Les rondeurs perdues de Denis Coderre (en rappel)

Avez-vous déjà pris un ascenseur avec Denis Coderre ? Moi, oui. C’est une expérience. L’usage veut qu’en présence d’étrangers dans cette cage fermée, on fasse preuve de réserve. Denis n’avait jamais eu vent de cet usage, ou du moins avait décidé de n’en tenir aucun compte. Pénétrant dans l’ascenseur déjà occupé par plusieurs personnes, il commençait par serrer vigoureusement la main de chacun en les saluant bruyamment, comme s’il venait d’entrer dans son local électoral. (C’était évidemment au temps d’avant, quand on avait encore le droit de se toucher les uns les autres.)

Lorsque des personnes sortaient, il leur disait au revoir comme s’il s’agissait de vieux copains. Lorsque de nouveaux passagers entraient, il les recevait comme s’il était l’hôte jovial, heureux de les accueillir dans sa modeste demeure.

Il était maire, j’étais ministre. La distribution de poignées de main est une façon concrète et habituelle d’entrer en contact avec des citoyens électeurs. J’avais pour ma part pris l’habitude, dans un ascenseur, de dire bonjour. Mais je n’avais pas l’audace de prendre le contrôle du lieu. Le voyant s’exécuter avec une belle assurance, je ne pouvais faire autrement que de serrer à mon tour les mains qu’il venait de bénir de sa présence. Mais j’y ajoutais un sourire complice. Avais-je tort de penser trouver dans les regards furtifs que je partageais avec ces citoyens une reconnaissance commune qu’on assistait à une performance un peu étonnante, dans un endroit clos et avec un public captif ?

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Si Denis Coderre pouvait se permettre ces petits écarts — et être convaincu de leur rendement électoral —, c’est bien sûr parce que sa personnalité s’y prêtait et qu’il y avait, dans sa démarche et dans sa personne, un côté bonhomme invitant et désarmant. Et c’est là où je veux en venir.

Ceci n’est pas une chronique grossophobe. Plutôt l’inverse. C’est une chronique sur les vertus des rondeurs dans la communication politique. Pas seulement politique, d’ailleurs. Grand fan de la chanteuse britannique Adele, puis-je avouer que j’ai été catastrophé d’apprendre qu’elle avait entrepris une cure minceur ? Certes, chacun est libre de son régime. Mais j’aimais Adele tant pour son chant et son charme que pour son physique, et il me semblait que ses formes généreuses se conjuguaient à sa voix enveloppante pour nous entraîner dans ses nostalgies, chagrins et colères contre des hommes qui l’avaient plaquée pour n’avoir pas su, pensais-je, l’apprécier dans sa totalité. Je m’égare, mais à peine. Dans un monde où l’impératif du poids santé est omniprésent, ceux qui y dérogent imposent une originalité qui démarque et qui peut, en certaines circonstances, conférer un avantage.

Il y a des exceptions. Gaétan Barrette a projeté avec constance l’image de l’intimidateur impénitent, quelles qu’aient été les considérables variations de son tour de taille.

Mais j’ai toujours pensé que Denis Coderre accordait avec bonheur son verbe populiste et sa physionomie tout en pare-chocs. L’homme sait être agressif, intransigeant, obtus, bagarreur. C’est aussi le cas d’Obélix. Mais n’est-il pas vrai que la rotondité du livreur de menhir le fait apparaître moins brutal qu’il ne l’est en réalité ? Dans le rétroviseur de l’histoire, au rayon des dictateurs, sachez que Mussolini était aussi assassin que Franco (la campagne italienne d’Éthiopie préfigurait les exactions nazies). Mais la rondeur du dictateur italien nous le faisait paraître plus proche de l’opéra-bouffe que du camp de concentration. On peut de même réellement débattre de la tyrannie comparée d’Hitler et de Mao. Mais le visage joufflu du leader chinois, affiché sur tous les murs du pays, en donnait une image bienveillante. Rien de tel chez le Führer, tout en angles.

Les artisans de la publicité ont bien compris le caractère apaisant d’un enveloppement conséquent de leurs symboles. Dans leur mouture d’origine, les bonshommes Pillsbury et Bibendum (des pneus Michelin) étalaient leur adiposité comme un gage de réconfort et de sécurité. Les scénaristes de Ghostbuster ont d’ailleurs joyeusement misé sur le concept en inventant un bonhomme Pillsbury géant qui, malgré ses airs inoffensifs, ravageait méchamment Manhattan devant des New-Yorkais incrédules. On peut citer encore les rondeurs de Bonhomme Carnaval et du père Noël, synonymes de joie de vivre. Sveltes, ils feraient peur aux enfants.

