Mon blogue adore les échanges d’idées.
En voici une, qui vaut le détour, sur twitter ce dimanche.


Chacun a droit à sa propre opinion. C’est entendu. Mais chacun n’a pas le droit à ses propres faits. Dans le débat qui s’ouvre sur l’avenir du Parti québécois et de l’indépendance, rien ne me semble plus utile que de faire la guerre aux clichés et aux fausses perceptions, qui, malheureusement, semblent dominer le discours.
Les indépendantistes ont un devoir de ténacité : il est très difficile de faire du Québec un pays, je ne vous l’apprends pas. Mais la difficulté n’altère en rien la justesse du combat. Ils ont aussi un devoir de lucidité. Les innombrables commentateurs de la chose politique gagneraient également à se débarrasser d’un certain nombre d’idées aussi courantes que fausses.
Idée fausse #1: Si on ne parlait que d’indépendance, on aurait 35% du vote, car c’est le nombre d’indépendantiste au Québec.
En fait: Ce chiffre de 35% est juste. Mais il est comme les 70% de Québécois qui souhaitent abolir la monarchie. Un parti qui ferait de cette abolition son thème central n’obtiendrait pas 70% du vote. C’est une opinion parmi d’autres. Elle ne détermine pas le choix électoral. Les dernières données disponibles indiquent qu’environ 16% des Québécois appuient »fortement » l’indépendance. Pierre Alain-Cotnoir, analyste-sondeur, disait un jour que les autres souverainistes, les « mous », « s’intéressent à l’indépendance comme vous et moi nous intéressons au curling ».
Bref, le PQ peut décider de tout miser sur l’indépendance. Ce serait un choix respectable. Mais alors il doit savoir qu’il renoncerait ainsi à tout espoir raisonnable de prendre le pouvoir dans l’avenir prévisible. Il priverait surtout les Québécois de la capacité de s’offrir un gouvernement écologiste et de justice sociale. Dit plus crûment, ce choix donnerait à la CAQ un passeport pour un second mandat.
Idée fausse #2: Si on parlait d’indépendance tous les jours, on pourrait faire bouger l’opinion publique.
En fait: Même à l’ère d’Instagram, l’immense majorité de l’information politique transite par les grands médias. Or ces médias détestent la répétition. Ils ne la répercutent presque jamais. Ces deux dernières années, nous avons concrètement parlé d’indépendance au sujet de la Davie, de la légalisation de la mari, des délais de justice, de la langue, de l’immigration, du pétrole et de l’environnement, plusieurs fois par semaine. Vous l’apprenez ici. Normal, les médias n’estiment pas que l’argumentaire souverainiste, même mis au goût du jour, répond à leur définition de ce qu’est une « nouvelle ». (Ils sont aussi imperméables à l’argumentaire fédéraliste, soit dit en passant, et nous font grâce des odes au Canada entonnés quotidiennement par Justin Trudeau). Et même lorsqu’on réussit à traverser l’écran, il faut savoir qu’en période non-électorale, seulement un électeur sur deux suit la politique.
Le travail de conviction militant est essentiel pour constamment former et aguerrir les troupes qui seront actives au moment des grands événements — changements sociaux, crises politiques, campagnes électorales ou référendaires — qui, eux, font évoluer l’opinion.
Idées fausse #3: De toute façon, les jeunes sont désormais à Québec Solidaire.
En fait: La seule mesure disponible pour le premier octobre dernier indique que 65% des francophones de 18-35 ans n’ont pas (je répète, pas) voté QS. Le tout dernier coup de sonde de Léger montre que, même chez les 18-25 ans francophones, 62% n’ont toujours pas (je répète pas) l’intention de voter QS. Il n’y a pas « une » jeunesse. Il y a « des » jeunesses.

Idée fausse #4 : Les jeunes pensent que laïcité, c’est du racisme. Donc que le PQ est raciste.
En fait : Le dernier sondage sur le sujet (Crop, novembre 2018) confirme tous les précédents : près de 60% des 18-34 veulent interdire les signes religieux chez les juges et policiers, 50% veulent aussi les interdire chez les enseignants[1] (43% contre). Ces éléments, les plus controversés du combat pour la laïcité, sont donc majoritaires chez les jeunes. Trop, même, à mon avis, car ils sont 40% à vouloir que les récalcitrants soient congédiés. C’est dire que le PQ a un avenir chez les jeunes s’il assume son engagement laïque, pas s’il tente de le camoufler ou de ressembler à QS.
[1] Comme 51% des électeurs de QS.
Idée fausse #5 : La dernière tentative de rénovation du PQ a été un échec. Le PQ n’écoute pas les milléniaux.
En fait : L’opération « Oser repenser le PQ » de Paul Saint-Pierre Plamondon a produit des propositions dont 90% ont été adoptées lors d’un Conseil national de 2017. Une proposition voulant réserver un quota de sièges électifs aux membres de la diversité a fait grand bruit car elle été rejetée à la demande… d’une déléguée milléniale issue de la diversité ! Les délégués réunis ont suivi son conseil.
Reste que des milliers de nouveaux milléniaux sont entrés dans le parti grâce à l’opération, leur poids à tous les étages des instances du parti a augmenté significativement. On peut donc parler d’un succès organisationnel certain, qui n’a malheureusement pas eu d’effet électoral.
Idée fausse #6 : Le Parti québécois est le parti d’une génération.
En fait : Les têtes fondatrices du parti, Lévesque, Laurin, Grégoire, Parizeau, étaient de la Grande génération, celle des parents des baby-boomers. Le gouvernement Lévesque de 1976 a été formé par ces deux générations. Le premier X, André Boisclair, a fait son apparition dans le gouvernement Parizeau en 1994. Ministre senior (Environnement, Affaires municipales) il deviendra chef en 2005. Puis, 11 des 24 ministres du gouvernement Marois furent des X, à des postes de grande responsabilité (Finances, Trésor, Santé, etc). Les Y font leur apparition après 2014 avec une rapidité telle qu’ils forment 20% des candidats péquistes. Ensemble, les X et les Y constituaient 66% des candidats. Même avec le départ de Catherine Fournier, les X et Y dominent le caucus des députés (7/9). Ils forment 100% de l’exécutif du PQ.
Bien qu’il soit exact de dire que l’attractivité électorale du PQ envers les jeunes est en déclin, il faut enfin reconnaître que les baby-boomers ont formé le facteur principal, mais jamais unique, de l’électorat péquiste, qui a toujours mordu dans les autres générations. Alors chaque fois que vous entendrez un journaliste, un chroniqueur (ou un démissionnaire) affirmer que le PQ est le parti d’une génération, sachez que, volontairement ou non, il vous désinforme. La vérité est qu’aujourd’hui le PQ est dirigé par ses 3e et 4e générations.
C’est notamment pourquoi, malgré l’amoncellement de pierres tombales qu’on veut empiler sur lui, le Parti québécois n’est pas tuable. Toute stratégie visant à l’exclure de l’équation, ou à souhaiter son décès, tient de la pensée magique. Est vouée à l’échec. Comme QS et la CAQ, le PQ est là pour durer. Au lieu de tirer dessus, il faut en tirer le maximum.

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Plusieurs des éléments de cet article sont développés dans « Qui veut la peau du Parti Québécois ? » disponible sur laboitealisee.com
Ce texte est également publié dans Le Devoir.
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Quel est le coût de la division des indépendantistes et des progressistes ? Il tient en un mot : le pouvoir. Se diviser, c’est laisser le pouvoir à ceux qui ne veulent ni l’indépendance, ni le virage vert, ni la lutte aux inégalités sociales, ni la véritable défense du français, ni la chasse aux paradis fiscaux. Toutes choses qui, pourtant, nous unissent.

On comprend mal comment le nouveau chemin de Catherine Fournier peut conduire à des victoires.
Vous en doutez? Regardons les faits. Au Parti Québécois, nous avions perdu l’élection de 2014 tous seuls. Mais en 2012, l’existence de Québec Solidaire nous avait fait perdre entre 12 et 15 circonscriptions. Si nous avions eu seulement la moitié des voix de QS (pas 100%, la moitié !), notre gouvernement aurait été majoritaire. Hors Montréal, la CAQ et les libéraux sont nos adversaires. Mais notre marge de victoire y a été prise par QS dans des comtés des Laurentides, de l’Estrie, de la Mauricie, même de la ville de Québec et de l’Outaouais !
Vous me direz que je suis partial. Je plaide coupable. Mais j’ai l’absolue conviction que la grande coalition créée par René Lévesque et associant dans un même parti les Louise Harel, plus à gauche, et les Bernard Landry, plus à droite, a offert, à chacun de ses passages au pouvoir, les gouvernements les plus progressistes, les plus féministes et les plus écologistes du continent, tout en contribuant à une réelle prospérité partagée. Et de loin. Parfaits ? Non. Personne ne l’est. Ne comparez pas les péquistes à Dieu. Comparez-les aux libéraux, aux conservateurs et aux républicains. Demain, aux caquistes.
