Washington: dernières nouvelles de la droite. Dur !

flip-150x150Un vent de fraîcheur souffle sur la capitale américaine et dans les capitales d’État, depuis l’arrivée de la marée de droite. Trois exemples: la nouvelle forme de torture, Dieu règle le débat sur le climat et on préfère les autoroutes aux trains à grande vitesse. Et une prime pour finir

1) Les républicains préfèrent la goutte d’eau à la noyade simulée

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C’est le nombre de séances de torture surveillance des politiques de l’administration Obama qui seront tenues par des comités du Congrès au cours des 40 semaines par an où la Chambre est en session. Ces séances seront utilisées pour scruter à la loupe — et à la caméra — tout ce qui peut être reproché, sur tous les plans, à l’administration Obama depuis deux ans, y compris la gestion du déversement de BP dans le golfe.

D’abord, le nouveau numéro 2 républicain, Eric Cantor, a annoncé qu’il tiendrait une « séance de la semaine » pour se mettre en bouche. Puis, le responsable du House Oversight Committee, Darrell Issa, a annoncé la tenue de sept audiences par semaine sur autant de sujets. C’est le supplice de la goutte d’eau. (Et c’est trois fois plus que les enquêtes démocrates sur l’administration Bush.)

De quoi parlera-t-on ? Facile. Selon Issa, Barack Obama « a été un des présidents les plus corrompus des temps modernes ». Heureusement, il promet des audiences « non partisanes ».

2. Changement climatique: dossier réglé

Par ailleurs le président présomptif du comité de la Chambre sur l’énergie, le républicain John Shimkus, donne ici son avis sur le dossier du réchauffement climatique. Il est réglé. Il cite la Bible indiquant qu’après le déluge, Dieu s’est engagé à ne plus mettre la terre en péril.

Ne reculant devant rien pour faire rayonner la bonne nouvelle, je vous offre les versets climatiques idoines:

Genèse 8;21 et 22
Et l’Eternel flaira une odeur d’apaisement, et dit en son cœur; je ne maudirai plus la terre à l’occasion des hommes, quoique l’imagination du cœur des hommes soit mauvaise dès leur jeunesse; et je ne frapperai plus toute chose vivante, comme j’ai fait. Tant que la terre sera, les semailles et les moissons, le froid et le chaud, l’été et l’hiver, le jour et la nuit ne cesseront point.

Mathieu 24; 30 et 31

Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.

Commentaire de M Shimkus: la monde s’arrêtera seulement lorsque Dieu le décidera.

Nous voilà rassurés.

3. Pas besoin de trains à grande vitesse

L’administration Obama a mis de côté des sommes importantes pour l’installation de TGV sur les grands corridors de transport au pays. Mais les gouverneurs républicains n’en veulent pas. Selon un relevé fait par le site Daily Kos:

Le nouveau gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, ne veut pas utiliser les 810 millions $ fédéraux pour construire un train rapide entre Madison et Milwaukee. Le nouveau gouverneur d’Ohio, John Kasick, ne veut pas utiliser les 400 millions fédéraux pour un train rapide entre Columbus, Cincinnati et Cleveland. Le nouveau gouverneur de Floride, Rick Scott, ne veut pas dépenser les 2,05 milliards offerts par Washington pour un train rapide entre Tampa et Orlando.

Ces gouverneurs veulent-ils retourner l’argent au trésor public pour réduire le déficit et la dette ? Non, non, non. Ils veulent utiliser les sommes pour construire des autoroutes. La réponse de l’administration Obama: c’est non !

4. En prime: une photographie de l’avenir politique de la nation

Sachant que mes lecteurs sont généralement, comme moi, plus démocrates que républicains, j’ai pensé vous laisser sur une note d’espoir. Une étude publiée ce mercredi par l’Université Tufts indique que les Américains de 18 à 29 ans ont voté majoritairement démocrate (à 57%) lors des élections de la semaine dernière et qu’ils gardent, à 60%, une bonne opinion de l’administration Obama.

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Pourvu que ça dure…

 

Ce contenu a été publié dans États-Unis par Jean-François Lisée. Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !