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Le 6 octobre dernier, à 11 h 51, Ruba Ghazal a envoyé un message sur mon fil Facebook. Elle était assise derrière un bureau, devant un mur de bois et un drapeau du Québec, cela faisait un peu appel à la nation.
Chers progressistes du Québec, l’heure est grave. Voyez, elle ne me parlait pas qu’à moi, mais à tous les progressistes. Je me suis versé un autre café et me suis concentré sur ce qui était manifestement une urgence pour nous, gens de gauche.
Les temps sont durs pour l’espérance. Surtout à gauche. (Car l’espoir fleurit pour les trumpistes, merci beaucoup.) L’histoire se présente aux progressistes que nous sommes comme une espèce de montagne russe, alternant les périodes de progrès et de reculs. Tantôt les peuples imposent la démocratie, les femmes et les gais l’égalité, les réformistes une meilleure distribution des richesses, les écologistes une prise de conscience de la fragilité de la planète. Puis, réactionnaires et autocrates reprennent le dessus et détricotent tout ou partie du progrès réalisé.
On veut bien dire, avec Martin Luther King, que l’arc de l’histoire est long mais qu’il tend vers la justice, ajouter avec Barak Obama que c’est plus vrai encore lorsqu’on en saisit l’extrémité pour l’aider à pointer dans la bonne direction. Mais la différence avec les cycles précédents est que notre budget carbone collectif est limité et que la catastrophe nous pend au bout du nez. Nous n’avons pas beaucoup de décennies restantes pour jouer du yoyo avec le progrès humain.
« Peut-être que ça aura été ça, le genre humain, finalement » expliquait à son public Catherine Dorion, mercredi, à la première montréalaise de son spectacle Science politique 101. (Je cite de mémoire. C’était fort bien écrit.) Nous avons inventé la poésie, la musique, tant d’autres choses. Mais la politique, non, ça n’a pas marché. « On n’a pas trouvé le bon filon » pour que ça se termine bien, notre aventure. Peut-il faut-il simplement s’y faire, tirer le trait, profiter du temps qui reste, avec ceux qu’on aime.
Il y avait un peu de ça, jeudi, dans la déclaration d’adieu de Gabriel Nadeau-Dubois. Après 15 ans d’engagement politique quasi-ininterrompu, le trentenaire tire, pour l’avenir prévisible, sa révérence.
Il s’est dit usé, une façon de se dire en panne. Dans la préparation de l’annonce de son départ, rien ne l’angoissait davantage, a-t-il candidement avoué, « que cette décision personnelle soit interprétée comme un abandon. Je veux être très clair, ce n’est pas un abandon. Je quitte seulement un titre, une fonction. Tout le reste est intact. Mes valeurs, mes convictions. »
Ça sentait fort le Sigmund Freud. Car il s’agit précisément d’un abandon. Et il le sait tellement qu’il tente de se convaincre du contraire. En pleine tempête, au mitan de son mandat de co-porte-parole (obtenu avec 90% du vote en 2023), il quitte le navire. Imaginons le capitaine du Titanic annonçant, à un kilomètre de l’iceberg, qu’il ne quitte que ses fonctions. « Mes convictions sont intactes », dirait-il, plutôt que « les femmes et les enfants d’abord ».
La barque solidaire coule, tout le monde le voit. Si l’élection avait lieu aujourd’hui, nous disent les pronostiqueurs, la moitié de l’équipage serait engloutie. Le moral est à plat au point que les matelots n’ont même pas tenté, dans Terrebonne, de maintenir leur résultat électoral antérieur de 12% du vote. Mais qu’avaient-ils d’autre à faire, exactement ? Ils ont même déserté leur pauvre candidate, forcée d’avaler le recul à 5 %, sans le soutien d’un seul des députés de la formation, ou de leur co-porte-parole Ruba Ghazal. Ailleurs en ville, François Legault et quelques ministres étaient solidaires de leur jeune candidat battu; Marc Tanguay et quelques candidats à la direction partageaient avec leur propre candidate déçue l’amère coupe du recul électoral. Les seuls en panne de solidarité furent les solidaires.
Gabriel Nadeau-Dubois était celui qui, l’an dernier, affirmait à ses militants que la relance du parti de gauche vers de nouveaux progrès passait par une sérieuse remise en question de son orientation. Sous la menace de « réfléchir à son avenir » il les enjoignait d’adopter sans broncher tous les renoncements que contenait sa « déclaration de Saguenay ». Ils l’ont écouté. Ils l’ont adopté. Il fallait ensuite, avait-il tonné, nettoyer le programme lui-même de ses archaïsmes marxisants puis renforcer l’autorité réelle des co-porte-paroles. Voilà comment on construit un parti de gouvernement.