Malgré toute la sympathie qu’on peut avoir envers les personnes — Françoise, Amir, Manon, Gabriel et les autres – et aujourd’hui pour Catherine Fournier, demain pour Jean-Martin Aussant —, la réalité froide est que la division des indépendantistes et des progressistes est un don du ciel pour Ottawa, le Conseil du patronat, l’Institut économique de Montréal et les partis qui ne croient pas (ou pas vraiment) à la distribution des richesses, à la crise climatique, au pouvoir citoyen et à l’indépendance.

Le socialiste-indépendantiste Pierre Bourgault, comprenant les impératifs politiques de l’unité, a sabordé son parti pour rejoindre celui du centriste Lévesque.
La fragmentation de nos forces est le meilleur gage de succès pour nos adversaires. C’est mathématique. Pierre Bourgault l’avait compris, lui qui avait sabordé son parti indépendantiste et socialiste pour peser de tout son poids à l’intérieur du Parti Québécois, même s’il s’y trouvait des gens de centre droit, élargissant la tente. (Parizeau, à l’époque, était considéré comme étant de droite. J’avoue qu’étudiant, j’ai manifesté contre lui, scandant bruyamment : « Parti-Québécois-Parti-bourgeois !’ » alors qu’il érigeait, budget après budget, la société la moins inégalitaire du continent. Devenu son conseiller, je m’en suis confessé. Il m’a donné l’absolution.)
Bref, QS (et, qui sait, demain, une autre formation souverainiste) offre aux partis de droite le marchepied que les petits partis de gauche français ont offert au héros des privatisations Jacques Chirac, qui, sinon, aurait été battu par le socialiste Lionel Jospin en 2002. Jospin n’était pas parfait, mais il avait rendu la France plus égalitaire, étendu la gratuité des soins médicaux, créé des emplois jeunes, donné du temps aux salariés, reconnu des droits LGBT. La division des forces de gauche française a ramené la droite au pouvoir.

Sans la candidature de Ralph Nader, les USA auraient eu en 2000 le chef d’État le plus écologiste sur la planète.
Même chose aux États-Unis, où Ralph Nader, par purisme idéologique, a fait la courte-échelle à George W. Bush vers le pouvoir en 2000, en enlevant en Floride les voix qu’il aurait fallu au démocrate Al Gore pour devenir président. Sans Ralph Nader, les États-Unis se seraient dotés, dès 2000, de l’homme d’État le plus écologiste au monde. En prime, c’est absolument certain, la guerre en Irak n’aurait pas eu lieu.
Au moins, nos voisins américains progressistes ont eu la sagesse de changer de trajectoire. Le Parti Démocrate est certes un « vieux parti ». Sous Clinton, il a même flirté avec des thèses néo-libérales et poser des gestes qui ont conduit à la grave crise de 2008 (Clinton s’en est même excusé).
Pourtant, les députés démocrates de gauche ne démissionnent pas pour devenir indépendants. Au contraire, les indépendants entrent dans le Parti démocrate. Bernie Sanders, un indépendant qui a passé sa vie à critiquer les présidents démocrates, a choisi, lui, de transformer le Parti démocrate de l’intérieur. Et il a réussi. (Sanders est applaudi, au Québec, à la fois par des gens du PQ et de QS.) Il a entraîné avec lui une nouvelle génération de candidat, et plusieurs candidates, milléniaux qui, eux et elles aussi, bousculent le parti.

L’indépendant Bernie Sanders et la socialiste Octasio-Cortez ont choisi de changer le vieux Parti démocrate de l’intérieur. Pourquoi ? Pour prendre le pouvoir.
Pourquoi reviennent-ils dans ce vieux parti ? Une raison, une seule : ils savent que pour changer le monde, il faut prendre le pouvoir. Et ils constatent que malgré tous ses défauts, le Parti démocrate peut prendre le pouvoir, pour peu que tous les progressistes, écologistes, radicaux et modérés, s’unissent pour le faire triompher, au-delà de leurs très réelles divergences.
Au Québec, ce parti de coalition s’appelle le Parti Québécois. Malgré ses déboires, il reste le seul véhicule progressiste et indépendantiste qui peut étendre ses ailes suffisamment largement vers la gauche, vers le centre et jusqu’au centre droit pour se rendre au pouvoir.
Si on veut s’y rendre. Si on veut avoir raison tout seul, et laisser la droite fédéraliste gouverner, c’est une autre affaire.
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Chef sortant du Parti Québécois, l’auteur dirige désormais La boîte à Lisée, qui vient de publier « Qui veut la peau du Parti Québécois ? », dont ce texte est un extrait remanié et actualisé pour La Presse +
Du 5 au 7 octobre, vous avez un rôle à jouer pour l’avenir de notre parti et du Québec. Celui de choisir le chef d’un des plus grands partis de l’histoire du Québec. Du parti qui a permis les plus grandes avancées linguistiques, sociales et économiques de notre nation. Du parti qui veut donner aux Québécoises et aux Québécois les moyens de faire encore mieux : l’indépendance.
V
ous avez soif de victoires. Comme celles et ceux qui se battent au quotidien pour les plus démunis, qui tentent de créer des entreprises, et qui veulent faire connaître notre histoire. Comme celles et ceux qui veulent un Québec sans pétrole, les professionnels de la santé qui veulent soigner plus et mieux, tous, veulent des victoires. Tous en ont assez des reculs. Tous et toutes, veulent réussir.
Mais pour cela, il faut oser. Oser dire les vraies choses. Oser entendre les Québécois qui nous disent de mille façons, depuis de nombreuses élections, de ne pas leur imposer un référendum hâtif. Oser ravir ainsi aux Libéraux incompétents qui nous gouvernent le seul argument qui les conduit, eux, de victoire en victoire, malgré tout le mal qu’ils infligent au Québec, à ses institutions, à son identité.
Oser respecter le rythme des Québécoises et des Québécois, pour réussir notre rendez-vous avec l’électorat en 2018. Oser redonner au Québec un gouvernement national intègre, responsable, réformiste, progressiste, proche de la PME, des agriculteurs, des régions, actif pour faire avancer résolument mais graduellement la laïcité.
Oser se donner un rendez-vous avec l’histoire, un compte-à-rebours de six ans, inscrit dans l’article 1 de notre programme : « Le Parti québécois et ses partenaires indépendantistes solliciteront en octobre 2022 le mandat de réaliser l’indépendance du Québec ». Oser modifier, d’ici là, le mode de scrutin pour y introduire une saine dose de proportionnelle.
Je suis le seul candidat à proposer cette approche méthodique et gagnante. Dans des vidéos que vous pouvez consulter ici, j’explique comment nous pourrons utiliser chaque année qui nous sépare de 2022 pour se préparer et préparer l’électorat à ce rendez-vous.
Au moment du référendum de 1995, j’étais le conseiller de M. Parizeau pour la stratégie référendaire. J’ai participé à organiser la plus grande coalition de l’histoire du Québec. J’étais notamment le négociateur de M. Parizeau pour sceller une entente avec Lucien Bouchard du Bloc québécois et Mario Dumont de l’Action démocratique du Québec. J’ai beaucoup appris de cette expérience. Les leçons à en tirer. Les erreurs à ne pas commettre. Savoir quand être prudent et quand être audacieux.
C’est pourquoi ma campagne, notre campagne, doit combiner prudence et audace. Pour rassembler largement autour d’un objectif partagé : le congédiement des libéraux. Pour bâtir méthodiquement, en six ans, notre projet d’indépendance. Pour Réussir ainsi, dans la foulée notre grand rendez-vous avec l’histoire.
Ce ne sera possible qu’avec votre appui.
Ensemble, on va Oser pour Réussir, enfin, de vraies victoires !
Proposition #22 du candidat Jean-François Lisée
Deux constats s’imposent. D’abord, la Métropole québécoise est sortie de l’une de ses plus grandes crises politiques, notamment grâce à l’action vigoureuse du gouvernement Marois pour assainir les contrats publics, appuyer l’UPAC dans ses enquêtes et ses arrestations, réformer le financement électoral municipal, puis accompagner Montréal et Laval dans des temps difficiles, maintenant révolus.
Le second constat est que la relance de la Métropole est freinée par de mauvaises décisions du gouvernement Couillard, dont l’incurie en matière d’éducation, d’habitation, de santé et d’économie ont des conséquences néfastes sur la Métropole, notamment sur l’Est de l’île.
En habitation, un rapport du Directeur de santé publique (DSP) de Montréal sur les conditions de salubrité du parc immobilier de la métropole révélait en septembre 2015 que les problèmes d’insalubrité à Montréal touchaient 38 % des appartements en location. Les risques pour la santé publique sont réels, notamment pour nos enfants. Plutôt que d’accélérer les programmes de rénovation et de construction de logements sociaux, les Libéraux ont réduit de moitié (de 1150 à 550) le nombre d’unités construites chaque année.
Un gouvernement Lisée augmenterait sur cinq ans à 1 500 le nombre de nouvelles unités, lancerait un programme de rénovation écologique permanent et ferait en sorte que les propriétaires délinquants sur le plan de la salubrité et de la perte d’énergie ne puissent augmenter les loyers tant que la situation ne sera pas rétablie.
Il mettrait en œuvre les recommandations du rapport Montréal=Familles, visant à retenir les familles sur l’île de Montréal en assurant une offre plus abondante et plus abordable de logements familiaux sur l’île.
En francisation, le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre, dédié à l’aide à la francisation, est passé de 8,5 millions de dollars en 2013-2014 à 4 millions de dollars pour 2015-2016 et 2016-2017. Un gouvernement Lisée rétablirait ce fonds et étendrait graduellement la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés de même qu’aux entreprises sous juridiction fédérale très nombreuses dans la métropole.
En éducation, le refus de PLQ de respecter sa promesse d’augmenter le budget de 3,5% a privé les commissions scolaires de Montréal d’une somme de plus de 209 millions de dollars par an, conduisant à des compressions sans précédent et à des renvois de personnel assurant le soutien aux élèves. Une recette similaire a été servie aux CPE dont les services ont dû être réduits, au détriment des enfants
Un gouvernement Lisée renverserait la vapeur, en dotant les écoles des milieux défavorisés de plus de moyens que les autres pour assurer la réussite de leurs élèves, en assurant à chaque enfant en difficulté d’une place en CPE et en accélérant les investissements en infrastructures pour renouveler le parc des écoles aujourd’hui vétustes de Montréal.
En économie, en réduisant de moitié le financement du développement local, le PLQ a fait en sorte d’affaiblir les services d’aide aux entreprises dans les quartiers et a fait complètement disparaître l’aide au développement social local. Son incompétence dans l’affaire Aveos a privé Montréal d’emplois de qualité et malgré un investissement de 1,3 milliards de dollars dans Bombardier, la compagnie a délocalisé au Mexique et aux États-Unis plusieurs de ses activités qui profitaient à la Métropole. Globalement, le nombre de chômeurs sur l’île est passé de 97 200 avril 2014 à 108 000 selon les dernières données disponibles.
Un gouvernement Lisée redonnerait du financement et des outils pour le développement local et social, développerait une stratégie de rétention des sièges sociaux, soulagerait les PME du poids de la réglementation nationale et municipale. Il créerait un cadre réglementaire allégé pour les cinq premières années des nouvelles entreprises, rétablirait la Politique nationale de recherche et d’innovation essentielle pour l’essor des universités et pôles industriels de pointe au Québec. Il généraliserait dans les grappes industrielles le programme aérospatial MACH qui rehausse graduellement la qualité des produits des fournisseurs pour leur ouvrir les portes des marchés étrangers, entre autres choses.
En transport collectif, les tergiversations du PLQ sur le prolongement de la ligne bleue, projet métropolitain prioritaire, deviennent intolérable. Il faut un calendrier rapide de réalisation du projet. Le projet de nouveau REM mérite examen et, le cas échéant, doit être connecté au métro comme le réclame la ville de Montréal.
Cependant l’impact potentiel du REM sur le nouveau train de l’Est est préoccupant. Un gouvernement Lisée procéderait à une harmonisation de la tarification pour rendre l’utilisation du train de l’Est, actuellement trop onéreux, plus abordable. Le SRB Pie-IX, dont la réalisation continue de traîner, doit poursuivre son parcours jusqu’au centre-ville. Le bureau de projet sur la modernisation du boulevard Notre-Dame doit renaître et une solution doit être trouvée pour la desserte de la Pointe-de-l’île.
Au-delà de l’augmentation de l’offre de transport collectif, un gouvernement Lisée accélérerait la conversion des flottes institutionnelles à l’électricité, favoriserait vigoureusement le covoiturage et l’auto-partage dans l’objectif de rendre superflu pour une plus grande proportion de Montréalais l’achat d’une voiture, et pour une plus grande part de résidents de Montréal et de la couronne le maintien d’une seconde voiture.
En matière de santé, les citoyens de l’Est et du Sud-Ouest de l’île, plus âgés et plus défavorisés que la moyenne québécoise, ont été particulièrement frappés par le rationnement honteux des soins à domicile dont la Protectrice du citoyen a fait état – et que nous dénonçons depuis longtemps, sans parler des compressions en CHSLD qui ont eu des impacts jusque dans la qualité des aliments offerts aux résidents. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS) a les plus bas taux d’accès à un médecin de famille. De même, les compressions qui ont frappé la Direction de la santé publique de Montréal ont réduit sa capacité d’intervention en prévention. Le refus du gouvernement libéral de mettre en œuvre, et ne serait-ce que de dévoiler, des actions pour les saines habitudes de vie laissent libre cours à l’épidémie d’obésité qui affecte nos jeunes. Sa volonté de multiplier les mini-casinos dans les bars est une autre manifestation de son absence de compassion envers les démunis.
Il faut ajouter à ce bilan glauque son refus obstiné de donner suite à son engagement de campagne électorale, en 2014, de réaliser la modernisation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, un projet essentiel pour les 670 000 citoyens desservis par cet établissement construit dans les années 1950.
Un gouvernement Lisée mettra, dès son premier budget, le projet de modernisation dans son échéancier de travaux d’infrastructures. Il rétablira les sommes coupées à la Santé publique et entamera un virage important et rapide vers davantage de prévention et de promotion des saines habitudes de vie. La priorité sera remise sur la dispensation de soins à domicile, véritable clé de la réduction des coûts de logement en CHSLD et des hospitalisations, et gage de qualité de vie pour des dizaines de milliers d’aînés.
Le Stade olympique. Avec les années qui passent, il devient clair que Philippe Couillard, qui avait promis de régler le problème du toit dès les premières semaines de la prise du pouvoir, a abandonné le projet. Il a même refusé de rendre public les recommandations livrées en novembre 2015 par la Régie des Installations Olympiques. Cette inaction fait en sorte que le stade devra vivre quelques hivers sans toit – dès que la toile actuelle lâchera, ce qui peut arriver à tout moment –, avec toutes les conséquences néfastes pour sa structure.
Un gouvernement Lisée autoriserait le lancement d’appels d’offres pour la construction d’un toit fixe, viserait l’autofinancement de l’investissement grâce à une utilisation plus intensive du stade ainsi recouvert et refuserait d’appuyer toute construction d’un nouveau stade de baseball à Montréal tant que le stade olympique n’aura pas atteint un niveau d’autofinancement suffisant pour que cette hypothèse puisse être envisagée.
Le statut de Montréal. Le gouvernement Couillard doit déposer sous peu un projet de loi donnant à Montréal un statut de Métropole. Nous sommes favorables à ce statut et croyons que Montréal doit disposer de davantage d’autonomie pour gérer ses affaires internes. Cependant nous serons opposés à toute tentative de modifier substantiellement la répartition des pouvoirs entre la ville centre et les arrondissements, par exemple, si ce changement ne s’appuie pas sur un mandat démocratique clair exprimé par les Montréalaises et les Montréalais lors d’une consultation en bonne et due forme.
Un premier ministre en phase avec les réalités de la Métropole
Au-delà du fait que je fus ministre de la Métropole sous le gouvernement de Pauline Marois, ce qui me semble encore plus important, c’est que je vis Montréal. J’y habite depuis plus de 30 ans, y ai fait mes études universitaires et y ai travaillé. Et ce sera la première fois, en plus de 20 ans, qu’un premier ministre du Québec sera député d’une circonscription montréalaise. Cela mérite d’être souligné.
Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne
Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.
Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.
Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès
Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins
Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité
Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional
Proposition #6: Identité : La concordance culturelle
Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat
Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable
Proposition #9: Compte à rebours 2022 !
Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !
Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture
Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !
Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »
Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions
Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole
Proposition # 23: L’information, un service essentiel
Rien ne me ferait plus plaisir que de croire que nous puissions réaliser rapidement l’indépendance, que la victoire est à portée de main. Mais je crois qu’il incombe à un leader de bien lire la réalité, même si elle est désagréable. Sinon, on ne peut pas la transformer.
Ma collègue Martine écrit : « La logique qui mène à reporter l’indépendance à un hypothétique deuxième mandat repose sur l’idée que les Québécois ne seraient pas prêts. Même Jean Charest a affirmé que le Québec indépendant serait viable économiquement. »
« Les Québécois pas prêts » et « un Québec viable économiquement » sont deux choses distinctes. D’ailleurs, les analyses remises au président des États-Unis affirmaient dès 1977 « la viabilité d’un Québec souverain en termes économiques »[1]. La question, complètement différente, est de savoir si une majorité de Québécoises et de Québécois sont prêts à dire oui.
Il y a une tendance lourde depuis 1995 : la chute du nombre de Québécois qui sont, comme vous et moi, des indépendantistes décidés. C’est-à-dire ceux et celles pour qui l’indépendance est un sujet tellement important que cela va guider leur vote aux élections.
En 1995, nous étions 42% de décidés. En 2014, nous ne sommes plus que 28 %. Les autres ? Ceux et celles qu’on appelle les centristes, ce sont des gens qui doutent et qu’il faut respecter …et convaincre. (Pour les détails, ici.) 
Certains affirment qu’il y a 40% de Québécoises et de Québécois qui disent Oui dans les sondages. Il ne nous manquerait donc que 10% des électeurs, et le tour serait joué !
En fait, il n’y a qu’environ 33% qui disent vraiment oui, les autres sont des indécis répartis. Je ne vous conseille pas de vous lancer à l’attaque de l’adversaire avec des indécis dans vos rangs. Ils risquent de déserter à la première occasion ou de passer à l’ennemi.
Est-ce que cela signifie qu’il faut baisser les bras ? Tasser l’indépendance ? Devenir provincialistes ? Pas du tout. La situation était pire à la fin des années 1980 et, avec patience et constance, Jacques Parizeau a réussi à renverser la situation et nous conduire au résultat que l’on sait.
Avec mon Compte à rebours 2022, c’est exactement ce que je propose.
Notre tâche est d’élargir considérablement la base indépendantiste. La faire repasser de 28 à 40% de décidés et au-delà. Chez les jeunes, chez les aînés fédéralistes, dans la diversité québécoise, dans la région de Québec et en Beauce. En 24 mois ? Impossible. En six ans, absolument ! Si on voit la réalité en face, on peut la transformer. Ensemble, prenons le chemin des victoires.
[1] Dans l’œil de l’aigle, 6 avril 1990
Proposition #21 du candidat Jean-François Lisée
Le Québec ne manque pas de créativité ni de créateurs. Sa production culturelle par habitant est exceptionnelle, quels que soient les indices de comparaison utilisés.
Le problème de fond réside dans la petitesse du marché. Notre offre culturelle suffirait à assouvir la soif de 80 millions de consommateurs, qui pourraient ainsi en assurer la rentabilité. Il faut s’en réjouir et la soutenir. Mais nous sommes huit millions et nous refusons de diviser par dix la qualité et la quantité de nos produits.
L’intervention de l’État québécois en soutien de l’effort culturel a été, est et sera par conséquent un élément permanent de notre vie culturelle. Globalement, je propose de faire passer sur un horizon de 6 à 8 ans le budget de la culture de 1 à 2% du budget global de l’État. La question posée est de savoir quel est l’aménagement le plus porteur, le plus efficace, le plus équitable.
a) Agir sur la demande
Rien n’est plus important que de susciter en permanence, chez les Québécoises et les Québécois, le goût de la culture d’ici. Cela commence à l’école et se poursuit toute la vie durant. Les Québécois sont chanceux d’avoir à leur portée ce qui se fait de mieux en littérature, en chanson, en audio-visuel du monde entier.
L’offre culturelle québécoise doit, c’est normal, constamment regagner sa place chez le citoyen.
Cela dit personne, au Québec, ne devrait terminer ses études secondaires sans avoir une connaissance des « canons » de notre culture commune, une tâche qui reste à compléter. Déjà, les élèves et étudiants font des sorties culturelles fréquentes et les programmes de jumelage de créateurs avec les écoles sont importants et doivent être soutenus. Souvent, le milieu éducatif est le seul endroit où un jeune québécois sera en contact avec des activités culturelles (un concert, une exposition dans un Musée, un contact avec un écrivain, etc.) Ministre de l’éducation, Pauline Marois avait lancé cette plus grande présence de la culture dans nos écoles et il faut continuer en ce sens.
Mon collègue Alexandre Cloutier propose un « passeport culturel » sous forme de bon d’achat culturel de 50 $ pour les élèves de secondaire 3, 4 et 5 et pour les nouveaux arrivants. C’est un filon qui est utilisé ailleurs. Le gouvernement italien verse une somme de 750 $ de bons d’achat culturels à chaque citoyen pour son 18 e anniversaire.
Il faut se poser la question de l’efficacité de ces mesures et la nouvelle politique culturelle (promise dans la plateforme du PQ en 2014 et en voie d’élaboration par le gouvernement actuel) devra donner des pistes en ce sens.
Il est peut-être plus efficace de multiplier les activités culturelles au sein des institutions d’enseignement elles-mêmes, en faisant en sorte que les étudiants aient accès à moindre coût à des œuvres, des livres, des spectacles.
Par ailleurs il est certain que pour générer davantage de demande, il faut que l’offre soit disponible, donc pas seulement dans les grands centres.
Pour développer une véritable « culture de la culture », il faut qu’elle soit présente dans nos vies. Il faut généraliser les initiatives de vie culturelle locale, ancrée dans les quartiers, les villes et les villages du Québec. La culture au quotidien (fresques, spectacles de rue, etc) doit faire partie intégrante de la qualité de vie québécoise.
Les produits culturels, qu’ils soient créés dans les grands centres ou en région, doivent profiter d’une politique de circulation robuste et permanente.
Il faut ainsi favoriser l’accueil de spectacles et de produits culturels dans les régions du Québec – et celle des régions dans les grands centres. C’est déjà vrai pour la chanson et le théâtre, (dans les lieux de diffusion, comme les salles de spectacles que le gouvernement a consolidé et développé au fil des ans), il faut en assurer la permanence et la vitalité. Cela doit être aussi vrai pour les expositions, le livre, la création sous toutes ses formes.
b) Être présent par une promotion active et multiforme
Il est certain qu’une promotion plus active de nos produits culturels aurait un impact positif sur sa diffusion et, par conséquent, sur sa viabilité économique.
Alexandre Taillefer, entre autres choses président du CA du Musée d’Art Contemporain, écrivait récemment que la hausse de fréquentation de 300% du musée était directement attribuable à la hausse de 300% de son budget de publicité multi-média[1].
La machine hollywoodienne dispose de budget monstrueux de promotion de ses produits, en plus de la publicité gratuite générée par la soif inaltérable de potins sur ses stars.
Nous devons monter une stratégie de promotion à notre mesure, qui s’autofinancera grâce aux revenus ainsi générés. C’est vrai pour chaque volet de notre production culturelle.
Les sociétés d’état en culture dont le gouvernement s’est dotées depuis trente ans devraient réfléchir à associer leurs clientèles respectives : le Conseil des arts et des lettres du Québec, la SODEC, les musées nationaux (le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée de la civilisation, le Musée national des beaux-arts du Québec), Télé-Québec, la Place des Arts, le Grand Théâtre de Québec, etc.
D’autre part, il faut prioriser la diffusion à l’international, pour aider la vitalité de nos organismes de niveau international (pensons à nos compagnies de danse contemporaines ou encore à nos organismes musicaux dont une part importante de leurs revenus proviennent des activités internationales).
c) Défendre notre place sur les vitrines culturelles
Comment expliquer qu’en musique, 52% des ventes d’albums en magasin sont d’artistes locaux, mais seulement 30% dans les ventes d’albums numériques, puis 8% dans les ventes à l’unité ?[2]
C’est que les « vitrines électroniques » que sont les pages d’accueil de iTunes, Apple Music ou autres Spotify et Netflix ne font presque pas de place à la production québécoise. C’est une décision purement arbitraire, nullement fondée sur les goûts du public québécois.
Le ministre de la culture Gérald Godin avait forcé les Majors américains à offrir leurs films en français au Québec le jour de leur sortie. La ministre de la culture Louise Beaudoin avait forcé Microsoft à offrir immédiatement les versions françaises de ses logiciels au Québec. Le ministre de la culture d’un gouvernement que je dirigerais devra mener la bataille qui s’impose maintenant à nous :
En utilisant la loi 101, exiger des iTunes, Apple Music, Spotify, Netflix et autres distributeurs de culture de respecter, sur leur page d’accueil, la même proportion de contenu que celle imposée en ce moment à la radio : 65% (ce que j’amenderais plutôt pour dire francophone et québécois au sens large, y compris anglo-québécois). Les consommateurs auront évidemment accès à tout le catalogue et à tous les palmarès, mais la mise en vitrine doit respecter notre réalité culturelle, pas la faire disparaître.
