Un million de gens et Claude Dubois

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Notre chanteur populaire Claude Dubois a-t-il donc coupé la file pour se faire vacciner avant les autres? C’est Patrick Lagacé a qui fait exploser, dans La Presse ce matin et dans son blogue, la nouvelle d’abord partiellement rapportée par le journaliste Eric Nicol, du Journal des Pays-d’en-haut-La-Vallée. Dubois s’en défend, dans une entrevue donnée au conglomérat médiatique concurrent, Quebecor. Il avait pris rendez-vous au CLSC pour sa fille de deux ans avant le début de la campagne de vaccination et s’y est rendu, tout simplement.

Jusqu’à plus informé, donnons-lui le bénéfice du doute. Je n’en parle que pour vous faire sourire car j’en viens à l’effet secondaire burlesque du dossier:Il existe dans la blogoshpère (je le découvre) le site MauvaisOeil, qui commente l’actualité. Son éditeur, Pascal-Pierre Fradette prend la défense de Dubois, en supposant qu’il a vraiment coupé la file. Lisons d’abord cet extrait:

Ce que j’en pense? Je crois tout bonnement que Dubois est un grand artiste, et qu’il est une partie essentielle de notre histoire culturelle. Je crois aussi fermement que ces élites, qu’elles soient artistiques, journalistiques ou littéraires, méritent d’être protégées prioritairement, c’est à dire préalablement aux gens que je considère moins exceptionnelles et singulières: ces plombiers, pompiers, poissonniers ou pépiniéristes, qui, si malheur leur arrivait, pourraient aisément être remplacés par des quidams différents afin de remplir leur rôle effacé dans notre société.

Pour ce qui est de la valeur relative de chacun dans une société, le test est simple. Que choisissez-vous: vivre dans une ville pendant un mois pendant une grève des éboueurs ou des pompiers ou pendant une grève des chanteurs, auteurs et journalistes ? Mais en continuant notre lecture, on se rend compte que M. Fradette est personnellement concerné par cette affaire:

J’ai moi-même tenté d’expliquer cette théorie à l’infirmière qui refusait de me recevoir en priorité, et bien sûr, en raison de ses facultés de raisonnement limitées (pourquoi est-elle infirmière, croyez-vous, putain!), elle n’a pas su saisir l’essence de mon propos. Cette fruste pouffiasse persistait à dire que chacun devait attendre son tour, comme si elle ignorait qui j’étais. Facile à dire pour cette nana, qui a elle-même reçu le vaccin avant tout le monde.

Attendez, le meilleur est pour la fin, car il continue de dire du bien de Dubois, « dramaturge » . Un charitable internaute lui fait comprendre qu’il a confondu Claude Dubois avec René-Daniel Dubois, l’homme de théâtre. Réaction de Fradette, devenu plus sélectif sur la protection des élites culturelles:

Claude Dubois, vous voulez dire celui qui interprétait « Qu’est-ce que tu veux qu’un chanteur chante»  et « Tu peux pas» ? Putain de merde. Non seulement on aurait dû lui refuser de passer avant les autres, mais une fois son tour arrivé, on aurait dû lui faire croire qu’il ne restait plus de doses.

A la fin de la lecture du blogue, j’ai eu un doute. Fallait-il lire tout cela au premier degré ? Il y avait en effet un renvoi vers un autre texte intéressant: Transférer des fichiers Powerpoint par courriel serait cancérigène (!)

Je me suis rendu compte que tout ce blogue était un énorme canulard, un Onion News québécois. Je suis heureux et hilare de m’être fait prendre et je l’ajoute à mes liens humoristiques. Chapeau !

(Photo PC)

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !