Archives de catégorie : Lisée – TV
Palmarès de mes coups de gueule 2015 !
Mon équipe a choisi pour nous un palmarès des coups de gueule 2015 du député de Rosemont.
Les voici, dans l’ordre qu’ils ont choisi:
# 1 : Le ministre Barrette promet d’abolir les frais accessoires, sauf une fois au chalet !
# 2 : Pénurie de seringues ? Le ministre de la santé est parti avec le cash !
# 3 : Quand Phillip Morris fait des clins d’œil aux dépanneurs
# 4 : Payer les médecins, faire payer les pharmaciens
# 5 : Un autre lobby qui ne sait pas combien il touche des cigarettiers
# 6 : Pourquoi le PLQ n’aime pas la Santé publique
# 7 : Le PLQ optimise les aînés de 650%
# 8 : Hommage à Jacques Parizeau
# 9 : Le PLQ et les coûts des débarbouillettes
# 10 : Pour le PLQ, les enfants autistes veulent… le déficit zéro
Bonus : Sur une échelle de 0 à 10, quelle crédibilité a Imperial Tobacco ?
Dites-moi si vous en voulez d’autres !
La Semaine du Député de Rosemont
Première rencontre des 1000 Québécois pour le changement: une belle réussite
Dimanche dernier, nous avons tenu notre première rencontre des 1000 bénévoles pour le changement. Une centaine de bénévoles étaient présents, parmi les 500 qui ont déjà répondu à mon appel de donner chacun au moins une heure de leur temps à notre campagne. Nous avons discuté, en ateliers sur le contenu, les communications, l’équipe web, l’organisation, dans une grande convivialité et une volonté de changer les choses.
Prix à part entière: Bravo à «j’me fais une place en garderie»!
Lundi, j’ai eu le plaisir de remettre lundi un certificat à l’organisme montréalais J’me fais une place en garderie, finaliste dans la catégorie « Organismes sans but lucratif » pour le Prix À part entière. Ce prix, remis aux deux ans par l’Office des personnes handicapées du Québec, souligne la contribution des organismes, notamment, à l’accroissement de la participation sociale des personnes handicapées. Bravo à l’équipe de J’me fais une place en garderie, un organisme de Rosemont qui, depuis 1994, grâce aux efforts et à la mobilisation des parents et de l’Association de la paralysie cérébrale du Québec à Montréal, soutient les familles montréalaises vivant avec un enfant aux prises avec une déficience motrice. Vous pouvez consulter le communiqué de presse émis à ce sujet.
35 ans pour l’AQDR de Rosemont et la défense des droits des aînés

Dans le cadre du 35e anniversaire de l’Association québécoise des droits des retraités (AQDR) de Rosemont, j’ai eu le plaisir de remettre un certificat de reconnaissance à Mme Cécile St-Jean, bénévole de l’année, pour son implication et son dévouement.
Le gouvernement libéral laisse tomber les personnes handicapées
Les coupes libérales n’épargnent personnes: soixante résidences pour personnes handicapées sont menacées de fermeture, des organismes communautaires doivent fermer leurs portes et le programme d’adaptation de domicile est suspendu. J’ai questionné les ministres Lucie Charlebois et Pierre Moreau à ce sujet:
Les réponses des ministres ont tellement été aberrantes que l’ARIHQ a émis un communiqué de presse afin de rectifier le fait qu’elle n’a jamais signé une entente de coupures avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Plus de détails dans le billet de blogue Comment l’austérité du PLQ heurte les handicapés
Le ministre de la Santé n’a pas écouté les groupes en commission parlementaire
Après avoir entendu 64 groupes en commission parlementaire pour le projet de loi réformant le système de santé, dont quasi-totalité des groupes ont émis de sérieuses réserves et de vives inquiétudes à propos du projet de loi 10, le ministre continue de dire que personne ne remet en cause le fondement du projet de loi. Pourtant, les seuls partisans de la réforme du ministre Gaétan Barrette sont les médecins ministres actuellement à ses côtés, la CAQ ainsi que les partisans du privé dans le domaine de la santé.
L’austérité du PLQ fondée sur trois mensonges
Lors du débat sur l’adoption du principe du PL-10, j’en ai profité pour démontrer que l’argumentaire du gouvernement concernant le déficit de 3.7 M$, l’urgence de sabrer dans les dépenses et de mettre en place toute sorte de réformes est basé sur trois mensonges:
Pétition: un SLR comme mode de transport collectif sur le nouveau pont Champlain
Cette semaine à l’Assemblée nationale, j’ai déposé une pétition, signée par 2 252 pétitionnaires, demandant au gouvernement du Québec de prendre position en faveur d’un SLR comme mode de transport collectif sur le pont de remplacement du pont Champlain. J’avais d’ailleurs explique dans mon billet «Avec le PLQ, le SLR n’est plus sur les rails !», comment le gouvernement Couillard avait tenté de nous faire oublier que, unanimement, les élus de Montréal et de la Rive-Sud avait choisi le Système léger sur rail comme mode de transport sur le Pont Champlain et que, unanimement, les députés de l’Assemblée nationale en avait fait autant en adoptant une résolution le 27 novembre 2013. vous pouvez consulter cette pétition et suivre suivre son cheminement ici.
Itinérance: la politique nationale de l’itinérance doit être mise en œuvre
Vendredi, j’ai questionné la ministre déléguée à la Réadaptation, Lucie Charlebois, sur le report de la mise en œuvre de la politique nationale de l’itinérance. L’hiver est arrivé, il est urgent que la ministre pose des actions concrètes afin de venir en aide aux itinérants. Le gouvernement doit empêcher Ottawa de nuire en cessant de financer leurs activités prioritaires des organismes qui viennent au secours des itinérants.
65e anniversaire du Carrefour l’Entre-Gens
Vendredi soir je me suis rendue au Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens afin de souligner leur 65e anniversaire. Ce n’est pas rien! Depuis 1949 que l’Entre-Gens est au coeur du quartier et participe au développement social de Rosemont.

Tous contre l’austérité
Samedi j’ai participé avec des dizaines de milliers de Québécois à la marche contre l’austérité.
Bonne semaine !
La Semaine du Député de Rosemont
À la défense de Radio-Canada

Ici avec Jacques Létourneau, président de la CSN et Thetfordois d’origine comme moi. Et une apparition de Sol !
Dimanche midi je me suis joins aux milliers de personnes qui manifestaient pour protester contre le démantèlement de Radio-Canada par le gouvernement fédéral.
J’ai publié quatre propositions pour dompter l’hyper-concentration des médias au Québec, pour préserver la qualité de l’information régionale, pour assurer la protection de l’information dans les salles de rédaction et pour affirmer l’autonomie du service français de Radio-Canada.
«Fermés pour cause d’austérité!»
Lundi midi, je me suis joint à la marche organisée par le milieu communautaire dénonçant les coupures aux organismes communautaires et exigeant du gouvernement libéral le rehaussement de leur financement,. Plusieurs organismes de Montréal ont fermé leurs portes pendant 225 minutes afin de se joindre à un grand rassemblement visant à rappeler l’importance du milieu communautaire pour la vitalité et la santé de nos communautés. Je dénonce le refus du gouvernement libéral de bonifier ce financement et demande à la ministre Lucie Charlebois de poser des gestes concrets, comme nous l’avions fait au gouvernement du parti québécois, en prévoyant une hausse du financement de 162 M$ pour le milieu communautaire. Pour plus de détails, veuillez consulter le communiqué de presse émis à ce sujet.
Je vois Montréal: Un nouvel élan pour Montréal

J’ai inscrit ma vision de Mtl sur le mir de je vois Montréal: La plus formidable métropole familiale au monde !
Je me suis par la suite joint aux 1000 participants de l »évènement Je vois Montréal , où 150 projets ont été proposés. Je vois Montréal c’est une mobilisation, un mouvement, portée par des acteurs issus de diverses sphères d’activités, visant à changer l’état d’esprit collectif pour redonner confiance et fierté envers la métropole ainsi qu’à donner un nouvel élan à Montréal et à son économie.
Un programme de relance pour la métropole a été adopté, s’articulant autour de chantiers prioritaires: l’attraction et la rétention des talents, la vigueur des entreprises et la revitalisation de notre cadre de vie.
Bravo aux organisateurs et surtout aux deux maîtres d’oeuvre du projet, mes amis Diane deCourcy (embauchée par le maire pour assurer le suivi des 150 projets) et Félix-Antoine Joli-Coeur.
Pourquoi j’appuie le Bloc québécois
Suite au débat provoqué par les interrogations de mon collègue Pierre-Karl Péladeau au sujet de pertinence du Bloc québécois, j’ai cru pertinent d’expliquer pourquoi mon appui au Bloc est indéfectible:
Soulignons la 27e Semaine de prévention de la toxicomanie
Mercredi, j’ai profité de ma tribune à l’Assemblée nationale afin de souligner la 27e Semaine de prévention de la toxicomanie. Les intervenants qui travaillent chaque jour avec cœur et dévouement pour répondre aux besoins des personnes vivant avec une dépendance effectuent un travail remarquable et je les remercie. Je tiens également à saluer le courage de tous ceux et de toutes celles qui s’engagent dans une démarche de réhabilitation. Je vous invite a lire Le Privilège de redonner du pouvoir – portrait d’un réseau public spécialisé, aux pratiques éprouvées, publié par l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRDQ) afin de saisir toute l’importance de la mission de lutte contre les dépendances. Plus de détails dans le communiqué de presse émis à ce sujet.
ARIHQ: inquiétude devant d’éventuelles baisses de rétribution dans certaines ressources intermédiaires
L’association des ressources intermédiaire en hébergement du Québec (ARIHQ) c’est plus de 800 ressources intermédiaires, partout au Québec, qui héberge 1200 personnes en perte d’autonomie, aux prises avec des problématiques de santé mentale ou de déficience intellectuelle. Ma collègue Diane Lamarre et moi avons rencontré certains membres de l’ARIPH, dont Monsieur Vallerand, directeur service aux membres et Madame, afin de discuter de leurs préoccupations. Actuellement, c’est 60 petites ressources intermédiaires, de style milieu de vie pour personne nécessitant uns service d’encadrement élevé, qui risque de fermer. Encore une fois, le gouvernement libéral coupe directement dans les services aux plus vulnérables de la population.
