3 péages sur les ponts fédéraux de Montréal ? Quels dommages ?

Avec mes collègues Martine Ouellet et Stéphane Bergeron, j’ai réclamé ce jeudi que le gouvernement québécois se penche sérieusement sur les impacts qu’aurait le scénario envisagé cette semaine par Ottawa d’imposer des péages non seulement sur le futur pont Champlain, mais également sur Jacques-Cartier et sur Honoré-Mercier.

 

Il est particulièrement inquiétant que le ministre responsable des Transports et ministre responsable de la région métropolitaine, Robert Poëti, affirme ne pas vouloir lire les études actuellement disponible et ne semble pas intéressé à avoir des munitions, ne semble pas intéressé à vouloir documenter l’impact négatif qu’aurait ce péage ou ces péages sur la région métropolitaine.

Puisque maintenant il est avéré que le gouvernement fédéral songe à un péage sur trois ponts, nous lui demandons de commander une étude québécoise du ministère des Transports à des exports locaux ou internationaux sur l’impact qu’aurait un péage sur trois ponts sur la congestion routière et sur l’économie de la région métropolitaine. Que le gouvernement du Québec ait ces munitions, que le gouvernement du Québec documente l’impact d’une décision aussi grave prise unilatéralement par le gouvernement fédéral. Nous souhaitons que le gouvernement du Québec se mette à se tenir debout, à se préoccuper de la chose, à documenter les impacts et à pouvoir débattre avec le gouvernement fédéral sur la base de faits scientifiques avérés.

 

Nous avons également interrogé le ministre Poëti à l’Assemblée ce jeudi:

AJOUT: Comment Ottawa compte AUGMENTER la congestion à Montréal, au profit des riches !

Avec le péage sur Champlain, Ottawa propose d'augmenter la dose de congestion à Montréal

Avec le péage sur Champlain, Ottawa propose d’augmenter la dose de congestion à Montréal

Le rapport commandé par Ottawa sur l’impact d’un péage sur le pont Champlain était secret. Ottawa voulait le garder secret. Le ministre québécois des transports, et de la métropole, Robert Poëti, trouvait normal qu’il reste secret.

On sait maintenant pourquoi. Radio-Canada l’a obtenu et ses résultats sont catastrophiques.

Un péage sur le Pont Champlain provoquerait un déplacement de circulation vers les autres ponts et en ferait exploser l’utilisation. Le Pont Jacques-Cartier serait utilisé à 135% de sa capacité. Le Pont Victoria ? à 175% !

« Le péage aurait pour effet de réduire la circulation sur le nouveau pont et cela soulève des inquiétudes parce que la circulation détournée ne peut être absorbée ailleurs sur le réseau, » note l’étude.

Or que se passera-t-il aux abords des Ponts Jacques-Cartier et Victoria ? Des embouteillages monstres à Longueuil et dans l’Est de Montréal, aux artères-clés Papineau et Sherbrooke.

Ottawa nous propose donc un cauchemar de la congestion montréalaise, alors même que nous savons que la congestion chronique coûte entre un et trois milliards de dollars à l’économie montréalaise, en ce moment. On a peine à imaginer le coût supplémentaire que la congestion Made-in-Ottawa va coûter.

Ce mercredi, le Directeur parlementaire du budget, à Ottawa, a déposé son propre rapport sur l’impact d’un péage. On y trouve ce graphique percutant:

péage

Le message est clair: les faibles revenus et les membres de la classe moyenne refuseront de payer. Ils préféreront les bouchons. Donc: les riches pourront traverser le fleuve rapidement !

Ottawa veut construire, avec notre argent, un pont qui va servir aux riches. Et qui va appauvrir l’économie montréalaise et créer une congestion quasi-permanente aux deux bouts des autres ponts Montréalais ! Bravo !

