La Charte, les valeurs, le respect

Voici la transcription du point de presse donné mardi dernier sur la question de la Charte des valeurs. On peut voir un extrait vidéo en français ici et en anglais ici.

Bonjour,

J’ai senti le besoin de vous voir ce matin parce que le débat enclenché sur la question Charte des valeurs est un débat dans lequel il y a beaucoup d’énergie, d’émotion, beaucoup d’arguments, de contre-arguments. Il y a des principes qui sont évoqués, comme l’histoire. Il y a des arguments qui sont évoqués et qui ne devraient pas avoir de place dans le débat ou, du moins, certainement pas au centre du débat.

Le courage de décider

Mais, tous les grands débats charrient avec eux, sur les marges, des arguments comme ceux-là qui n’invalident pas les principes qui sont avancés par les uns et par les autres.

Évidemment, je suis très sensible à toute la réalité montréalaise, à ce qui se passe à Montréal, à la sensibilité montréalaise qui s’exprime des deux côtés du débat avec énergie et, parfois, avec émotion. Et c’est normal car c’est un sujet important, c’est un sujet de changement, c’est un sujet structurant et ça rappelle les débats qu’on a eu autour de la Loi 101 en 1977, souvent avec les mêmes acteurs ayant les mêmes positions, avec les mêmes malaises, la même volonté de prudence, la même volonté de changement et la même nécessité de courage.

Ce serait beaucoup plus facile, pour un gouvernement, de laisser traîner les choses, d’éviter les sujets qui fâchent, de ne pas avoir le cran et le courage de poser un problème devant la population et de dire que c’est le temps de décider.

Ce serait plus facile, et c’est ce que le gouvernement précédent a fait pendant neuf ans.

Respect pour nos concitoyens qui portent des signes religieux

Mais, pendant qu’on fait ça, il est extrêmement important de dire à ceux qui se sentent légitimement visés par le débat, c’est-à-dire nos concitoyens de toutes les religions qui portent, qui font le choix parfaitement légitime de porter des signes religieux dans leur vie privée, dans leur vie publique, dans leurs emplois et dans leurs emplois de la fonction publique, qu’ils sont ici chez eux, qu’ils ont ce droit et qu’il est inacceptable, à qui que ce soit, de leur reprocher ce choix.

La liberté de religion et la liberté d’exprimer sa religion est un des droits fondamentaux que nous appuyons, que nous défendons et qui fait partie de notre vie démocratique. Et tous nos concitoyens sont ici, dans une société qui s’est engagée, il y a presque 50 ans, dans un processus qui va vers la neutralité de l’État.

La marche du Québec vers la neutralité de l’État

Dans les années 60, de façon accélérée et un peu surprenante, une société qui était extrêmement catholique et extrêmement protestante, s’est mise à déconfessionnaliser ses institutions.

Les membres des congrégations se sont mis à ne plus avoir de signes religieux au nom de la neutralité de l’État.

À la fin des années 90, les commissions scolaires confessionnelles ont été transformées en commissions linguistiques. Donc, les catholiques et les protestants ont laissé tomber les prérogatives qu’ils avaient dans la gestion des commissions scolaires, au nom de la neutralité de l’État.

Au cours de la dernière décennie, il y a eu un jour où l’État a dit à tous les parents protestants et à tous les parents catholiques qu’il n’y avait plus de pastorale à l’école du jour au lendemain. Au nom de quoi ? Au nom de la neutralité des écoles, que ces activités devaient avoir lieu à l’église et non à l’école.

C’était un droit acquis, de plusieurs générations, et on a accepté collectivement que la neutralité de l’État était plus importante que ce droit individuel de chacun des parents du Québec. Et ça s’est très bien passé.

Un pas de plus

Aujourd’hui, on fait un pas de plus. On dit que la neutralité de l’État c’est aussi la neutralité des gens qui représentent l’État, qui représentent l’État face à tous les citoyens. On a déjà établi cette neutralité pour les autres convictions. La liberté individuelle de porter un macaron du Parti Libéral ou du Parti Québécois s’arrête à la porte de l’emploi de la fonction publique.

La liberté individuelle de dire au monde qu’on est pacifiste ou écologiste ou végétarien ou en faveur des sables bitumineux, s’arrête à la porte de la fonction publique québécoise. En ce sens, on est dans une situation où les seules convictions que l’on peut afficher aujourd’hui sont les convictions religieuses. Et on le sait, il y a des gens qui ont des convictions sociales, des convictions environnementales, qui sont extrêmement importantes dans leur vie, extrêmement importantes, plus que certaines personnes qui ont des convictions religieuses.

Les intensités des convictions sont très relatives, d’autant que dans d’autres pays, qui ont fait des choix différents, on pose la question de l’ensemble des convictions. Par exemple, en Grande-Bretagne, où on permet les signes religieux dans la fonction publique, un juge a estimé que quelqu’un qui a une conviction sociale philosophique importante doit aussi avoir le droit de l’afficher, pas seulement les droits religieux.

En Belgique, on a inventé un mot : « convictionnel », pour mettre toutes les convictions sur le même pied et les interdire.

Le droit d’avoir ce débat

Donc, c’est un débat qui peut se faire d’une société à l’autre, selon les valeurs, l’histoire, les mouvements du débat et, c’est un débat que nous avons ici et que nous avons le droit d’avoir. Et, je suis un peu déçu de voir qu’il y a des voix qui s’élèvent, qui tentent de dire aux Québécois qu’ils n’ont pas le droit d’avoir ce débat et qu’ils ne devraient pas se poser cette question, qu’ils ne devraient pas agir et que c’est contraire aux droits de la personne en général, alors que les expériences étrangères nous montrent que ce n’est pas le cas.

Une proposition équilibrée et adaptée

Le projet de Charte des valeurs, on en a beaucoup discuté à l’interne, entre les ministres et avec les députés. Plusieurs configurations étaient possibles.

Nous avons pensé que la proposition déposée la semaine dernière était équilibrée, qu’elle reposait sur des principes, sur une volonté progressiste et moderne d’avoir un État où tous sont égaux, toutes les convictions, toutes les religions, les hommes et les femmes, dans cette neutralité partagée dans le lieu où on représente la totalité des citoyens.

Mais, la proposition n’est pas exempte de la réalité historique et des particularités du Québec et de Montréal.

Le fait, discuté, qu’on ait proposé de garder le crucifix à l’Assemblée Nationale est un geste assumé de respect pour l’histoire chrétienne du Québec.

La décision de proposer le droit de retrait à des municipalités a commencé avec Côte-Saint-Luc. On s’est dit : « Mais comment faire en sorte pour des municipalités où une communauté religieuse historique forte, la communauté juive, est représentée, de permettre une période de transition plus longue ? Y a-t-il d’autres arrondissements à Montréal où la communauté musulmane ou d’autres, sont très fortement représentées et nécessiteraient une transition plus longue ? »

C’est de là qu’est venue l’idée du droit de retrait pour les municipalités.

L’idée du droit de retrait pour les hôpitaux a commencé avec les discussions sur le Jewish, on a dit : « Voici un établissement qui est lui aussi ancré dans le patrimoine historique et religieux du Québec et pour lequel on devrait proposer une transition plus douce. »

Et, c’est ainsi que la proposition est un pas de plus dans ce grand chemin québécois de la neutralité de l’État et de ses institutions, un chemin, je le répète, de progrès, de modernité et d’égalité. Mais, elle est aussi consciente des difficultés particulières et du patrimoine particulier et donc, elle veut s’adapter à ces particularismes.

Les consensus et les signes religieux

Je constate que sur l’essentiel, le consensus est en train de se faire. Baliser les accommodements religieux, interdire le visage complètement voilé dans les interactions avec l’État, introduire dans la Charte québécoise des droits clairement ce que l’on signifie, ce qui est prioritaire ou ce qui n’est pas admis comme accommodements religieux.

Évidemment, la question qui se pose et qui concentre les discussions est celle du port du signe religieux dans la fonction publique et dans les emplois du parapublic. Et, là c’est intéressant parce qu’il y a des gens qui nous disent « on devrait limiter aux personnes qui sont en situation de pouvoir la proposition d’une Charte des valeurs », sur laquelle le gouvernement précédent n’a pas bougé. C’est intéressant parce que lorsqu’on dit ça, on admet qu’il est parfaitement légitime et correct de restreindre le droit individuel à l’affichage de sa conviction lorsqu’on est en position d’autorité ou lorsqu’on est à l’emploi du gouvernement et donc, la discussion qui reste est « quelles sont les catégories qui seront touchées par cette exigence ? ». On n’est plus dans l’absolu, c’est bien ou c’est mal, on est dans le relatif c’est bien, mais jusqu’où est-ce que c’est bien ?

Je suis de ceux qui pensent que plusieurs positions sont défendables là-dessus. Nous pensons que notre position est la meilleure parce que lorsqu’on commence à dire « qui est en position d’autorité ? », certains disent les enseignants sont en position d’autorité, certains disent que tous ceux qui ont délivré un permis sont en position d’autorité, les médecins sont en position d’autorité, jusqu’où s’arrête, jusqu’où va l’autorité ?

