Le Louisianisateur

L’heure est grave. François Legault pointe un doigt accusateur vers un gouvernement qui, par son insondable incurie, met en cause la « survie de la nation ».

Les chiffres sont incontestables. En trois ans, le coupable a déroulé le tapis rouge à 90 000 unilingues anglophones, massivement regroupés à Montréal, et à 30 000 autres qui ne connaissent rien à la langue de Vigneault. Il est grand temps de nommer le responsable : le gouvernement de François Legault.

Riposter (intégral)

On en apprend des choses lorsqu’on lit le Globe and Mail. Tenez, pas plus tard que ce samedi, cette information choquante. Avec le projet de loi 96, « il ne sera pas permis à un médecin, même en privé dans son bureau, de parler à ses patients en anglais – ou en mandarin ou toute autre langue – même si c’est la langue préféré des deux parties ». Cette restriction ne sera levée, y explique l’auteur, que pour les Anglos qui ont eu droit à l’école anglaise et pour les immigrants pendant les premiers six mois de leur séjour.

Moi, culturellement génocidé

J’avoue aujourd’hui avoir été, étudiant, victime de génocide culturel. Francophone, j’ai d’abord dû apprendre la langue du conquérant pour obtenir mes diplômes du secondaire et du collégial à Thetford Mines, où 99 % des membres de ma tribu parlaient français. En droit, dans une UQAM pourtant anticolonialiste, on me força ensuite à lire dans la langue de la reine Victoria des arrêts du Conseil privé de Londres. Leur nature impérialiste me faisait moins rager que leur effet soporifique. Ces épreuves n’arrivèrent pas, cependant, à entamer mon identité. C’est lorsque l’école de journalisme de Paris m’obligea, comme condition non négociable de mon succès, à apprendre une troisième langue — celle du conquistador Cortez — que le génocide percuta ma culture, que j’ai dû renoncer à mes racines et que je fus assimilé.

Le français, langue gruyère (intégral)

Un groupe de salariés de Lachine se lance à l’assaut de la multinationale Amazon. Ils souhaitent faire de l’entrepôt local le second établissement syndiqué de la pieuvre amazonienne sur le continent. On applaudit des deux mains à leur détermination et à leur courage, sachant l’acharnement avec lequel Jeff Bezos et ses sbires se battent contre les tentatives d’organisation ouvrières.

L’aveu

C’est désormais officiel, documenté et chiffré : le système d’éducation anglophone au Québec échoue à équiper pour le marché du travail francophone plus du tiers de ses élèves.

Autrement dit, l’obtention d’un diplôme d’un établissement anglophone condamne au moins un jeune anglo sur trois à : 1) ne travailler que dans une entreprise où l’anglais domine ; 2) imposer la langue anglaise à ses collègues de travail ; 3) partir à Toronto, Calgary ou New York pour gagner sa vie.