Le ministre Poëti a réitéré ce mercredi son opposition au péage. Merci. Mais se souvient-il que lorsqu’il est arrivé en poste, il a déclaré que son arrivée, et celle du gouvernement Couillard, allait « donner de meilleurs résultats » avec Ottawa. « C’est le début d’une collaboration qui va faire des gagnants », a-t-il dit.

Pour l’instant, elle ne fait que des perdants. Est-ce un des coûts, tangibles, de notre appartenance au Canada ? Est-un des coûts, inévitables, de la non-indépendance ?

La Semaine du Député de Rosemont

Cette semaine, des aller-retour entre Rosemont et Québec.

Un Week-end rosemontois

2014-09-09 carrefour Montrose
D’abord, j’ai participé au lancement de la programmation des activités 2014-2015 du carrefour Montrose, le groupe d’aînés le plus actif et le plus allumé que j’aie jamais rencontré.

Je vous invite à consulter leur nouveau site web au www.carrefourmontrose.org.

C’était aussi la vente trottoir sur la rue Masson, puis, avec le retour du soleil dimanche, le grand rendez vous de la rentrée au Parc Molson: L’Écofête du citoyen de la SODER

2014-09-07 écofête du citoyen de la SODER

Des centaines de personnes sont venues chiner, signer des pétitions, vendre leurs objets usagés, prendre un café en bonne compagnie.

Encore une fois bravo à toute l’équipe de bénévoles ainsi qu’à Chloé Dodinot de l’écoquartier Rosemont-La Petite patrie et Frédéric Bourrely de la SODER.

Entendre les Québécois

Lundi, j’ai fait connaître sur mon blogue, dans La Presse et Le Soleil , ma position sur le calendrier souverainiste. Elle tient en deux points: 1) nous devons lancer un vaste travail d’animation souverainiste, notamment auprès de la jeunesse, pour augmenter le nombre d’indépendantistes au Québec; 2) un an avant la prochaine élection, à l’aide d’un mécanisme qui reste à déterminer, le Parti québécois, ses militants, son chef, ses membres doivent décider s’ils demandent un mandat pour faire la souveraineté, car ils jugeront que l’opinion est prêt à franchir ce pas, ou dans le cas contraire s’ils s’engagent, pour le mandat à venir, à offrir un excellent gouvernement, tout en poursuivant le travail de conviction.

Vous pouvez écouter l’entrevue accordée à Marie-France Bazzo, pour l’émission «C’est pas trop tôt!» ici.

Kiosque à l’U de M : sortir, parler et convaincre
2014-09-08 CNJPQ U de M
Chaque année, l’Université de Montréal organise une journée de promotion des associations étudiantes, où les cellules locales du parti québécois et celles des autres partis politiques, ont l’occasion de recruter des membres et d’informer les étudiants sur les enjeux politiques de la rentrée.

À l’invitation de l’association des jeunes péquistes de l’Université de Montréal, je suis allé à la rencontre des étudiants, afin d’échanger avec les jeunes, de répondre à leurs questions et d’écouter leur vision de la politique aujourd’hui.

De Retour à Québec pour la Commission sur les institutions

  • Hydro-Québec devrait être assujettie au Protecteur du citoyen

Pourquoi est-il si difficile de régler nos problèmes avec Hydro-Québec ? En Commission parlementaire, j’ai abordé la question avec la protectrice du citoyen, Raymonde Saint‑Germain.

En ce moment, les citoyens mécontents doivent se tourner vers la cour des petites créances ou encore vers un tribunal de droit commun lorsqu’ils croient que leurs droits sont lésés, alors que beaucoup de situations pourraient se régler plus simplement avec l’intervention du Protecteur du citoyen.

C’est d’ailleurs sous le gouvernement du Parti Québécois qu’en juin 2014,  l’Assemblée nationale a assujetti Hydro-Québec à la compétence du Vérificateur général. Il est tout aussi logique qu’Hydro-Québec collabore également avec le Protecteur du citoyen afin que celui-ci puisse intervenir, soutenir les citoyens qui vivent un préjudice et formuler des recommandations à la société d’État. Pour plus de détails, vous pouvez consulter le communiqué de presse émis à ce sujet ici.