Le relooking de Denis Coderre est donc un sujet pertinent, lorsqu’il s’agit de juger de la qualité de son retour sur la planète politique. Ce n’est pas, oserais-je dire, une mince affaire. Nouveau look, nouveau narratif de l’homme qui a chuté, qui a réfléchi, qui s’est recomposé et qui mérite donc, dans cette rédemption, une nouvelle chance. Une résurrection politique. Aussi, nouveau livre. Je l’ai lu. Il est costaud, fort de l’expérience accumulée à la mairie et à un réel effort de réflexion sur les sujets municipaux du jour. L’opus donne à son auteur, intellectuellement, de l’épaisseur.

Ce sont des atouts. Puisqu’il ne peut pas être l’homme du changement, il jouera la carte de l’homme changé. Je crains cependant qu’une fois passé l’effet de nouveauté, on finisse par retrouver le même personnage, mais sans ce qui, naguère, lui permettait d’arrondir ses angles.

Il est de plus en plus délicat, pour un homme, de faire campagne contre une femme. Aux dernières élections, le Denis Coderre d’avant pouvait paraître paternaliste. Maintenant qu’il a le profil du boxeur, aura-t-il l’air trop carnassier ?

C’est l’un des périls qui l’attendent. Qu’on juge, en fin de compte, qu’il ne fait pas le poids.

(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir. en mars 2021)


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Les vendeurs de REM

Vous avez trouvé l’appartement de vos rêves, en ville. Reste à choisir votre mode de transport. Devez-vous acheter une voiture, vous fier au transport en commun, utiliser ponctuellement des taxis ou Communauto, marcher ou pédaler, ou alors moduler vos choix en fonction des usages ?

Impatient de trouver des réponses, vous vous présentez chez un spécialiste des transports. Votre choix : un concessionnaire Ford spécialisé dans la vente de camions F-150. Après avoir soigneusement étudié votre cas, il a trouvé une solution faite sur mesure pour vous : l’achat d’un Ford F-150 ! Peut-être deux, d’ailleurs.

(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir.)

Si vous estimez que la démarche ici décrite est absurde, sachez que c’est précisément celle qu’ont utilisée nos deux derniers gouvernements pour décider des investissements les plus massifs consentis depuis 50 ans dans les transports en commun à Montréal.

Plutôt que de réunir des experts pour déterminer le meilleur cocktail de solutions apte à déplacer le plus de gens possible au meilleur coût possible, le libéral Philippe Couillard, puis le caquiste François Legault, sont allés cogner à la porte — et seulement à la porte — d’un vendeur de Réseau express métropolitain (REM) : la Caisse de dépôt. Elle avait développé le concept à Vancouver, souhaitait amortir son investissement et en faire un produit d’exportation. Après avoir soigneusement écouté le client potentiel, le vendeur a eu cette idée géniale : vendre des REM.

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Les désavantages du REM. Par où commencer ?

Je ne blâme pas la Caisse ni le concessionnaire Ford. Il ne leur appartient pas de nous dire qu’on trouverait mieux ailleurs. Que leur produit est presque aussi lourd qu’un métro là où un tramway suffirait. Que sa consommation de ciment est telle que les GES utilisés pour le produire réduisent significativement les gains induits par l’utilisation de son mode de transport. Que le nombre d’automobilistes attiré par sa technologie est minime comparé à d’autres solutions. Qu’il est quasi-certain que ses wagons seront construits en Inde plutôt qu’au Québec. Que ses structures en hauteur en milieu urbain vont défigurer le paysage, quels que soient nos efforts pour y mettre de la couleur ou des plantes grimpantes. Et qu’alors que le transport en commun, comme d’ailleurs les routes, est par définition déficitaire, le REM, lui, réclame un rendement annuel d’au moins 8 % pour l’éternité. Il est possible que le BAPE dise un jour ces choses. Mais comme le remarquait avec aplomb Denis Coderre au temps de ses rondeurs, « le BAPE, c’est pas le pape ! » Ce qui, évidemment, clôt la discussion.

