Dans l’épisode précédent, le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire vivre une amnésie collective. Il tentait de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant il y a six mois à peine.
Mais le premier ministre Couillard a frappé encore plus fort en affirmant que toutes les grandes décisions sur le transport à Montréal étaient à revoir. Il faut le lire pour le croire, voici ce qu’il a déclaré aux journalistes:
« Il y a le SLR, le train de l’Ouest, le prolongement du métro vers l’Est, des voies réservées, le boulevard Notre-Dame, le prolongement du métro à Laval. On veut favoriser le transport collectif, mais il faut s’assurer d’avoir les bonnes priorités. »
Le Premier ministre remet donc en cause le prolongement de la ligne bleue du métro. Il fait semblant que c’est un choix parmi d’autres. Mais c’était au contraire le fruit d’un consensus de la Communauté métropolitaine de Montréal, de privilégier le prolongement de la ligne bleue sur les autres options.
La décision du gouvernement du Parti québécois d’aller de l’avant avec la construction de la ligne bleue, et l’annonce d’un bureau de projet sur la ligne jaune, avait été bien accueillie par les élus Montréalais.
Il n’a jamais été question de mettre en balance la ligne bleue avec le train de l’Ouest et encore moins avec le prolongement du métro à Laval.
Qui décide des priorités ? Les « créatures » ou le Premier ministre ?
La semaine dernière, dans son discours d’ouverture, le Premier ministre s’est fait le champion du respect de l’autorité locale de la Métropole:
Nous donnerons à la métropole et à la capitale nationale les moyens de jouer pleinement leur rôle tout en revoyant en profondeur la relation entre Québec et les municipalités, dans l’esprit de la pleine reconnaissance de ce palier local de gouvernance. […] Nous désirons refonder le partenariat entre Québec et les municipalités, bannir le terme «créature» et envisager l’avenir sur la base de deux ordres de gouvernement qui ont leurs responsabilités propres et qui travaillent ensemble au service du même contribuable.
Cette semaine, il fait le contraire. Il fait comme si toutes les discussions qu’ont eues entre eux les « créatures » de Montréal pour identifier leurs priorités en transport — ligne bleue et SLR — n’étaient que du vent, n’avaient aucun poids.
Bravo le climat de confiance !
Le 20 mars dernier, la Communauté Métropolitaine de Montréal faisait connaître ses priorités aux partis politiques engagés dans la campagne électorale. Elle commençait par noter que les choses allaient mieux, depuis l’arrivée d’un gouvernement du Parti québécois:
Depuis quelques mois, un nouvel élan se met en place pour améliorer la compétitivité et l’attractivité du Grand Montréal. Un climat de confiance s’est installé qui permet une plus grande collaboration avec le gouvernement du Québec. Il faut maintenir ce climat et cette collaboration essentielle pour que le Grand Montréal soit concurrentiel par rapport aux régions nord-américaines et internationales.
Puis la CMM indiquait ses priorités, dont la seconde portait sur… le SLR.
Depuis l’élection, le gouvernement Couillard envoie des signaux de plus en plus contradictoires. Il fait comme si rien n’avait existé avant lui, comme si ses engagements de campagne électorale ne comptaient pas, comme si l’élection était l’année zéro du Québec.
Ce n’est pas comme ça qu’on établit un climat de confiance avec la Métropole et avec les Québécois.