Nœudvembre: L’Assemblée nationale sur son 36 pour la cause

À l’occasion de la Journée internationale des hommes, célébrée le 19 novembre, ProcureHalte au cancer de la prostate a lancé une série de nœuds papillon signature La vente des nœuds papillon servira à lever des fonds pour financer les projets de recherche et de sensibilisation de PROCURE. Plus de détails sur le site internet http://www.noeudvembre.ca. Je me suis également amusé à prendre quelques selfies pendant la journée. Allez voir les photos sur mon Facebook!
Hommage aux centres jeunesse du Québec
La semaine des centres jeunesse 2014, qui s’est déroulée du 16 au 22 novembre, m’a donné l’occasion de reconnaître le travail de plus de 14 000 femmes et hommes qui sont unis autour d’un même but depuis plus de 20 ans : celui d’accompagner et d’aider les jeunes en difficulté et leur famille. Je tiens à saluer leur engagement remarquable et à leur exprimer ma reconnaissance pour toute l’énergie qu’ils consacrent à ces milliers de jeunes. La réforme du ministre Gaétan Barrette propose de fusionner les centres jeunesse avec tous les autres établissements de santé pour créer de nouvelles mégastructures. On s’apprête donc à déstructurer le modèle de protection de la jeunesse du Québec, pourtant efficace et envié au-delà de nos frontières. Le communiqué de presse à ce sujet est disponible ici. Voici la déclaration de député que j’ai fait à ce sujet mercredi.
Rencontre d’urgence à la CRÉ de Montréal
Jeudi matin, la CRÉ a convoqué une réunion d’urgence du conseil d’administration à laquelle j’ai participé. Le parti libéral, avec son pacte fiscal avec les municipalités, a décidé d’abolir les Conférences régionales des élus, pour transférer les responsabilités aux MRC. Les acteurs montréalais souhaitent conserver cette structure de concertation et la capacité d’agir de la CRÉ.
La CRÉ de Montréal travaille au développement économique et sociale de la métropole, notamment en appuyant 25 projets de je vois Montréal.
Visite à l’école de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke
J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec les étudiants de l’Université de Sherbrooke lors d’une conférence que j’ai donnée. Environ 80 étudiants ce sont amassés dans une classe débordante du département d’étude politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Après une brève présentation des principales idées avancées dans mon livre, j’ai passé la plus grande partie de l’heure de la conférence à répondre aux questions des étudiants : certains s’intéressaient aux projets d’une monnaie québécoise ou l’agence québécoise de solidarité internationale, alors que d’autres étaient avides d’en apprendre plus sur la course à la chefferie.

Report d’une nouvelle loi sur le tabac: déplorable
Ma collègue Diane Lamarre et moi avons joints nos voix à celles de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et de la Société canadienne du cancer, qui réclament une révision de la Loi sur le tabac dans les plus brefs délais. La ministre Lucie Charlebois, ne déposera pas de projet de loi en ce sens avant Noël, comme elle s’y était pourtant engagée. Le travail dans ce dossier a été entamé par le gouvernement du Parti Québécois qui était clair sur ses intentions d’agir rapidement. La réduction du tabagisme est un objectif collectif essentiel à la santé de nos concitoyens et la ministre doit agir! Plus de détails dans le communiqué de presse émis à ce sujet.
Rencontre avec Accès-Cible Jeunesse de Rosemont
Vendredi j’ai rencontré des organismes de Rosemont, dont les responsables de l’organisation Accès-Cible Jeunesse, qui contribue à l’animation et à l’insertion des jeunes défavorisés du quartier. Malheureusement, leur financement est devenu précaire et nous avons discuté de stratégies pour assurer la pérennité de l’organisation.
Un week-end au Salon du livre de Montréal
J’ai passé une partie du week-end au salon du livre de Montréal pour faire la promotion du Journal de Lisée. J’ai pu y rencontré des lecteurs passionnés, d’anciens collègues, des auteurs que j’admire.
Voir mon festival de Selfies sur ma page Facebook !
Je serai encore au Salon ce dimanche de 12:00 à 13:30 au Kiosque Flammarion.
J’irai ensuite saluer les militants indépendantistes réunis au Congrès d’Option Nationale, à l’Université de Montréal.
La Semaine du Député de Rosemont
Comme vous le savez, j’étais en tournée régionale la fin de semaine dernière — de Rimouski à Rouyn-Noranda.
Lundi j’ai pu m’entretenir à Rouyn-Noranda avec les membres du collectif de défense des droits des locataires et j’ai pu, à chaque étape, constater l’ampleur du ressentiment régional contre la volonté du gouvernement Couillard de démanteler les outils locaux de développement. J’en ai parlé notamment au journal La Frontière d’Abitibi: « Si le PLQ était une compagnie, les Québécois pourraient le poursuivre pour bris de contrat ! »
Mardi matin, j’étais de retour à Québec pour entendre l’opposition massive à la réforme de la santé du ministre Barrette, à la commission parlementaire.
Fin des consultations du Projet de loi 10 sur la réorganisation de la santé
Après avoir entendu 59 groupes et reçu près de 90 mémoires, la Commission de la santé et des services sociaux a terminé ses auditions. Le constat est clair: l’opposition au projet de loi du ministre Barrette est quasi-unanime. Le ministre est inflexible. Il affirme que personne ne s’oppose à sa réforme, en plus de prétendre que les pouvoirs que lui attribuera le PL10 sont transitoires quand rien de tel n’est écrit dans son texte de loi.
Le PL10 n’est qu’un prétexte pour le ministre de la Santé afin centraliser le pouvoir puisque le gouvernement reconstituera une vingtaine de mégas agences avec sa réforme. Les changements peuvent se faire à l’intérieur du réseau actuel, notamment en améliorant le réseau actuel de communication. Plus d’information dans ce communiqué de presse.
Filière porcine: un nouveau plan stratégique
Mercredi soir, je rencontrais plusieurs artisans de la filière agro-alimentaire du Québec à l’occasion du dévoilement du plan stratégique de la filière porcine du Québec. J’ai discuté impact environnemental avec David Boissonneault, président des Éleveurs de porcs du Québec.
C’était aussi une bonne occasion pour renouer avec un Thetfordois comme moi, le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.
Pont Champlain : Les Dupont et Dupond du pont (Denis Lebel et Robert Poêti) vont-ils revenir à la raison ?
C’est affligeant de voir que le gouvernement Couillard a mis trois semaines à défendre le nom du pont Champlain: Il a d’abord approuvé le changement de nom proposé par Ottawa (Maurice Richard), puis revu mollement sa position, puis souhaité une consultation pour finalement adopter notre motion exigeant de conserver le nom actuel. J’ai débattu la question avec le ministre Poëti lors du débat de fin de séance jeudi.
La motion présenté jeudi par ma collègue Martine Ouellette a été adoptée à l’unanimité! Samuel de Champlain étant le fondateur de l’Amérique française, c’est primordial pour le PQ qu’on maintienne le même nom pour des raisons historique et identitaire. Voici le point de presse donné avec mes collègues Martine Ouellette et Stéphane Bergeron, suite à l’adoption de la motion. Un communiqué de presse a également été émis à ce sujet.
Les anglophones et le système de santé
La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) présentait un mémoire devant la Commission de la santé et des services sociaux sur la présence de l’anglais dans notre système de santé. Mon désaccord avec l’approche de la SSJB sur ce point étant total, j’ai exprimé vigoureusement mon point de vue.
Pour connaître mon opinion sur le sujet, vous pouvez consulter mon billet «L’humanisme: ingrédient clé de la promotion de l’identité».
J’étais d’accord avec la SSJB sur un point: la loi actuelle permet aux hôpitaux bilingues d’embaucher du personnel d’encadrement sans exiger une connaissance du français. C’est inacceptable. Je souhaite que cette situation soit modifiée au plus vite.
Si c’est vendredi, on est à Chicoutimi !
Vendredi j’ai mis le cap sur Chicoutimi pour une rencontre avec une vingtaine de personnes à la librairie Les Bouquinistes, sur la rue Racine. Et j’ai dit tout le bien que je pensais de mon collègue Alexandre Cloutier, et tout le mal que je pensais des politiques régionales du gouvernement Couillard, à l’antenne de Radio-Canada Saguenay (aller à 21’40 »).
Pour défendre le droit à l’information
Ce dimanche midi je serai à la manifestation contre le démantèlement de Radio-Canada par les conservateurs. J’ai publié samedi quatre propositions pour dompter l’hyper-concentration des médias au Québec.
La tournée se poursuit!
Dans le cadre du lancement de mon livre «Le journal de Lisée: 18 mois de pouvoir, mes combats, mes passions», j’ai l’occasion de parcourir le Québec via une tournée des librairies. Je suis passé par Rivière-du-Loup, Rimouski, Thetford Mines, Val-d’Or, Rouyn-Noranda et Québec. Pour ce qui est de Montréal, je serai à la librairie Renaud-Bray, au 4380, rue St-Denis, ce samedi 15 novembre à 15h afin de m’entretenir avec Marie-France Bazzo. Je serai également au salon du livre de Montréal, à la Place Bonaventure, les 21, 22 et 23 novembre prochain à la place Bonaventure. Je vous invite à venir me rencontrer lors de cet évènement au 800, rue de La Gauchetière Ouest, au Kiosque Flammarion (Stand 246) :
- le vendredi 21 novembre : 19h30 à 20h30
- Samedi 22 novembre : 13h30 à 14h30
- le dimanche 23 novembre : 12h à 13h00
Le plan Couillard: déraciner le pouvoir citoyen, éteindre la différence québécoise
Si vous aviez 3000 bénévoles, répartis dans toutes les régions du Québec, prêts à épauler de jeunes entreprises pour les aider à se développer, les mettriez-vous à la porte ?
C’est ce que le gouvernement Couillard a décidé de faire, en abolissant les Centres locaux de développement, un élément dans une entreprise systématique de destruction du pouvoir citoyen dont l’ampleur apparaît lorsqu’on additionne les réformes annoncées.
Ces derniers jours, j’étais successivement à Rivière-du-loup, Rimouski, Thetford Mines, Val d’or, Rouyn-Noranda, Québec et Montréal. Partout, mais plus encore en régions, l’effet libéral est reçu avec des parts égales de colère et d’incrédulité.
Le PLQ sème la tempête aux quatre coins du Québec
Et pas seulement dans les milieux péquistes et progressistes. Il faut lire ce qu’a à dire la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda:
« On dirait que le premier ministre Philippe Couillard a décidé d’appliquer le programme électoral de la Coalition avenir Québec en utilisant les méthodes des conservateurs de Stephen Harper, soit le travail en vase clos et la centralisation des pouvoirs. C’est assez, on parle de développement économique des régions, on ne doit pas prendre ça à la légère! Toutes ces manœuvres unilatérales vont mener, petit à petit, à une centralisation des pouvoirs et feront de nous, au nom de l’atteinte de l’équilibre budgétaire, des laissés pour compte », craint le président de la Chambre, Jean-Claude Loranger.
La Chambre de commerce dénonce le manque de transparence du gouvernement libéral qui pourtant, durant les élections, se disait le parti des régions. « D’après ce que l’on entend et que l’on lit de plus en plus dans les médias, le gouvernement dessine ses plans sans consultation. Au mieux, il prend le pouls d’organisations situées dans les grands centres qui à leur tour, ne se donnent pas la peine d’aller valider leurs positions dans les régions. À ma connaissance, nous ne sommes pas des colonisés, nous avons voix au chapitre », souligne le président.
L’association libérale de Gaspé s’est fendue d’un communiqué où on lit ceci:
«C’est bien difficile d’être fier libéral ces jours-ci […]. Si la moitié de ce qu’on entend est vrai, c’est probablement le pire plan de match que le gouvernement pouvait se donner pour développer notre Gaspésie. Nous sommes fortement préoccupés à l’égard des emplois, de l’expertise, des leviers économiques ainsi que des outils de concertation que nous allons perdre».
Faisons la liste:
– Abolition des conférences régionales des élus (CRÉ), qui réunissait les élus et les représentants de la société civile régionaux pour favoriser l’émergence de projets de jeunes entrepreneurs, d’insertion des immigrants, de verdissement, etc;
– Abolition des Centres locaux de développement (CLD et, à Montréal, les CDEC), donc du vaste réseau harnachant les énergies locales pour l’émergence de petites entreprises, d’entreprises d’économie sociale. Les entreprises accompagnées par les CLD ont une résilience deux fois plus fortes que les autres;
– Abolition de la présence gouvernementale régionale en immigration, en éducation et, en certains cas comme en Abitibi, en Culture;
– Abolition des comités d’usager et des Conseils d’administration locaux dans les établissements de santé, réduisant à néant la prise de parole et la prise de décision locale en santé.
– Abolition des Agences régionales de santé où les représentants locaux faisaient des arbitrages et leur remplacement par des mégas structures supra-régionales et le déplacement de 10% des cadres de la santé vers Québec;
– Abolition du modèle des carrefours jeunesse-emploi (CJE) qui ne pourront plus accueillir tous les jeunes dans le besoin pour les conduire vers l’emploi ou les études, mais ne devront répondre qu’à ceux qui sont inscrits à l’aide sociale, ce qui exclura 40 000 des 60 000 jeunes aidés chaque année;
Nous sommes donc en présence d’une énorme régression.
J’étais conseiller de Lucien Bouchard, en 1998, lorsque le gouvernement du Parti québécois a mis sur pied plusieurs de ces lieux de pouvoir décentralisé. J’en étais un partisan actif car la prise de pouvoir sur le développement local (y compris dans les arrondissements des grandes villes) est pour moi une condition essentielle de progrès économique et social. Je crois à l’intelligence collective locale.
Il a fallu plus de 15 ans pour tisser cette toile qui mobilise bonnes volontés, réalisme, esprit collaboratif, leadership partagé. Plus de 15 ans à habituer les maires et les présidents de chambres de commerce à l’idée qu’ils n’étaient pas les seuls décideurs du développement local. Plus de 15 ans à faire une place au caractère pluriel du développement.
En cinq mois, comme surgis des années 50 et d’un épisode de Papa a raison, (ou de Mad Men) les ministres libéraux font table rase de tous ces progrès, mettent au rebut tous ces réseaux, tourne le dos à toute cette bonne volonté mobilisée.
Une déstructuration qui heurte autant Gaspé que les quartiers de Montréal
Avec quel impact ? Pas seulement la grogne, palpable même chez les maires, préfets de Municipalités régionales de comtés et gens d’affaires libéraux qui devaient pourtant bénéficier de la manoeuvre.
Mais l’impact économique réel, sur le développement local, les budgets coupés, les entrepreneurs démobilisés. Mon collègue de Gaspé, Gaétan Lelièvre, l’exprime remarquablement:
« C’est trente ans de concertation et de mobilisation qu’on est en train d’anéantir, les conséquences seront majeures puisqu’on sait fort bien qu’il ne peut y avoir de véritable développement sans qu’il y ait préalablement de la concertation et de la collaboration des intervenants d’un milieu.
La solution libérale, c’est la centralisation des pouvoirs à Québec dans les grandes tours à bureau. On écarte les intervenants des régions de la prise en main de leur développement. C’est du mépris à l’égard de nos leaders locaux et régionaux œuvrant dans l’ensemble des secteurs d’activité. Le mépris du gouvernement Couillard à l’égard de la population des régions, c’est également de transférer 100% des mandats des CLD et des CRÉ au monde municipal avec seulement 50% des budgets alloués historiquement. En Gaspésie, strictement au niveau des coupures dans les organismes de développement local et régional, ce sont plus de 15 millions de dollars annuellement que nous perdrons. Non seulement 15 millions de dollars de moins à la disposition des décideurs locaux et régionaux pour investir dans des dossiers socio-économiques essentiels, mais également plusieurs dizaines d’emplois spécialisés, généralement occupés par des jeunes qui ont choisi de venir ou de revenir en Gaspésie afin de s’y établir. Ce seront malheureusement eux les premiers touchés par ces coupures de poste; on s’attaque à ce qu’on a de plus précieux comme capital de développement d’une région : la jeunesse compétente. C’est triste. »
À Montréal, plus de 600 entrepreneurs ont signé un communiqué affirmant que les outils locaux (CLD et CDEC) avaient joué un rôle clé dans la création et le développement de leur entreprise. C’est le cas d’un entrepreneur en technologie qui était de la mission Couillard en Chine. Extrait:
Parmi les 600 entrepreneurs, M. Benoit L’Archevêque, fondateur de l’entreprise technologique AZZIMOV, affirme que « sans l’accompagnement de la CDEC Centre-Sud / Plateau Mont-Royal, il aurait été impossible de construire mon entreprise ». Ironiquement, M. L’Archevêque accompagnait le premier ministre en Chine lors de sa dernière mission commerciale. Une jeune entrepreneure, Mme Mélissa Harvey, présidente de Zorah Biocosmétiques, soutient la CDEC Centre-Nord dans la reconduction de son mandat CLD : « Depuis plusieurs années, ma CDEC accompagne le démarrage et la consolidation de mon entreprise. Des conseils judicieux et un financement approprié m’ont permis d’être aujourd’hui une leader dans mon domaine ». Pour M. Sébastien Blais-Ouellette, président de Photon etc., « l’appui de la CDEC Rosemont-Petite-Patrie a été déterminant pour le développement de notre entreprise par la mise à disposition d’aides financières, de locaux accessibles et fonctionnels, mais aussi et surtout la création dans le quartier d’un environnement de travail où la créativité se décline sous toutes ses couleurs, autant artistique que technologique ».
Le travail de démantèlement des outils locaux aura, c’est certain, des conséquences néfastes pour la création d’emploi en régions et dans la Métropole. Le bilan économique du gouvernement, déjà désastreux, pourrait encore empirer.
Une conséquence politique
Il y a aussi une conséquence politique. En voulant faire le vide, le PLQ attirer l’attention sur la valeur des outils que le Parti québécois avait construit avec la société civile, donc à la force de proposition du PQ, à sa valeur dans la construction du Québec moderne.
La mobilisation qui s’organise autour de la défense de ces outils s’additionne aux voix qui défendent les Centres de la petite enfance (invention péquiste), le Régime québécois d’assurance parentale (autre invention péquiste), et demain quoi d’autre encore.
Elle s’additionne aussi à l’opposition suscitée par la complicité coupable du gouvernement Couillard avec l’inacceptable projet de pipeline de Transcanada, son oreille trop attentive aux malheureusement increvables sirènes du gaz de schiste, son goût pour l’unilinguisme anglais ou pour des écoles religieuses où Darwin et Molière sont interdits le jour, et supposément enseignés le soir par des parents pourtant créationistes et étrangers au français.
En 2003, la mobilisation avait mis un cran d’arrêt aux projets de réingénierie néo-libérale de Jean Charest.
En 2014, c’est toute la différence québécoise qui est dans la mire du gouvernement Couillard.
C’est toute la différence québécoise qu’il faut défendre, sur toutes les tribunes et dans la rue, jusqu’à ce que Philippe Couillard, comme Jean Charest avant lui, soit contraint de renoncer au saccage.
La Semaine du Député de Rosemont
Semaine du 9 juin
Cette semaine vient clôturer la courte session parlementaire entamée en mai dernier. Voici un résumé de ma semaine à l’Assemblée nationale :
Débat sur le discours du budget
Je suis intervenu au cours du débat sur le budget pour critiquer certains éléments, notamment la diminution de certains crédits d’impôts aux entreprises. En supprimant 20 % de l’ensemble de ces crédits d’impôt, le Québec perd son avantage comparatif pour attirer des entreprises de haute technologie. Le gouvernement Charest a fait la même chose en 2003, ce qui a fait chuter l’investissement en recherche et développement, on a aujourd’hui l’impression de jouer dans le même film. Il est surtout incohérent de sabrer maintenant dans ces crédits d’impôt, alors même qu’une commission sur est mise sur pied pour évaluer la pertinence de chacun programmes fiscaux.