Pourquoi le capitaine qui avait navigué avec succès ce cap exigeant en 2024, qui avait donc plié le parti à sa volonté, déserte-t-il aujourd’hui ? La famille. Oui, oui, je vois. C’est dur à gérer, deux enfants en bas âge, mais plus encore quand votre vie professionnelle fonce dans un cul-de-sac. Vous n’avez pas le pied léger et le sourire aux lèvres.
La vérité est que GND a tiré la juste conclusion que le virage qu’il a imposé à son parti ne pourrait se traduire par de nouveaux gains. Est-ce parce qu’il juge que le pari du pragmatisme ne peut simplement pas être porté par une troupe qui ne l’est pas, ou pas assez, et où les affaires Dorion, Lessard-Therrien, Bouazzi, gâchent irrémédiablement la sauce ? Ou parce que, quoi qu’il fasse, un réel désenchantement entoure désormais le parti des Françoise David et Amir Khadir, que le momentum a changé de camp pour de bon. Peut-être, toutes ces réponses.
Pour le spectacle de Catherine Dorion – où le nom de GND n’est pas prononcé – je m’étais fait accompagner par deux de mes proches, jusqu’ici électeurs de QS. Après avoir évoqué la possibilité que nous soyons irrémédiablement condamnés à la régression, Dorion – qui habite la scène comme un poisson, l’eau – ne ménage aucun effort pour rallumer, en deuxième partie, la lueur de l’espoir. Sans vouloir rien divulgâcher, je me sens autorisé à vous dire que se joindre à Québec solidaire, ou même voter pour lui, ne fait pas partie des pistes proposées.
Il s’agit plus simplement d’être, chacun, fidèle à ses convictions et d’agir en conséquence. Elle nous fait même prêter un serment en ce sens, debout. C’est pratique : puisque c’est la finale, nous sommes dans la bonne position pour lui offrir une ovation debout. Sinon, nous serions nous levés ? Mes deux accompagnateurs, je ne crois pas. Catastrophés par le sens trumpiste que prend l’histoire, ils m’ont confié ne pas avoir trouvé dans la recette Dorion de quoi les extraire de la déprime ambiante. Il y a bien la recette GND : quitter ses fonctions dans QS tout en maintenant ses convictions intactes.
Ou peut-être y a-t-il celle qu’ont choisie les électeurs de Terrebonne.
Deux autres observations au sujet du spectacle de Dorion. J’avoue ici que j’ai un biais pour les rebelles, quels qu’ils soient. Dans la sphère québécoise du commentariat, je détonne en ayant écrit, et dit, essentiellement du bien de Catherine Dorion. Vous pouvez le constater ici (L’étoile filante de Catherine Dorion) et ici (Les rebelles et le pouvoir). J’ai adoré son livre, Les têtes brûlées, et je suis allé le dire devant plusieurs micros — y compris chez Richard Martineau — et assez longuement aux Mordus de politique. Madame Dorion en est consciente, puisque je suis allé le lui dire personnellement lors d’un Salon du livre. Pendant son spectacle, elle offre un montage assez rigolo des réactions négatives des commentateurs à son ouvrage. Elle réussit à m’y faire apparaître, en isolant un segment des Mordus ou je soulignais qu’elle « travaillait assez peu ». Je précisais: comme législatrice. Cela a sauté au montage et m’a présenté aux spectateurs comme aussi acide envers elle qu’un Mario Dumont ou qu’un Dimitri Soudas. La seule conclusion que j’en tire est celle-ci: si vous ne souhaitez pas être cité hors contexte,n’allez pas en politique.
Un moment fort du spectacle est celui où Dorion explique que son premier geste d’élu fut d’être forcée de prèter serment à la monarchie. Donc de mentir. Son parti lui explique qu’on n’a pas le choix, pour ne pas se faire accuser de faire des « enfantillages ». Elle mime alors le fait d’être jetée par terre et de recevoir des coups.
Évidemment, aucun élu n’est désormais forcé de se dédire ainsi. C’est pourquoi elle a l’élégance de dire: « Heureusement, peu après, le chef d’un autre parti a eu le cran de s’opposer à cette hypocrisie et l’a fait disparaître. Ce qui est bien la preuve que le changement est possible, quand on fait preuve de volonté. »
Non, je vous tire la pipe. Elle n’a rien dit de tel. La scénette du serment, et l’absence de référence à son abolition, plane dans la salle comme un curieux manque. Manque de franchise ? Manque de générosité ? Manque de solidarité ? Je vous laisse juge.
(Une version un peu différente et plus courte de ce texte fut publié dans Le Devoir.)