De même, rien ne nous empêche d’imposer un plancher de films québécois aux distributeurs de cinéma. N’importe quelle visite dans un multiplex québécois démontre que quelques salles sont en permanence consacrées à des films américains mineurs (et parfois minables) et que leur remplacement par un film québécois de qualité n’aurait aucun impact négatif sur la rentabilité de l’entreprise.
Je propose également d’introduire sur les billets de cinéma une contribution culture de 0,25$ une première année qui montera à un dollar la quatrième année, pour une contribution récurrente de 20 millions $ qui sera reversée au financement du cinéma québécois.
d) Le cas Netflix, le commerce en ligne et autres dilemmes
Une grande partie de la consommation culturelle se fait désormais, et se fera encore davantage, sur demande et en ligne. Puisque les distributeurs de cette offre à la carte sont pour l’essentiel américains, on constate une distorsion majeure en faveur de la production américaine et l’absence de tout revenu de taxation pour le trésor québécois.
Promouvoir le contenu local et les revenus dans ce nouveau contexte sera un des grands enjeux des prochaines années. Le ministère des Finances estime que la non-taxation des produits pour l’ensemble du commerce en ligne le prive de quelque 165 millions $ par an. Le Québec n’est pas dépourvu de moyens d’action.
J’appuie les propositions que mon collègue Alexandre Cloutier a faites en ce sens[3] :
La Loi sur la taxe de vente du Québec ne comprend aucune notion relative au commerce électronique et aux biens numériques. En y inscrivant qu’un site web transactionnel accessible au Québec constitue une exploitation d’entreprise, à partir d’un certain seuil d’activité, les entreprises seraient tenues de percevoir la TVQ sur leurs ventes en ligne.
Le Québec pourrait aussi exiger des sociétés administrant les transactions financières – les compagnies de cartes de crédit, PayPal, etc. – qu’elles collectent directement la TVQ sur le commerce électronique.
Le cas de Netflix
Combien de Québécois sont abonnés à Netflix ? C’est un mystère, mais les spécialistes l’estiment à quelque part entre 500,000 et un million et en progression constante. L’abonnement étant de 7,99$ par mois, soit environ 100 dollars par an, Netflix sort du Québec des revenus totaux variant entre 50 et 100 millions de dollars chaque année.
En seule matière de TVQ, le manque à gagner se situe autour de 7,5 millions de dollars par an.
On peut, là aussi, considérer Netflix comme une exploitation d’entreprise et chercher la juste part de taxation en modifiant la loi sur la taxe de vente québécoise. Cependant le rôle de l’État ne se limite pas à son pouvoir de taxation et de réglementation. Il est aussi un acteur important pour modifier les comportements des entreprises.
Netflix a commencé à faire de la production locale dans des pays où il s’est implanté, comme en France. Au Québec, contrairement à son concurrent local Illico qui investit dans la production locale, Netflix n’a pas dépensé un sou.
Élu, je donnerais au ministre de la culture mandat de proposer à Netflix une entente de réinvestissement dans la production de contenu local, à la hauteur d’un niveau mutuellement agréé de son revenu québécois.
J’étendrais cette pratique aux autres distributeurs du genre, le cas échéant.
e) Publicité et doublage
L’industrie publicitaire québécoise a connu un âge d’or, mais souffre aujourd’hui d’un déclin préoccupant. À l’écran, les téléspectateurs québécois sont aujourd’hui soumis à des publicités anglophones post-synchronisées.
La loi québécoise permet déjà d’encadrer la publicité, en interdisant notamment la publicité télé destinée aux moins de 13 ans, via la loi de protection du consommateur. Élu, je verrai comment on pourra interdire les publicités post-synchronisées, au moins pendant les périodes de grande écoute, ainsi que la trop grande répétition d’une même publicité pendant une même plage horaire.
L’industrie du doublage passe également un moment difficile et doit être mieux soutenue.
e) Un Musée de l’histoire nationale du Québec
N’est-il pas étonnant qu’une nation vieille de 400 ans ne possède pas de Musée de son histoire nationale ? Le Musée de la civilisation à Québec, en particulier, et plusieurs autres institutions jouent déjà un rôle essentiel pour valoriser notre histoire, mais il faut aller plus loin.
Élu, j’ouvrirai ce chantier important, en collaboration avec le réseau des Musées existants, le ministère de l’éducation, les sociétés d’histoire locales et régionales, de plus en plus actives au Québec, Télé-Québec. Le Musée de l’histoire nationale du Québec existera sur la toile, dans des expositions itinérantes, dans des activités auprès de tous les publics. Aura-t-il un jour pignon sur rue ? Ce sera un débat pour un autre mandat. Conjuguons d’abord nos forces.
f) Une vraie politique de commémoration
Cet automne doivent se tenir des États généraux sur la commémoration de l’histoire québécoise, sous l’égide du Mouvement national des Québécois.
Ce travail est essentiel tant pour mettre en valeur le patrimoine historique québécois que la façon dont nos fêtes nationales et thématiques sont soutenues – ou non – par l’État.
Le sous-financement de la Fête nationale par l’actuel gouvernement libéral est, à cet égard, scandaleux. L’absence de tout représentant du gouvernement lors de la marche du 24 juin de 2016 est également inexcusable.
Avec la généralisation du nouveau cours d’histoire au secondaire, l’introduction du cours d’histoire au Cégep, la remise sur pied des cinq chaires d’études sur la société québécoise (trois mesures amorcées par le gouvernement Marois, abolies dans les six premiers jours du gouvernement Couillard et que je remettrais en œuvre dans les six premiers jours de mon gouvernement) une politique de commémoration et de mise en valeur du patrimoine historique doteront le Québec d’un véritable respect pour son histoire et donneront enfin au sens à la devise « Je me souviens ».
[1] https://voir.ca/chroniques/de-la-main-gauche/2016/07/18/la-culture-est-une-marque-de-yogourt/
[2] http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/culture/bulletins/optique-culture-47.pdf
[3] http://alexandrecloutier.quebec/mettre-fin-aux-passe-droits-fiscaux/
Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne
Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.
Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.
Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès
Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins
Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité
Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional
Proposition #6: Identité : La concordance culturelle
Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat
Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable
Proposition #9: Compte à rebours 2022 !
Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !
Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture
Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !
Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »
Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions
Proposition # 21: Pour une vraie culture de la culture au Québec
Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole
Proposition # 23: L’information, un service essentiel
Proposition #18 du candidat Jean-François Lisée
Le point de départ de ma réflexion en matière d’agriculture, et plus largement d’alimentation, est qu’il ne s’agit pas d’un simple marché. Ces secteurs développent des produits essentiels – tout comme l’eau ou l’électricité – et ont un impact majeur sur l’aménagement du territoire, le mode de vie et le bien-être. Pour cette raison, un discours simpliste souhaitant imposer sans plus réfléchir le libre marché dans le secteur de l’agriculture et l’agroalimentaire néglige son caractère stratégique pour le Québec. Le deuxième principe qui guide de ma réflexion est la nécessité pour les agriculteurs de pouvoir compter sur un environnement stable, durable et prévisible, où l’État intervient pour garantir un système solide de partage des risques.
Je souhaite ainsi m’inscrire dans la continuité de l’action des gouvernements du Parti Québécois. D’abord, il y a eu les grandes avancées de René Lévesque et de Jean Garon qui, avec le zonage agricole, ont créé un garde-fou sur la spéculation des terres. Puis, avec Lucien Bouchard, nous avons créé la Financière agricole qui a été un progrès considérable. Finalement, François Gendron avec la politique de souveraineté alimentaire fixait des orientations pertinentes et largement acceptées, mais le gouvernement libéral a malheureusement mis cette politique de côté, sans la remplacer par d’autres orientations. Il faut dire que l’absence d’orientation est la marque de commerce du Parti libéral dans le domaine agroalimentaire, comme dans tant d’autres dossiers. Tous les pays dans le monde soutiennent leur agriculture et le Québec ne doit pas faire exception à cette règle.
1.Rétablir une prévisibilité financière pluriannuelle pour les agriculteurs
Le premier engagement de gouvernement que je dirigerais serait de rétablir une certaine prévisibilité financière pour les agriculteurs. Depuis son retour au pouvoir, le Parti libéral a non seulement coupé dans la Financière agricole du Québec, mais a transformé une enveloppe qui était négociée sur cinq ans à une enveloppe qui doit être renouvelé chaque année. C’est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire et je m’engage à rétablir une prévisibilité pluriannuelle du financement de la Financière agricole. Cela est d’autant plus important compte tenu des impacts des changements climatiques et de la multiplication des épisodes de climat extrême qu’il provoque.