Comme critique pour la Métropole, je juge irresponsable de mettre en péril des milliers d’emplois et de couper l’élan du multimédia et du cinéma dans la région de Montréal, alors qu’aucune étude d’impact n’a été réalisée. On voit bien que le gouvernement fait des calculs économiques à courte vue et manque de vision à long terme. Ce qui me déçoit beaucoup dans ce budget, c’est l’abandon de la politique Priorité emploi que nous avions annoncée l’an dernier. Elle était le fruit d’une consultation avec tous les acteurs économiques, le Conseil du patronat, la Fédération des chambres de commerce et l’Association des manufacturiers et exportateurs. Le gouvernement actuel dit qu’il va tout recommencer. Ce sera dommageable pour l’économie québécoise.
Sur mon blogue, j’ai également reproché au gouvernement l’absence d’une vraie politique industrielle, illustrée notamment par la suppression du programme des « gazelles » qui accompagnait les entreprises à fort potentiel de croissance.
Point de presse sur l’installation de pics anti-itinérants et sur l’action gouvernementale en rapport avec l’itinérance
Devant les médias, j’ai partagé l’indignation du Maire de Montréal et des organismes de défense des itinérants sur l’installation de pics anti-itinérants devant deux commerces montréalais. Ce genre d’initiative individuelle de répression des itinérants peut être évité, en montrant aux commerçant que le gouvernement agit contre le problème de l’itinérance à Montréal. Cependant, ce n’est pas ce qu’on voit avec le refus du gouvernement d’implanter la Politique nationale de lutte à l’itinérance, unanimement acceptée par l’Assemblée nationale sous le gouvernement du Parti Québécois. Cette politique développait un axe sur la cohabitation sociale des lieux et des orientations. Nous proposions de combattre les préjugés, de sensibiliser la population, les intervenants policiers et judiciaires et les commerçants au phénomène d’itinérance en favorisant les interactions entre ces différents acteurs. Mais dans le budget, on ne retrouve aucune somme supplémentaire pour implanter ces nouvelles mesures. J’ai donc demandé au gouvernement de relancer une action concertée et cohérente et d’y allouer les sommes conséquentes, pour faire de la prévention et financer les structures nécessaires en logement et en emploi. La Ministre doit annoncer bientôt le plan d’action qu’elle promet pour montrer aux citoyens que le gouvernement se donne les moyens de lutter contre les problèmes liés à l’itinérance!
Commission des institutions
J’ai été nommé Vice-président de la Commission des institutions qui a tenu sa 1ère séance mercredi. Cette réunion de travail visait à renseigner les membres sur les activités et le fonctionnement de la Commission, procéder à l’organisation de ses travaux et discuter de la possibilité qu’elle se saisisse de mandats
Rencontre avec l’organisme Portage
Mercredi, j’ai rencontré Peter Howlett, le président de Portage, un organisme qui opère plusieurs centres de réadaptation pour toxicomanes. Nous avons discuté d’un de ses centres montréalais, le seul pour adolescents toxicomanes au Québec, qui est menacé de fermeture. Je l’ai assuré de tout mon appui dans le dossier, alors que les discussions avec le Ministère de la Santé et des Services sociaux stagnent.
Examen et adoption du projet de loi concernant l’inspecteur général de la Ville de Montréal et le problème posé pour les dénonciateurs
Voici une récapitulation du cheminement du projet de loi sur l’inspecteur général de la ville de Montréal, depuis son dépôt jusqu’à son adoption:
- 22 mai : présentation de la Loi concernant l’inspecteur général de la Ville de Montréal par le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire.
- 3 juin : adoption du principe (verbatim sur mon blogue). Voilà ce que j’ai dit:
- 4 juin : dépôt des consultations du rapport de la Commission de l’aménagement du territoire.
- 6 juin : dépôt du rapport de la Commission.
- 11 juin : prise en considération du rapport de la Commission par l’Assemblée nationale. Voici mon intervention:
- 12 juin : adoption unanime du projet de loi par l’Assemblée nationale. Voici ma dernière allocution concernant ce projet de loi, juste avant son adoption:
La création de l’inspecteur général est une très bonne nouvelle pour Montréal, elle était commandée par la période de corruption et de collusion qu’a connu la ville. Nous l’avions entamée il y a quelques mois et le nouveau gouvernement l’a poursuivie. Cette loi est le fruit d’un travail transgouvernemental et transpartisan, puisqu’elle a été demandée par le maire de Montréal et puisque tous les partis ont participé à son élaboration. Dans le cadre de la Commission de l’aménagement du territoire, nous avons bonifié le projet de loi grâce à des amendements adoptés de manière consensuelle. Je félicite le Ministre Moreau qui a mené ces discussions dans un climat de dialogue et de coopération.
Cependant, je me suis opposé à une modification importante introduite par le gouvernement qui ne favorise pas la transparence. Dans le projet de loi, un dénonciateur ne peut transmettre à l’inspecteur général des documents concernant la Ville et un organisme publics québécois sur son territoire (école, Commission scolaire, hôpital) ou un député. S’il va à l’encontre de cette interdiction, il est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1000$. Néanmoins, au Parti Québécois, nous sommes satisfaits l’œuvre finale. J’appelle quand même le gouvernement à présenter un projet de loi sur les dénonciateurs le plus tôt possible, pour créer un cadre général de protection des dénonciateurs afin de les encourager à se manifester.
Rencontre avec la Fédération québécoise des centres de réadaptation
Avec ma collègue critique en matière de Santé, Diane Lamarre, nous avons eu l’occasion de rencontrer M. Claude Belley de la Fédération québécoise des centres de réadaptation, qui est inquiet de l’impact que pourraient avoir les restrictions budgétaires sur leur capacité à répondre aux besoins, notamment en prévention, moins coûteuse, pour assurer l’insertion de leurs patients dans la vie active.
Rencontre avec l’ex-ministre français Xavier Bertrand, aspirant candidat de l’UMP pour la présidentielle française
J’ai eu le plaisir de m’entretenir jeudi avec Xavier Bertrand, ancien Ministre du Travail de la Santé français et député de l’Union pour un Mouvement Populaire. Je l’avais rencontré à Paris lorsque j’étais ministre des Relations Internationales.
Nous avons discuté des enjeux politiques du Québec et de la France, ainsi que des défis de nos partis respectifs. Nous avons également échangé sur le concept des élections ouvertes pour le choix d’un chef de parti. M. Bertrand est favorable à cette méthode, qui sera utilisée par l’UMP l’an prochain, et que le Parti québécois envisage pour sa propre course au leadership.
Avis de décès: une vraie politique industrielle pour le Québec
C’est donc officiel. Le gouvernement Couillard a procédé à la mise à mort, en bas âge, de 300 Gazelles, soit des entreprises qui ont un fort potentiel de croissance et qui auraient du profiter d’un programme d’accompagnement ciblé de l’État pour leur donner un élan important, les transformer, donc en « gazelles » de l’économie québécoise.
Comme l’explique le chroniqueur Jean-Philippe Décarie dans « On a coupé les jambes aux Gazelles« , la sélection des entreprises était faite, de façon rigoureuse et indépendante, le premier groupe de cent gazelles pouvait franchir les premiers obstacles dès cette année, jusqu’à ce que le couperet tombe.
La mort des gazelles est l’expression la plus visible de l’abandon, par le gouvernement Couillard, de la politique économique élaborée de concert avec les entreprises l’an dernier par le gouvernement du Parti québécois (transparence totale: j’étais chargé du volet Commerce extérieur) et applaudie par tous lors de sa publication. Politiques imbriquées d’innovation, industrielle, de commerce extérieur et d’électrification des transports. Dans le budget Marceau, elles formaient un tout cohérent. Dans le budget Laetao, il n’en reste que des miettes.
Le Québec se trouve donc, aujourd’hui, sans politique de développement économique, sans effort concerté de rehaussement de la productivité de nos entreprises, qui est pourtant le principal déterminant de notre richesse collective. Voici ce que j’en ai dit, ce mardi, en réplique au discours du budget:
La semaine du député de Rosemont
Semaine du 2 juin 2014
Déclaration soulignant la Semaine québécoise des personnes handicapées
J’ai profité de ma tribune à l’Assemblée nationale pour souligner la 18ème édition de la Semaine québécoise des personnes handicapées. J’ai remercié et salué Martin Deschamps, son porte-parole, ainsi que Stéphane Laporte, porte-parole du Prix À part entière rendant hommage à ceux qui contribuent à accroître la participation sociale des personnes handicapées. J’ai remercié les institutions, organismes et individus qui œuvrent pour améliorer leur quotidien et rendre notre société toujours plus inclusive. Enfin, j’ai tenu à exprimer ma solidarité envers les personnes handicapées au Québec et à souligner leur courage face aux défis qu’ils doivent relever à cause de leur différence.
Examen du projet de loi concernant l’inspecteur général de la Ville de Montréal
À plusieurs reprises cette semaine, j’ai siégé à la Commission de l’aménagement du territoire qui étudie en détail le projet de loi n° 1 sur l’inspecteur général de Montréal. J’ai aussi longuement pris la parole mercredi soir au cours du débat sur l’adoption du principe de ce projet de loi.
J’ai commencé par remettre les pendules à l’heure sur le bilan du gouvernement libéral précédent en matière d’intégrité, notamment à propos de la création de l’UPAC et de la Commission Charbonneau. La première a été créée sous grâce à la pression exercée par les révélations journalistiques très embarrassantes pour l’administration publique dans le domaine de la construction. La seconde a vu le jour seulement parce que M. Duchesneau a agi comme dénonciateur en divulguant le rapport secret qu’il avait écrit pour le Ministre des Transports. En bref, le gouvernement Charest a été contraint et forcé à faire ce qu’il fallait faire pour endiguer la corruption. Enfin, j’ai rappelé qu’à ce jour, le Parti Libéral était le seul parti à avoir été perquisitionné par l’UPAC.
Je suis ensuite revenu sur le bilan du gouvernement du Parti Québécois dans la lutte à la corruption. J’ai rappelé que notre loi n° 1 a obligé les sociétés privées et les firmes d’ingénierie à se transformer de l’intérieur pour recouvrer le droit de faire des affaires avec l’État québécois. De plus, nous avons créé un mécanisme qui permet aux citoyens de faire relever un maire de ses fonctions quand il fait face à des accusations criminelles. Et finalement, nous avons limité les contributions politiques à 100 $ par année pour empêcher tout système de prête-nom.
J’ai tenu à rappeler que le projet de loi n° 1 reprend presque intégralement le projet de loi n° 73 du gouvernement du Parti Québécois. Par conséquent, je ne pouvais que me satisfaire de le voir déposé si rapidement. Tout d’abord, les mandats de l’inspecteur général sont repris à l’identique, il devra surveiller les contrats et leur exécution, recommander des mesures en faveur de l’intégrité et former les intervenants municipaux sur ces questions. Les moyens qui lui sont accordés sont également les mêmes, il pourra investiguer et interroger des personnes morales, donc les entreprises qui ont des liens contractuels avec la ville, mais aussi les sous-contractants.
Cependant, le nouveau gouvernement a introduit une modification importante avec laquelle nous divergeons. Le projet de loi n° 1 ne permet pas à un dénonciateur de transmettre à l’inspecteur général des documents laissant planer des soupçons de fraude concernant la Ville et un organisme public québécois sur son territoire (école, Commission scolaire, hôpital). C’est un problème qui a été souligné par la Commission d’accès à l’information, parce qu’il laisse place à beaucoup d’interprétation et ne favorise pas la transparence. De plus, le projet de loi rend le dénonciateur vulnérable à des sanctions pour une dénonciation de ce type.
J’ai donc soutenu la Commission d’accès à l’information qui a proposé au Ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire d’enlever cette disposition au complet. Cela encouragerait les dénonciateurs et permettra à l’inspecteur général de recevoir le plus d’informations possibles et faire le tri dans celles-ci. Enfin, cela montrerait que le gouvernement fait confiance à la Ville de Montréal pour lutter contre la corruption sur son territoire.
Vous pouvez lire sur mon blogue le verbatim de mon intervention.
La Commission a finalement complété jeudi soir l’étude détaillée du projet de loi n° 1 et je pense que l’ensemble de l’œuvre est à la hauteur de notre volonté collective de doter la métropole de cette institution qu’elle a réclamée, même si nous aurions préféré une meilleure protection des dénonciateurs. Le débat continuera la semaine prochaine en chambre et j’espère que le Ministre prendra en compte nos critiques et nos suggestions.
Réactions aux mesures budgétaires touchant le financement des organismes communautaires et la lutte à l’itinérance
Tout d’abord, j’ai eu l’occasion de réagir au budget 2014-2015 révélé mercredi, en questionnant le gouvernement sur les engagements qu’il avait pris en matière de services sociaux et qu’il n’a pas tenus. J’ai demandé au gouvernement pourquoi il n’avait pas prévu d’augmenter le financement des organismes communautaires et de la lutte à l’itinérance comme il s’était engagé à le faire. Je lui ai demandé pourquoi il avait finalement imposé un cran d’arrêt à l’espoir de faire reculer l’itinérance au Québec. Visiblement, pour les itinérants et les organismes communautaires, les années libérales seront des années de plomb, à cause d’un manque de volonté politique.
J’ai également publié un communiqué sur le sujet, dans lequel je constate que le gouvernement a déçu les attentes des organismes communautaires et de la Ville de Montréal. En effet, en refusant d’investir les 80 millions nécessaires pour faire reculer l’itinérance et soutenir les Québécois les plus fragiles, il rejette les propositions modestes, mais consensuelles qui auraient amélioré leur sort dès cette année. De plus, le gouvernement a annoncé 250 logements en moins pour la lutte à l’itinérance par rapport à l’objectif qu’avait fixé le Parti Québécois. La Politique nationale de lutte à l’itinérance que nous avions annoncée est pour ainsi dire abandonnée. Pour nous, ce cran d’arrêt est contreproductif, car les sommes économisées aujourd’hui dans la prévention se traduiront par des dépenses beaucoup plus considérables dans la gestion de l’augmentation de l’itinérance et de la pauvreté. Enfin, j’ai voulu préciser que l’investissement de 8 millions annoncé pour les organismes communautaires était déjà prévu par le plan d’action libéral de 2010 et ne répond en rien aux objectifs identifiés par tous les intervenants du milieu.
Conférence Régionale des Élus de Montréal
J’ai siégé au Conseil d’administration de la Conférence Régionale des Élus de Montréal vendredi. La CRÉ montréalaise est une instance de concertation regroupant les élus municipaux et provinciaux ainsi que des représentants socioéconomiques. Elle a le mandat de favoriser de développement régional de Montréal en initiant des projets innovants et en conseillant le gouvernement sur les questions montréalaises.
Rencontre du Parti québécois à Drummondville
Finalement ce samedi j’étais à Drummondville pour la Conférence des présidentes et présidents de circonscription. Un très bel hommage a été rendu à Pauline Marois, dont c’était le dernier jour comme chef du Parti.
Dans la journée, les délégués ont débattu et adopté une importante résolution demandant l’étude de tous les scénarios en vue de la course au leadership, y compris celle d’une élection ouverte aux électeurs, comme il en est question ici.
C’est une excellente nouvelle. Le premier grand débat du PQ depuis la défaite pose la question essentielle: celle de sa reconnexion avec l’électorat. Ce 7 juin était une très bonne journée pour le Parti québécois et pour son avenir.
L’inspecteur général de Montréal et le chemin de l’intégrité
Nous débattons en ce moment à Québec du Projet de loi créant l’Inspecteur général de Montréal. C’est un outil de plus dans l’effort colossal que mène le Québec de se dégager d’une période de corruption qui l’a profondément miné ces dernières années.
Tous les partis, à l’Assemblée, souhaitent voter pour cet Inspecteur, même si nous avons des divergences avec le gouvernement libéral sur la latitude qui doit être laissée aux dénonciateurs pour aider l’Inspecteur dans son travail. (Nous disons: davantage. Ils disent: ça dépend !)
Au moment où je devais présenter mes arguments en faveur du Projet, j’ai entendu le ministre responsable, Pierre Moreau, tenter de faire l’histoire récente de la lutte pour l’intégrité comme une grande œuvre commune, « transpartisane », où chaque parti en avait fait autant, aussi vite, aussi bien. J’ai cru bon de rétablir les faits. Car si la transpartisanerie est une belle et bonne chose, la vérité a ses droits.
Voici le verbatim de mon intervention:
C’est assez intéressant parce que c’est le projet de loi n° 1 du gouvernement de la 41e législature qui était un projet de loi du gouvernement de la 40e législature, le gouvernement du Parti québécois. C’est un projet de loi qui est venu à la fois lentement et vite; lentement, parce que ça a été le dernier projet de loi que le gouvernement du Parti québécois a déposé, le dernier d’une liste assez longue de changements importants pour redonner au Québec une intégrité qui était chancelante; vite, parce que nous avions 100 jours pour le faire, 100 jours, parce que le maire de Montréal a été élu début novembre. C’était son engagement de faire en sorte que, dans les 100 jours, son premier engagement de réalisation était celui d’un inspecteur général. Et donc, entre début novembre et le 12 février, alors même qu’il y avait un arrêt pour Noël, les ministres, les ministères, les sous-ministres, les légistes ont travaillé de concert avec la ville de Montréal pour produire un projet de loi qui était à la satisfaction de la ville de Montréal. Et d’ailleurs, le jour même où le projet de loi a été déposé, le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé la désignation de Me Denis Gallant comme inspecteur général désigné, et l’inspecteur général s’en disait satisfait.
Je reviendrai tout à l’heure sur les modifications qui ont été apportées et les débats que ça a suscités et je vais le faire dans un préambule que je vais faire plus long que je ne le pensais parce que j’ai entendu le ministre parler de la continuité de l’action de cette Assemblée sur les questions d’intégrité. Et je veux bien que, dans la plupart des cas, nous soyons majoritaires ou unanimes à vouloir faire avancer le bien commun, mais j’entends, chez le ministre et chez certains de ses collègues, parfois une volonté de réécriture de l’histoire récente du Québec sur le thème de l’intégrité, qui prend trop de liberté avec la vérité pour être laissée sans commentaire.
S’il est vrai qu’à partir de 2009 le gouvernement de la législature précédente a déposé un certain nombre de projets de loi qui étaient des améliorations sur la situation antérieure, il serait particulièrement hasardeux de dire que ça a été fait assez rapidement et dans l’enthousiasme pour endiguer le fléau qui commençait à se faire envahissant dans la société québécoise, privée et publique. C’est d’autant intéressant d’essayer de faire ce lavage a posteriori de l’action des gouvernements libéraux qui nous ont précédés qu’aujourd’hui même, au moment où nous avons cette discussion, M. le Président, nous apprenons que, pour la première fois… enfin, pour la deuxième fois de l’histoire récente du Québec, le quartier général d’un parti politique est l’objet d’une perquisition de l’Unité permanente anticorruption dans le but de déposer des accusations criminelles. Voilà pourquoi cette perquisition-là… Est-ce que c’est le parti des députés indépendants qui a subi cette deuxième perquisition en deux ans? Non. Est-ce que c’est le parti de la deuxième opposition, la CAQ? Non. Est-ce que c’est le Parti québécois? Non. C’est le Parti libéral du Québec qui a vu son quartier général intégré par les gens de l’UPAC qui cherchent des preuves pour monter pour le Procureur général du Québec un dossier criminel pour des cas de collusion. Nous verrons, l’UPAC fera son travail. Mais un journaliste québécois spécialisé en ces questions, Brian Myles, écrivait il y a deux mois qu’il n’y a qu’un parti politique au Québec aujourd’hui qui est l’objet d’enquêtes criminelles. Il n’y en a qu’un. Il n’y en a qu’un.
Alors, c’est vrai, lorsqu’on regarde la série de projets de loi qui ont conduit à l’étude d’aujourd’hui du projet de loi n° 1, il y a un certain nombre de changements qui ont été faits.