Il est formidable, ce délai de cinq ans. Il y a des contraintes comme ça, qui nous semblent excessives au premier abord, mais qui nous rendent service à l’usage. Cinq ans, c’est le délai après lequel les législateurs, comme les nôtres à l’Assemblée nationale, doivent décider s’ils renouvellent ou non la disposition de dérogation. Celle qu’ils ont attachée à une loi pour dire aux juges : « Pas touche. Nous avons décidé qu’en ce cas précis, les élus, plutôt que les juges, vont rendre un arbitrage entre les droits individuels et les droits collectifs. »
Le sens des mots est important, et le fait que l’on « déroge » à une charte des droits est très négativement connoté. C’est pourquoi le gouvernement de la Coalition avenir Québec tente d’y substituer l’expression « clause de souveraineté parlementaire ». Une autre vraie façon de voir la chose. Un peu comme la séparation et l’indépendance.
Il y a cinq ans déjà que la Loi sur la laïcité de l’État québécois a été adoptée. Notez que le système juridique canadien n’a même pas été capable, pendant cet assez long délai, de donner son dernier mot sur la constitutionnalité de ce texte législatif. On a eu un jugement de la Cour supérieure en avril 2021. Prenant son temps, la Cour d’appel a entendu les parties en novembre 2022. Prenant encore plus son temps, elle n’a pas donné signe de vie depuis. Et quoi que disent ces augustes juges, on ira ensuite en Cour suprême, chez des gens qui ne sont pas non plus connus pour leur célérité.
Cette révision à pas de tortue donne raison aux parlementaires qui ont voté pour la loi et pour sa clause de souveraineté parlementaire, et donc son application immédiate dans le réel, soit ceux de la Coalition avenir Québec et du Parti québécois (PQ). Sinon, on n’aurait vraisemblablement jamais pu appliquer les aspects de la loi qui interdisent le port de signes religieux chez les policiers, les gardiens des prisons provinciales et les enseignants du primaire et du secondaire. (La loi prévoyait de l’interdire aux juges québécois, mais ces derniers ont usé d’entourloupes pour s’en exempter.)
Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a déposé un projet de loi qui ne contient qu’une clause : celle qui renouvelle la disposition de dérogation/souveraineté parlementaire pour cinq ans. Ne faudrait-il pas, au contraire, refaire le point et franchir des pas de plus ? C’est en effet graduellement, une ou deux fois par décennie, qu’on a fait avancer ce principe clé depuis 1960.
D’abord, on a constaté l’an dernier qu’il manquait une disposition à la loi lorsqu’un mouvement pas tout à fait spontané de prières à l’école a poussé le gouvernement à décréter qu’il y avait des temples pour cette activité et que les écoles n’en étaient pas. Même la députée Marwah Rizqy et tout le Parti libéral du Québec ont exprimé leur accord avec cette interdiction. Le Conseil national des musulmans canadiens poursuit l’État québécois à ce sujet et pourrait convaincre le premier juge trudeauiste venu de la qualité de ses arguments. D’où l’intérêt de colmater la brèche, sous le parapluie de disposition de dérogation/souveraineté parlementaire, dans une modification à la loi qu’on pourrait baptiser du nom de Rizqy.
On entend aussi le péquiste Pascal Bérubé et la solidaire Ruba Ghazal pester contre les subventions accordées à des écoles qui imposent à leurs élèves un enseignement religieux. La journaliste radio-canadienne Laurence Niosi a fait le compte l’an dernier : c’est à hauteur de 60 % que sont financées 27 écoles catholiques, 14 juives, 4 musulmanes, 2 protestantes évangéliques, 2 arméniennes et 1 grecque orthodoxe, au coût de 161 millions de dollars. Je verrais d’un bon oeil une modification Bérubé-Ghazal ordonnant une élimination graduelle de ces subventions.
Puis il y a la question des exemptions fiscales accordées aux immeubles religieux. Les fouineuses Sylvie Fournier et Jo-Ann Demers, de l’émission Enquête, ont révélé que l’Église catholique, qui plaide l’indigence en cour pour éviter de dédommager ses nombreuses victimes d’agressions sexuelles, a au moins 1,8 milliard de dollars dans ses coffres. Ces bidous ne sont pas apparus par l’effet de la bonté divine. Pendant des générations, nos aînés versaient régulièrement à l’Église catholique la dîme, une fraction de leurs revenus, en plus de la quête remise chaque dimanche. Ce n’était pas obligatoire, mais Dieu avait bien prévenu que, pour un chrétien, ne pas la payer équivalait à le voler personnellement.
L’existence de ce pactole rend parfaitement faisable l’abolition des exemptions fiscales pour les biens religieux, qui privaient en 2019 les villes et le Trésor québécois de 180 millions de dollars par an, selon le calcul des collègues Stéphane Baillargeon et Magdaline Boutros. Les fruits de cette fiscalisation devraient être d’abord consacrés à la sauvegarde du patrimoine religieux et à la reconversion des églises, comme l’a récemment suggéré mon estimé collègue chroniqueur de La Presse Maxime Pedneaud-Jobin.