  • Revenu Québec : Augmentation fulgurante des litiges

Il y a un problème de culture à Revenu Québec, qui considère certains contribuables coupables jusqu’à preuve du contraire. Ca devrait être l’inverse.

Vrai, Revenu Québec fait reculer avec brio la fraude et le travail au noir. Mais il le fait avec une rigidité administrative qui entraîne parfois un non-respect des droits des citoyens. La protectrice du citoyen a eu des mots très durs à ce sujet:


Le PQ demande au gouvernement Couillard de continuer d’agir en prévention

Mercredi, à l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, j’ai demandé à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Madame Lucie Charlebois, d’intensifier les efforts en prévention du suicide et de s’assurer que les organismes impliqués dans ce travail ne souffrent pas des compressions à venir.

Je souligne notamment les efforts déployés au quotidien par l’équipe de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). Vous pouvez lire mon communiqué de presse à cet effet.

Marchons pour contrer l’itinérance

Nous étions nombreux à marcher dans les rues de Montréal jeudi matin, à l’appel du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). Nous avons réclamé du gouvernement fédéral de reconduire la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) en respectant les orientations québécoises, plus souples et plus adaptées aux besoins que les dictats des fonctionnaires fédéraux.

Ottawa met en péril le financement de dizaines d’organismes communautaires luttant contre l’itinérance. La ministre Lucie Charlebois doit défendre les intérêts du Québec face au gouvernement fédéral, en plus de déposer rapidement le plan d’action découlant de la Politique nationale de lutte à l’itinérance du gouvernement du Parti Québécois et de débloquer les 6 millions de dollar prévu à cet effet. Plus de détails dans le communiqué de presse émis à cet effet.

2014-09-11 pasdelarue marche RAPSIM

crédit photo: PAS de la rue, François Gschwind

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec plusieurs organismes qui viennent en aide aux itinérants, notamment Pas de la rue (PAS), dont la mission est d’accueillir et de soutenir toute personne de 55 ans et plus, sans domicile fixe ou en situation de grave précarité.

J’avais soulevé la question de l’itinérance à la protectrice du citoyen lors de la commission parlementaire, quant à la formation déficiente des policiers face aux itinérants et sur la réorientation du programme fédéral. Madame Saint-Germain à appelé à la prudence dans les coupures en itinérance qui ne sont pas les coupes les plus avisées puisqu’elles touchent le financement d’organismes qui rendent un service direct aux gens dans la rue.

Le ministre libéral de la métropole déçoit

Je suis allé entendre Robert Poéti, ministre libéral de la métropole, qui s’adressait vendredi midi à la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. La seule politique économique de son gouvernement envers Montréal a été de couper de 20% la totalité des crédits d’impôts qui soutiennent la recherche, le développement, la culture, les industries créatives, le multimédia. C’est 270 millions retirées de l’économie, au moins la moitié à Montréal, chaque année.

Cette réduction irresponsable de l’aide aux entreprises innovantes a été faite sans la moindre étude d’impact et suscite une grande incertitude. On s’attendait à ce que le ministre Poéti se fasse rassurant, qu’il affirme comprendre la préoccupation des entreprises et annonce que des ajustements arriveraient bientôt. Il a été complètement silencieux sur le sujet, ce qui rend les entreprises encore plus nerveuses pour l’avenir, et moins enclines à investir.

5 @7  des jeunes au Gainzbar!

Salle comble au Gainzbar

Salle comble au Gainzbar

Dans le cadre de la rentrée politique (et scolaire), une soixantaine de jeunes, étudiants et travailleurs, sont venus échanger avec moi au Gainzbar, à l’invitation des jeunes péquistes de l’Université de Montréal.