Dans les discussions qu’on peut avoir, il y a une ligne qu’on peut tracer. Pour nous, il est important de dire « ben voilà, l’État est une totalité, l’État c’est tout ceux qui représentent tous les citoyens, les fonctionnaires représentent directement l’État, les enseignants transmettent des valeurs, les hôpitaux donnent des services » et c’est pourquoi on a été, sur les hôpitaux, favorables à un droit de retrait et non pour l’enseignement.

La transition

Évidemment la question qui se pose à partir de ce moment-là, c’est « comment faire en sorte que cette transition-là se fasse de la façon la plus harmonieuse possible » ? Et c’est la question qui, il me semble, est posée et doit être posée.

Madame Marois nous dit constamment qu’il faut être ferme sur l’objectif et souple sur les moyens. Mon ami Bernard Drainville, avec qui je me suis encore entretenu ce matin, a insisté ces derniers jours sur le fait que la question du droit de retrait, cette question de transition, c’est celle sur laquelle, en particulier on est à l’écoute des citoyens. Et les citoyens répondent, 80 000 citoyens ont participé individuellement, des visites uniques sur le site Internet qui a été lancé par le gouvernement. Tous les citoyens recevront dans les jours prochains l’information exacte sur la proposition qui parfois diverge de ce qu’on en entend ici et là.

Par exemple. certaines personnes pensent que ça s’appliquerait à ce qu’on peut porter sur la rue. Il est important que chacun sache de quoi on parle, on parle simplement de ceux qui représentent l’État.

Et donc, est-ce qu’il est possible de bonifier le projet ? Bien sûr, ça n’existe pas un projet qu’on soumet à la discussion publique et qui n’est pas amélioré par la discussion publique. Bernard et moi sommes d’accord là-dessus et sur bien d’autres choses. Lorsque les Québécois auront pris la parole – et ça va durer plus qu’une semaine, puisqu’il y a moins qu’une semaine que le projet a été déposé, c’était mardi dernier -, nous aurons regardé ce qui a été dit, écouté les avis et nous dirons : « bon de quelle façon on peut bonifier le projet, qu’est-ce qui est préférable pour atteindre notre objectif en étant souples sur les moyens. Alors c’est pourquoi on est en mode écoute et à Montréal en particulier. La parole est aux Québécois et à tous les Québécois.

Je serais heureux de répondre à vos questions.

Monsieur le ministre, je vous ai fait voir tout à l’heure une vidéo assez éloquente de situations dont on a été témoins, ici à Montréal semble-t-il et aussi à Québec, c’est quoi c’est débordements-là ?

Ben je répète ce que j’ai dit en août, ce que dit aujourd’hui et ce que je répèterai, cette discussion doit avoir lieu dans le respect de tous nos concitoyens et moi j’ajoute, en particulier de nos concitoyens qui portent des signes religieux. J’appelle tous les Québécois, en particulier, à être sensibles au fait que ces concitoyens-là sont au centre du débat et nous on voudrait que ce débat-là se fasse bien, se termine par une décision pour qu’on passe à autre chose pour que cette difficulté soit derrière nous. Ça fait maintenant presque 10 ans que cette difficulté persiste parce qu’aucune décision n’est prise. Pendant qu’on fait ce débat-là, j’appelle tous les Québécois à être particulièrement sensibles à nos concitoyens, comme c’est leur droit, qui portent des signes religieux.

Monsieur Lisée, vous dîtes, dans le fond, que ce projet de loi pourrait être modifié suite à une discussion publique, c’est quoi le  plancher pour vous ?

Le plancher, c’est le mouvement que l’on fait vers une plus grande neutralité de l’État. Ce n’est pas bénin ce qu’on a proposé, la portée de ce qu’on a proposé, l’importance de ce qu’on a proposé, c’est là où on veut aller. Maintenant comment enrichir cette proposition ? Comme je l’ai dit, ça n’existe pas un projet, en tout cas, pas un projet du Parti Québécois, y compris la Loi 101, qui au départ était la Loi 1, et qui a été redéposé comme Loi 101. Donc même la Loi 101 qui a tant fait pour structurellement changer le visage du Québec, pour faire en sorte que le Québec soir plus pluriel, souvent on parle des enfants de la Loi 101, donc je pense que de la même façon on va arriver à des solutions.

Mais est-ce que la proposition de la CAQ, c’est-à-dire les fonctionnaires en position d’autorité plus les profs, ça peut être un plancher intéressant ?

Nous on pense que la proposition qu’on fait en englobant l’ensemble de l’État, c’est la bonne.

Oui, mais si on parle de planchers ?

Moi, je ne parlerai pas de ce plancher-là, je dis que c’est là qu’on va, notre proposition, dans son ampleur, dans sa portée, c’est là qu’on va. Alors, comment s’y rendre ? La transition, le droit de retrait, on est très ouverts aux propositions.

En ce qui concerne la bonification du projet de loi, êtes-vous ouvert à faire des changements au sujet de la période de transition et le droit de retrait ?

On appelle les propositions. On ne va pas conclure ce matin, le projet a été déposé mardi de la semaine dernière, ça va faire une semaine demain, on va avoir quelques semaines de propositions, de discussions, on attend les propositions et on conclura lorsqu’on écrira le projet de loi.

Mais peut-être une période de transitions plus lente ?

On appelle les propositions, écrivez, allez sur le site Internet, faites votre proposition.

Monsieur Lisée, vous réagissez avec un certain désarroi, dans les images qui sont des gestes d’intolérance. Je ne peux pas croire que vous-même et votre gouvernement êtes surpris que ça se produise, c’était évident au départ.

Au Canada, tous les jours, y a un crime qui est commis pour des raisons religieuses, chaque jour. En Ontario, 163 par année et aucun n’est lié à la Charte des valeurs. Alors, moi de faire un lien entre ce racisme ordinaire dégueulasse et le fait qu’une société est en train de faire un débat important, je ne franchis pas ce pas-là.

Mais les écarts des uns ne sont pas les écarts des autres.

Non absolument. Je dois vous dire là-dessus que parmi ceux qui s’opposent à la Charte des valeurs, y a essentiellement des gens qui défendent des principes, le droit des individus à porter des signes religieux dans la fonction publique. C’est un principe qui se défend, qui est défendable. Et, il y a à côté d’eux quelques intégristes religieux, qui pour des raisons de fondamentalisme s’opposent à la Charte. La position des intégristes n’invalide pas la position de principes des autres. C’est la même chose de l’autre côté.

Monsieur Lisée, y a déjà des premiers sondages qui sont sortis, y en avait un hier, y a en un demain, clairement, y a pas l’adhésion au projet que vous pensiez, au Parti Québécois, que vous alliez avoir, vous êtes surpris de voir ça à votre retour d’Afrique ?

Des sondages, il y a eu et il y en aura. L’opinion Québécoise est très intéressée, très engagée, met beaucoup d’énergie, se pose des questions, nous allons avoir ce débat et ce débat et ce n’est pas un sondage ou un autre sondage qui va déterminer notre action.

Qu’est-ce que vous allez faire pour gagner les gens parce que décidément, jusqu’à maintenant après une semaine de débat, vous les avez pas gagnés, il n’y a pas l’adhésion que vous pensiez avoir.

Ben, je pense que lorsqu’on s’engage dans un débat comme celui-là, il faut avoir le cran de voir l’ensemble des hauts et des bas qu’on va avoir à travers ce débat-là. À chaque fois qu’on introduit une grande réforme, une réforme structurante il y a de l’opposition, de la démagogie, des principes, il y a tout ça.  Si on s’empêchait d’agir parce qu’il y a une hausse ou une baisse dans les sondages, on ne ferait jamais rien.

Monsieur le ministre, y a un cas qui revient souvent dans la discussion, c’est  celui des éducatrices en garderies, des services de garde dans les écoles où on porte le hijab. D’après vous en quoi est-ce que ça pose un problème ce fait là de porter le hijab ?

L’autre jour, dans un quotidien torontois, il y avait un cas intéressant, le cas de deux montréalais, de confession juive mais qui sont plutôt laïcs et qui ont décidé, plutôt que de se marier à la synagogue, d’aller au Palais de justice. Ils se sont retrouvés devant un célébrant qui portait un signe religieux. Ce célébrant ne faisait pas de prosélytisme, il affichait son droit d’avoir un signe religieux, mais le couple de juifs montréalais voulait un mariage laïc et votre collègue journaliste a demandé quelle était la balise là-dessus. On lui a répondu « il n’y a pas de balise ».

Alors, c’est la même chose dans les garderies, si vous êtes très chrétien, très athée, et vous voyez que la majorité des éducatrices ont des hijabs, ça n’empêche en rien leurs compétences, elles ne font pas de prosélytisme, mais est-ce qu’elles représentent la neutralité de l’État lorsqu’il est temps de transmettre des valeurs à des jeunes enfants ? C’est la question qui est posée, il n’y a pas de mauvaise foi, pas de mauvaise volonté de la part de qui que ce soit, mais c’est une bonne question.

