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C’est ce qu’on appelle une valeur sûre. Qu’on soit, comme moi, un fidèle ou, comme vous peut-être, un novice, entamer un Le Carré c’est se laisser guider par un conteur d’une redoutable efficacité.

L’intrigue, bien sûr. Une horlogerie sans faille. Mais on s’étonne de constater comment, depuis maintenant un demi-siècle, Le Carré colle au présent. Bientôt nonagénaire,  l’auteur brille par sa capacité à traduire l’air du temps.

La détresse de l’intellectuel conservateur

Oui, la détresse. On sort de la lecture du dernier ouvrage de Mathieu Bock-Côté avec beaucoup d’empathie pour son auteur. (J’en avais déjà, mais il n’y en a jamais trop !)

Bock-Côté est offensif et sûr de lui lorsqu’il pourfend les « diversitaires » qui veulent selon lui vider les nations, les cultures, les individus, de leur essence même. J’y reviendrai.

Mais lorsqu’il veut opposer à ce fléau en devenir un projet concurrent, on le sent déboussolé, incertain, changeant.