L’englouti

Me permettrez-vous de prendre la défense de Jean Charest ? La victoire de son adversaire est écrasante. Pierre Poilievre l’a humilié dans l’ensemble du Canada, au Québec, et même dans sa région d’origine, l’Estrie. En fait, Charest a fait moins bien (16 %) que Maxime Bernier au premier tour de la course à la chefferie de 2017 (29 %). Perfide même dans son discours de victoire, Poilievre a salué chez le vaincu ses exploits du siècle dernier — son rôle lors du référendum de 1995 —, mais n’a pas pu lui trouver une seule contribution récente à la cause conservatrice.

Mes questions pour Charest et Poilievre

Le duo Pierre Poilievre-Jean Charest offre ces jours-ci le meilleur spectacle politique du continent. Point besoin de café ou de boisson énergisante pour suivre leurs débats, on trépigne au contraire sur nos chaises dans l’attente de la prochaine embardée. Je me demande simplement pourquoi un youtubeur n’offre pas déjà un remontage de leurs échanges, agrémentés des phylactères « Wham », « Bam » et « Kaboum » rendus célèbres dans les scènes de combat de la vieille série télévisée Batman.

Les opinions salées de Poilievre

Devinette. Qui a écrit ce gazouillis : « Le Canada a un psychopathe fasciste comme premier ministre et une nazie comme vice-première ministre. Ils se sont récemment donné des pouvoirs extraordinaires pour écraser des dissidents pacifiques » ? Réponse : il ne s’agit pas de Pierre Poilievre, l’aspirant chef conservateur.

En attendant Charest

« Le commencement est la moitié de l’ouvrage », disait Platon. Jean Charest en connaît un rayon en la matière. Son entrée en politique québécoise, en 1998, était un moment d’anthologie. Son refus de quitter la direction de l’alors Parti progressiste-conservateur, qu’il avait fait passer de 2 à 20 sièges l’année précédente au prix d’un labeur incessant, n’était pas feint. Mais toutes les forces fédéralistes le pressaient de prendre la tête d’un PLQ que l’alors chef Daniel Johnson avait rendu inerte. Une fois convaincu qu’il devait faire le saut, Charest a laissé mijoter la marmite du désir des semaines durant. Tellement qu’avant même qu’il ait prononcé sa première parole, les sondages le donnaient en avance sur Lucien Bouchard. Alors conseiller du premier ministre, j’étais à la fois médusé, atterré et admiratif.

La mission impossible d’Erin O’Toole

Cher Erin,

Je m’empresse de vous écrire en votre qualité de chef du Parti conservateur par le biais du Devoir car je crains que, si je mettais ma missive à la poste, elle ne vous parviendrait qu’après que vous ayez été démis de vos fonctions. Et comme, à tout prendre, je vous préfère à votre prédécesseur Andrew Scheer et à votre aspirant successeur Pierre Polièvre, il n’y a pas une minute à perdre.