Et nous, on pense qu’on devrait arriver à une situation où, c’est clair, lorsqu’on est au service de l’État, on a une neutralité et je comprends les gens qui disent « mais vous comprenez pas du tout, c’est très très personnel la question de l’appartenance religieuse ». Oui, mais pourquoi est-ce que dans d’autres sociétés démocratiques avancées des dizaines de milliers de personnes religieuses enlèvent leurs signes religieux avant d’entrer à leur travail et le remettent après. Et pourquoi en Turquie, depuis 100 ans, un pays extraordinairement islamique, on dit la même chose. C’est pas de l’islamophobie, c’était la volonté d’Atatürk d’avoir un État laïc dans une société très religieuse.

Monsieur Lisée, il y a eu beaucoup de critiques à l’extérieur du Québec, dans le reste du Canada notamment, vous dites que vous êtes très sensible à l’image du Québec à L’étranger, qu’est-ce que vous faites pour informer ces gens-là de votre position, du bien-fondé de votre position ?

Ben, vous savez le Canada c’est pas l’étranger, tant qu’on est pas souverains, c’est pas l’étranger, hein, c’est l’opinion intérieure.

Ça a des répercussions partout dans le monde, c’est ce que je voulais dire.

Partout dans le monde, non. Il ne faut pas exagérer, Moi, j’ai fait plusieurs continents depuis un an, j’ai interrogé des gens, y compris sur des questions de corruption ou linguistiques. On n’est pas le nombril du monde. Le monde entier n’est pas en train de se demander quels sont les détails de notre Charte des valeurs. Le monde entier débat de ces questions-là chacun dans son pays. Le monde entier trouve tout à fait normal qu’on ait ce genre de discussions et donc, effectivement au Canada anglais, les journaux se déchainent et ils se sont déchainés au moment de la Loi 101. Ils disaient que c’était une régression démocratique, ils disaient que ça allait exclure alors que ça a inclus. Alors pour citer Jean Charest qui avait dit un jour qu’il ne s’attendait à rien des éditoriaux du Globe and Mail parce qu’ils avaient refusé de dénoncer une journaliste qui avait associé la Loi 101 aux évènements de Dawson, mon niveau d’attente au niveau des commentateurs du Canada anglais est très bas. Alors, je ne suis pas déçu. Je suis intéressé par contre de voir le niveau d’adhésion à notre proposition  dans l’opinion publique canadienne anglaise, elle est, en fait, plus importante que chez les anglo-montréalais. C’est intéressant.

Monsieur Lisée, vous parlez de la France dans ce débat-là. Est-ce que vous êtes d’accord, avec Madame Marois, pour dire que la France est un modèle d’intégration des immigrants, en particulier les maghrébins ?

Je pense que chaque société a à trouver sa voie. La France travaille encore sur sa voie, les autres travaillent encore sur leur voie et le Québec travaille sur sa voie. Il est vrai, comme l’un de vos collègues le notait dans un quotidien anglophone hier, que la tradition républicaine française fait partie aussi de notre terreau de discussion de principe et on est plus ouvert à cette influence-là que le reste du Canada ou le reste du continent, ça fait partie de notre tradition intellectuelle mais, c’est pas du copier-coller. Ce serait une erreur pour qui que ce soit de faire du copier-coller, ce serait une erreur pour le Canada de faire du copier-coller avec ce que nous sommes en train de faire ici.

Monsieur Lisée je veux juste avoir votre avis sur la perception de votre gouvernement. Le principe de neutralité de l’État porte habituellement sur les politiques qu’il adopte, sur les gestes qu’il pose, sur sa façon de se comporter avec ses citoyens. Habituellement la neutralité de l’état se mesure selon ce type de critères. On a un peu l’impression que vous associez, avec ce projet de loi, la neutralité de l’état et la neutralité de ses individus dans le sens où le fait de porter un signe signifierait une forme de prosélytisme. Est-ce que c’est ça votre façon de voir la chose et, si ce n’est pas le cas, en quoi est-ce que le fait de porter un signe religieux porte atteinte à la neutralité de l’état si le service est rendu dans les normes.

Alors, ce n’est pas du prosélytisme d’afficher sa conviction religieuse, c’est afficher sa conviction religieuse. Mais c’est dire quelque chose, c’est afficher un sens. Il y a un signe, il y a un sens.

Je vous dirais, en quoi est-ce que porter un logo du Parti libéral du Canada en délivrant des permis de conduire si le service est bien rendu, en quoi ça porte atteinte à la neutralité de l’état? Je vous dirais, c’est sûr que ça porte atteinte, parce que c’est partisan.

D’accord, Greenpeace. Si moi je suis contre Greenpeace et que le gars a le macaron de Greenpeace.

L’état s’affiche par ses institutions, par ses politiques et par les personnes qui la représente. Vous dites que habituellement, ce n’est pas le cas. Habituellement, ce n’est pas le cas au Canada, mais ce n’est pas vrai ailleurs. Chaque société prend sa décision et chaque société a raison de prendre sa décision en fonction des valeurs qui lui importent.

Je dirais, plus avant, que la raison pour laquelle la question des signes religieux est si importante, y compris dans les études d’opinion, où la réaction positive est la plus visible, c’est que ça fait partie de l’histoire récente du Québec. L’abandon des signes religieux par la majorité fait partie de notre histoire récente, de notre vie. Donc, pour nous, de tradition catholique et chrétienne, ça fait partie du renoncement que nous avons fait collectivement, au nom de la neutralité de l’État et donc ça porte un symbole plus fort sur le présent et l’avenir du fait de notre expérience collective.

Are you really seriously surprised about the backlash against the Charter.

I was first out of the gate I said that first there would be a storm and that we would stand in the storm because we have seen storms before. The comparison is, of course, Bill 101, where most of the actors that are now opposed to the Charter were opposed to Bill 101 saying it would exclude, saying it was a regression, saying everything we hear today.

And thank God that René Lévesque and Camille Laurin at the Parti Québécois of the time stood tall because it was the right thing to do and, in the end, it would bring more harmony, more plurality, more diversity in Québec, which it did.

And so we are inheritors of this great government. We think what we’ll do is structurally sound, will put everyone on the same footing, is modern and progressive. A state should be neutral, should not show any preference, either religious or partisan, or social. Every society should make this decision based on his values and its history.

We are not saying that the proposal we are making is best for the whole world. We think it is the best for Quebec, as other societies in Europe and elsewhere have made changes that are similar to ours or not.

Let me ask how you would feel if you were a Quebecer wearing a hijab, a kappa or a religious symbol? What would you do?

Well we have a number of people who have answered that question on both sides of the issue. It is, in no way, uniform, in either side. Some of the people are coming from countries like Turkey, or France, or Germany, or Netherlands, or Switzerland, where it is the norm to take your religious, or political or social sign off when you get in to work and you put it back when you get out.

What I am repeating today, and what is very important, is that I am calling all Quebecers to have a respectful debate about this and to be particularly concerned and sensitive to those who are wearing religious symbols as is their right. It is intolerable; it is intolerable, that anyone make any negative comment or gesture towards our citizens who make the legitimate choice of wearing these religious symbols. We are a state of law, we support religious freedom. The debate we are having is about the neutrality of the state. Nothing else.

You are the minister responsible for Montreal; every municipality in Montreal has categorically condemned this idea. Many of the major institutions have too. Is that a problem to you?

Well, I’d rather they all supported it. I am not surprised of the reaction. When we conceived the proposal, of course, the key is to add to fifty years of de-confessionalization of the Quebec state, from schools to religions that used to be taught in school for Protestants and Catholics and School Boards who used to be religious and who are not now. So we are in a history where we move towards more neutrality of the state and this is our next step.

But we decided to propose keeping the crucifix in the National Assembly out of respect for the history of Christianity in Québec. It is part of our history. And when we conceived the opting out clause for municipalities, the discussion started with Côte-Saint-Luc. We said : « Well there are municipalities like Côte-Saint-Luc where there is an important Jewish population that is very much involved in the municipal affairs. We should give them more time to adjust to the new reality. » If there are other boroughs where the is a strong muslim population where the same can apply. When we looked at the opting out clause for hospitals, the discussion began with the Jewish General Hospital which has a history, a personality that is rooted partly on its religious culture, so we should design our opting out clause to make the transition smoother to them.

But it is not designed for a whole metropolis to opt out. That is why, among other things we are saying: “Well, we are looking at ways to improve the proposal.”

What ways?

We are listening; it has been less than one week since we tabled the proposal, and so we are listening, we are asking people to participate, to table proposals, we’ll take this into account when we come back.

The mayors here are very clear, they don’t want to tweak, they are categorically saying they disagree with this. Madame Marois said this is going to unify the province. Where is the unity when every mayor in Montreal says this is a terrible idea.

I am an elected member of the National Assembly from Montreal and I have a different view and there are others like me as well. There is an electoral campaign going on, this should be taken into account as well and we will see what comes out in the end. But certainly, as you could not conceive of Bill 101 without Montreal, you cannot conceive of this proposal without Montreal.

Where sovereignists opposing Bill 101 at the time it was being debated?

Probably so. We will find out.

There are some observers who have talked about this idea of an islamafication of Montreal. What is your opinion on that?

I don’t think they are observing the right city.

What do you say to those who just don’t feel at home in Quebec even if they were born here, raised here, they don’t feel at home anymore.

I am asking them to participate in the debate and this is a debate they would find in almost any place of the world where they would be. They are part of Quebec, we are glad having them here, and as though a number of people said around Bill 101 that it excluded them, in fact their children are now fully bilingual or trilingual and greater citizens for that. So let’s just take a deep breath, this is part of Quebec history, this is a new chapter in Quebec’s willingness to have a more neutral state. We are all in this together and we do not agree on everything, but we are all Quebecers in the end.



34 réflexions au sujet de « La Charte, les valeurs, le respect »

  1. Je dois dire qu’en général, je suis assez divisé à propos de cette Charte. Je suis d’accord avec certaines des mesures proposées, moins avec d’autres.

    Enchâsser dans la Charte des droits et libertés l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la neutralité religieuse de l’État? Oui! Je crois que personne ne s’y oppose d’ailleurs. L’obligation de se découvrir le visage pour recevoir des services est également parfaitement correct.

    Respecter le patrimoine historique? Évidemment, mais encore faut-il être capable de le définir. La croix du mont Royal, par exemple, a ses origines en Nouvelle-France, moins d’un an après la fondation de la ville! Alors elle revêt clairement une signification historique. On ne se mettra pas non plus à rebaptiser massivement les rues et les villages du Québec, cela va de soi. Mais on ne viendra jamais me convaincre que le crucifix de l’Assemblée nationale est dans la même catégorie. Non seulement il s’agit d’un ajout relativement récent, fait par le plus controversé et possiblement le plus corrompu de tous nos anciens premiers ministres, mais elle domine la chambre où sont débattus les projets de loi par les élus du peuple. La démocratie québécoise vit et s’exprime dans cette enceinte. Le crucifix n’y est clairement pas à sa place. Si on tient tant à l’ornement, qu’on le place ailleurs avec une plaque expliquant son histoire et sa signification, comme dans un musée. Mais enlevez-le de là maintenant! Refuser de le faire est, à mon sens, une marque patente de mauvaise foi.

    Pour ce qui est du port de signes religieux par les fonctionnaires, je dois admettre que je suis très divisé sur la question.

    D’une part, étant farouchement opposé à tout traitement de faveur conféré aux religions, je me dis que c’est plein de bon sens. En tant qu’enseignant, je ne suis pas autorisé à porter un t-shirt qui ferait la promotion d’un parti politique. Cela va de soi, c’est une restriction qui n’est contestée par personne. On ne me l’a jamais expressément dit, mais je m’abstiens de porter des vêtements sur lesquels figurent des logos ou des slogans de compagnies privées, comme Coca-Cola ou des trucs du genre. Alors pourquoi une religion bénéficierait-elle de privilèges dont sont dépourvus les partis politiques et les compagnies privées?

    Cela étant dit, la comparaison n’est pas parfaite. Si un t-shirt à l’effigie d’un parti politique ou d’un produit de consommation constitue, en soi, une promotion et transforme celui qui le porte en espèce de panneau publicitaire vivant, peut-on vraiment en dire autant des signes religieux? Je ne perçois pas le turban sikh et le voile islamique comme des messages, comme des incitatifs à « rejoindre les rangs ». La vue d’une kippa ne m’a jamais donné l’envie soudaine de me convertir au judaïsme.

    Si l’interdiction du port de ces signes religieux est facile à justifier dans le cas d’employés qui portent un uniforme ou un habit protocolaire (policiers, gardiens de prison, juges, etc.), il me semble moins justifié pour ceux qui n’ont pas d’uniforme (enseignants, éducatrices de garderie, médecins, etc.) Franchement, dans ces cas-là, je ne vois pas le mal. J’ai travaillé avec des femmes voilées et je ne me suis jamais senti mal à l’aise, ostracisé ou intimidé par leur tenue vestimentaire. Pas plus que si elles avaient porté une casquette. Sincèrement, je trouve les décolletés plongeants que portent certaines enseignantes beaucoup plus inappropriés que le voile.

    Il y a toutefois des signes religieux qui, à mon avis, devraient être bannis. Le kirpan sikh, par exemple, n’a pas sa place au Québec et il n’est pourtant pas ostentatoire. Les vêtements qui font activement la promotion de croyances religieuses devraient également être bannis. Si l’idée que mes fils aient pour enseignante une femme voilée ne m’émeut pas du tout, celle d’un prof arborant des t-shirts avec des slogans chrétiens, islamiques ou scientologues m’emplit d’horreur. Ça ne s’est pas encore produit à ce que je sache, mais c’est le genre de trucs qu’il serait bien d’interdire. Or, ces t-shirts correspondent-ils à la définition d’un signe religieux ostentatoire? Je l’espère bien!

    Bref, bien que je sois assez divisé à propos de celui-là, je penche plutôt dans le camp des opposants. Bannir les signes religieux qui propagent un message religieux et qui visent ultimement le recrutement ou la conversion, oui. Bannir un signe religieux qui est en fait une arme, absolument. Bannir un bout de tissus qui identifie l’appartenance à une religion sans en faire la promotion active? Ça me semble être une mesure coercitive inutile et inappropriée.

    D’autre part, les cas d’abus qui m’écoeurent le plus à propos des religions sont d’ailleurs tous des aspects auxquels la Charte ne touche pas du tout. Le financement des écoles privées religieuses qui endoctrinent les enfants, ÇA c’est choquant! Elles devraient être abolies, à mon avis. L’imposition de restrictions religieuses aux non-croyants, cela aussi devrait être interdit! Qu’une commission soit créée pour se pencher sur la viande halal, à savoir si les animaux qui sont abattus de cette façon subissent oui on non un traitement inhumain et cruel et si c’est le cas, qu’on bannisse ces pratiques du territoire québécois et que les produits halal soient disponibles en importations lourdement taxées! Cela aussi aurait du sens à mes yeux! Abolir les avantages fiscaux des organismes religieux et les faire payer des taxes comme tout le monde, encore une fois, il serait plus que temps! Voilà des mesures qui s’attaqueraient à de véritables situations injustes et répandues dans notre société. Mais la Charte ne s’y intéresse pas du tout.

    Cela étant dit, j’ai beau avoir de sérieuses réserves face à cette Charte, je suis capable d’en discuter de façon civile et je trouve qu’elle suscite un débat sain et intéressant. Or, ce que j’entends autour de moi et dans les médias n’est qu’un ramassis de bêtises et de stupidités. Je n’ai que du mépris pour les fédéralistes et les anglos qui s’époumonent à hurler au racisme et à la xénophobie. Et pour ce qui est des commentaires que j’entends de la part de supporteurs de cette Charte, ceux-ci me laisse un bien mauvais arrière-goût en bouche. La plupart de ces gens ne semblent pas vraiment en avoir contre la religion elle-même, mais plutôt contre la religion DES AUTRES: intransigeance totale face aux signes des autres religions mais mille excuses pour justifier qu’on ne touche à aucun symbole catho. Ça empeste l’hypocrisie.

  2. Monsieur Lisee, si la petite histoire que je vous ai racontée vous intéresse afin que vous en appreniez un peu plus,veuillez s.v.p. nous contacter sur le courriel déjà mentionné.

    Il (c’est-à-dire) mon ami se fera un plaisir d’en dévoiler plus de détails, etc
    Merci de votre bon travail, je vous souhaite aussi beaucoup de succès et un avenir des plus subtil et prometteur dans la réussite d’un Québec LIBRE. Nous le méritons TOUS amplement depuis si longtemps.
    Cordialement votre. Merci.

  3. Selon moi, les tenants de la laïcité « ouverte », du «multiculturalisme», qui se targuent de respecter les autres dans leur différences culturelles et ridiculisent les «ploucs» prétendûment «fermés» à la différence, font preuve soit d’angélisme, soit d’hypocrisie.

    Dans le premier cas, ils se voilent les yeux (tiens, tiens…) afin de minimiser les risques associés au manque d’intégration des minorités et dans le second, ils font mine d’accueillir ces minorités, alors qu’ils souhaitent les maintenir bien éloignées dans leurs ghettos.

    Je suis pour ce projet de Charte de nos valeurs à la condition de l’améliorer sur les points suivants : 1) déplacer le crucifix hors du Salon bleu; 2) y assujettir tous les membres de la fonction publique, y compris les députés et ministres; 3) prévoir des accomodements pour les personnes déjà en poste, mais non pour les autres ni pour les organismes gouvernementaux.

    Quant à la critique portant sur le fait que cette Charte aurait dû s’appeler Charte de la laïcité, je crois que le gouvernement a fait un bon choix. Ce sont nos principales valeurs qui y sont exposées: à bon entendeur, salut!

  4. En matière de respect des autres, je veux vous faire part de certains faits au sujet de l,ancien chef de police de Montréal, ce très cher monsieur Duchesneau, qui ne serait pas en reste si on découvrait tout-à-coup, ce qu’il cache très secrètement, d’avoir fait cesser une enquête très exaustive au sujet de tableaux canadiens d’importances qui venaient d’etre retrouvés par quelques enquêteurs, dont Monsieur Pierre Labranche qui vient malheureusement de mourir il y a près de trois semaines. Il y avait dans cette enquête le directeur du poste de police d’Outremont, Monsieur Quevillon ainsi que plusieurs autres policiers qui avaient fait les filatures nécessaires afin de retrouver ces œuvres qui autrement auraient été perdues à jamais. On avait alors trouve pour cinq millions d’œuvres de Riopelle, Fortin et autres dans l’espace d’environ un mois de recherche. Mon ami qui est au courant de cela avait pu donner des indications si précises que si on avait continue on aurait fait un tabac pour la sauvegarde du patrimoine artistique du Québec. Mon ami avait rencontré les intéressés au bureau de la police d’Outremont ou le directeur des assurances du Canada était présent, confirmant qu’il y aurait une ristourne payable par les assurances si des tableaux pourraient être retrouvés. Pourtant, après les premières retrouvailles, monsieur Duchesneau fit arrêter subitement le tout. On se demande encore pourquoi. Mais il y avait eu rumeur entre les policiers, dont Monsieur Pierre Labranche, qu’on remontait pour certaines œuvres jusqu’au directeur Duchesneau lui- même, qui avait l’habitude de s’approprier certains tableaux personnellement. Ne faudrait-il pas faire une visite fortuite par la Sûreté du Québec, qui pourrait lister les œuvres d’art que l’ancien chef de police de Montréal pourrait encore possédées, ou en a-t- il vendues ou échangées ??…. Il y a de la matière la dedans si quelqu’un d’avise s’y plantait le nez. Cela s’est passé au milieu des années 90. Si on en parle aujourd’hui, c’est que mon ami qui peut vous en dire beaucoup plus n’a pas bien digéré les dernières paroles de cet opportuniste de Duchesneau, qui n’aurait jamais du répète devant les médias, QUE tout finit par se savoir.

  5. RDI commence déjà à faire la publicité pour le rassemblement des citoyens et citoyennes engagées pour un Québec ouvert prévu dimanche à Montréal.
    La manifestation en faveur de la charte a pratiquement été ignoré par Radio-Canada la semaine dernière.
    Le jupon dépasse commence à dépasser pas mal à Radio-Canada.

  6. Parlant d’indépendance.
    Djemila Benhabib à l’UQAC
    Les médias complices des anti-Charte
    « Malheureusement, les médias ont pris position et ont discrédité la Charte. Il y a une connivence entre les médias et les anti-Charte », a-t-elle expliqué à l’occasion d’une entrevue téléphonique réalisée après sa conférence. »
    Ce soir à Grands reportages, RDI propose un documentaire sur une québécoise qui a décidé de porter le voile avec un regard plus nuancé.
    Comme par hasard.

  7. M. Gilles Jean, selon vous, qu’est-ce qui est le plus aberrant : 1. Que le couple ait été accueilli par deux musulmanes voilées? 2. Que le couple ait tourné les talons, en faisant grand drame de ce que les éducatrices avaient SUR la tête, plutôt que d’accorder de l’importance à ce qu’elles avaient DANS la tête?

    Un jour, un prof de CÉGEP m’a confié une réflexion qui résume bien pourquoi ce débat suscite autant de commentaires et d’interventions diverses : « Pour commenter et faire avancer un débat complexe et concret, il faut des idées et des propositions constructives. Pour commenter un débat abstrait basé en grande partie sur du vent et des émotions, des opinions suffisent. Et ça, n’importe quelle grande gueule mal informée peut en avoir, des opinions. »

  8. Je dis d’abord bravo pour le courage politique du gouvernement Marois de présenter un projet de Charte des valeurs québécoises et d’inviter chaque citoyen québécois à en discuter et soumettre leurs commentaires. J’apprécie grandement cet exercice démocratique.

    Je suis d’accord en majeure partie avec le contenu. Mais, afin d’en simplifier l’application, la Charte devrait interdire le port de tous les signes religieux visibles et non seulement ostentatoires. Elle devrait s’appliquer à tous les représentants de l’État sans droit de retrait. Pourquoi lancer une large discussion et voter une loi si, par la suite, on peut s’y soustraire ? C’est de l’incohérence.

  9. Bravo! J’appuie la charte des valeurs Québecoises.Et je suis de l’avis de ma première ministre,Mme Marois,restons ferme,nous Québécois,si l’on veut garder notre Québec,où il fait bon vivre en paix et en liberté! Une québécoise et fière de l’être!

  10. Un fait vécu très récemment. Un jeune couple appelle dans une garderie et se présente à un rendez-vous, région de Repentigny.L’accueillent 2 musulmanes voilées.

    Le couple revire de bord: le signal donné par le voile les a dérangés.

  11. La meilleure bonification au Projet de Charte de la laïcité serait d’interdire TOUS les signes religieux et politiques, qu’ils soient ostentatoires ou non, aux fonctionnaires et enseignants dans l’exercice de leurs fonctions.

    Dans ce Projet de Charte, le respect des convictions diversifiées des élèves et des parents a priorité sur le respect des convictions personnelles de l’enseignant. Les convictions diversifiées des parents et des élèves vis-à-vis la religion exigent une neutralité des agents. L’école est au service de tous les citoyens et se doit d’être neutre.

    De la même façon, dans ce Projet de Charte, le respect des convictions diversifiées des citoyens a priorité sur le respect des convictions personnelles religieuses ou politiques des fonctionnaires de l’État. Les convictions diversifiées des citoyens exigent une neutralité des agents. L’État est au service de tous les citoyens et se doit d’être neutre.

    L’école n’est pas au service des enseignants, et l’État n’est pas au service des fonctionnaires. Inverser les priorités, ce serait le monde à l’envers.

  12. J’ai soupé samedi avec trois néo-Québécois d’origine vietnamienne et ils sont entièrement d’accord avec la charte de la neutralité de l’État. Mais il y avait aussi au souper un Québécois d’origine dont la bonnasserie l’incitait à être contre.

  13. Ce que certains ignorent, ou feignent d’ignorer, c’est que le voile islamique est bien plus qu’un signe religieux comme, par exemple, la petite croix portée par beaucoup de femmes au cou.

    « Le voile qui signifie le refus de se mélanger au-delà de la communauté de croyance, symbolise une volonté de séparation et de repli communautaire sur cette base discriminatoire qui est inacceptable au regard d’une modernité ainsi rejetée, les valeurs démocratiques n’en sortant pas indemnes, jusqu’à la négation de l’intégration. C’est l’expression d’une régression moyenâgeuse que l’on ne doit pas laisser sans réponse au nom du respect du fait culturel et aboutir à ce que des femmes ne disposent pas des mêmes droits que les autres par fait de religion, qu’elles le désirent ou non, et il n’y a qu’une loi pour tous qui puisse protéger la société contre ces excès du religieux…. . D’autre part, le voile est le symbole ostensible qui sert à l’effet collectif visible d’une religion qui ainsi entend peser par son communautarisme sur les décisions collectives des citoyens, celles des représentants de la nation en imposant son clientélisme régressif. Voilà ce qui est en jeu, le poids communautaire de cette partie de l’islam qui entend imposer ses vues sur la société française à contre courant de l’histoire du progrès des droits politiques et sociaux. » (Guylain Chevrier)

    Autrement dit : ce n’est pas seulement en tant que signe ostentatoire religieux que le voile inquiète, mais surtout en tant que signe d’un communautarisme politique, et signe d’un rejet des valeurs de la société laïque. C’est pourquoi il doit être interdit aux employés de l’État dans l’exercice de leurs fonctions.

  14. De la mauvaise foi de Gérard Bouchard à #TLMP #charte

    Étonnant pour un universitaire, que certains prennent pour un « grand sage »,d’aussi mal interpréter un texte que ne l’a fait Gérard Bouchard à l’émission #TLMP. #charte

    Quelle mauvaise foi! Quel triste débatteur! Pour moi, il a toujours été clair que la Commission Bouchard-Taylor était biaisée dès le départ. Les 2 présidents ont cherché les informations qui appuyaient leur thèse. Pas scientifique du tout comme démarche. Comment 2 hommes aux visions semblables pouvaient-ils avoir une compréhension juste et objective d’une problématique qui concerne les femmes au premier chef? Il aurait fallu ajouter 2 femmes pour former cette commission dont Djemila Benhabib, qui a une vraie connaissance de la problématique, pas juste une connaissance théorique, comme messieurs Bouchard et Taylor, et la présidente du Conseil du statut de la femme, bien évidemment.

    On se croirait encore au temps où les curés faisaient la morale aux femmes sur leur obligation de « faire » leur devoir conjugal et d’avoir une flopée d’ enfants même si ce devait être au risque de leur vie. Comment peut-on vouloir aujourd’hui revenir à cette époque? Parce qu’il est là l’enjeu.

