Lettre à Monsieur 50% + quoi ?

Cher premier ministre du Canada,

Vous étiez gouverneur de la Banque d’Angleterre alors que se déroulait sous vos yeux le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, d’abord, et celui sur le Brexit, ensuite.

Vous êtes intervenu, à titre de banquier en chef, dans les deux débats pour en éclairer les enjeux financiers et monétaires. Ayant lu quelques-uns de vos discours sur la question écossaise, j’ai pu constater que, sans vous prononcer sur le fond, vous abordiez ces questions avec sérieux, compétence et tact. Vous avez, par exemple, brillamment démontré qu’il serait plus judicieux pour une Écosse indépendante d’établir sa propre monnaie plutôt que de s’accrocher à la livre britannique.

Les secrets de la « French section »

À la fin de 1992, alors que les sondages montrent qu’une majorité de Québécois sont enclins à voter pour l’indépendance, Jacques Parizeau est invité à prendre un avion privé, à Dorval, qui l’emmène quelque part en Nouvelle-Angleterre où l’attendent trois responsables du département d’État américain. Ils l’interrogent sur la future politique nord-américaine d’un Québec souverain. Ils lui montrent ensuite une série de photos, y compris celles de hauts fonctionnaires fédéraux que M. Parizeau pensait jusque-là avoir rencontrés sans que personne ne le sache.

Le syndrome de l’imposteur (intégral)

Quand le chef et fondateur de la Coalition avenir Québec, François Legault entre dans l’anti-chambre du Salon rouge, en ce 15 novembre 2016, il se trouve en présence d’une rare concentration de leaders indépendantistes. Lucien Bouchard y est, comme Bernard Landry, François Gendron, dont on souligne le 40e anniversaire de vie politique, et moi, alors chef du parti.

Si Tump était futé

Les diplomates canadiens à Washington aimeraient bien savoir qui se cache derrière le pseudonyme « Mukden ». Ce personnage a publié il y a deux semaines un texte informé et argumenté sur ce que devrait être la stratégie de Donald Trump pour arriver à ses fins : avaler le Canada. Ils voudraient savoir s’il s’agit d’un étudiant brillant et retors ou d’un membre du gouvernement Trump, également brillant et retors, qui souhaite faire avancer ses thèses sous couvert de l’anonymat.

PSPP, judoka référendaire

À la longue, on serait en droit de conclure que le destin (le malin ?) s’amuse à nous jouer un mauvais tour : faire en sorte qu’une pluralité de Québécois souhaite porter au pouvoir une formation politique, tout en rejetant son projet principal. Ce n’est pas la première fois que ça se produit. Si le Parti québécois (PQ) emporte les élections d’octobre, ce sera la cinquième fois. Avouez que c’est louche.

Les ingrédients du futur Oui

En début d’année, j’appréhendais la commémoration du 30e anniversaire du référendum de 1995. Je me disais : ça va être dur pour nous, indépendantistes. La phrase de Jacques Parizeau. Le souvenir de la défaite. J’estime que l’épisode a laissé une profonde cicatrice dans la psyché québécoise. À vue de nez, l’électorat a mis un quart de siècle à s’en remettre, jusqu’en 2022, moment pivot de la remontée d’intérêt pour le Parti québécois et son nouveau chef.

Le meilleur ami de la PSP-Piastre ? Mark Carney !

Lorsque Paul St-Pierre Plamondon fera sa liste des experts financiers qui, selon son engagement récent, devront guider le Québec indépendant sur le chemin d’une monnaie québécoise, il serait bien avisé de mettre Mark Carney en toute première place.

Le destin a voulu que celui qui, après-demain, pourrait diriger le camp canadien du Non fut dans une vie antérieure un critique compétent du maintien, pour un nouvel État souverain, de la monnaie du pays qu’il veut quitter.

Indépendophobie

Une peur irraisonnée.  C’est la définition de la phobie, je ne vous l’apprends pas.  Cela peut concerner les araignées, le sang, les chiens, les clowns, les gays et bien d’autres choses encore. On diagnostique ces peurs chez des gens autrement raisonnables. Quelque chose en eux – une anxiété venue de l’enfance, d’un film d’horreur ou d’une motivation politique obsessive– les poussent à réagir avec excès à des phénomènes que la moyenne des ours aborde avec prudence, sinon avec sérénité.

Moyenne au bâton

On attendait de François Legault une nouvelle « vision économique ». Il nous l’annonçait depuis plusieurs mois. Vous étiez donc, comme moi, en équilibre précaire au bout de vos chaises dans l’attente d’une forte injection d’adrénaline économique. Il serait exagéré de dire que nous n’avons eu droit qu’à une dose homéopathique. Disons simplement, pour résumer, que M. Legault nous a annoncé avoir eu raison depuis qu’il est au pouvoir mais que, pour la prochaine année, il aurait encore davantage raison. Bref, il va continuer à faire ce qu’il a fait jusqu’à présent, mais… encore plus. (J’admets que l’inclusion de l’industrie de la défense comme « pilier » de la croissance est arrivée sur le tard. Merci, Donald !)

Douceurs internationales

Jeudi dernier, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), que, dans un lapsus pendant la période de questions, le premier ministre a appelé « le chef du Québec », tentait de définir ce que serait, pour un Québec indépendant, l’utilisation du soft power. Par opposition au hard power, celui des armes et de l’argent qui contraint, la version soft influence.

Les puissances additionnent évidemment les deux et le pouvoir américain procède d’une combinaison Pentagone-Wall Street-Hollywood. L’un bombarde ou menace de le faire, le second achète, le troisième diffuse des valeurs.