Au menu: comment relancer l’indépendance, de quelle façon choisir un nouveau chef au PQ, l’Écosse, la Catalogne, le calendrier référendaire, etc…

En entrevue avec Deux Hommes en Or

Ce vendredi soir, première de la nouvelle série Deux Hommes en Or. Ils m’ont invité. Voici ce que ça donne:

Cliquer pour voir la vidéo

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L’Est de Montréal, orpheline du gouvernement Couillard

Ne cherchez pas les lettres HMR (pour Hôpital Maisonneuve-Rosemont) et les mots « ligne bleue » dans le budget du gouvernement Couillard. Ils ont disparu de l’écran radar libéral. Comme le toit du Stade olympique, dont le candidat Couillard avait pourtant vanté les mérites.

Qu’ont en commun ces projets ? Ils sont tous dans l’Est de Montréal. Ils sont tous structurants.

Ils ont également en commun de ne plus être mentionnés par le gouvernement Couillard, alors que d’autres projets, ailleurs sur l’île, font leur apparition.

Comme député de Rosemont, ces questions me turlupinent et j’ai pu questionner la ministre des municipalités, Pierre Moreau, qui défendait ce mercredi les crédits du ministère de la Métropole. Il a confirmé l’absence de volonté politique ferme de son gouvernement à ces sujets.

Des hôpitaux prioritaires, mais pas HMR

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont se bat depuis des lustres pour que son projet de modernisation et d’agrandissement, nécessaire pour offrir des services décents à plus de 600 000 personnes, fassent l’objet d’une attention accélérée. C’était l’engagement que le Parti québécois avait pris pendant la campagne.

Le PLQ n’est pas contre l’accélération des études de projets montréalais. Mais pas HMR. Au cours de la campagne électorale, ils se sont engagés envers trois hôpitaux: Verdun, Sacré-Coeur et HMR.

Dans le discours du budget, des choix ont été faits: l’hôpital Sacré-Coeur et l’hôpital de Verdun. Deux excellents projets qui méritent attention. Mais l’absence de HMR dans cette liste est préoccupante. D’autant que l’actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pratique à HMR et est parfaitement au courant des besoins de l’hôpital.

M. Moreau ne pouvait expliquer cette absence.

Des projets de transports prioritaires, mais pas la ligne bleue

Le budget libéral s’intéresse aussi aux projets de transport publics. Il cible spécifiquement « le transport collectif entre l’Ouest et le centre-ville de Montréal ».

Il n’était pas indispensable de répéter dans le budget les travaux en cours — enclenchés par le gouvernement Marois — de préparation des plans et devis pour la ligne bleue.

Mais le silence du gouvernement à ce sujet — et son insistance sur le train de l’Ouest — est un signe de plus d’un changement de cap potentiel.

Le premier ministre Couillard avait lui-même mis la ligne bleue en balance il y a peu en déclarant aux journalistes:

« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »

Il était conséquent avec la Plateforme montréalaise du PLQ pendant l’élection, qui disait ce qui suit:

« Nous nous engageons à compléter les projets de train de l’Ouest et de l’Est; nous analyserons également la faisabilité de la réalisation des projets de prolongement du métro.»

Le train de l’Est est presque complété, et dessert principalement les municipalités de l’extérieur de l’ìle. Pour l’avenir, l’engagement libéral pour le projet du train de l’Ouest est ferme, mais la ligne bleue n’apparaît pas dans les priorités.

Aujourd’hui aux crédits, le ministre Moreau a confirmé que, malgré l’existence d’un bureau de projet pour la ligne bleue, malgré la priorité affichée pour la ligne bleue par l’Agence métropolitaine de transport et par la Ville de Montréal et par le gouvernement précédent, toutes les prolongations possibles se valent, y compris, a-t-il dit, un nouveau prolongement vers Laval.

Un flou sur le stade

Pendant la campagne électorale, M. Philippe Couillard avait affirmé que le toit du stade devait était parmi ses priorités. « On s’en occupera dès notre arrivée au gouvernement, a-t-il dit ».