Alors, le ministre dit : En 2009, nous avons créé l’UPAC. C’est vrai, et on l’en félicite, d’avoir créé l’UPAC. On sait cependant, grâce à la commission Charbonneau, que, depuis 2004, il y avait des dénonciations précises avec des noms, et des faits, et des chiffres qui avaient été portés à la connaissance de membres du gouvernement et que rien n’avait été fait. On sait que, depuis 2008, une députée de ce qui est maintenant la CAQ avait commencé à demander une commission d’enquête, que le Parti québécois l’avait fait et que les journalistes québécois avaient mis au jour presque chaque semaine un certain nombre de situations extraordinairement embarrassantes qui auraient réclamé une action rapide, et cette action rapide n’est pas venue avant la création de Marteau, effectivement, en 2009.
Que s’est-il passé ensuite? Bien, ensuite, on a eu 40 %, 60 %, 75 %, 80 % de la population québécoise qui ont réclamé une commission d’enquête sur la corruption au sein de l’industrie de la construction, et faisaient partie de ça des chambres de commerce, le Barreau, les ingénieurs et, jusqu’à un moment, M. le Président, la FTQ-Construction. La FTQ-Construction avait cédé à la pression populaire et avait réclamé une commission d’enquête. Et, pendant ce temps, le gouvernement de la 40e… de la 39e législature, donc le gouvernement du Parti libéral, disait que non seulement c’était une mauvaise idée, mais c’était ce que les fraudeurs voulaient. C’est ce qu’on entendait : Les fraudeurs veulent une commission d’enquête parce qu’ils veulent que la preuve soit détruite, c’est ce qu’ils disaient, et que donc il n’en fallait pas et il n’en fallait pas, en principe. C’est ce que le ministre est allé défendre d’ailleurs à Tout le monde en parle. Récemment, il y a eu les meilleurs moments des 10 dernières années. J’étais content pour lui que son moment n’ait pas été choisi. Mais un moment du premier ministre Charest qui expliquait pourquoi il ne fallait pas de commission d’enquête sur l’industrie de la construction a été choisi parmi les meilleurs moments des 10 dernières années parce que, jour après jour, dans cette Assemblée, le gouvernement du Parti libéral disait qu’il n’en fallait pas.
Ensuite, il a dit qu’il n’en fallait pas tout de suite. Il y avait un moment, un glissement. Il n’en fallait pas tout de suite parce qu’il fallait laisser le temps à l’UPAC de construire sa preuve.
Alors, que s’est-il passé pour que finalement le gouvernement Charest accepte la tenue de cette commission? Est-ce qu’un jour, après une délibération de caucus du Conseil des ministres, ils se sont dit : Finalement, l’ADQ avait raison, le Parti québécois avait raison, 80 % des Québécois ont raison, il faut y aller.
Ce n’est pas comme ça que ça s’est produit, M. le Président, et il faut le rappeler. Ce qui s’est produit, c’est qu’une personnalité qui s’appelait Jacques Duchesneau avait été embauchée par le ministre des Transports de l’époque pour créer… qui est ici encore aujourd’hui et qui doit s’en souvenir, qui a été créé pour faire une enquête sur le fonctionnement interne du ministère des Transports dans la délivrance des contrats pour voir s’il n’y avait pas un peu de fligne-flagne à l’intérieur de ça.
Alors, M. Duchesneau, qui est un homme qui a beaucoup d’initiative et d’ambition, a décidé de ratisser large. Il a produit un rapport qui était dévastateur. Et il était secret, ce rapport, M. le Président, il était secret. Et, lorsque M. Duchesneau a remis son rapport au ministre de l’époque, qui est maintenant ministre du Travail, selon le témoignage de M. Duchesneau, le ministre de l’époque a refusé même de le prendre dans ses mains, comme si les empreintes digitales allaient conduire à une enquête quelconque. Et ensuite le premier ministre, M. Charest, a dit qu’il ne l’avait pas lu et peut-être qu’il ne le lirait pas. Et qu’a fait M. Duchesneau à ce moment-là? Il est devenu — et on va en parler tout à l’heure dans le cadre de ce projet de loi — il est devenu un dénonciateur. Il est devenu un dénonciateur. Il a pris ce rapport que le ministre ne voulait pas toucher et que le premier ministre affirmait ne pas vouloir lire et il l’a remis à un journaliste de Radio-Canada. Il a ensuite confirmé à la commission Charbonneau qu’il avait posé ce geste, un document qui appartenait à l’État, un document qui serait couvert par la loi d’accès à l’information et dont on dirait qu’il ne devrait pas être rendu public, à moins que le gouvernement décide de ne le faire. Mais de toute évidence le gouvernement ne voulait pas le rendre public.
Alors, il a pris sur lui de donner le document, et là c’est devenu une énorme affaire, et, parce que c’est devenu une énorme affaire, le gouvernement Charest s’est dit : Bon, nous n’aurons plus le choix que de créer la commission Charbonneau.
Il faut se le dire aujourd’hui, si Jacques Duchesneau n’avait pas désobéi en coulant le rapport, jamais la commission Charbonneau n’aurait été créée par le gouvernement Charest. Mais ça ne suffisait pas parce que, dans un premier temps, M. Charest a continué à résister à l’idée de créer une vraie commission. Il a dit : Ça sera une commission, mais elle sera peut-être à huis clos complètement. D’ailleurs, j’étais peiné qu’à l’époque le chef de la deuxième opposition était d’accord avec cette idée de huis clos. Bon, il a droit à l’erreur. Et ensuite le premier ministre a dit : Bien, ça sera à huis clos, mais peut-être pas à huis clos complètement, mais il n’aura pas les pouvoirs d’enquête d’une commission d’enquête, toujours avec cette idée qu’il ne faut pas détruire la preuve. C’était le prétexte. Et là on a assisté à un moment intéressant où, au début d’un congrès du Parti libéral du Québec, le ministre de la Justice, je crois, de l’époque donne un point de presse en disant : Il n’est pas question qu’ils aient des pouvoirs d’enquête, cette commission. D’ailleurs, Mme Charbonneau avait déjà été désignée. Et, moins d’une heure après, dans son discours d’ouverture, le premier ministre affirme : Bien, non, finalement, il va y avoir des pouvoirs d’enquête. Et mon collègue, critique, à l’époque, avait dit que c’était une patente à quelque chose que je ne répéterai pas. Et donc l’argument avait porté, mais peut-être qu’il y a d’autres arguments qui ont porté.
Je vous dis ça simplement pour vous dire que, lorsqu’on essaie de nous décrire aujourd’hui le sursaut québécois pour l’intégrité et contre la corruption comme ce grand fleuve tranquille de la prise de conscience de tous les élus de cette Assemblée, sans distinction, en faveur d’un renforcement de nos anticorps d’intégrité, ce n’est pas la réalité. Il y a un gouvernement, le gouvernement Charest, qui a été contraint et forcé, à chaque étape de son travail, à faire, à reculons et le moins possible, jusqu’au dernier moment, ce qu’il fallait faire pour endiguer la corruption. Et, si on se demande pourquoi, on ne le sait pas, mais on sait qu’aujourd’hui les policiers sont au quartier général de ce parti et dans aucun des autres partis représentés à cette Assemblée.
Alors, lorsque le gouvernement du Parti québécois est arrivé au pouvoir, il a décidé de faire voter une loi n° 1 parce qu’un projet de loi n° 1, ça donne le ton et ça dit : Quelle est la priorité absolue et comment faut-il s’engager dans la réforme prioritaire?
Le projet de loi n° 1 du Parti québécois n’était pas emprunté au parti qui l’avait précédé, il a été inventé de toutes pièces pour résoudre un problème majeur. Lorsque nous sommes arrivés, en septembre 2012, les municipalités québécoises étaient prises dans un dilemme éthique cornélien, ils avaient l’obligation légale, compte tenu du cadre légal qui avait été laissé par le gouvernement précédent, ils avaient l’obligation légale de signer et respecter des contrats avec des entreprises dont les noms étaient constamment cités comme étant des potentiels fraudeurs, et ils n’avaient aucune mesure législative à leur disposition pour refuser de le faire, et, ce faisant, ils étaient évidemment des cibles de l’opprobre journalistique populaire et de leurs oppositions municipales. Et donc ce sont des officiers municipaux extrêmement pris d’un désarroi auxquels nous avons dû dire : La première chose que nous allons faire, c’est donner un cadre réglementaire et législatif, législatif d’abord, qui va faire en sorte que vous n’aurez d’obligation que d’avoir des contrats avec des entreprises dont la probité aura été vérifiée. Et c’est ainsi que nous avons créé, avec l’Autorité des marchés financiers, ce mécanisme de vérification de la probité.
Alors, ça, c’était une loi révolutionnaire. Jamais on n’avait fait autant aussi rapidement pour obliger la probité dans l’ensemble des contrats publics non seulement de la ville de Montréal, mais de l’ensemble des organismes publics québécois sur le territoire. C’était énorme, c’était essentiel et ça a fait en sorte que, 18 mois plus tard, nous ne sommes plus dans le même contexte. Nous avons libéré les municipalités de ce dilemme éthique dans lequel elles avaient été plongées et nous avons provoqué, à l’intérieur des sociétés québécoises, des sociétés privées, des sociétés d’ingénierie, de certains géants, comme SNC, Dessau et d’autres, une obligation de se transformer de l’intérieur pour recouvrer le droit de faire des affaires avec l’État québécois. Nous avons tenu tête à ces géants. Nous avons fait en sorte que, ces grandes sociétés qui, semble-t-il, faisaient la loi dans un certain nombre de municipalités et ailleurs, on leur a dit : Pendant un an ou pendant le temps que ça prendra, vous n’aurez pas de contrat public jusqu’à ce que l’Autorité des marchés financiers soit satisfaite, que la culture de l’intégrité a pris racine chez vous. Il fallait du cran, du courage et de la ténacité, et maintenant ça a été fait.
Ce qui s’est passé aussi pendant ces 18 mois, c’est que des anecdotes comme celles que nous avions entendues précédemment, que des filatures de la SQ étaient interrompues parce que se rapprochant trop du pouvoir, n’ont plus jamais été entendues, n’ont plus jamais été entendues. Et les filatures se sont rendues jusqu’à des maires, dont le maire de Laval, dont un ancien membre de cette Assemblée, ancien ministre du gouvernement Charest, M. Mulcair, avait dit qu’il était protégé par le premier ministre Charest. Eh bien, M. le maire de Laval Gilles Vaillancourt n’a plus été protégé par personne. Aujourd’hui, il doit subir un procès pour gangstérisme.