    Voulons-nous des croyances et des valeurs dont les signes vestimentaires sont porteurs?

    Il est temps que les sondeurs et les journalistes posent les vraies questions. Ce n’est pas le voile et le turban qui nous font peur. Ce sont les valeurs et les croyances qu’ils cachent.

  15. Bravo a ce gouvernement qui respecte les valeurs Québécoise. Bravo Mr. Drainville et Lisée. Dimanche dernier dans un souper de famille nous en avons discuter et sur 20 adultes 18 étaient en faveur de la charte.

  16. Bravo, enfin un gouvernement qui se tient debout. Bravo M. Drainville et Lisée.
    Je souhaite de tout cœur cette charte des valeurs Québécoise. Merci a ce parti qui respecte les Qubécois

  17. Bonjour M. Lisée,

    Tout d’abord, je ne suis pas d’accord avec le maintien du crucifix en haut du siège du président de l’Assemblée nationale. Je suggère qu’on l’installe comme un objet muséal, avec un libellé explicatif, mais qu’il soit conservé à l’Hôtel du gouvernement.

    Je suis d’accord avec l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires qui débuterait à la date d’adoption de la Charte tout en suggérant une période de transition pour les employé.e.s qui seraient déjà à l’emploi. Je donnerais une période de deux ans avec une prolongation d’une année supplémentaire pour permettre à ces employé.e.s d’afficher la neutralité de l’État. leur employeur, dans le cadre de leurs fonctions.

    Le terme « Charte de la laïcité » décrit mieux le projet que celui de « Charte des valeurs québécoises ».

    Merci de votre attention!

  18. Dans le débat autour de la Charte de valeurs québécoises (bien maladroitement nommée), on a surtout entendu davantage la voix des croyants que celle des athées. J’aimerais faire valoir ici le point de vue d’un athée absolument convaincu.

    Il faut dire, en tout premier lieu, que le gouvernement Marois et le ministre Drainville n’ont pas été des plus habiles dans la manière de lancer ce débat. Le projet tel que présenté comporte trop d’incohérences pour qu’il en soit d’ailleurs autrement. En dépit de ces maladresses et de ces incohérences, le projet lui-même de l’institutionnalisation de la laïcité de l’État québécois est tout de même, me semble-t-il a priori, assez bien accepté ou en voie de l’être. Ce sont les moyens qu’entend proposer le gouvernement qui ne font pas consensus, pour dire le moins.

    Parmi ces moyens, celui de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires est à ce jour le plus décrié. Les croyants, toutes confessions confondues, montent au créneau. La démocratie s’exerce ici avec passion, et il faut s’en féliciter. Or, il faut se demander pourquoi, au fond, les croyants, et ceux qui les accompagnent, font tant de bruit autour de la question du rejet de cette interdiction.

    Éliminons les absurdités entendues ou lues dans les médias, comme cet argument selon lequel la future loi entraverait la liberté d’opinion et de croyance. Il ne semble nulle part, au lu des comptes rendus publiés à ce jour, que l’objectif du gouvernement soit celui de restreindre ces droits fondamentaux et qu’il faut en effet respecter. L’interdiction ne vise que les employés de l’État, pas le quidam. Une généralisation de ce type est non seulement abusive, mais néfaste à la bonne tenue du débat qui doit être mené rationnellement, ou le plus rationnellement possible. Dire en effet que la volonté du gouvernement, son intention ultime, serait de restreindre le droit à la pratique religieuse de tous, à partir de l’actuelle proposition, est une exagération et une fausseté. L’État n’est pas le peuple, même si le premier, dans la tradition libérale classique du moins, doit refléter et respecter au plus près les volontés du second.

    Autre absurdité entendue : le port d’un signe religieux par un employé de l’État ne signifie pas une incapacité à rendre les services pour lesquels il a été embauché. Depuis quand, demande-t-on en effet, mesure-t-on la prestation des services d’un fonctionnaire au moyen de son mode vestimentaire? Or, il ne s’agit pas simplement des vêtements portés par monsieur ou madame, mais bien plutôt de ce qu’un symbole religieux permet de traduire et, surtout, de médiatiser en termes de relations interindividuelles. Croyons-nous sincèrement qu’une personne de telle ou telle autre confession religieuse ne serait pas encline à interpeller une personne de la même confession qu’elle employée et par l’État dans la manière de lui livrer le service demandé? Si je suis un locuteur de telle ou telle langue ou dialecte et que je me rends compte que le fonctionnaire en face de moi ou au téléphone en est aussi un locuteur, serait-il normal que je m’adresse à ce fonctionnaire dans cette langue? Le réflexe est certainement naturel, mais ce fonctionnaire ne devrait m’adresser la parole qu’en français étant donné que celui-ci est la langue officielle de l’État québécois. Qu’une loi l’exige cela a-t-il pour effet de restreindre les droits du fonctionnaire?

    Ce que les croyants oublient toujours de préciser c’est qu’un signe religieux est un moyen non seulement de se reconnaître comme partageant cet élément identitaire, mais aussi de rappeler les principes également partagés par tous les membres du groupe de même conviction religieuse sur lesquels les actions individuelles et interindividuelles sont fondées. Rappelons que ces principes forment une éthique religieuse à laquelle le croyant adhère selon un principe d’adhésion qui est lui-même nécessairement partagé par tous les membres d’un groupe de croyants. L’identité personnelle, comme dans toutes les formes d’adhésion à quelque contenu de croyance mystique que ce soit, est forgée sur ces principes-là. Il n’est donc pas étonnant que les croyants vilipendent le projet de la Charte du ministre Drainville, car ils pensent que l’interdiction du port de signes religieux en tant qu’employé de l’État équivaudrait à une perte ou à une réduction de leur identité personnelle, bref à une diminution de la valeur du sens qu’ils accordent à leur être-dans-le-monde en vertu de leur adhésion à de tels signes qui ont pour but de rappeler les principes de leur adhésion, etc. Ont-ils raison de craindre cette perte identitaire? Pour le civil, le quidam qui n’est pas à l’emploi de l’état, cette crainte est absolument infondée et relève du même type d’exagération que mentionnée plus haut. Pour l’employé de l’État, il faut en évaluer les avantages et les désavantages. Mais il faut se poser la question de savoir si un emploi s’inscrit dans un continuum cultuel religieux (et privé) ou s’il constitue une pause temporairement acceptable dans ce continuum cultuel.

    Si le croyant répond qu’un emploi quel qu’il soit s’inscrit nécessairement dans un continuum cultuel, alors, en effet, il lui sera impossible d’accepter de renoncer à porter, ne serait-ce que temporairement, le signe identitaire exigé par sa communauté de croyants.

    On comprend dès lors que la problématique de l’accessibilité à un emploi offert par l’État n’est pas une problématique de politiques gouvernementales, mais un problème religieux stricto sensu. Si l’état doit être neutre, il doit l’être jusque dans ses politiques d’accessibilité, et ne pas jouer le jeu des croyants. Un État neutre, ce n’est pas un état multiconfessionnel. Un État neutre est un état irreligieux, et cela est matière à choquer les croyants, surtout les plus dogmatiques. Mais tous les croyants ont alors une réflexion à faire : acceptent-ils d’être les citoyens d’un état neutre au sens plein du terme?

    (En passant, la proposition de Charles Taylor, selon laquelle l’état est neutre mais les individus sont libres, est donc une autre des absurdités qu’il faut relever : oui, les individus sont libres, mais les employés de l’état ne le seraient pas moins parce qu’ils accepteraient de travailler pour un état neutre qui exigerait d’eux de laisser les signes de leur adhésion religieuse à la porte de l’édifice où ils iraient tous les matins travailler. Tous les droits, devoirs et privilèges établissant leur statut de citoyen seraient pourtant maintenus. Où est donc le problème? Dans le continuum cultuel qui établit un lien insécable entre la vie privée fondée sur les pratiques cultuelles et la vie publique fondée sur l’acceptation du caractère irreligieux d’une tâche à accomplir au nom de l’état, et non plus au nom d’une entité divine ou mystique.)

    Si les croyants n’acceptent pas d’être citoyens d’un État neutre au sens plein du terme, alors il leur faut clairement énoncer leur proposition : quel genre d’État leur conviendrait? Un État multiconfessionnel? Un État inspiré de tel ou tel autre texte révélé? Lequel? Sont-ils prêts à proposer à tous le principe du continuum cultuel qui traverse leurs journées? Quels sont les principes cultuels qui devraient avoir préséance sur les autres? Le cas échéant, comment et sur quels bases légales croient-ils pouvoir le faire? L’idée de la laïcité « ouverte » leur convient? À eux d’en donner une définition qui ne soit pas nécessairement alignée sur les thèses multicuturalistes car ces thèses ne font pas consensus au Québec.

    Les croyants ont donc le devoir d’informer les autres citoyens de leurs projets. Car ceux qui défendent, souvent bien malhabilement il est vrai, la laïcité de l’État, ont fait part de leurs propositions.