Quand M. Couillard a commandé son premier REM, il était question de relier le centre-ville à l’aéroport, une revendication forte des gens d’affaires et des hôteliers, dont l’absolue priorité par rapport à d’autres besoins n’a jamais pu être établie et dont l’absence n’a empêché aucun voyageur de s’y rendre ni n’a freiné les travaux permanents d’agrandissement de l’aérogare. (Des lignes de bus ordinaires transportent jusqu’à 30 000 passagers par jour. Le REM de l’aéroport coûte plus d’un milliard et transportera moins de 6000 passagers par jour.)

Si on tenait vraiment à s’y rendre, le tramway qui sera un jour construit pour relier le centre-ville à Lachine aurait très bien pu y conduire les passagers, dans exactement le même minutage (car le REM fait un grand détour par le nord). Cette solution moins coûteuse aurait aussi offert un service à plusieurs dizaines de milliers de passagers supplémentaires. Aéroports de Montréal avait d’ailleurs construit sa gare pensant que les rails arriveraient de ce côté. Le choix des vendeurs de REM oblige à casquer 500 millions de plus. Le mot gabegie vient à l’esprit.

La future cicatrice sur René-Lévesque

Pensez-vous un instant que la mairesse Valérie Plante souhaitait qu’un train surélevé vienne bloquer le paysage sur René-Lévesque et dans des quartiers densément peuplés comme le prévoit le nouveau projet de REM de l’Est ? Jamais. Ancien député de Rosemont, je me suis époumoné à réclamer un tramway dans l’Est. Nous avons toujours su que ce mode de transport pouvait conduire les passagers jusqu’au bout des lignes de métro verte et bleue, ou encore plus loin vers le centre-ville. Mais pourquoi nous retrouvons-nous avec un mastodonte sur pattes jusqu’à Place Ville-Marie ? Parce que le modèle d’affaires du vendeur du REM l’impose. Alors que n’importe quel planificateur de transport en commun prévoit que le passager peut changer de mode de transport, ce qui optimise le trajet et l’investissement, le vendeur de REM, lui, ne fait des sous que si le passager est dans son wagon à lui, et dans ceux de personne d’autre. L’horreur surélevée qui nous est promise ne sert qu’à ça : brancher le REM de l’Est au REM de l’Ouest, ce que personne n’avait demandé, simplement pour que le passager reste captif du choix de la Caisse.

Pourquoi, au moins, ne pas faire rouler le REM au sol sur René-Lévesque ? Peut-être parce que le modèle d’affaires de la Caisse exclut l’idée que des chauffeurs, qui ont la mauvaise habitude de se syndiquer, conduisent ses trains, ce qui est indispensable pour faire des arrêts au sol.

Un « projet signature »

Le grand argument est financier : avec la Caisse, on a accès à des milliards qui, sinon, ne seraient pas disponibles. Un avantage qui se dépréciera au cours de décennies de surcoût de 8 %. Mais admettons. Pour les projets de REM de l’Ouest et de l’Est dont le coût réel dépassera les 20 milliards, la Caisse en investit 7. Avec les 13 milliards restants, sans les contraintes du REM, on aurait fait immensément mieux.

Mais puisque nos premiers ministres nous ont plongés dans ce tunnel financier, ne boudons pas notre plaisir d’en faire, comme le veut le mot à la mode, un « projet signature ». Oui, que la station outrageusement coûteuse de l’aérogare porte le nom « Philippe-Couillard », et que la monstruosité surélevée qui déparera René-Lévesque s’appelle « François-Legault ». Ils persistent ? Eh bien qu’ils signent !


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Affaiblir le français : mode d’emploi

Si on souhaitait mettre en péril le français au Québec, comment s’y prendrait-on ? On pourrait penser que c’est chose facile. Les francophones québécois ne forment que 2% de la population du continent, sont soumis à la force d’attraction de la plus grande puissance économique et culturelle de l’histoire, ont en leur sein une minorité anglophone vivante et active, leur statut de grands exportateurs et leur ouverture sur le monde en font une des populations les plus bilingues en Occident.

(Une version légèrement écourtée de ce texte a été publié dans Le Devoir.)

Pourtant, ils résistent. Par le poids du nombre. Pas plus tard qu’en 1981, 83% de tous les Québécois et 57% des citoyens de l’île de Montréal étaient francophones, détenant ainsi une masse critique assurant leur pérennité. C’est donc là qu’il faut frapper : réduire graduellement la proportion de francophones.