Voilà ce qui s’est produit pendant ces 18 mois. Nous avons également fait en sorte qu’un maire qui était sous une accusation criminelle de fraude reliée à son activité professionnelle, qui, lorsque nous sommes arrivés, pouvait rester maire ad vitam aeternam ou jusqu’à sa prochaine échéance électorale… nous avons fait en sorte de créer un mécanisme qui permettait aux citoyens de faire relever ce maire de ses fonctions. Et le simple fait que nous ayons adopté cette loi avec l’appui du parti de l’opposition à l’époque, qui est maintenant au gouvernement, et du deuxième groupe d’opposition a fait en sorte de faire déguerpir au moins deux de ces maires qui ne voulaient pas subir ce nouveau mécanisme. La transformation que nous avons faite, que nous avons accomplie dans le financement des partis politiques — et là je souligne que le gouvernement précédent avait fait un premier pas en faisant passer de 3 000 $ par personne à 1 000 $ par personne la contribution autorisée — il nous semblait que ça ne suffisait pas pour casser complètement le système des prête-noms. Ça l’affaiblissait, ça l’affaiblissait. Mais 1 000 $ par personne, pour des gens qui organisent des prête-noms à temps plein, ça fait encore beaucoup d’argent. Il nous semblait qu’à 100 $ par personne ce… On ne voulait pas affaiblir le système des prête-noms, nous voulions le terrasser.
Et j’étais heureux d’entendre le premier ministre, aujourd’hui, saluer cette mesure comme étant excellente, cette mesure qui a été originaire de mon collègue de Marie-Victorin, qui était ministre des Institutions démocratiques et qui, maintenant, est salué et applaudi par le premier ministre du Québec. Je pense que c’était la bonne chose à faire. C’est nous qui l’avons faite.
Il y a des choses qu’on aurait voulu faire également, que nous n’avons pas pu faire complètement, sur la question des députés qui quittent en début de mandat et qui ramassent leur pactole. L’opposition libérale de l’époque ne voulait pas le faire, mais il y a eu une série de lois, y compris de moralisations de la vie politique municipale, qui a fait en sorte, là, dans une zone de non-droit, où rien n’avait été fait ni par le gouvernement précédent ni par les gouvernements précédents dont nous avions la charge… Et là, encore une fois, unanimement, nous avons fait en sorte que cette réduction de la contribution individuelle au financement des partis municipaux soit de beaucoup réduite pour faire en sorte, là, de faire reculer les experts des élections clés en main qui ont maintenant la tâche beaucoup plus difficile.
Donc, voilà, et j’en oublie, une partie du foisonnement de lois qui ont été adoptées par le gouvernement du Parti québécois, pas sous la contrainte, pas à reculons, pas au dernier moment possible, mais dans la volonté, l’enthousiasme et l’efficacité. Et on ne peut que saluer le gouvernement actuel qui… dont les députés d’opposition ont participé à l’élaboration de ces lois et ont voté plusieurs de ces lois unanimement.
Alors, le projet de loi n° 1, on y vient, était un peu un genre de… l’enfant municipal de cet énorme travail québécois de moralisation de la vie politique et économique. Le maire de Montréal, le candidat Denis Coderre, a dit : Non seulement ce travail est important, mais nous voulons faire en sorte que, dans l’épicentre de la corruption québécoise, qui a été Montréal, il y ait, en plus de l’UPAC, en plus de la commission Charbonneau, en plus de la loi n° 1, un haut fonctionnaire, un inspecteur général désigné au deux tiers par le conseil municipal dont ce sera la tâche de surveiller l’octroi des contrats, de surveiller la culture d’intégrité de la ville de Montréal et de faire en sorte de rester toujours un pas devant les fraudeurs.
Les fraudeurs, ils sont d’une grande créativité. C’est un peu le côté obscur de la créativité. Et je crois que, de part et d’autre de cette Chambre, nous sommes d’accord pour dire que dans le passé nous avons fait des grands efforts de moralisation avec la commission Cliche et avant, même sous le jeune Jean Drapeau, mais que le relâchement de l’effort entre ces grands moments ne fait que permettre aux fraudeurs de créer de nouvelles façons de contourner nos règles et que l’action, elle doit être permanente. Et donc notre action sera permanente au niveau québécois avec l’UPAC et notre action sera permanente au niveau municipal grâce à ce projet de loi qui a été présenté par notre gouvernement et qui est à nouveau présenté par le gouvernement de l’actuelle législature.
Alors, qu’est-ce qu’il fera, cet inspecteur général? Alors, effectivement, à l’identique le ministre a repris ce qui avait été préparé par ses prédécesseurs, l’inspecteur général a pour mandat de surveiller les processus de passation des contrats et l’exécution de ceux-ci par la ville ou par une personne morale visée au paragraphe précité. L’inspecteur général recommande au conseil toute mesure visant à prévenir les manquements à l’intégrité dans le cadre de la passation des contrats par la ville ou dans le cadre de leur exécution. L’inspecteur général a également pour mandat de former les membres des conseils de même que les fonctionnaires et employés afin qu’ils reconnaissent et préviennent les manquements à l’intégrité et aux règles applicables.
Alors, le ministre a raison de noter que ce projet de loi renferme du droit nouveau, du droit qui n’existait ni au Québec ni, à notre connaissance, ailleurs au Canada. De faire en sorte de donner à une instance municipale un pouvoir de cette nature est un progrès notable qui est à la hauteur de la difficulté que nous avons connue dans la ville de Montréal, qui est à la hauteur de la volonté du maire de Montréal et des électeurs de Montréal. Et d’ailleurs je pense que c’est un pas, que nous voulions franchir lorsque nous étions au gouvernement et que le gouvernement actuel veut franchir, vers un réel statut de métropole pour Montréal. Et, là encore, je veux saluer effectivement les mots du premier ministre, lorsqu’il a donné ces tâches au ministre des Affaires municipales et de la Métropole, proposant de travailler, et ce sera une oeuvre importante que le ministre nous présentera d’ici à la fin de l’année, j’espère, de faire en sorte de doter la métropole d’un réel statut, comme ce sera le cas aussi pour la ville de Québec. C’est important parce que, de part et d’autre, dans la décennie 90, ce statut n’avait pas été, disons, philosophiquement intégré aux actions du gouvernement du Québec face à la métropole. Et je suis heureux de voir que, cette année, du côté du Parti libéral comme du Parti québécois, il y a une révolution culturelle sur la volonté de donner ce statut.
Alors, cet inspecteur général est un peu la bande-annonce de ce qui pourra arriver par la suite dans d’autres champs d’activité de la métropole. On a hâte de voir le film. On a hâte de voir le film. Et nous allons y travailler ensemble. Et j’offre toute ma collaboration au ministre sur ce qui est à faire.
Alors, le ministre avait raison de noter tout à l’heure que ce qui est extraordinaire dans ce projet, et il a repris ces parties à l’identique avec ce que nous avions proposé, c’est que non seulement l’inspecteur général peut obtenir des informations à l’intérieur de la fonction publique municipale, il peut interroger, lire les documents, regarder les ordinateurs. Il peut le faire auprès des personnes morales, dont des entreprises qui ont des liens contractuels avec la ville, et ensuite il peut aller aux sous-contractants. Ça a été tout un débat, ça, à savoir : Est-ce qu’il peut aller aux sous-contractants? Eh bien, notre volonté et celle du gouvernement actuel, c’est : oui, il devrait aller aux sous-contractants, parce qu’une partie des mauvaises pratiques sont souvent là, entre le rapport entre le contractant et le sous-contractant. Mais il y a un endroit où il ne peut pas aller directement, ce sont des organismes publics du Québec sur le territoire de la ville de Montréal. Et c’est là où nous avons une divergence, le ministre et l’opposition officielle, sur une modification que le ministre a introduite dans le projet de loi. Et c’est là où il n’a pas continué à reprendre le projet de loi précédent à l’identique.
Dans une longue section, qui est 57.1.13, le nouveau projet de loi a sans doute une intention, qui est tout à fait honorable, de dire : Bon, il y aura des dénonciateurs. Il y aura des gens qui voudront dire à l’inspecteur général : Bien, il y a un certain nombre de situations troubles que je veux porter à votre attention parce qu’il me semble que ce sont de mauvaises pratiques, et il est même possible qu’il y ait de l’illégalité là-dedans. Alors, évidemment, nous savons qu’il y a deux fonctions importantes. Il y a l’inspecteur général, qui s’occupe de la probité des contrats, mais qui ne s’occupe pas de chercher des crimes ou de faire des recommandations au Procureur général sur des crimes. Alors, on lui dit : Écoutez, dès que vous voyez un crime dans ces documents, dans vos enquêtes, vous l’envoyez à l’UPAC.
C’est très bien, l’inspecteur général est d’accord, l’UPAC est d’accord, mais il est certain que des dénonciateurs vont constamment attirer l’attention de l’inspecteur général en lui disant : Bon, bien, voici ce qui est en train de se passer dans tel arrondissement, ou avec tel contrat, ou avec tel sous-contractant. Ou peut-être un dénonciateur qui travaille pour le contractant ou qui travaille pour le sous-contractant, il ne va pas seulement dire à l’inspecteur général : Hum! il ne semble pas y avoir une culture de l’intégrité suffisamment forte ici, il va vouloir dénoncer — le nom l’indique — une situation qui lui semble louche et peut-être illégale. Et là ce sera à l’inspecteur général de faire le tri en disant : Bien, voici une situation louche, voici une mauvaise pratique, voici quelque chose qu’on doit corriger ou prévenir — parce que la prévention fait partie de son mandat — ou voici quelque chose où il me semble qu’il y a un crime qui a eu lieu ou qui est en train de se trafiquer, et, donc, je vais en aviser l’UPAC.