Par ailleurs, je crois qu’il faut penser au-delà de cet enjeu et ouvrir une discussion sur le partage du risque associé au taux de change, auquel toutes les entreprises exportatrices sont exposées. En tant qu’ancien ministre du Commerce international, j’ai été sensibilisé à cet enjeu qui concerne de nombreuses entreprises autant dans la production et la transformation. Au Québec, si on a perdu nos abattoirs dans l’industrie bovine, c’est parce que le dollar canadien – gonflé artificiellement par le pétrole – nous a rendu moins compétitif. Je veux réfléchir à la façon dont le gouvernement québécois peut aider. Évidemment, il ne s’agit pas pour l’État de prendre la totalité du risque, mais bien de trouver des façons d’atténuer les chocs découlant des montagnes russes du dollar canadien.
Un deuxième enjeu qui me préoccupe est l’accaparement des terres agricoles. Le Québec se trouve en ce moment dans un processus rapide des transferts de propriétés et il faut éviter que la spéculation vienne soustraire aux jeunes la possibilité d’établir de nouvelles entreprises agricoles. Le Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA) a été créé précisément pour favoriser l’accès à la terre chez les jeunes agriculteurs, notamment à travers son programme de location-achat. Doté initialement de 75 millions de dollars, le programme ne répond cependant pas à la demande actuelle. Je crois qu’il faut réfléchir à un FIRA+ qui permettrait de financer tous les bons dossiers. Il faut aussi établir une transparence dans les transactions afin de voir dans quelle mesure la valeur des terres est affectée par la spéculation et qui sont les acheteurs.
Quelque 900 jeunes par an sortent de formation collégiale et universitaire liées à l’agriculture. Il faut donner des outils à cette formidable relève.
J’ai déjà eu l’occasion de dire pendant la campagne que je souhaitais être le premier ministre des petites entreprises. Bien sûr, il faut une réglementation solide pour protéger la qualité des aliments et les droits des travailleurs, mais il faut aussi tenir compte de la réalité des petites entreprises. Je propose que l’encadrement réglementaire tienne compte des différences entre les petites et les grandes entreprises, que ce soit dans la production ou la transformation alimentaire. Les petits producteurs et les producteurs artisanaux devraient avoir accès à une réglementation allégée. Je suis conscient que cet enjeu est délicat, mais il en va de la rentabilité de beaucoup de nos petits producteurs et de leur capacité à se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire de leur capacité à développer de nouveaux produits innovateurs.
Un autre engagement que je souhaite prendre est de renforcer le développement de « circuits courts » en alimentation en s’appuyant sur le secteur public : hôpitaux, CHSLD, CPE, écoles ou établissements d’enseignement supérieur. Les distributeurs agroalimentaires québécois sont présentement en train de perdre des parts de marché au profit de distributeurs américains qui importent du contenu non québécois. Les avantages du Québec sont pourtant considérables, avec une production riche et diversifiée, et il existe des raisons écologiques et économiques fortes de favoriser les produits locaux. Québec doit respecter les accords internationaux, mais il doit aussi tenir compte du fait que les entreprises québécoises ont parfois à respecter une réglementation environnementale plus strictes que leurs consoeurs américaines.
Ne serait-il pas possible, par exemple, d’obliger les distributeurs à inclure un important pourcentage de contenu québécois, comme on le fait dans d’autres domaines ? Il faut conserver une saine concurrence entre les producteurs et les distributeurs, bien sûr, mais je souhaite qu’on se mette au travail pour déterminer un cadre équitable où les produits québécois vont être privilégiés.
Je veux aussi soutenir l’agriculture urbaine qui se multiplie dans chacune de nos villes, faire en sorte que les cuisines institutionnelles qui sont souvent abandonnées le soir dans nos écoles puissent être utilisées par les initiatives de cuisines collectives pour inciter à de meilleures habitudes de vie avec des produits d’ici. Il y a tant à faire !
Je reprendrai notre politique de Souveraineté alimentaire.
Avec François Gendron, le Parti Québécois avait annoncé une entente avec Hydro-Québec afin de mieux soutenir l’agriculture en serre. Il suffisait de la mettre en œuvre. Avec les importants surplus d’Hydro-Québec, je crois qu’il est important de la relancer. Depuis plusieurs années, les producteurs de serre demandent qu’on leur accorde un tarif préférentiel afin de réduire leur coût d’exploitation. Le Québec souffre d’un retard important face à l’Ontario, où les producteurs en serre ont accès à du gaz naturel à très bon prix. Comme nous le faisons avec les alumineries, je propose d’accroître substantiellement la production des serres québécoises et la disponibilité des légumes québécois à l’année en facilitant l’accès des producteurs à un tarif biénergie très compétitif.
Sur le bois d’œuvre, la politique américaine en est une d’intimidateurs. À chaque cycle, ils utilisent leur pouvoir afin d’extraire des concessions supplémentaires aux producteurs canadiens. Notre difficulté est que notre position est très différente, et à certains égards, contradictoire, de celle des producteurs de Colombie-Britannique. Et nous avons un gouvernement canadien pour qui ce n’est pas une priorité. Si le gouvernement canadien avait mis sur le dossier du bois d’œuvre un pour cent de l’énergie qu’il a mis à essayer de vendre le pétrole bitumineux dans le projet McKenzie, cela serait probablement réglé depuis longtemps.
Ce dossier est en soi un des meilleurs arguments pour l’indépendance. Il serait plus efficace d’être face à face avec les américains et de négocier nous-mêmes nos ententes. Évidemment, la seule stratégie qui fonctionne avec les américains, c’est d’avoir des alliés sur le marché américain qui veulent avoir accès à notre bois d’œuvre contrairement aux producteurs.
Les transformateurs et les consommateurs américains doivent être avec nous pour faire leurs pressions sur leur gouvernement. Et pour cela, il nous faut une diplomatie active. En ce moment, on ne le joue pas du tout. Le gouvernement Couillard depuis 2 ans démantèle la présence québécoise à l’étranger et aux États-Unis, réduit les budgets, réduit le nombre de gens qui défendent nos intérêts. Alors, ensuite il ne faut pas se surprendre que notre voix ne soit pas entendue et que notre réseau d’alliés ne soit pas constitué. Mon expérience à titre d’ancien correspondant à l’étranger et ancien ministre du commerce extérieur m’indique que nous ne sommes pas là. Les intérêts du Québec aux États-Unis ne sont pas correctement défendus. Je ne les vois pas exiger du gouvernement fédéral de mettre la diplomatie canadienne à notre service. Chaque diplomate est payé, 1/5 de sa journée, c’est nous qui le payons. Est-ce qu’on pourrait avoir juste 1/5 du service?
On a lancé en 2013 un programme de 35 millions de dollars. Il a été épuisé en une année pour une centaine de projets et il n’a pas été renouvelé. C’est pourtant complètement structurant, c’est bon pour la forêt, bon pour le travail, pour l’environnement Les projets existent, et cela remplace le mazout dans les industries. Un gouvernement qui se vante de faire du transfert technologique, du transfert écologique et qui ne remet pas ce programme-là en ligne, cela n’a pas de sens. Ce serait une priorité à le remettre et à l’étendre. Tant qu’il y a de la demande, il faut y répondre. C’est notre transition écologique. Au lieu de prendre du pétrole ou du mazout étranger, on utilise notre biomasse forestière résiduelle.
Une des belles choses que j’ai vues quand j’étais ministre du commerce extérieur, c’est la qualité de notre bois, son caractère écologique. Le bois québécois est considéré comme plus résistant aux intempéries.
Le Québec doit être une vitrine pour cela. Le gouvernement québécois doit faire en sorte que ses nouvelles constructions mettent le bois en évidence lorsqu’il construit lui-même ses édifices, ses écoles. Le bois, c’est beau, chaleureux, écologique et c’est bon pour notre économie. C’est la voie à suivre.
Ces propositions constituent la première d’une série d’engagements forts pour relancer l’économie québécoise. Au cours de la campagne, j’aurai l’occasion de dévoiler d’autres volets de mon projet, notamment pour les PME, les régions, l’innovation et l’exportation.
Vous êtes plutôt d’accord ?
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Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.
Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.
Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès
Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins
Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité
Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional
Proposition #6: Identité : La concordance culturelle
Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat
Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable
Proposition #9: Compte à rebours 2022 !
Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !
Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture
Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !
Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »
Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions
Proposition # 21: Pour une vraie culture de la culture au Québec
Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole
Proposition # 23: L’information, un service essentiel
Proposition #17 du candidat Jean-François Lisée
On s’appesantit beaucoup sur les carences de notre système d’éducation supérieure. Il y a beaucoup à faire pour l’améliorer, c’est sûr, et je présente ici plusieurs propositions en ce sens.
Mais cette insatisfaction permanente ne doit pas cacher un fait réel : nous avons construit au Québec, avec les Cégeps, notre réseau universitaire et nos instituts de recherche, un outil remarquable qui dame régulièrement le pion à nos concurrents étrangers en termes d’attractivité des étudiants, d’obtention de budgets de recherche, de qualité de nos diplômés.