Illustrons la chose avec la métaphore de la baignoire, chérie par les profs de math. L’eau y fut longtemps au-dessus de 83 degrés (le pourcentage de francophone au Québec). L’air ambiant étant proche de 0 degrés (le climat linguistique anglo-continental) est en soi refroidissant. Le trou n’y est pas tout à fait bouché et s’y écoule lentement une eau à 83 degrés (les décès). Il y a aussi un robinet (l’immigration). Depuis près de 20 ans les gouvernements libéraux et aujourd’hui la CAQ ont réglé ce robinet à une température d’environ 50 degrés (seulement la moitié des immigrants connaissent le français au point d’entrée). Mieux, ils ont augmenté son débit de 80% (passant de 30 à 55 000 immigrants par an), désormais proportionnellement un des plus importants au monde. Pas étonnant que la température moyenne baisse, désormais à 80%, en route pour 74% d’ici 15 ans selon Statistique Canada.

Comme l’essentiel de l’opération se déroule sur l’île de Montréal, (et à Laval et Longueuil), c’est là que la chute de température est la plus rapide. Les francophones sont passés à 53%, en route pour 49%. Un très bon début.

(L’article reprend après la pub.)

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Les habitués de ce débat s’envoient des taux de transfert linguistique par la tête. Ils parlent du moment où un allophone se met à parler la langue du pays d’adoption dans sa cuisine et sa chambre à coucher. À Toronto, New York ou Chicago, 100% de ces transferts se font vers l’anglais, assurant la pérennité de la langue nationale. Au Québec ? « Il faudrait que ce soit 83% vers le français, alors que ce n’est que de 54% », disent les pessimistes. « Mais parmi les plus récents arrivants, c’est 75% » rétorquent les optimistes !

Ne les écoutez pas. Ils se disputent les miettes. La réalité, c’est que la quasi-totalité de nos allophones (+de 90%) ne font pas ce transfert. Ils sont en stand-by. Grâce à eux, la situation linguistique est semblable au coyote de Road Runner. Il a quitté la terre ferme, il est stationnaire, dans le ciel, en haut du précipice. La force de gravité ne l’a pas encore tiré vers l’abîme.

Nous avons plusieurs cartes à jouer pour démontrer (aux allos, pas au coyote) que la gravité doit jouer pour l’anglais. Il faut par exemple ajouter dans des collèges et universités anglophones du centre-ville de Montréal plusieurs dizaines de milliers d’étudiants étrangers qui ne parlent pas le français et à qui on ne l’enseigne surtout pas. Embauchons-les ensuite comme commis dans les magasins et Bonjour-Hi la visite ! N’exigeons pas des jeunes adultes de notre communauté anglophone une réelle compétence en français pour obtenir leurs diplômes collégiaux et universitaires. Ils comprendront que cela n’est pas indispensable. Faisons en sorte qu’une partie grandissante de la crème de tous nos étudiants s’inscrive dans leurs institutions post-secondaires pour vivre ces années cruciales dans un contexte qui les prépare au moins au bilinguisme intégral et, au mieux, à la prédominance de l’anglais.

Multiplions aussi les permis temporaires de mobilité de la main d’œuvre offerts sans contrainte linguistique (40 000 par an).  pour irriguer encore la masse critique anglophone dans les entreprises.

Assurons-nous ensuite que la connaissance du français ne soit pas une condition d’obtention de la citoyenneté canadienne au Québec. La convergence de ces facteurs permettra de comprendre que, malgré les réels progrès du bilinguisme, le nombre d’unilingues anglophones a pu augmenter, entre 2011 et 2016, de 30 000 personnes. Un tour de force.

La tâche de rendre le français folklorique au Québec est lourde et prendra plusieurs générations. Heureusement une phase transitoire est à portée de main : faire franchir à l’économie de la métropole un point de bascule linguistique. Depuis la loi 101 et un net recul de l’anglais dans les affaires – dû en grande partie au départ de 600 000 anglophones, on en revient toujours à la question centrale du nombre – on constate dans les entreprises une situation de bilinguisme à dominante francophone. Il faut passer maintenant au bilinguisme intégral.

La chose est bien enclenchée. Environ 60% des offres d’emploi à Montréal réclament l’anglais (y compris, selon une enquête journalistique, pour pelleter de la neige!). L’avenir est prometteur : sur l’île, 80% des francophones de 25 à 44 ans parlent l’anglais, davantage donc que les 76% d’anglos du même âge qui parlent le français. Mieux encore : la moitié des jeunes francophones disent être indifférent à ce qu’on les accueille en français ou en anglais dans les commerces.