Mais le ministre s’est dit : Très bien, mais il ne faudrait quand même pas que le dénonciateur puisse envoyer des documents qui sont protégés par d’autres lois québécoises. Les discussions au Conseil des ministres, les avis, les avis juridiques, par exemple, bien, s’il y a un dénonciateur qui l’a, il ne devrait pas l’envoyer, n’est-ce pas?
Alors, tous les avis juridiques doivent être protégés, nous sommes d’accord, nous sommes d’accord, protégés dans tous les cas. Mais on sait que, dans d’autres cas, lorsque ce… Bien, on dit : Bon, bien, très bien, je pense qu’on pourrait, effectivement, protéger nommément un certain nombre de ces documents qui ne sont pas du ressort de l’inspecteur général. Remarquez, il pourrait très bien y avoir un dénonciateur qui travaille pour une institution fédérale à la ville de Montréal, et qui a accès à des documents émanant du Conseil privé, et qui déciderait de les envoyer. Bien, la loi, ici, qui est une loi québécoise, ne protège pas le gouvernement fédéral ni le gouvernement américain. Dans ce cas-ci, on dit : Bien là, c’est nos affaires, on va s’en occuper. Très bien.
Mais c’est comme si… Bon, on dit : Très bien pour ces documents. Mais qu’en est-il d’un organisme public qui est sur le territoire de la ville de Montréal — donc une école, une commission scolaire, un hôpital — qui transige avec la ville, avec ses contractants ou ses sous-contractants et où un dénonciateur verrait quelque chose de louche? On lui dit : Bien, si c’est louche, qu’il l’envoie à l’UPAC. Bien, c’est vrai dans les autres cas aussi, c’est vrai dans tous les cas, mais le ministre a décidé de dire au dénonciateur dans cet article qu’il ne devrait, en aucun cas, envoyer à l’inspecteur général des documents émanant d’organismes publics, donc une école, un hôpital, une commission scolaire qui est sur le territoire de Montréal, sauf dans les cas où… si on avait demandé à l’organisme ce document, et l’organisme aurait décidé de le donner. Alors, le dénonciateur doit se mettre dans la tête : Bon, si on avait fait une demande d’accès à l’information…
Bon, prenez un exemple concret, le CUSM. Alors, supposons qu’il y a un dénonciateur au CUSM. Et le CUSM a toutes sortes de transactions avec la ville, il y a des aqueducs, il y a des rues, il y a toutes sortes de choses, et lui, il voit quelque chose de louche. Alors, il se dit : Bon, il y a quelque chose de louche entre le CUSM et la ville, je vais l’envoyer à l’inspecteur général. On nous répond : Il devrait l’envoyer à l’UPAC. Bien, c’est vrai dans tous les cas, mais lui, il ne sait pas, il a confiance en l’inspecteur général, il l’envoie à l’inspecteur général. Mais, s’il regarde le projet de loi tel que modifié par le gouvernement actuel, bon, il dit : Ah! attention, attention, cher dénonciateur, il ne faudrait pas envoyer à l’inspecteur général un document couvert par la loi d’accès à l’information et un document que l’organisme, le CUSM, n’aurait pas voulu donner. Le dénonciateur dit : Ah bon! je vais être sanctionné si je fais ça. Pourquoi? Pourquoi? Nous n’avions pas intégré cette disposition, nous avions laissé le dénonciateur faire son travail et laissé l’inspecteur général faire le tri. Parce qu’il va faire du tri. Et c’est un officier de l’État, il ne va pas divulguer des informations qu’il ne doit pas divulguer, il va faire constamment le tri.
Mais là c’est comme si le gouvernement du Québec actuel veut dire : Non, non, nous, on va faire le tri pour le dénonciateur. Je me demande pourquoi, et la Commission d’accès à l’information se demande pourquoi aussi. On l’a entendue aujourd’hui, et la commission a écrit dans son mémoire : «L’article 57.1.13 — que je viens de citer — tel que rédigé, érige en principe de confidentialité des exceptions à la loi d’accès à l’information.» On dit : Bien, donnez de l’information, sauf… Et là la Commission d’accès à l’information dit : «Bien, dans le projet de loi tel que rédigé, ces exceptions sont érigées en principe de confidentialité. Une telle référence, en plus de poser des difficultés d’interprétation et d’application, n’est pas de nature à favoriser une culture de transparence.» C’est ce que la Commission d’accès à l’information dit de la modification introduite par le gouvernement actuel au projet de loi que nous avions déposé.
Et, d’ailleurs, il dit donc… Ce que le projet de loi actuel demande au dénonciateur, c’est de se mettre dans la tête de celui qui est normalement le responsable de l’accès aux documents d’un organisme public, une personne compétente pour faire cette évaluation, et de faire cette évaluation comme s’il était spécialiste de ce qu’on doit donner et ce qu’on ne doit pas donner. Donc, il y a un fardeau qu’on fait subir au dénonciateur dans ce cas-là, mais pas dans le cas d’un dénonciateur qui travaille pour la ville de Montréal, son arrondissement, ses organismes parapublics, ses contractants ou ses sous-contractants. On est plus dur, c’est comme s’il y avait une clause CUSM. On veut protéger les organismes publics québécois sur la ville de Montréal en donnant au dénonciateur des balises plus strictes que celles des autres.
Maintenant, il y a un autre cas intéressant, c’est le bureau du député. Il y a des députés à Montréal, M. le Président, il y en a un certain nombre. Dans l’immense majorité des cas, ce sont des gens d’une honnêteté absolue, mais il est arrivé un cas récent où un député a non seulement été accusé, mais a plaidé coupable de fraude. Donc, il pourrait arriver, dans l’hypothèse, qu’il y ait un député qui soit coupable de fraude. Encore une fois, pas de ce côté-ci de la Chambre, mais on n’a pas à nommer de nom, dont les initiales sont TT, ça suffira. Alors, ça peut arriver. Alors, évidemment, le député, il est protégé, les documents du député sont protégés. Si quelqu’un demande au député : Donnez-moi vos documents, le député peut dire : Bien, non, c’est protégé. Et on comprend ça, et notre règlement protège le député. Mais là il s’agit du dénonciateur ou de la dénonciatrice qui, peut-être dans le cadre de ses fonctions, voit passer des documents d’un député qui est en train de manigancer peut-être une fraude — il devrait appeler l’UPAC — ou peut-être juste une mauvaise pratique, une mauvaise pratique dans l’octroi d’un contrat qui concerne un contracteur de ses amis, qui concerne un contracteur de sa circonscription et la ville. Il faut que ça concerne la ville, on est tous d’accord. Si ça ne concerne pas la ville, il ne faut pas l’envoyer à l’inspecteur général. Et, le dénonciateur a un document de député, il aimerait l’envoyer à l’inspecteur général. Là, c’est écrit dans la loi qu’il ne doit pas le faire. Pourquoi c’est écrit dans la loi qu’il ne doit pas le faire et qu’il se rend vulnérable à des sanctions?
Alors, la Commission d’accès à l’information propose au ministre — et j’aimerais que le ministre y réfléchisse — d’enlever cette disposition au complet et de simplement dire au dénonciateur : En ce qui concerne les organismes publics, vous savez, il est interdit de donner des documents privés, des documents individuels, des documents personnels. Par exemple, le dossier santé, il serait interdit de donner le dossier santé, un dossier fiscal, des trucs comme ça, et là vous auriez des sanctions. Mais, si vous trouvez un document d’un organisme public dont vous pensez qu’il est pertinent ou nécessaire au travail de l’inspecteur général, envoyez-le, et vous ne serez pas soumis à des représailles. Je pense que, si ce que nous voulons, c’est d’aider la transparence et c’est de prendre au mot le premier ministre, qui a promis le gouvernement québécois le plus transparent de tous les temps… je ne sais pas pourquoi on introduit dans un projet de loi qui fait culminer le travail de quelques années pour rendre le Québec plus transparent, la corruption plus difficile, la fraude plus difficile… je ne sais pas pourquoi on compliquerait le travail du dénonciateur et qu’on restreindrait les documents reçus par l’inspecteur général dans ce cas-là particulier, celui des organismes publics, alors qu’on est beaucoup plus — je vais utiliser le mot — libéraux dans le cas des dénonciateurs qui sont à la ville de Montréal, qui travaillent chez des contractants ou des sous-contractants.
Alors, voilà, M. le Président, ce que j’avais à dire. Bien sûr, nous sommes très heureux que ce projet de loi soit déposé, puisque nous en avons écrit l’essentiel. Nous sommes moins heureux des modifications qui y ont été apportées. Nous sommes d’accord avec la Commission d’accès à l’information que ces modifications sont non seulement contre-productives, mais en plus elles sont illisibles. Si elles étaient plus lisibles, tant mieux, mais il serait quand même préférable qu’elles ne soient pas là.
Et nous pensons aussi que le ministre, bien sûr, a le droit à l’erreur, nous reconnaissons son droit à l’erreur, et nous le félicitons d’avoir corrigé le tir dans les 12 heures qui ont suivi le dépôt de son projet de loi n° 1, puisque Me Denis Gallant a immédiatement dit qu’il était mécontent d’une formulation, et le ministre a dit : Bien, si la formulation est maladroite, nous allons la corriger. Et ça, je salue cette capacité du ministre de voir… sa réactivité, de voir qu’il peut corriger tout de suite. On a vu aussi, dans le cas du contournement de Lac-Mégantic, il avait une capacité de réactivité… sa première réaction était un peu maladroite, mais sa seconde réaction est plus adroite. Alors, je sais que le ministre est capable de cette souplesse, de cette capacité d’autocritique et de correction et j’ai bon espoir que nous puissions en arriver à un excellent consensus qui fera en sorte que les dénonciateurs soient encouragés à dénoncer, et non découragés. Puisque nous faisons confiance à l’inspecteur général, c’est pourquoi nous déposons ce projet de loi… enfin, vous déposez après que nous l’ayons déposé, et nous souhaitons tous l’adopter. Il fera le tri… Et c’est ça quand on dit qu’on donne un statut à la métropole et qu’on veut l’autonomie, c’est parce qu’on fait confiance. Et l’inspecteur général devrait avoir notre confiance pour faire le tri parce que les dénonciateurs seront libres de dénoncer ce qu’ils croient louche à tort ou à raison. M. le Président, je vous remercie.