L’étape quinquennale de la Loi sur la laïcité de l’État devrait aussi être le moment d’adopter la proposition, faite il y a cinq ans par le PQ, d’étendre l’interdiction des signes religieux à tout le personnel des écoles, y compris celui du service de garde scolaire et de la direction. Puisque le droit acquis s’applique, cet élargissement tombe sous le sens, et il n’aurait pas d’effet notable sur la pénurie de main-d’oeuvre. La vraie étape à franchir à ce chapitre devrait être l’interdiction du port de signes religieux par les fonctionnaires en contact avec la clientèle, avec respect des droits acquis, bien sûr. Pour le reste, on verrait dans cinq ans.
La combinaison de ces avancées aurait un avantage majeur. Par la force des choses, l’ensemble des mesures toucherait bien davantage le catholicisme que les autres confessions. Cela ficherait un pieu dans l’objection centrale des critiques de la loi, qui évoquent avec effroi le spectre de la catho-laïcité. On en aurait fini avec cette calomnie, Dieu merci.
« Il l’a dit ! Il l’a dit ! » C’est le jeune Robert Bourassa qui trépignait ainsi, en juillet 1967, lorsque Charles de Gaulle a lancé son « Vive le Québec libre ! » J’ai eu une réaction identique, dans mon salon lundi soir dernier, lorsque Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré que les électeurs de Saint-Henri–Sainte-Anne venaient d’élire un « député indépendantiste ».
GND croyait peut-être satisfaire le vœu exprimé la semaine précédente par le facétieux péquiste Pascal Bérubé. Il l’avait mis au défi, lui ou son candidat, de prononcer avant la fin de la campagne le mot « indépendance », jusque-là inaudible chez les solidaires locaux. Mais les règles de cette joute exigeaient peut-être que le mot soit prononcé avant que les bureaux de vote soient fermés.
Je n’ai pas compris pourquoi les péquistes étaient si fâchés que le candidat solidaire Guillaume Cliche-Rivard ait distribué un tract unilingue anglais pendant sa campagne. René Lévesque, Jacques Parizeau et l’auteur de ces lignes ont tous produit pour le Parti québécois (PQ) quelques documents écrits ou audiovisuels en anglais. On s’assurait cependant d’une chose : y mentionner que notre parti voulait faire du Québec un pays. M. Cliche-Rivard a omis ce détail dans toutes les versions, françaises et anglaises, de ses tracts, et on me rapporte qu’il fut aphone sur son projet de séparation dans les débats des candidats (auxquels la Coalition avenir Québec [CAQ], suivant sa scandaleuse tradition, a refusé de participer).
Fallait-il en conclure que Québec solidaire (QS) a ainsi mené une « campagne plus libérale que les libéraux », comme l’a déclaré le chef péquiste ? Ce verdict, repris à TVA par l’ancien ministre libéral Gaétan Barrette, semble embêter considérablement les solidaires, bizarrement mis sur la défensive au lendemain d’une pourtant très décisive victoire en terrain ennemi.
Des journalistes pointilleux ont voulu aller au fond de cette affaire. L’indépendance, a demandé l’un d’eux mardi matin, « est-ce que c’était un thème gagnant pour vous dans cette circonscription-là ? » Le leader parlementaire solidaire, Alexandre Leduc, a joué franc jeu : « Ben. Nous, on a voulu faire une campagne positive, basée sur les enjeux, une campagne terrain. » Le seul rapport logique entre la question et la réponse est que, pour QS, l’indépendance n’est pas un enjeu, n’est pas positive, ou les deux.
À leur décharge, on ne peut les accuser d’avoir caché le drapeau québécois dans la partielle. Ils ne l’utilisent presque jamais. Contrairement au Parti libéral du Québec (PLQ), qui l’affiche même fièrement sur son logo. Plus étonnant dans Saint-Henri–Sainte-Anne a été le choix du lutrin du dernier point de presse. Le mot « Québec » avait disparu de l’affiche, au profit du seul « solidaire ».
D’où vient cette réticence à assumer non seulement son identité indépendantiste, mais son identité québécoise tout court ? Une de mes députées solidaires favorites, Ruba Ghazal, nous a éclairés sur ce point dans le récent balado de Génération Oui. Interrogée sur sa conviction indépendantiste, elle a déclaré « détester au plus haut point » le type de discours « quand on parle de la nation québécoise, quand on parle du Québec, du pays, de l’histoire ». Elle y lit « entre les lignes » une référence aux seuls « vrais » Québécois, les descendants des colons de la Nouvelle-France.
