La mairesse accidentelle (texte intégral)

« Je n’avais jamais entendu Valérie dire une seule chose intéressante. » Nous sommes en 2016. Valérie Plante vient d’annoncer qu’elle sera candidate à la direction de Projet Montréal. Dans les troupes du petit parti progressiste, l’incrédulité est générale, comme l’atteste cette citation de l’alors conseillère Christine Gosselin.

Montréal bilingue ? Yes sir !

Lucien Bouchard était bien indulgent d’accepter ma demande de rencontre, à l’été 2000. Je lui avais donné du fil à retordre en publiant au printemps un livre intitulé Sortie de secours, où j’osais affirmer qu’à moins d’un virage stratégique majeur, le grand homme ne ferait pas l’indépendance. J’ajoutais qu’il serait forcé de démissionner, plus tard dans l’année, lorsqu’il s’aviserait que Jean Chrétien obtiendrait, à l’élection fédérale, un plus grand nombre de votes au Québec que M. Bouchard en avait obtenus dans sa propre élection.

Merci pour la moisson

C’était avant le temps de l’ingratitude. C’était quand on ne tenait pas tout pour acquis. Quand on ne pensait pas que tout nous était dû. C’était au contraire au temps où on avait trimé dur aux champs, qu’on avait dessouchés à s’en fendre les os, qu’on avait retourné la terre, planté les semences, entretenu les pousses, puis engrangé la moisson. On n’avait compté que sur nous-mêmes et, un peu beaucoup, sur le soleil et la pluie.

Le Montréal rêvé de Denis Coderre II

J’ai lu pour vous l’ouvrage que Denis Coderre a récemment lancé, Retrouver Montréal. Un avertissement, pour les intéressés. Il ne s’agit pas d’un récit du premier mandat du maire (ce qui serait fort intéressant) ni d’une portion de son autobiographie (ce que je brûle de lire). Non, sauf pour quelques brefs passages mémoriels, le texte, sérieux et touffu, constitue un tour d’horizon des questions métropolitaines contemporaines.

Les rondeurs perdues de Denis Coderre

Avez-vous déjà été dans un ascenseur avec Denis Coderre ? Moi, oui. C’est une expérience. L’usage veut qu’en présence d’étrangers dans cette cage fermée, on fasse preuve de réserve. Denis n’avait jamais eu vent de cet usage, ou du moins avait décidé de n’en tenir aucun compte. Pénétrant dans l’ascenseur déjà occupé par plusieurs personnes, il commençait par serrer vigoureusement la main de chacun en les saluant bruyamment, comme s’il venait d’entrer dans son local électoral. (C’était évidemment au temps d’avant, quand on avait encore le droit de se toucher les uns les autres.)