L’économie québécoise exportant près de la moitié de sa production et de ses services, il est normal que l’interface avec le continent anglo-américain se fasse dans la langue de Shakespeare. Les excités du français aimeraient qu’une fois complétés ces échanges téléphoniques et numériques avec clients et fournisseurs anglophones, les discussions entre salariés québécois se fassent en français, langue de travail commune.

Heureusement, Statistique Canada nous informe qu’à Montréal, la proportion d’entreprises faisant fi de ce principe et travaillant en mode bilingue intégral est passée de 9% en 2006 à 15% en 2016. Une progression linéaire nous permet de prévoir que la majorité des entreprises de Montréal seront intégralement bilingues d’ici 2042 (dans 21 ans!). L’étape suivante coulera de source: l’anglais langue commune au travail.

Vous craignez que ce plan soit déjoué par l’actuel gouvernement? Ne tremblotez point. Il peut aligner toutes les « mesures costaudes » qu’il voudra. Tant qu’il ne réglera pas le robinet à 83 degrés, et il s’engage à ne pas le faire, notre affaire est ketchup.


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Laïcité: au nom de qui Valérie Plante parle-t-elle ?

Sur la laïcité, Valérie Plante et Denis Coderre sont sur la même longueur d’onde. Mais qu’en pensent vraiment leurs électeurs ?

La mairesse de Montréal a pesé de tout son poids, hier, contre le projet de loi sur la laïcité déposé par le gouvernement québécois. L’opposition officielle à l’hôtel de ville réclame que Montréal soit exempté de son application, rien de moins !

Disons d’abord que les opinions de ces élus sont légitimes et qu’ils pourront l’exprimer dans la consultation qui précédera l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale. Mme Plante s’insère parfaitement dans les traces de son prédécesseur Denis Coderre qui s’opposait, en principe, à ce genre de mesures mais qui avait poussé le bouchon un peu plus loin en laissant entendre qu’il n’appliquerait pas ses dispositions dans sa ville. J’étais à l’époque ministre responsable de la Métropole et je l’avais semoncé à ce sujet (Il avait même récidivé lors de la loi libérale sur l’interdiction du voile intégral, beaucoup plus timide – voir plus bas).

Valérie Plante n’a pas, pour l’instant, franchi ce pas, contrairement à la Commission scolaire du Montréal anglophone qui a clairement affiché sa volonté de ne pas appliquer la loi.

Avant d’aller plus loin, une question de base se pose. Mme Plante et les conseillers municipaux de Montréal ont le droit d’avoir des avis sur la question, mais sont-ils représentatifs de leurs électeurs ? Pour qui parlent-ils ?

Il serait utile d’avoir un sondage effectué dans les limites de la ville de Montréal pour en avoir le cœur net. Nous détenons cependant une intéressante approximation: le sondage effectué par la maison CROP en novembre dernier, donc il y a à peine quatre mois, avec un échantillon représentatif couvrant la Région Métropolitaine de Montréal.

Que découvre-t-on ?

La mairesse Plante se plaint que la loi s’applique aux policiers (et policières) de Montréal, qui sont pourtant sous son autorité. Or qu’ont répondu les Montréalais ?

Interdiction des signes religieux chez les policiers:

65% POUR, 29% CONTRE

Pour ce qui est de l’interdiction chez les enseignants, la marge est aussi forte:

58% POUR, 35% CONTRE

En fait, force est de constater que le projet de la CAQ (et, dois-je ajouter, la position du PQ que j’ai défendue et défends toujours) est MOINS SÉVÈRE que l’opinion exprimée par les Montréalais.

Le projet de loi prévoit une clause grand-père protégeant les droits acquis des policiers, enseignants et juges. Or..

56% des Montréalais sont CONTRE cette clause.
En fait, 48% (contre 44%) préféreraient que les récalcitrants soient CONGÉDIÉS !

L’excellente décision des parlementaires québécois de déplacer le crucifix hors de l’enceinte du pouvoir, le Salon bleu, n’est pas appuyée par les Montréalais:

54% auraient préféré MAINTENIR LE CRUCIFIX au Salon Bleu, contre 30% favorables à son retrait.

La conclusion coule de source. Dans ce débat, le PQ et la CAQ cherchent un point d’équilibre entre la volonté populaire favorable à la laïcité et ceux qui y sont opposés. Le PQ et la CAQ ont mis de l’eau dans leur vin, pour maximiser les chances de succès de la réforme.

Pour l’instant, on ne peut en dire autant de la mairesse. Dans le doute, peut-être devrait-elle écouter ses citoyens.