  19. Une médecin voilée ? Pas un problème, révèle un sondage SOM

    Pour ceux qui doutaient de l’impartialité de Radio-Canada dans ce débat, il n’y a plus de doute maintenant.
    Quelle question biaisée ?
    Vu la difficulté et les délais insoutenables pour une personne malade à obtenir un rendez-vous avec un médecin et qu’il s’agit de sa survie : le costume ou le déguisement du médecin passe loin derrière les accommodements raisonnables.
    J’invite Radio-Canada à poser la même question dans son sondage en changeant un médecin par un policier, un garagiste ou une caissière dans une banque par exemple.
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/09/23/005-sondage-charte-valeurs-quebecoises-som-web.shtml

  20. L’idée de disposer d’une charte n’est pas mauvaise, mais la question réelle est son opportunité aujourd’hui. C’est quoi les problèmes posés par les signes religieux? Aujourd’hui la prestation électronique des services est développée au sein de l’administration publique, donc les choses bougent. Se focaliser sur le port vestimentaire des gens est regrettable pour un pays si intelligent ou ouvert. L’enjeu est politique en fait, polariser le débat comme font les conservateurs. Créer des pro et anti charte, donc centrer les choses entre PQ et PLQ et tirer des dividendes politiques, en coulant la ÇAQ et les autres. C’est stratégiquement payant, mais est-ce que les populations ont besoin de ça ? Ce qui me désolé, c’est que le projet est initié et développé par d’anciens journalistes. Si on aime le Québec on doit respecter les Québécois, riches ou pauvres, intellectuels ou paysans.

  21. M. Le Ministre, avec tout le respect qui vous est dû je trouve que sur la question du crucifix vous êtes bien bref. J’entendais Monsieur Drainville dire qu’il y a un grand nombre de personnes au Québec pour qui l’aspect historique du crucifix à l’Assemblée Nationale est important. Mais qu’est-ce que ça veut dire un grand nombre:1000, 2000, 100 000, un million? Ça ce n’est pas sérieux. Il me semble que compte tenu de la grande controverse que suscite cette question, pourriez au moins montrer un peu d’ouverture de ce côté-là pour calmer le débat. Que l’on conserve le crucifix en quelque part dans l’édifice de l’Assemblée nationale, je veux bien, mais débattre des choses de l’État avec le symbole de la religion catholique au dessus des têtes ça non. Autrefois dans toutes nos maisons on trouvait un crucifix à la place d’honneur. Aujourd’hui soyons honnêtes, ça n’existe pratiquement plus.

  22. Je suis tout à fait d’accord avec l’idée d’un débat sur la laïcité et la neutralité de l’État. Félicitations à Monsieur Drainville et au Gouvernement pour cette initiative démocratique importante qui va prévenir des dérives potentielles dans le futur.
    Certains opposants refusent le débat pour la simple raison qu’ils refusent un Québec qui prend ses affaires en main. Il est écrit dans le ciel qu’ils utiliseront la Cour suprême pour neutraliser la Charte des valeurs comme ils l’ont fait pour la Loi 101. Ces opposants illustrent clairement le coût en énergie, en argent et en temps de notre dépendance vis-à-vis Ottawa et sa Cour suprême.
    Ceci étant dit, il ne faudrait pas que la souplesse de l’application de la Charte des valeurs mette en péril son objectif même. Je fais donc la suggestion suivante : remplacer la clause donnant possibilité de retrait pour 5 ans de l’application de la Charte par une clause donnant un délais (à déterminer) pour s’y conformer.

  23. Soyons cohérents et remettons le crucifix de l’ASNAT au clergé.
    La laïcité point et ne pas tergiverser sur la base de valeurs qui sous tendent le projet. On en discuterait encore dans cent ans, puisqu’il est humiliant pour les groupes concernés, de devoir admettre, même indirectement, qu’ils vivent des relations aliénantes au sein de leur famille.

    Le droit de retrait est un facilitateur, mais une arme à deux tranchants. Je suis plutôt favorable à la souplesse dans l’implantation.

    Le seul commentaire anglophone en dit long sur la distance infinie qui sépare le Québec franco de sa minorité anglo. Sans parler du Roc encore davantage conservateur et farouchement opposé par principe à tout ce qui peut émaner du Québec. Même au sujet de la température, on est pas d’accord… Dans un tel contexte, il faut tout simplement s’assumer et ne pas accepter de devenir ce que les autres voudront toujours que nous soyons : dépendants et incapables de choisir notre avenir.

  24. M. Lisée,
    Je suis d’accord avec votre projet de charte. Je trouve dommage que des extrémistes laissent entendre qu’elle s’appliquera à tous les citoyens tant au niveau publique qu’au niveau privé. Je trouve que cette ambiguïté planifiée est d’une très grande tristesse.

    Parlant d’ambiguïté, l’utilisation du mot ostentatoire ne fait rien pour réduire la confusion. Sans aurait-il été plus simple de parler de signes visibles, un point c’est tout. De toute façon, vous auriez été mis au pilori. Autant l’être pour des raisons claires et nettes.

    «Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare!»
    [Michel Audiard]

  25. Faut pas mêler prosélytisme ou fondamentaliste qui sont bien différent d’être soi-même et ne nous cachons pas la vérité : c’est surtout le groupe de femmes qui porte le foulard qui dérange.L’égalité entre les citoyennes et citoyens, quelles que soient leurs croyances religieuses ou leurs convictions morales doit être respecté par l’état mais aussi par ceux qui veulent que la laïcité soit élevé à une religion sous prétexte de neutralité et ils on droit de cité aussi et de respect.

  26. Prosélytisme religieux et prosélytisme athée prosélytisme autre chose….
    M. Lisée, j’espère que vous lirez ce message. Mon seul problème par rapport à votre projet, c’est de croire que la charte va garantir la neutralité de l’état. Croyez-moi le signe religieux c’est rien en comparaison du prosélytisme des personnes. Quand un professeur parle en terme négatifs de TOUTE FORME de disposition religieuse, professant directement ou indirectement son athéisme je dit que l’état n’est pas neutre du tout. Ça me dérange énormément en tant que parent qu’il défasse l’éducation que je transmet à mes enfants. Quand encore il présente le matérialisme scientifique comme la seule voie de la raison ça me dérange encore plus. L’athée est une forme de foi en autre chose, qu’il n’existe rien d’autre que le matériel, mais une foi quand même. D’autre part il y a la question des valeurs. Les valeurs peuvent pas toutes être communes, mais déjà il y a des valeurs promues présentement par l’état qui ne le sont carrément pas! Faites des sondages et vous verrez que le ministère des affaires sociales fait fortement la promotion de dispositions qui sont le fruit de valeurs qui ne sont pas très communes. Comment parler alors de neutralité de l’état, avec ou sans signe religieux alors qu’elle ne l’est déjà pas. Alors ne vous demandez pas pourquoi ça réagit si fortement. L’état nous dicte déjà ce qu’on doit penser (la dernière publicité sur l’homophobie était carrément provoquante). L’état devrait se retirer des questions qui concernent des valeurs ou le consensus n’est pas aussi fort qu’on le dit. Faites des sondages et fiez-vous pas aux médias, vous être politicien, vous savez ce que c’est les médias versus l’opinion du peuple. A l’heure actuelle l’état est pas plus neutre que ceux qui mènent au ministère des affaires sociales. Si l’État cessait de ce mêler à ce qui touche aux convictions des gens, on serait bien tranquilles de dire que les signes religieux ça doit sortir de l’état. Je ne suis pas très « signe religieux » justement en raison de mes convictions de croyant, mais l’état s’occupe un peu trop des convictions des gens pour que je croies à un projet neutre. Il y a quelque chose de profondément biaisé dans ce projet, pas à cause du projet en soi, mais déjà à cause de ce qu’il se passe déjà en matière de promotions de valeurs par l’état. Si notre état est déjà pas neutre, comment voulez vous que ceux qui tiennent aux signes religieux les laissent aller. On sens bien qu’après cela l’état va revenir se mêler de choses qui ont trait aux convictions personnelles des gens. En tant que croyant on est confronté à toutes sortes de positions promues par les organismes public qui ne sont pas neutres du tout en terme de valeurs. Vous essayer de faire passer la charrue devant les boeufs c’est pour cela qu’il y a des hòlà.

  27. Pourquoi ne pas faire appel au gros bon sens?
    Je veux bien que tous les employés de l’État, au nom des droits individuels, affichent tous les signes religieux qu’ils veulent bien arborer. En contrepartie, tous les usagers doivent avoir la capacité de refuser d’être servis par un employé dont le signe religieux ne leur convient pas. Car les usagers aussi ont des droits individuels.
    Alors, bien sûr, pour un même service, l’État devra prévoir des employés pour chacun des signes distinctifs et des employés sans signes pour les sans-religion. Il n’y aura alors plus de chômage au Québec mais bien plutôt une très grave pénurie de main d’oeuvre.
    Avec cette charte, il n’est pas question de restreindre d’aucune façon la liberté de religion.
    Tout simplement, l’État, dans tous ses aspects y compris ses employés, doit afficher la plus grande neutralité vis-à-vis toutes les religions.
    Et ceci veut dire que le crucifix à l’Assemblée nationale n’y est pas à sa place.