Dans une réplique cinglante, l’ex-députée et désormais porte-parole du Parti québécois Méganne Perry Melançon a conclu que Ghazal semblait être « allergique au mot “nation”, à notre volonté de nous inscrire dans une histoire, de célébrer la grande aventure québécoise sur le continent ». La victime collatérale de cette posture antinationaliste n’est-elle pas l’idée même d’indépendance ? « Pose-toi la question, a-t-elle ajouté : pourquoi n’arrivez-vous pas même à convaincre la moitié de votre propre électorat à appuyer l’indépendance ? Peut-être est-ce parce que vous calomniez une partie des indépendantistes. Parce que vous détestez leur discours. »
Le flou pas très artistique entretenu par QS sur son identité indépendantiste peut être délétère pour l’idée indépendantiste tout en étant payant pour la croissance de QS en terrain libéral.
L’ex-chef du NPD Tom Mulcair expliquait cette semaine à Qub Radio qu’il connaissait personnellement plusieurs militants néodémocrates très impliqués dans la campagne solidaire, mais qui jamais, au grand jamais, n’appuieraient la souveraineté. Ils ne croient tout simplement pas, explique-t-il, que QS soit vraiment indépendantiste.
Pourtant, il l’est, on n’a qu’à lire son programme. Il n’y est pas question de tenir un référendum sur l’indépendance, mais d’élire au suffrage universel une assemblée chargée d’adopter une constitution souverainiste, ensuite soumise au vote. Si QS forme le gouvernement, c’est peut-être que 55 % des Québécois seront dans l’intervalle devenus souverainistes. Cela signifie que 45 % des membres de l’assemblée seront fédéralistes.
C’est comme si on confiait à 100 personnes la tâche de concevoir une loi sur le droit à l’avortement et qu’on y conviait 45 délégués antiavortement. Un échec programmé. Comment QS fera-t-il pour faire surgir un consensus indépendantiste de son assemblée ? Grâce à un processus que les spécialistes versés à la fois en sciences politiques et en psychologie behaviorale désignent de l’expression un peu technique « pensée magique ». (Pour une explication plus complète de l’impossibilité de faire l’indépendance avec la méthode solidaire, voir ici.)
Voilà peut-être pourquoi des militants fédéralistes néodémocrates peuvent militer dans un parti dont la stratégie indépendantiste garantit le maintien du Québec dans le Canada.
Il est certain que le succès de QS dans un ancien château fort libéral va attirer l’attention du Politburo sur d’autres dépouilles libérales à Montréal, à Laval, à Gatineau. La descente aux enfers du PLQ va certainement pousser beaucoup de ses électeurs, notamment de jeunes non-francophones, à chercher ailleurs un nouveau logis politique qui pourrait être QS. Pour peu qu’on laisse au placard l’indépendance et le fleurdelisé, peut-être même le mot « Québec », ça peut marcher.
Précision: Dans la version de ce texte d’abord publiée dans Le Devoir, j’indiquais que Québec solidaire n’utilise le drapeau québécois «jamais, dans aucun événement, où que ce soit». Or QS a contacté Le Devoir pour l’assurer que Gabriel Nadeau-Dubois avait brandi le fleurdelysée dans un événement à Sherbrooke le 17 septembre 2022. Donc, l’équipe de recherche a trouvé un cas en six mois. On a donc corrigé à « presque jamais ». Mais c’est une précision qui, par l’absurde, attire davantage l’attention sur l’absence que sur la présence du drapeau québécois dans l’univers solidaire. Ayant fait mes recherches, j’ai trouvé une autre photo de GND avec notre drapeau, mais c’était avant qu’il soit à QS:
Comment faut-il s’y prendre pour transformer une cause immensément consensuelle, comme la volonté de progrès vers l’égalité des femmes, en foire d’empoigne ? Il suffit d’insister pour y insérer un concept nouveau, apparemment anodin, et exiger que tous y adhèrent, sous peine d’être suspects de n’être pas de vrais féministes, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.
Le mot du mois est « intersectionnalité », depuis que la députée solidaire Ruba Ghazal a tenté, sans succès, d’en faire reconnaître l’existence par l’Assemblée nationale. Les caquistes, qui ont refusé de consentir à la motion, sont-ils réfractaires aux mots de plus de quatre syllabes ? À première vue, on ne voit pas où est le problème, car il s’agit de reconnaître que, souvent, un malheur ne vient pas seul. On peut être triplement marginalisée parce que femme, noire et handicapée (sauf pour obtenir une chaire de recherche du Canada, car si vous présentez ces caractéristiques et détenez les diplômes requis, les universités se battront pour vous embaucher). Songez aussi aux perspectives d’emploi d’un unilingue francophone gai affichant son macaron de Greenpeace dans l’industrie du pétrole en Alberta ou encore à l’environnement hostile dans lequel devrait vivre un salarié de la CBC de Toronto blanc, conservateur, pro-vie et pro-armes à feu. Ce serait le septième cercle de l’enfer intersectionnel, si le concept ne s’appliquait pas qu’aux minorités protégées par la Charte, ce qui exclut par définition les hommes blancs.