Je ne proposerai donc pas seulement ici des bonifications d’un réseau qui a déjà fait ses preuves. Non, je compte au contraire fixer pour notre éducation supérieure un objectif plus ambitieux que la simple réparation des tuyaux qui coulent et des dégâts causés par les quatre ministres libéraux qu’elle a récemment subis.
Je souhaite qu’en quelques années, l’enseignement supérieur québécois devienne le pôle d’attraction privilégié de la jeunesse francophone du monde.
Comment ? En appliquant ces quelques principes que je développerai ensuite
Cette proposition permettra d’augmenter l’attractivité du Québec et la vitalité de nos institutions d’enseignement tout en générant pour l’économie québécoise une arrivée constante de jeunes néo-québécois dont la qualité du diplôme ne fera aucun doute. Ces étudiants s’inscriront dans les programmes existants, donc dans les places disponibles au Québec, y compris en région.
Mes propositions en détail :
Depuis 2003, la principale réalisation du gouvernement libéral en matière d’enseignement supérieur a été de plonger le Québec dans une crise sociale sans précédent. La crise étudiante de 2012 ne venait pas de nulle part, mais résultait d’une décennie de laisser-aller libéral dans les collèges et les universités. Alors que les étudiants s’appauvrissaient, le développement des réseaux universitaires et collégiaux était laissé sans direction, soulevant des questions sur la façon dont les priorités y étaient définies et l’argent dépensé. Comme ministre de l’Enseignement supérieur, mon collègue Pierre Duchesne a réussi à réparer en partie les pots cassés et à définir des orientations pertinentes pour l’avenir, mais le retour au pouvoir des libéraux a coupé court aux réformes importantes qu’il avait lancées et replongé l’enseignement supérieur dans le néant.
Un gouvernement sous ma direction offrirait de nouveau à nos collèges et universités une direction claire. Deux enjeux me semblent absolument prioritaires : consolider la position financière des étudiants et assurer un développement cohérent du système d’enseignement supérieur.
A. Mettre fin à la précarisation des jeunes
Pendant la crise étudiante, nombreux sont ceux qui ont accusé les étudiants protestataires d’être des enfants gâtés. Ce n’était pas mon avis et ce ne l’est toujours pas. Je suis convaincu que le grand défi de notre époque est la croissance des inégalités et la précarisation de la situation financière de plusieurs groupes dans la société, dont les jeunes. On dit souvent que les étudiants proviennent de milieu socio-économique favorisé et qu’ils gagneront davantage grâce à leurs études. Ce n’est pas complètement faux, mais la réalité est que l’arrivée sur le marché du travail est difficile pour plusieurs jeunes qui doivent composer avec la précarité, les stages non rémunérés et les horaires atypiques. Ce n’est pas seulement le cas dans les disciplines réputées moins « payantes », mais même dans des domaines qui garantissaient autrefois l’accès à un emploi stable et bien rémunérés. Inutile de le nier : le monde est devenu davantage incertain et cette incertitude frappe démesurément les jeunes. Il sera impossible de corriger entièrement la situation en quatre ans, mais il faut donner un sérieux coup de barre.
Depuis 20 ans, les dépenses reconnues par l’AFE pour couvrir les coûts du logement, de la nourriture, des vêtements, du transport ou de la connexion internet ont augmenté à pas de tortue. En 1993-1994, ils s’élevaient à 7 864$. En 2013-2014, ils étaient passés à 8 963$, soit une augmentation 14 %, alors que l’inflation avait progressé pendant la même période de 44 %. Vivre avec moins de 10 000 dollars par année dans des villes comme Montréal ou Québec – où un étudiant doit compter 400 $ ou 500 $ par mois pour se loger – est tout un défi, ce n’est pas un hasard que de plus en plus d’étudiants travaillent de longues heures, compromettant leur réussite scolaire.
Rattraper d’un seul coût l’inflation des vingt dernières années serait prohibitif, soit entre 200 et 300 millions de dollars. Je m’engage néanmoins à faire un progrès très important dans cette direction, en réévaluant les dépenses admises en fonction du coût de la vie réel. Par ailleurs, comme les fédérations étudiantes, je considère que les 80 millions de dollars transférés d’Ottawa à la suite de la bonification du programme fédéral de prêts et bourses devraient servir immédiatement à bonifier l’AFE, en ciblant les besoins les plus pressants. (Ce à quoi se refuse pour l’instant le gouvernement Couillard.)
Les droits de scolarité des étudiants universitaires québécois s’élèvent aujourd’hui à 2 328$ par année pour des études à temps. Les abolir complètement coûterait autour de 500 millions de dollars. Je propose plutôt de cheminer vers ce que j’appelle depuis quatre ans[1] la « gratuité effective » en commençant par les étudiants les moins fortunés. Je demanderai ainsi que les droits de scolarité ne soient plus traités comme une dépense admise dans le cadre du programme de prêts et bourses, mais soient remboursés à l’aide d’un crédit d’impôt remboursable dès le début de l’année scolaire. Ce système serait équivalent au crédit d’impôt remboursable pour frais de garde d’enfants déjà en place.
Pour l’instant, les étudiants venant de ménages dont le revenu est de moins de 52 000$ reçoivent des bourses qui excèdent le montant des droits de scolarité. Je propose dans un premier temps, le crédit offrirait un remboursement complet des droits de scolarité pour tous les étudiants provenant d’un ménage dont les revenus sont inférieurs à 75 000$, puis un remboursement à taux dégressif pour les ménages à revenu plus élevé. Les ménages dont les revenus sont supérieurs à 115 000$ continueraient de payer les droits entiers.
Graduellement, dans un second mandat et à mesure que les sommes seront disponibles, les paramètres seraient élargis pour atteindre l’objectif d’exempter de frais de scolarité tous les étudiants provenant de ménages touchant moins que le revenu médian (deux parents, deux enfants) qui se situe actuellement à 115 000$ mais qui évoluera dans le temps.
B. Réinvestir durablement en innovation et en recherche
Le gouvernement Marois avait réussi le tour de force d’unir la totalité des milieux de la recherche, universitaire et d’entreprise, autour d’un plan ambitieux d’investissement.
Un gouvernement que je dirigerais reprendrait ce plan qui nécessite très peu d’adaptation
Une Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI) doit viser à ce que le Québec consacre 3% de son PIB à la recherche et au développement (plutôt que 2,7% en ce moment), une condition essentielle d’une prospérité durable.
1) La Politique priorisera sept domaines stratégiques pour lesquels le Québec dispose d’entreprises fortes et reconnues, de main-d’œuvre qualifiée et de chercheurs de renom. Il s’agit de l’aéronautique, du bioalimentaire, des biotechnologies, des énergies renouvelables et de l’électrification des transports, des industries créatives, des soins de santé personnalisés ainsi que des technologies de l’information et des communications.
2) Un horizon pour cinq ans
La base budgétaire de la Politique nationale de la recherche et de l’innovation doit s’étendre sur cinq ans. Cette vision à plus long terme permettra d’assurer la pérennité du financement de la recherche aux universités, aux centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT), aux Fonds de recherche du Québec ainsi qu’aux divers organismes et centres de recherche, une demande de longue date de ces milieux.
3) Budget des Fonds de recherche du Québec stabilisé pour les cinq prochaines années
Le gouvernement réitère son appui aux Fonds de recherche du Québec et garantit la protection de leurs budgets pour les cinq prochaines années. La base budgétaire des fonds sera majorée de 25 %.
4) Bonification de l’enveloppe pour la recherche au collégial et les CCTT à 100 M$
Des sommes sont réservées dans la PNRI afin de rehausser le budget consacré aux Centre collégiaux de transferts technologiques liés aux Cégeps (CCTT) pour leur fonctionnement et pour la mise en place de trois nouveaux centres. En ce sens, les enveloppes budgétaires des CCTT se verront bonifiées de 10 % sur trois ans. Le potentiel des retombées des activités de recherche collaborative des CCTT est immense. C’est pourquoi la Politique nationale de la recherche et de l’innovation souhaite miser sur ces acquis pour stimuler encore davantage la synergie entre les chercheurs, les entreprises et les milieux de pratique.
5) Recherche dans les universités : 340 M$
Faisant suite à un engagement pris lors du Sommet sur l’enseignement supérieur, la PNRI soutiendra davantage la recherche universitaire, soit 340 millions de dollars additionnels au cours de cinq années.
