montréal, Maisonneuve-Rosemont, a besoin d’être complètement rénové rapidement. C’était une promesse. Une promesse brisée.

Et maintenant l’intégrale:

La technique Coiteux est ici utilisée à plein. 1) l’évitement. Il fait semblant de ne pas comprendre la question et répond à côté, à répétition (peut-être ne saisit-il vraiment pas la différence entre la rénovation de HMR d’une part et les travaux déjà avancés pour l’urgence et la dialyse, d’autre part); 2) la mesquinerie. Tous les acteurs de Maisonneuve-Rosemont savent l’effort que j’ai mis sur ce dossier, tous savent que les projets de l’urgence et de la dialyse ont progressé sous notre ministre Réjean Hébert. L’abandon par le gouvernement libéral de sa promesse formelle de rénovation à la population de l’Est est honteux, la méthode Coiteux dans cet échange l’est tout autant.

En conclusion, et nous ?

Lorsque j’étais ministre de la métropole, je me faisais un devoir de répondre le plus complètement possible aux questions de l’opposition. L’alors député caquiste Stéphane Le Bouyonnec avait d’ailleurs écrit que j’étais le ministre qui répondait le plus complètement aux questions. Et si je pouvais être critique envers mes prédécesseurs, je ne manquais jamais de reconnaître leur contribution. Jamais je n’aurais agi comme le fait Martin Coiteux ici.

Quoiqu’il en soit, pour ceux qui ne se souviennent pas du travail réalisé par l’équipe du Parti québécois dans la métropole pendant nos 18 mois de pouvoir, en voici un aperçu :

Ligne bleue du métro et SLR: Pour Couillard, c’est « avant moi le déluge » !

Dans l’épisode précédent, le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire vivre une amnésie collective. Il tentait de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant il y a six mois à peine.

Mais le premier ministre Couillard a frappé encore plus fort en affirmant que toutes les grandes décisions sur le transport à Montréal étaient à revoir. Il faut le lire pour le croire, voici ce qu’il a déclaré aux journalistes:

« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »

Le Premier ministre remet donc en cause le prolongement de la ligne bleue du métro. Il fait semblant que c’est un choix parmi d’autres. Mais c’était au contraire le fruit d’un consensus de la Communauté métropolitaine de Montréal, de privilégier le prolongement de la ligne bleue sur les autres options.

La décision du gouvernement du Parti québécois d’aller de l’avant avec la construction de la ligne bleue, et l’annonce d’un bureau de projet sur la ligne jaune, avait été bien accueillie par les élus Montréalais.

Il n’a jamais été question de mettre en balance la ligne bleue avec le train de l’Ouest et encore moins avec le prolongement du métro à Laval.

Qui décide des priorités ? Les « créatures » ou le Premier ministre ?

La semaine dernière, dans son discours d’ouverture, le Premier ministre s’est fait le champion du respect de l’autorité locale de la Métropole:

Nous donnerons à la métropole et à la capitale nationale les moyens de jouer pleinement leur rôle tout en revoyant en profondeur la relation entre Québec et les municipalités, dans l’esprit de la pleine reconnaissance de ce palier local de gouvernance. […]  Nous désirons refonder le partenariat entre Québec et les municipalités, bannir le terme «créature» et envisager l’avenir sur la base de deux ordres de gouvernement qui ont leurs responsabilités propres et qui travaillent ensemble au service du même contribuable.

Cette semaine, il fait le contraire. Il fait comme si toutes les discussions qu’ont eues entre eux les « créatures » de Montréal pour identifier leurs priorités en transport — ligne bleue et SLR — n’étaient que du vent, n’avaient aucun poids.

Bravo le climat de confiance !

Le 20 mars dernier, la Communauté Métropolitaine de Montréal faisait connaître ses priorités aux partis politiques engagés dans la campagne électorale. Elle commençait par noter que les choses allaient mieux, depuis l’arrivée d’un gouvernement du Parti québécois:

Depuis quelques mois, un nouvel élan se met en place pour améliorer la compétitivité et l’attractivité du Grand Montréal. Un climat de confiance s’est installé qui permet une plus grande collaboration avec le gouvernement du Québec. Il faut maintenir ce climat et cette collaboration essentielle pour que le Grand Montréal soit concurrentiel par rapport aux régions nord-américaines et internationales.

Puis la CMM indiquait ses priorités, dont la seconde portait sur… le SLR.

Depuis l’élection, le gouvernement Couillard envoie des signaux de plus en plus contradictoires. Il fait comme si rien n’avait existé avant lui, comme si ses engagements de campagne électorale ne comptaient pas, comme si l’élection était l’année zéro du Québec.

Ce n’est pas comme ça qu’on établit un climat de confiance avec la Métropole et avec les Québécois.