Autre exemple, pris celui-ci pas du tout au hasard : une femme, d’origine arabe, voilée, employée de l’État québécois en situation d’autorité. Voilà qu’on s’approche d’un beau cas concret où on découvre que l’intersectionnalité n’est pas qu’un terme descriptif, un outil pourrait-on dire, mais un argument juridique détonnant.
Il fait partie de l’arsenal des opposants à la loi québécoise sur la laïcité. La Fédération des femmes du Québec (FFQ) l’utilise dans son mémoire à la Cour d’appel, notamment dans cet extrait : « L’approche intersectionnelle doit ainsi guider l’analyse que la Cour entreprend sur la portée de l’article 28 », lit-on. C’est l’article de la Charte canadienne des droits qui favorise une interprétation des droits identique aux hommes et aux femmes. C’est fameux, car la disposition de dérogation utilisée par la loi sur la laïcité pour se soustraire à la Charte ne s’applique pas à cette disposition interprétative. La Cour pourrait, selon les plaideuses, l’utiliser pour invalider l’interdiction des signes religieux. La FFQ poursuit : « Autrement, l’on risquerait de mettre en oeuvre une protection qui n’est pas inclusive et donc incomplète, en ce qu’elle autoriserait un législateur à adopter une loi dont l’effet réel est de compromettre les droits et libertés de groupes minoritaires d’un sexe. »
Puisque le groupe minoritaire d’un sexe est doublement ou triplement frappé, il devrait jouir d’une protection supplémentaire. Dans cette logique, on pourrait conclure que les femmes blanches catholiques ne pourraient pas porter de signes religieux ostentatoires à l’école, mais les musulmanes d’origine arabe, oui. Pour les Blanches converties à l’islam, on est en zone grise. Mais on peut penser que des Québécoises noires ferventes catholiques pourraient porter une croix bien visible.
Sous des allures de promotion de concepts progressistes, nous sommes donc en présence d’une stratégie concertée pour introduire ce concept dans le droit québécois — une motion de l’Assemblée nationale étant un acte du Parlement, pas aussi fort qu’une loi, mais suffisamment probant pour être cité en cour. La Cour d’appel s’intéresse à cet argument entre mille, car une des plaideuses pro-loi 21, Christiane Pelchat, m’informe que la Cour a spécifiquement interrogé les plaidants à ce sujet. Bref, c’est l’intersectionnalité féministe au service du droit des religions d’afficher au sein de l’État des symboles de soumission des femmes.
Mais ce n’est peut-être qu’un malentendu. Ruba Ghazal savait-elle que sa motion aurait cet impact juridique ? J’ai posé la question à Québec solidaire et j’attends toujours la réponse. Si elle le savait, elle s’est bien gardée d’en informer les autres parlementaires. La FFQ, elle, en était évidemment consciente et, sur son site Internet, annonce que « nous avons déposé, avec le Collectif 8 mars et Québec solidaire, une motion ». C’est novateur. J’ai été membre de l’Assemblée nationale pendant six ans et c’est la première fois que je vois un groupe externe se vanter d’avoir déposé une motion.
Force est de constater que mes amis du Parti québécois sont tombés dans le panneau, appuyant la motion par réflexe progressiste sans avoir la moindre idée de son impact juridique. (À mon avis, ils ne se méfient pas assez du Politburo de QS.) Ce n’est pas la première fois qu’ils baissent la garde, ils l’avaient fait aussi dans des motions solidaires dénonçant « l’islamophobie », un mot chargé qui cumule à la fois le sentiment antimusulman (condamnable) et toute critique de la religion musulmane. Cet amalgame sulfureux n’est pas soutenu que par les despotes iraniens, mais par la nouvelle conseillère de Justin Trudeau en islamophobie et par la conseillère de Valérie Plante en matière d’antiracisme.
Dans les deux cas — islamophobie et intersectionnalité —, la Coalition avenir Québec a appliqué les freins. Est-ce par refus instinctif de toute cette novlangue diversitaire ou parce qu’elle est consciente des pièges juridiques qu’ils contiennent ? Mes sources à la CAQ se contredisent à ce sujet.
