Fragilité canadienne

Avez-vous vu le chef conservateur, Erin  O’Toole, faire son jogging plus tôt cette semaine ? Il portait un t-shirt rouge portant les mots : « Believe in Canada ». Croyez au Canada.

Le slogan est extrêmement signifiant. S’il faut appeler les citoyens à croire en leur pays, c’est qu’un déclin de la foi nationale est suffisamment préoccupant pour qu’on veuille y remédier.

(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir.)

La Fête nationale des Pas Pires

Puisque notre histoire ne fut pas, du moins pas seulement, une épopée des plus brillants exploits, nous avons adopté une façon de nous exprimer qui interdit la suffisance. Nos réalisations sont pas pires, nos paysages, pas mal, les filles, pas laides (et on ne leur ferait pas mal). Dans un bel esprit d’équilibre, nos échecs, de même, sont pas fameux et pour accomplir une job passable, ça prend pas la tête à Papineau.

L’excellente semaine du Parti québécois

Avouez : vous pensez que je blague, avec ce titre. N’avez-vous pas lu, plus tôt cette semaine, la chronique « L’ambulance » d’un estimé collègue qui s’interrogeait sur le décès prochain du parti de René Lévesque ? Vous aviez lu les avis, aussi glauques, dans d’autres gazettes, le mois dernier ? Et les textes de l’année d’avant ? Et de l’autre, et de l’autre, et de l’autre ? Le fait est que depuis 50 ans l’annonce du trépas prochain du PQ est consubstantielle à son existence.

Pensionnats: après la douleur et la honte, quoi?

On leur doit 60 ans. Six décennies pendant lesquelles le système des pensionnats au Québec a non seulement contribué à la tentative pancanadienne de génocide culturel des Autochtones, mais a aussi miné la capacité des Premières Nations à établir leur propre tradition d’éducation. On a peine à mesurer l’ampleur de la cicatrice, qui court depuis l’établissement du premier pensionnat au Québec, la Résidence Couture, à la baie James, en 1931, jusqu’à la fermeture du dernier, à Mashteuiatsh, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en 1991. Toutes les initiatives de découverte de la vérité et de réparation des victimes directes et indirectes sont nécessaires et bienvenues.

Les francophones fantômes

Vous suivez comme moi la palpitante série « Le français en déclin, les chemins de l’irréversible ». Dans un épisode précédent, des chercheurs à lunettes avaient fait toute une découverte. À moins d’une soudaine poussée de natalité des francophones, seule la sélection d’immigrants connaissant tous le français au point d’entrée aurait un impact mesurable pour freiner la chute. Suspense/cliffhanger. Dans l’épisode suivant et malgré cette information cruciale, les premier et second rôles, Legault et
Jolin-Barrette, choisissaient de mener 200 combats accessoires, mais pas celui-là. L’intrigue se corse/the plot thickens.