« Il faut faire [les travaux], a-t-il ajouté. Ce n’est pas juste une question de dépenses, mais de revenus. Si le Stade peut être utilisé 140 à 150 jours par année, pour plusieurs activités, ça devient une installation rentable pour le Québec. »

Nous avions prévu une somme pour l’étude du toit du stade. Les Libéraux semblent l’avoir maintenu. Mais aux crédits ce mercredi, le ministre Moreau a refusé de prendre quel qu’engagement que ce soit au-delà de l’étude du projet, rendant vide de sens les propos tenus en avril par son chef. Plus question de s’en occuper « dès notre arrivée au gouvernement ».

Un rétrogradation de la Métropole au sein de l’État québécois

Étrangement, c’est M. Moreau, ministre des Municipalités, plutôt que le ministre de la Métropole, M. Robert Poéti, qui défendait pour le gouvernement les crédits de la Métropole.

Les échanges ont permis de confirmer que le statut du ministre de la Métropole a été considérablement réduit par les Libéraux, par rapport à la situation précédente.
Le ministre Poéti ne préside plus de comité interministériel de la métropole, visant à donner de la cohérence à l’action gouvernementale dans la RMR et regroupant les principaux ministres intervenant à Montréal. Ce comité a été dissous.

Les ministres représentant Laval, la Montérégie, Lanaudière et les Laurentides, qui relevaient de ce comité et de son ministre pour assurer une vision métropolitaine du développement, relèvent maintenant du ministre des Municipalités, au même titre que les ministres régionaux.

Le Secrétariat à la région métropolitaine, qui relevait administrativement du secrétaire général du gouvernement (ministère du Premier ministre), relève maintenant du Ministère des Municipalités.

Plusieurs configurations sont possibles pour bien servir les intérêts de la Métropole au sein de l’appareil d’État. La dissolution du comité interministériel de la Métropole, la rétrogradation du pouvoir administratif de ses hauts-fonctionnaires, le rapetissement du rôle du ministre responsable dans la coordination des enjeux qui englobent les couronnes sont autant de décisions qui affaiblissent la Métropole au sein de l’État québécois.

Étrangement aussi, c’était le ministre responsable de la Capitale Nationale, Sam Hammad, qui défendait les crédits de la Capitale. Le gouvernement Couillard a décidé, là, de ne pas rétrograder le rôle du ministre dans la gestion de la Commission de la Capitale Nationale.

Je suis content pour lui, et pour les gens de Québec !

(vidéo) Avec le PLQ, le SLR n’est plus sur les rails !

C’est une chose que de vouloir revenir sur une décision qui a été prise par un gouvernement précédent. C’en est une autre de le faire… puis de faire semblant qu’on ne le fait pas.

C’est le tour de force que tente d’accomplir le ministre des transports, Robert Poéti, au sujet du projet de Système Léger sur Rail qui doit relier Montréal et la Rive-Sud sur le futur Pont Champlain.

La décision de choisir le SLR, plutôt que des autobus, a été prise l’an dernier, avec l’appui de tous les élus concernés… et du parti libéral.

M. Poéti fait semblant qu’il ne le sait pas, comme l’atteste notre échange à la période de questions ce lundi:

Notez que le ministre tente d’affirmer que la décision de choisir, ou non, un SLR doit être prise l’an prochain, lorsque sera rendu public le rapport du bureau de projet mis sur pied par le gouvernement du Parti québécois.

C’est faux. Il devrait lire le programme triennal d’immobilisation de l’AMT qui, en page 43, résume très bien l’état de la situation:

En avril 2013, le ministre des Transports annonçait publiquement que le choix du gouvernement du Québec quant au mode de transport collectif privilégié sur le nouveau pont Champlain était un SLR. Par la même occasion, il annonçait la création d’un Bureau de projet sous la responsabilité de l’AMT afin de concrétiser la mise en place du SLR.

Il n’était donc nullement question de reposer la question de l’opportunité du SLR, mais d’en discuter les modalités.

