Comment virer Charles lll

Les pessimistes tiennent le haut du pavé dans le débat sur l’opportunité de couper le cordon ombilical qui relie — depuis sa naissance — le Canada à la famille royale britannique. Les obstacles qui séparent le point de départ du point d’arrivée semblent trop nombreux, ou alors infranchissables, pour qu’on puisse réussir l’opération.

C’est faux. La démocratie canadienne dispose de tous les moyens nécessaires pour opérer ce changement dans un laps de temps relativement court, de façon ordonnée et respectueuse, sans risque pour la robustesse de nos institutions. Il suffit de le vouloir.

De la fin de la démocratie en Amérique

Le caricaturiste Dave Whamond sait comment intégrer beaucoup de concepts dans un seul dessin. C’est un art. Une mère et sa fille marchent à l’extérieur. Elles portent toutes deux le costume rendu célèbre par le film et la série La servante écarlate, issue de l’imagination caustique de la romancière canadienne Margaret Atwood. Dans son monde, une partie de l’Amérique est gouvernée par des chrétiens fondamentalistes misogynes.

Le temps des tyrans

Il faut se rendre à l’évidence, à la fin, les bons ne gagneront pas. C’est le dur constat que Chrystia Freeland a exposé l’autre jour devant la Brookings Institution. Les dictateurs ne sont pas une espèce en voie de disparition. Au contraire, ils prennent du muscle, de l’assurance, s’adaptent. Il n’y a qu’à voir comment le pouvoir chinois est désormais le chef de file de la technologie sécuritaire, espionnant, grâce aux caméras et aux algorithmes, chaque geste de chaque citoyen.

«Dé-distortionner», mode d’emploi

Il n’y aura pas de réforme du mode de scrutin, on a compris. De toute façon, ce ne serait que pour la prochaine fois. Or, c’est cette fois-ci que la distorsion heurte le sens démocratique, le sens de la justice, le sens commun.

Si on ne peut pas faire la révolution, rien n’empêche de faire la réforme. Le rocher qui bloque le passage est inamovible. Rien n’interdit d’en creuser un et d’en aménager l’intérieur, comme le fait Arsène Lupin dans L’aiguille creuse. (Je recommande.)