Le chiffre: La torture de nouveau à la mode !

58%

Proportion d’Américains qui souhaitent que l’auteur de l’attentat manqué du 25 décembre, le nigérian Umar Farouk Abdulmutallab soit soumis à la technique de la noyade simulée (waterboarding), pour qu’il donne des informations sur ses complices d’Al Qaida. (Selon un sondage Rasmussen disponible ici.) 30% sont d’avis inverse. 27Seulement 30%.

Obama ne le fera pas, et c’est tout à son honneur.

Intéressant commentaire du blogueur Isaac Chotiner, du New Republic. On sait que le père du terroriste avait signalé aux autorités américaines que son fils devenait radical et potentiellement dangereux. Des responsables des renseignements américains ont dévoilé ces derniers jours que ce genre de signalement de la part de membres de la famille ou d’amis de présumés terroristes est assez fréquent. Maintenant, le commentaire de Chotiner:

Il vaut la peine de se demander si les parents inquiets seront aussi prompts à livrer leurs enfants aux forces de l’ordre s’ils — les parents — pensent que leurs enfants seront torturés.

Torture: le film

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Voici un documentaire qui a une date de péremption: le 19 décembre. C’est rare. Torture made in USA: Le film, est un remarquable documentaire de 85 minutes qui ne peut-être vu que sur le Web, et que pour une période limitée ? Pourquoi ? J’y viens.

Mais d’abord, pourquoi le voir ? Parce qu’il démonte avec sobriété et intelligence la mécanique qui a conduit les États-Unis à utiliser la torture à Guantanamo et en Irak (et ailleurs) sous l’administration Bush. Généralement, je me méfie quand les Français veulent raconter l’Amérique. Raccourcis et généralisations abondent. Cette fois, non.Marie-Claude Robin, qui avait fait l’excellent Le Monde Selon Monsanto, a réussi à interviewer plusieurs membres de l’administration Bush directement impliqués dans la chaîne de commandement ou témoins impuissants (autour du secrétaire d’Etat Colin Powell) de la dérive venue de haut, c’est-à-dire de Dick Cheney et George W. Bush.

Le documentaire ne peut être diffusé sur les écrans ou à la télé parce qu’une partie reprend des témoignages livrés devant le Congrès américain et diffusés par la chaîne parlementaire C-Span. Or C-Span demande maintenant des droits de rediffusion, qui font exploser les coûts (de 9000 euros initialement à 130 000 maintenant). Le site indépendant Médiapart (animé notamment par l’ex-journaliste d’enquête du Monde Edwy Plenel), avec l’aide d’Attac-France, d’Amnesty International et d’Human Rights Watch ont payé pour la diffusion Internet pendant deux mois. Alors courez-y…