Si le gouvernement Couillard veut remettre en cause le dossier SLR, qu’il le dise franchement. Qu’il explique pourquoi il y était favorable l’an dernier, a donné des signaux positifs avec les élus locaux pendant la campagne électorale, et retourne sa veste aujourd’hui.

Il invoque des questions de coûts. Notre gouvernement se posait la même question et avait résolu d’en faire financer l’essentiel en réclamant la juste part du Québec dans le fond discrétionnaire fédéral d’infrastructure, qui s’élève à quatre milliards. (C’est la cagnotte qui a servi à Ottawa pour financer le métro de Toronto).

Nous avions donc identifié un milliard dans cette enveloppe et avions signifié à Ottawa notre intention.

Le 27 novembre 2013, les députés libéraux votaient avec toute l’Assemblée nationale cette motion:

«Que l’Assemblée nationale demande au gouvernement fédéral d’accélérer l’échéancier pour le remplacement de l’actuel pont Champlain en y intégrant le choix du gouvernement du Québec pour le transport collectif sur la nouvelle structure, un système de type léger sur rail, et qu’il réponde positivement aux attentes de l’ensemble des élus de la Communauté métropolitaine de Montréal.»

La seule préoccupation du PLQ ce jour-là était de faire en sorte que les citoyens ne pensent pas que le SLR était une idée… péquiste ! La porte parole libérale du dossier, la regrettée Fatima Houda-Pépin, voulait remettre les pendules à l’heure libérale:

le gouvernement libéral a toujours pris l’initiative dans ce dossier, que ça soit pour le volet transport, pont Champlain comme tel qui relève du fédéral, ou pour ce qui est du mode de transport collectif s’y rattachant, notamment le dossier du projet de type SLR. Alors, à ma demande, ma collègue la députée de Laviolette, [Julie Boulet] alors ministre des Transports, a saisi son vis-à-vis fédéral par écrit le 20 juin 2007 — 2007 — pour lui faire connaître que le projet de type SLR était prioritaire pour le gouvernement. Elle disait… Il revêtait «un caractère prioritaire pour le gouvernement du Québec». […]

C’était d’ailleurs la première fois que le gouvernement du Québec signifiait formellement et par écrit son appui à ce projet, et ça, bien avant l’arrivée du Parti québécois au pouvoir.

Alors, M. le Président, le gouvernement du Parti libéral du Québec avait compris l’urgence de cet enjeu du pont Champlain […]

Le 2 août 2012, mon collègue le député de Châteauguay [Pierre Moreau], alors ministre des Transports, est venu annoncer à Brossard, dans ma circonscription, la mise sur pied du bureau de projet du SLR sous la responsabilité de l’AMT, une annonce qui a été reprise et recyclée par l’actuel ministre le 19 avril 2013.

Le 25 novembre dernier, il y a deux jours, j’ai émis un communiqué invitant le ministre des Transports à collaborer avec Ottawa pour la concrétisation de ces deux projets majeurs que sont le pont Champlain et le projet du SLR.

Alors, M. le Président, je ne voudrais pas qu’on tombe dans la partisannerie, parce que ces projets-là sont majeurs pour notre région, sont majeurs pour le Québec, ils sont majeurs pour le comté de La Pinière parce que les citoyens en souffrent quotidiennement. Alors, j’invite le ministre, j’invite le ministre à déposer les plans et devis du système léger sur rail au gouvernement fédéral pour arrimer la construction des deux projets, c’est extrêmement important

Loin de moi l’idée de contredire Fatima Houda-Pépin. Et il ressort de son récit que le PLQ fait depuis 2007 la promotion du SLR, que ce fut le cas des ministres Boulet et Moreau, et que ce fut officiellement réitéré par le PLQ dans l’opposition il y a quelques mois à peine.

Que Robert Poéti veuille faire marche arrière, il en a le droit. Mais qu’il ne nous fasse pas croire qu’il incarne la continuité. Il incarne la rupture.