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18 septembre 2017

Lettre ouverte à M. Denis Coderre: Montréal fait partie du Québec

Monsieur le maire, cher Denis,

Vous me savez partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole. Je m’y étais engagé lorsque j’étais ministre de la métropole et l’ai appuyé comme chef du Parti Québécois. J’estime d’ailleurs que la loi votée par le gouvernement libéral est encore trop timide. En habitation, par exemple, j’aurais aimé donner davantage de latitude à Montréal pour mieux répondre aux besoins criants de logements sociaux et abordables.

Je dois cependant exprimer mon désaccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble.

Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise.

Dans votre prétention d’exclure Montréal des décisions de l’Assemblée nationale, vous semblez oublier un élément essentiel. Les Montréalais sont représentés à l’Assemblée nationale par des députés de plusieurs partis. J’en suis. Les questions d’immigration et de laïcité font partie des enjeux qui déterminent le vote des électeurs montréalais au moment de leur choix de députés.

Vous indiquez avec raison que les décisions que nous pourrions prendre sur le port de la burqa ou du niqab, par exemple, aura davantage d’impact à Montréal qu’en régions. Vos collègues maires des régions pourraient utiliser votre argument et se déclarer maîtres des décisions touchant la forêt, les mines, les pêches. Ils ne le font pas.

Vos déclarations de cette semaine font craindre une dérive malsaine. Souhaiterez-vous demain soustraire Montréal de certaines dispositions actuelles ou futures de la loi 101 ? Du Code du travail ? Du Code criminel ?

Le maire et les élus de Montréal sont des personnes importantes qui doivent bien sûr être consultées sur un ensemble de sujets qui peuvent avoir un impact sur la vie dans la cité (…). Mais les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises à l’Assemblée nationale. Montréal a droit au respect. L’Assemblée nationale aussi.

Bien cordialement,
Le député de Rosemont,

Jean-François Lisée


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Paniers de Noël, manif et dossiers de porte-parole -La Semaine du Député de Rosemont

La semaine a été consacrée à des rencontres sur des dossiers de services sociaux et à saluer beaucoup d’organismes et de citoyens qui se préparent pour Noël.

Marché de Noël de l’École Sans-Frontières
2015-12-12 école sans frontieres

J’étais heureux de prendre part au marché de Noël de l’école Sans-Frontières de Rosemont qui a eu lieu pour la première fois, dans le nouveau gymnase.  

Les parents, élèves et bénévoles étaient de la partie!

Bravo à tous pour l’organisation.

Le SLAB fête Noël!

2015-12-12 fête noel du SLABLe Service des Loisirs Angus-Bourbonnière (SLAB) a tenu sa magnifique fête de Noël!Jeux gonflables, maquillages, animations, lutins de Noël et le Père Noël étaient au rendez-vous.

Bravo aux employés du SLAB ainsi qu’à tous les bénévoles pour ce bel évènement.

Rencontre avec Moelle épinière et motricité Québec

2015-12-14 moelle épiniere et motricité qcDans la foulée des multiples coupures en santé du gouvernement  libéral, j’ai rencontré Walter Zelaya, Directeur général et Nicolas Messier, conseiller de  Moelle épinière et motricité Québec. L’organisme favorise l’autonomie des personnes blessées médullaires, dans quatre principaux champs d’activités : l’intégration sociale, l’employabilité, la défense des droits et intérêts collectifs ainsi que le soutien à la recherche. Nous avons échangé sur les enjeux prioritaires des membres de Moelle épinière et motricité Québec pour l’année à venir. Les impacts de l’austérité se font ressentir, notamment via  la perte d’expertise  du milieu de la santé, suite aux reformes Barrette, visant à optimiser les ressources et ce, au détriment des individus les plus vulnérables.

Mise à jour des dossiers avec Autisme Montréal

2015-12-14 autisme mtlJe me suis par la suite entretenu avec les représentantes de l’organisme Autisme Montréal afin de discuter des dossiers chauds. J’ai interpellé à plusieurs reprises la ministre Charlebois sur ce dossier cette année afin qu’elle agisse pour que notamment, les enfants autistes puissent avoir les services requis. La ministre a plutôt promis la tenu d’un forum, dont on n’a toujours que très peu de nouvelles.

Dans mon univers culturel

Crédit : Radio-Canada/Mathieu ArsenaultJ’ai donné une entrevue quelque peu différente de d’habitude, en participant à l’émission culturelle de René Homier-Roy. J’ai parlé notamment des biographies que j’ai lues, des meilleures séries télé politiques, etc.