Pour QS et les néoféministes de la FFQ, une ligne rouge a été franchie. « Le fait que la CAQ n’ait pas appuyé la motion, dit Marie-Andrée Gauthier, porte-parole du Collectif 8 mars, sera un moteur de résistance féministe. » C’est, ajoute-t-elle, de « l’aveuglement volontaire ». Et si c’était au contraire un refus de se laisser aveugler ? Un sain scepticisme face à des concepts de velours dissimulant des torpilles favorables à des religions campant précisément à l’intersection de l’obscurantisme, de l’homophobie et de la misogynie ?
« L’idéalisme, il faut en avoir beaucoup. Surtout au début. Parce que ça réduit à la cuisson. » Ce mot d’un ami écologiste français est plein de sagesse. La cuisson, c’est le choc du réel, les contraintes de la vie politique, la force du statu quo. L’important est de garder le cap malgré les obstacles. Et de ne pas, au nom de la quête du pouvoir, renier son idéal d’origine.
(Une version de ce texte a été publiée dans Le Devoir.)
Avec Québec solidaire, on savait à quoi s’en tenir. Le parti avait inscrit sur ses fonds baptismaux son identité anticapitaliste. La charge était nette : « Le système capitaliste produit les inégalités sociales, détruit l’environnement et renforce le sexisme et le racisme en maintenant de nombreux groupes et de nombreuses personnes dans la pauvreté. » Tout un manifeste, présenté en 2009 par Françoise David et Amir Khadir appelait à « dépasser le capitalisme » et critiquait ceux, les sociaux-démocrates, qui souhaitaient simplement le réformer ou le refonder. Ils passaient, écrivait QS, « à côté des vraies questions ».
L’actualité climatique donne raison à ce procès. L’entreprise capitaliste devant, pour attirer et retenir ses actionnaires, produire toujours davantage et offrir toujours un rendement compétitif, le système ne serait durable que si les ressources étaient infinies. Mais puisqu’elles ne le sont pas, la logique même du capitalisme nous conduit vers la déforestation, l’épuisement des ressources, la catastrophe climatique. Beaucoup de citoyens sentent qu’il y a quelque chose de vicié à la base. Un sondage d’août dernier révélait que 35% d’entre nous souhaitent « nous éloigner du capitalisme ». Seulement 25% sont réellement attachés au système. Les autres ne savent quoi penser.
La question qui tue la planète
Être conscient que le capitalisme est le problème n’est qu’un premier pas. Je l’ai moi-même franchi depuis longtemps, on peut me lire sur le sujet ici. La question qui tue (la planète, entre autres) est de savoir comment s’en débarrasser et par quoi le remplacer. Dans son programme, actualisé en 2019 et toujours en vigueur, QS avait choisi la manière forte : « Québec solidaire vise, à long terme, la socialisation des activités économiques ». Vaste programme. Cela signifie que toutes les grandes entreprises (Wal-Mart, Bell Canada, Cascades, Bombardier, etc) deviendraient propriété collective, donc soustraites au dogme de la croissance. Rassurez-vous, ajoutait QS, « une certaine place au secteur privé sera maintenue, particulièrement en ce qui a trait aux PME». Mais le programme de QS insistait spécifiquement sur la nationalisation des mines, des entreprises forestières et d »une partie du système bancaire.
Ces choses-là prennent du temps. Ce sera, écrivaient-ils, « à long terme ». On se limitera, dans un premier mandat, à la nationalisation des CHSLD, de l’énergie renouvelable, de la nationalisation/création d’une banque d’État et, disait QS en 2018, du transport collectif interurbain.
Cette fin de semaine, les délégués de QS étaient d’ailleurs invités à se concentrer sur des engagements « réalisables en un premier mandat » ou alors qui seraient « la première étape d’un projet plus ambitieux ». Bizarrement, pas une ligne de proposition n’était consacrée au « projet plus ambitieux » d’origine : la sortie du capitalisme.
Erreur fatale
Cela n’est pas passé inaperçu, chez ceux qui ont cru et croient encore à l’identité première de leur parti. « Nous sommes de plus en plus alarmés par ce que nous croyons être une dérive importante des racines radicales de notre parti au profit d’une direction réformiste et nationaliste, écrivent les membres du Collectif Tendance Marxiste, un groupe constituant de QS. Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur fatale qui conduit le parti dans une impasse »
Ces dernières semaines, ils ont lancé une campagne visant à « ramener QS à ses racines anticapitalistes ». Ils réécoutent en boucle et les larmes aux yeux les vieux discours où un Gabriel Nadeau-Dubois qui ne portait pas le veston et la cravate chantait les louanges de « la lutte des classes ».