  28. je suis totalement d’accord avec la charte proposée par le gouvernement du Québec…ma femme mes 4 enfants adultes et moi …appuyons votre démarche…elle est courageuse…

  29. M. Lisee.
    With all due respect, You state that this is a debate we must be having, sorry I disagree, the debate we should be having is why Quebec has lost 45,000+ jobs this year whilst the rest of Canada has gained 145,000+. The debate we should be having is is our tax system fair and equitable, does it encourage investment. The debate we should be having is how do we build and maintain our roads so we don’t get into crisis where we need to suddenly close bridges due to safety. The debate we should be having is how can we reduce carbon emissions, whilst keeping energy affordable for our citizens. The debate we need to have is how can we cut the deficit, make steps to pay down the debt, whilst maintaining essential services and investment.

    Since the PQ has come to power instead of concentrating on the economy it has instead chosen to garner the support of hardline nationalists by again trying to restrict the rights of minorities. First came bill 14 now the charter of values. The reality is both are again showing that the PQ puts its nationalist fervour ahead of individual human rights. This Charter is blatantly discriminatory against religious minorities. Whilst comparing it against other countries is all well and good it doesn’t make it right. You say the Government must appear Laic. No it must not appear Laic it must be so. It does not matter if a nurse, doctor or teacher etc wears a hijab, turban, kippa or cross what matters is they treat everybody equally. If someone has the tendency to not do so removing their religious symbol will not prevent them from doing so. This is a matter that can only be dealt with on a individual case basis and no law is going to change that.

    So why is this law discriminatory and therefore abhorent to a white, anglo saxon atheist. Its simple whether we agree with them or not many muslim women feel religiously bound to never show their hair in public. Sikh men feel religiously bound to wear a turban and some Jewish men feel bound to wear a kippa or other headwear. You state that this is not necessarily so citing examples from other countries where wearing of such garments has been prohibited at some times. Well the truth of the matter is this is not a matter for the government to decide this is a matter to be decided between the person, their preacher (for want of a better word) and their God. As these beliefs are widely held by millions of people we can’t disregard them especially as the state recognizes the religion, through tax breaks etc. As such we are effectively saying to this minority sorry you can’t work for the state if you hold these beliefs. Worse yet as the government is in fact endorsing discrimination against these beliefs. Their is a lot of talk of integrating them to society but how does effectively making a segment of society unemployable assist with integrating them into society?

    Ultimately the test of whether a law is right and just is to put yourself into the shoes of the other. So I ask you M. Lisee how would you feel if you were a Jewish man, muslim woman, or sikh man, knowing the government was trying to impose a law that basically meant you could either continue working at your job or go to hell (or the equivalent thereof) for eternity when you die. Please remember you can’t answer I don’t believe in hell, your devoutly religious when answering the above question.

    The only parts of this proposed charter that are acceptable are
    Yes the government must be neutral when dealing with its citizens regardless of their, race, skin colour, sex, sexuality, language or religious beliefs.
    Yes citizens must be identifiable when dealing with the government, So yes the face covering of a burgha or niqab should be removed for identification purposes. And yes where appropriate uniforms and safety equipment can be required attire. Apart from that who is to say if someone is wearing a hijab or headscarf for religious purposes, for a fashion statement or because they wish to hide their balding head due to cancer treatment.

    Americans like to pride themselves that the USA is the most free, most democratic country in the world. In fact they are incorrect, Canada with the exception Quebec is. Since coming to power Quebec with its current minority government has only succeeded in raising religious and language tensions, enboldening the nationalist and rascist hardliners, trying to remove more individual rights.
    You want an independant country well try running a province where the rights of the individual take precedence, where the economy is growing and vibrant, where were not dependant on handouts from elsewhere, once that is achieved maybe we’ll grow some faith.

  30. J’appuie la projet de charte. Parmi les défis, cependant, j’en vois 2 majeurs:

    1-Obtenir l’appui de la CAQ sur l’ensemble de votre projet.

    2-La Cour qui penche du même bord.

    Je trouve particulièrement choquante l’attitude de Thomas Mulcair, l’ex de Alliance Québec, et de tous ses « poteaux » ndpistes québécois.

    Aujourd’hui Aministe internationale met son grain de sel.

    Vous avez parlé de « bonification ». Le sociologue Guy Rocher, dans le cas des organismes qui ont rapidement demandé l’exemption de 5 ans, proposait:statu quo pour les employés actuels…mais application immédiate pour les nouveaux employés.

    Bonne chance et bon courage! J’aime bien Bernard Drainville.

  31. L’ambiguité du voile islamique

    Il faut se méfier des symboles ostentatoires qui visent à promouvoir des idéologies sous un couvert religieux.

    Si le foulard était un signe religieux, en vertu du principe de liberté de religion, on devrait forcément être contre la charte qui intervient dans une liberté individuelle.

    Si, au contraire, on pense que le foulard est politique et qu’il est un outil d’affirmation de l’islam et de l’idéologie qu’il représente, on sent la nécessité de le contrer.

    Il est ironique de constater que le même texte religieux, le Coran, sert de prétexte à l’imposition de la burka aux Afghanes, du niqab aux Saoudiennes et de l’hijab pour les autres. On doit aussi se rappeler qu’Atatürk a interdit le voile en Turquie au début du XXe siècle, qu’il ne se portait plus dans l’Égypte de Nasser ou la Tunisie de Bourguiba et que Mohammed V au Maroc a enlevé le voile à sa fille autour de 1956.

    Dans l’histoire récente, l’intégrisme musulman et la neutralisation des courants musulmans libéraux correspondent à l’enrichissement en pétrodollars des pays du Golfe. Coïncidence, c’est depuis ce temps que le hijab est réapparu dans le monde musulman et en occident.

    Dans un pays musulman, à moins d’être masochiste, une femme va porter le voile, le niqab ou la burka selon qu’elle affronte les frères musulmans, la police islamique ou la volonté de son père ou de son mari. En occident, c’est plutôt la pression de sa communauté ou la volonté de son mari. Je n’exclue pas la possibilité d’une croyance religieuse sincère mais, de toute façon, le voile exprime publiquement l’adhésion de celle qui le porte à un islamisme radical. Le voile exprime également la primauté des valeurs d’un certain islamisme par rapport aux us et coutumes du pays d’accueil. De grâce, ne soyons pas naïf. Le voile est surtout un étendard publicitaire de l’islam!

    Par conséquent, la laïcité représente la moins pire méthode d’assurer une cohésion sociale et de consolider l’égalité homme-femme. S’il faut, en toute cohérence, sacrifier des symboles chrétiens, je suis prêt à le faire.

  32. Madame Maroy (faute de frappe)

    Je partage entièrement votre point de vue et je crois que la plus grande difficulté pendant et après ce débat porte(ra) sur la capacité du gouvernement à établir une position ,sur la grande question du port des signes religieux,qui soit à la fois, solide sur le plan des principes, défendable juridiquement, et surtout politiquement réalisable (adoptée par une majorité des élus de l’A.N.). Tout çà et rien de moins. Pour ma part, je crois que le port des signes religieux est un élément qui sous-tend beaucoup plus d’enjeux qu’il n’y paraît à priori. Un signe religieux, dans mon livre (et chaque Québecois a son propre livre) c’est beaucoup plus qu’un simple bout de tissu ou apparat quelconque. C’est un élément porteur de sens, de valeurs, d’histoire, croyances, pratiques,etc. et par conséquent ça envoie un message relié à ces éléments. Or le message envoyé (sens pour la personne qui le porte) et le message reçu (perçu par la personne qui le voit) peuvent être diamétralement opposés. Le sens du message relié à un objet religieux varie en fonction de la connaissance, de l’expérience, de l’information que chacun a pour décoder ce message. Une chose est sûre pour moi, je ne veux surtout pas payer (salaire employé du public) pour me faire dire par la personne qui me fournit un service qu’elle supporte telle valeur plutôt que telle autre, (impression du message reçu versus intention du message envoyé), surtout si je ne partage pas les valeurs ou les pratiques associées au message véhiculé par ces signes.
    Merci et je souhaite que le débat continue et permette à chacun de se faire une opinion articulée sur ce sujet important pour toute la collectivité québecoise.

  33. Je dis ‘ Bravo pour NOTRE Charte Québécoise en devenir !  » et, Bravo aussi Messieurs Lisée, Drainville pour votre persévérance; rien ne se fait, ne s’émancipe, ne voit  » Le jour Nouveau  » sans heurt… Même les enfants qui naissent les vivent ! Tous Changements nécessite  » de bien s’agripper aux câbles  » ! Le Navire aura des pertes… mais ensuite, à l’aube, avec la rosée du matin, Il voguera. toutes voiles ouverte vers un nouveau Ciel Québécois ! (La liberté religieuse est réelle et acceptée ici au Québec mais, elle est hors les murs de l’État !). ON vous appui ! JMT

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