Cliquez sur l’image pour écouter l’entrevue.

Les députés du Parti Québécois marchent aux côtés des organismes communautaires

2015-12-15 manif TROCEn compagnie de représentants d’organismes communautaires montréalais et de ma collègue Martine Ouellet, nous avons participé à la manifestation « La parade des vulnérables », initiée par la Table régionale des organismes communautaires de la Montérégie ainsi que celle du Centre‑du-Québec et de la Mauricie. Nous joignons nos voix à celle du milieu communautaire pour dénoncer une fois de plus les mesures d’austérité libérales qui touchent particulièrement les plus vulnérables de nos concitoyens. le budget des organismes communautaires stagne et, en parallèle, le nombre de personnes victimes de l’austérité qui cognent à leur porte continue d’augmenter. Le gouvernement doit reconnaître leur apport et cesser de se décharger sur eux sans joindre les moyens nécessaires.

Rencontre avec le CIUSSS Centre-Sud de Montréal

Afin de discuter de mes dossiers de porte-parole, soit services sociaux, protection de la jeunesse, soins à domicile et santé publique pour la métropole, j’ai rencontré Sonia Bélanger, la présidente directrice générale du  CIUSSS Centre-Sud de Montréal.

Capture d’écran 2015-12-20 à 07.42.20

Le Magasin-Partage de Noël à Rosemont

2015-12-16 magasin partage de Noël

Avec Magdalena Schweiger, directrice de Bouffe-Action de Rosemont

Le Magasin-Partage de Noël à Rosemont c’est plus qu’une épicerie, car il donne aux participants le pouvoir de choisir leurs propres denrées, et ce pour une contribution de 10% du coût réel. J’ai eu le plaisir de participer à la deuxième des 3 journées de cette épicerie temporaire qui a pris place au Centre Gabrielle-et-Marcel-Lapalme. J’ai été franchement impressionné par la qualité et la diversité des produits offerts, ainsi que par l’extraordinaire coordination de cet événement. Un immense bravo aux organisateurs et aux bénévoles!

Tournée de Noël dans Rosemont!

Au Carrefour Montrose pour leur fête de Noël

Aux Résidence Saint-Eugène

Aux Résidence Saint-Eugène

Au Club social Horizons Bonaventure

Au Club social Horizons Bonaventure

Aux Habitations JE Paquin

Aux Habitations JE Paquin

Moisson Montréal : confection de paniers d’urgence avec les bénévoles

Capture d’écran 2015-12-20 à 07.41.14Samedi matin, j’ai visité les installations de Moisson Montréal, la banque alimentaire de Montréal. J’ai également prêté main forte aux bénévoles dans la confection des paniers d’urgence.

Bravo à tous les bénévoles et à Moisson Montréal, vous faites une réelle différence dans la vie de ceux qui en ont le plus besoin.

La Soirée est (encore) jeune spéciale fin d’année!

J’ai eu beaucoup de plaisir à participer à l’émission spéciale de fin d’année de la Soirée est (encore) jeune afin de parler de mon bilan de l’année au Parti québécois. Vous pouvez visionner l’émission sera  sur ICI Radio-Canada Télé en rediffusion le 30 décembre à 14 h et en tout temps sur ici.tout.tv .

2015-12-15 la soirée est encore jeune

Bonne semaine de Noël !

Avec le PQ: Un bond qualitatif pour les familles à Montréal

Pour la première fois, la question de la rétention des familles à Montréal est devenu une priorité d’un gouvernement du Québec.

Nous avons réuni un large groupe d’experts qui a produit l’automne dernier un rapport unanimement applaudi sur la question. Nous nous sommes engagés à livrer la marchandise. Nous l’avons fait ce dimanche en présentant six mesures nouvelles pour changer significativement la donne et rendre Montréal beaucoup plus attractive.

Mes collègues candidates Nicole Léger (Pointe-aux-Trembles), Carole Poirier (Hochelaga-Maisonneuve) et Véronique Fournier (Saint-Henri—Sainte-Anne) m’accompagnaient pour l’occasion.

Nous estimons que retenir les familles sur l’île de Montréal — ou leur proportion est moindre que dans le reste du Québec — permet de contribuer à l’essor humain, culturel, économique et linguistique de la métropole. Nous savons aussi que la moitié des familles qui décident de quitter l’île pour la banlieue auraient préféré rester à Montréal.

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Avec Carole Poirier, Nicole Léger et Véronique Fournier

Un nouveau gouvernement du Parti québécois compte agir concrètement sur les deux embûches principales à la rétention des familles : le coût des habitations et la disponibilité d’unités répondant à leurs besoins.