À leur tentative de faire introduire dans la plateforme les dispositions du programme portant sur la nationalisation des mines et de l’industrie forestière, la députée Ruba Ghazal fut tranchante. « Oui, à Québec solidaire, on veut recourir à la nationalisation pour encourager certains secteurs — par exemple pour les CHSLD privés et le secteur des minéraux stratégiques dans certaines situations, etc. – mais pas de le faire comme ça de façon systématique », a-t-elle soutenu. Elle fut fortement appuyée au micro par Manon Massé, celle-là même qui, dans un moment d’égarement en 2018, avouait, mais en anglais seulement, être marxiste. (Karl, de sa tombe, a dû maugréer : Et tu Manon ?)
Nationaliser de façon systématique est précisément la stratégie de sortie du capitalisme prévue dans le programme solidaire. Le vote de ce week-end est donc un renoncement majeur. Les paroles de Mmes Gazal et Massé sont des copier-coller des arguments servis par Jacques Parizeau aux militants péquistes des années 1970 qui souhaitaient, comme leurs amis socialistes français d’alors, nationaliser massivement pour « rompre avec le capitalisme dans les 100 jours » de leur prise de pouvoir.
Dans un baroud d’honneur, le Collectif marxiste a tenté d’imposer, pour 2030, une cible de réduction des GES de 65%. À ce niveau, a dit très justement un militant, « ça signifie qu’on sort du cadre capitaliste et on a une économie dirigée ». La majorité des militants ont dit non.
Ce faisant, ils ont enterré la mission anticapitaliste de leur parti. Rien ne les distingue plus, fondamentalement, des sociaux-démocrates naguère honnis. Ils sont rentrés dans le rang. Ne posent plus « les vraies questions ». C’est un grand jour pour le capitalisme. Je ne dis pas que l’existence de QS, jusqu’ici, l’empêchait de dormir. Mais il peut désormais dormir plus profondément encore.
Amir me répond
Amir Khadir présentant le manifeste « Sortir du capitalisme ». Au temps d’avant.
Après la publication de ce texte dans Le Devoir, Amir Khadir y a fait référence, dans un texte qu’il a publié dans Le Journal de Montréal, intitulé Au lieu de railler Québec Solidaire.
Il débute ainsi:
Je suis habitué de voir, depuis plus de 15 ans, les élites politiques caricaturer les instances de Québec solidaire. La dernière en date : une chronique de Jean-François Lisée dans Le Devoir du 24 novembre intitulé par pure raillerie Le capitalisme triomphe chez QS.
J’avais hâte de lire la suite et de voir comment Amir, que j’estime beaucoup, allait contester ma démonstration sur l’abandon de l’idéal anti-capitaliste par son parti. J’allais être déçu. Voici le coeur de son argument:
On avait ri de moi quand j’ai proposé pour la première fois un projet de loi pour interdire l’exploitation pétrolière et gazière. Aujourd’hui, la CAQ s’apprête à mettre en place une grande partie de ce projet de loi. On nous avait aussi raillés, lorsque nous demandions que la Caisse de dépôt sorte ses billes des énergies fossiles. « Il ne faut surtout pas que la politique se mêle de la Caisse », s’offusquait-on sur les banquettes de l’Assemblée nationale. Récemment, les libéraux ont fait une annonce semblable.
Je ne vous parle même pas du catéchisme dogmatique de « l’équilibre budgétaire » que nous étions les seuls à dénoncer. Aujourd’hui, même les plus grands apôtres de l’austérité n’osent plus s’en vanter.
Le problème n’est pas que les partis politiques traditionnels copient Québec solidaire. Ces partis ont des idées assez conventionnelles sur la politique et le monde. L’agilité à innover et à bouger n’est pas leur force.
Allez voir, à aucun moment il ne revient sur ma démonstration, ni pour la commenter, ni pour la contredire. Au contraire, tout son texte démontre exactement ce que je dis: QS est fondamentalement, désormais, un parti social-démocrate, oeuvrant au sein du système capitaliste sans le remettre en cause. La preuve: ses idées sont reprises une à une par les autres partis, même les plus ouvertment pro-capitalistes, comme le PLQ et la CAQ.
Le PQ, de même, s’est fait piquer plusieurs idées par les libéraux (et désormais les Caquistes) à travers le temps, comme on peut dire au fédéral que le NPD sert d’incubateur à des idées que le Parti libéral du Canada finira par mettre en oeuvre.
En fait la seule idée que QS ne se ferait pas voler par les autres est, précisément, sa feuille de route d’origine vers la sortie du capitalisme. Amir ne la mentionne même pas, lui, le coauteur du manifeste « Sortir du capitalisme ».
On ne peut qu’en conclure qu’une chose. Ce ne sont pas que les militants de QS qui ont, majoritairement, choisi le capitalisme lors de leur congrès de novembre 2021. Amir Khadir est en phase avec eux, bénit ce renoncement de fond. On peut donc imaginer le vieux Karl maugréer aussi, Et tu Amir ?
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