Six mesures complémentaires seront mises en œuvre.

1. Améliorer le programme ClimatSol pour la protection des sols et la réhabilitation des terrains contaminés

Les coûts reliés à la décontamination constituent un obstacle majeur pour la construction de nouvelles habitations à Montréal et poussent les prix à la hausse. Les paramètres actuels du programme de décontamination ClimatSol sont mal adaptés à la réalité montréalaise. Dès cette année, un gouvernement du Parti Québécois procédera à une révision du cadre réglementaire sur la protection et la réhabilitation des terrains et la gestion des sols contaminés, en tenant compte des particularités propres à Montréal dans le cadre du programme ClimatSol. Les terrains décontaminés grâce à cet effort supplémentaire de 10 millions de dollars seront prioritairement dédiés à la construction d’habitations familiales, sociales, communautaires et abordables.

2. Créer une banque de terrains

Des dizaines de terrains publics, propriétés du gouvernement du Québec ou de la Ville de Montréal, sont disponibles sur l’île. Un gouvernement du Parti Québécois proposera à court terme à la Ville de Montréal la mise sur pied d’un comité conjoint chargé de répertorier les terrains vacants pour en constituer une banque. Le comité déterminera les façons de faciliter la mise en disponibilité de ces terrains pour la construction de logements et d’habitations pour les familles, notamment par des coopératives et des organismes sans but lucratif (OSBL).

3. Encourager les promoteurs à élaborer des projets domiciliaires répondant aux besoins des familles

Dans les projets importants de construction résidentielle, une part significative de la nouvelle offre doit être adaptée aux besoins des familles. En conséquence, un gouvernement du Parti Québécois donnera aux villes le pouvoir d’exiger la construction de logements comprenant plus de deux chambres pour les familles.

4. Endiguer la spéculation immobilière des propriétés indivises

Depuis quelques années, le parc locatif montréalais s’amenuise, du fait de la transformation des immeubles locatifs en propriétés indivises à des fins de revente. Un gouvernement du Parti Québécois analysera, notamment avec la Ville de Montréal, les mécanismes, les réglementations et les programmes aptes à endiguer ce phénomène, tout en permettant aux locataires qui désirent légitimement acquérir leur logement de pouvoir le faire.

5. Faciliter la propriété collective des immeubles

Une pratique novatrice d’accès à la propriété à moindre coût consiste à permettre à des coopératives et à des OSBL d’acquérir des immeubles ou des ensembles résidentiels qui deviennent la propriété collective des occupants. Un gouvernement du Parti Québécois proposera de confier, conjointement avec la Ville de Montréal, un mandat spécifique aux groupes de ressources techniques (GRT) spécialisés dans ce genre d’opérations afin de les faciliter.

6. Adapter la réglementation québécoise à la réalité montréalaise

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à doter le Québec d’une nouvelle politique d’habitation qui élaborera des réponses adaptées aux besoins nouveaux en matière de logement. Cette politique prendra en compte les défis posés par les quartiers centraux et anciens. Elle protégera notamment les locataires aînés contre le risque d’éviction de leur logement.

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage également à moderniser la Loi sur la Régie du logement afin d’en simplifier les règles et d’en améliorer l’accès et les délais.

Ces six nouveaux engagements s’ajoutent aux annonces faites lors de la publication de la plateforme montréalaise du Parti Québécois, qui comporte notamment les mesures suivantes :

  • Soutenir la construction de 7500 logements sociaux, communautaires, abordables et étudiants au cours des cinq prochaines années, dont au moins 2500 seront destinés aux familles.
  • Améliorer la transparence du processus de fixation du prix des appartements locatifs, en examinant notamment la faisabilité de la mise en place d’un registre des baux.
  • Encourager les initiatives de verdissement dans la région métropolitaine.
  • Favoriser la mise en place d’une politique d’atténuation du bruit dans les quartiers de Montréal.

 

Véronique Fournier, chez qui nous étions pour cette annonce, a conclu en ces termes: « Montréal se distingue de la majorité des autres villes d’Amérique du Nord par ses quartiers centraux animés. Cette vie de quartier, nous la devons en grande partie aux familles qui y habitent. Notre parti croit qu’il faut permettre à davantage de familles, peu importe leur revenu ou leur situation, de faire le choix de vivre en ville. Nous nous engageons à poser des gestes forts et concrets en ce sens. »