6) Le remboursement des coûts complets de la recherche
La PNRI apporte des solutions concrètes et à long terme aux frais indirects de recherche (FIR) en ajoutant 286 millions de dollars au réinvestissement de 340 millions de dollars pour assumer les coûts complets de la recherche. Contrairement au gouvernement fédéral, le gouvernement québécois s’acquittera de la totalité des FIR découlant de projets de recherche parrainés dans les universités par les ministères et les organismes québécois. Le remboursement complet des FIR sera avantageux à la fois pour les chercheurs, les universités, les CCTT et les centres de recherche universitaires en santé.
(Pour des éléments de la PNRI sortant du champ de l’enseignement supérieur, voir en Annexe)
C. Renforcer l’attraction et la rétention des étudiants étrangers dans les établissements francophones.
De nombreux étudiantes et étudiants étrangers étudient déjà au Québec, mais il est possible de faire mieux, notamment dans les universités francophones et à l’extérieur de Montréal. Je souhaite proposer un contrat d’attractivité pour les étudiants étrangers qui viendraient étudier au Québec.
D’abord, l’organisation du recrutement d’étudiants à l’étranger par le gouvernement québécois et ses universités et Cégeps établissements d’enseignement supérieur manque de coordination, ne dispose pas d’une image de marque suffisamment distinctive et souffre de la volonté du gouvernement du Canada de prendre la place du Québec dans ce champ de compétence québécois.
Ensuite, les droits de scolarité exigés des étudiants de l’extérieur du Québec varient considérablement selon leur origine. Un étudiant indien venant d’une famille désargentée paiera davantage qu’un fils de chef d’entreprise du Sénégal. Un étudiant haïtien de milieu modeste, même s’il bénéficie d’une exemption, n’aura pas les moyens d’étudier au Québec, quelle que soit la qualité de son dossier scolaire.
Il faut, à mon avis, tout remettre à plat pour introduire une réforme majeure mais lisible de l’offre québécoise, afin de viser à la fois l’attraction d’étudiants et de chercheurs en provenance de la francophonie ou francophiles et de viser la reconnaissance du Québec comme pôle d’excellence doté d’un système d’enseignement en français et, au surplus, d’établissements anglophones d’excellence.
Le Québec devrait lancer un programme destiné à tous ceux et celles qui veulent étudier en français au Québec, de quelque nation qu’ils soient, de France, du Canada hors Québec, d’Afrique ou d’ailleurs.
Dans un modèle simplifié s’inspirant du régime québécois des prêts et bourses (et d’une grande école française, Sciences Po), le gouvernement du Québec recevrait les demandes d’inscription et accorderait à un étudiant, selon l’excellence de son dossier scolaire et selon son niveau de revenu et celui de ses parents :
Ces sommes seraient accordées jusqu’à concurrence du budget total consacré à l’accueil des étudiants étrangers. L’opération ne coûterait donc pas un sou de plus que ce qu’il en coûte actuellement à l’État. Mais en modulant les sommes en fonction des besoins des étudiants, ces derniers seraient plus nombreux à recevoir une aide financière. Ainsi :
Ce n’est pas tout. Je ferais en sorte d’inviter ces étudiantes et étudiants à rester au Québec après avoir obtenu leur diplôme en appliquant une formule que j’avance depuis quelques années. Tout étudiant étranger qui a payé davantage qu’un étudiant québécois pour ses études se verrait rembourser graduellement ce supplément, sur une durée de plusieurs années, par un crédit d’impôt sur son revenu. Une raison de plus de rester parmi nous.
D. Développer un système cohérent centré sur la qualité
La crise de 2012 a été déclenchée par la décision du gouvernement Charest d’augmenter substantiellement les droits de scolarité, mais elle avait une cause plus profonde : le monde de l’enseignement supérieur est profondément divisé. Les tensions sont nombreuses : la multiplication des campus délocalisés, les investissements dans les nouveaux bâtiments, le salaire des recteurs, la compétition pour la « clientèle » étudiante et la multiplication des programmes aux finalités plus ou moins claires, la dévalorisation de l’enseignement (surtout au premier cycle) face à la recherche de pointe, etc. La crise a révélé de profonds désaccords entre les étudiants, les enseignants et les administrateurs sur le développement du système collégial et, encore davantage, universitaire.
Nous avions annoncé en 2013 la mise sur pied d’un Conseil des universités qui aurait aidé le gouvernement à y voir plus clair afin de dénouer ces tensions. Après avoir mis le projet sur la glace, le gouvernement l’a récemment repris, mais sans annoncer de priorités claires. Les miennes le seraient :
Au Québec, les universités et collèges sont financés en fonction du nombre d’inscrits. Cela a pour effet de favoriser une « course aux effectifs » entre les programmes et les établissements. Il est impossible de ne pas tenir compte du nombre d’inscrits pour établir le financement, mais il faut prendre des mesures pour réduire la pression. Je propose de reprendre l’idée, qui avait été avancée par le dernier gouvernement du Parti Québécois, d’introduire un « corridor » à l’intérieur duquel les variations d’effectifs ne se traduiraient pas automatiquement par une variation de revenu. Du même souffle, je crois qu’il faut simplifier considérablement les systèmes de financement des universités et collèges, où les enveloppes particulières se sont multipliées au fil des années, se traduisant par une reddition de compte déraisonnablement lourde pour les administrateurs.
La course aux effectifs incite les établissements à recruter toujours plus d’étudiants, mais pas nécessairement à s’en occuper mieux. Il se crée énormément de programmes, notamment des programmes courts, aux finalités plus ou moins claires et qui ne font l’objet d’aucun suivi. Plusieurs établissements ne savent pas ce que leurs étudiants pensent de leur programme, comment celui-ci a répondu ou non à leurs attentes, et ce qui leur arrive par la suite. Le gouvernement n’a pas à faire la micro-gestion des formations, mais il doit s’assurer que la qualité de la formation postsecondaire est une priorité. Il doit soutenir le développement d’une culture de la rigueur, où les établissements font un suivi minutieux de leurs programmes d’études, définissent des objectifs d’apprentissage clairs et appliquent une « approche programme » à l’avantage de l’étudiant. Certains établissements ont développé des pratiques exemplaires, mais il reste à s’assurer que celles-ci soient partagées par tous.
Les établissements collaborent parfois entre eux, mais beaucoup moins qu’ils ne le devraient. Les passerelles DEC-BAC devraient être beaucoup plus nombreuses, les programmes conjoints également, notamment dans un monde où les nouvelles technologies permettent de nouvelles possibilités de formation à distance ou hybride. La collaboration entre les établissements offre un potentiel immense pour améliorer la pertinence et la cohérence de l’offre de formation partout sur le territoire. Je veux faire en sorte que les établissements gagnent à travailler ensemble.
Soutenir la collaboration entre les établissements et la cohérence de l’offre de formation permettra d’atteindre un autre objectif : offrir un enseignement de qualité sur tout le territoire du Québec. Plusieurs initiatives existent déjà, par exemple le groupe Collegia issu d’une collaboration entre les cégeps de la Gaspésie et des Îles, de Matane et Rivière-du-Loup, qui mise notamment sur la reconnaissance des acquis, les nouvelles technologies et la formation à distance. Il faut soutenir de telles initiatives et d’autres encore. Il faut également accorder l’exclusivité ou la quasi-exclusivité de programmes d’études techniques à des collèges, notamment ceux aux prises avec la baisse de leur effectif, et assurer la survie d’une offre de programmes de base dans toutes les régions du Québec. Finalement, il faut modifier la Loi sur les établissements privés pour éviter la concurrence de collèges privés non subventionnés qui offrent des programmes techniques sans tenir compte de l’impact sur autres établissements.
E. Les autres enjeux
Le soutien financier aux étudiants et la cohérence de l’offre de formation seront mes deux priorités, mais mon gouvernement agira également sur d’autres fronts, notamment :
J’ai toujours été convaincu du rôle crucial de la formation générale dans le développement chez les jeunes québécois d’un esprit critique, dans la maitrise de la langue et dans la transmission des acquis de la culture. Un gouvernement que je dirigerais réaffirmerait l’importance de la formation générale, à laquelle il ajouterait un cours d’histoire du Québec contemporain, qui remplacerait un des deux cours complémentaires offerts actuellement. Ce cours renforcerait chez les collégiens la compréhension du contexte social et démocratique au sein duquel ils doivent s’inscrire comme citoyen. Je laisserais en revanche intouché la place des autres disciplines de la formation générale (philosophie, littérature, éducation physique et langue seconde), tout en consultant les enseignants de ces disciplines sur la pertinence d’une actualisation du contenu de la formation générale, qui n’a pas été révisée depuis un certain temps.
Depuis une quinzaine d’années, le nombre de jeunes Québécoises et Québécois qui poursuivent leurs études jusqu’au doctorat est en croissance rapide. C’est une très bonne nouvelle puisque notre société a besoin de jeunes chercheurs pour soutenir l’innovation. Cette croissance pose cependant un problème particulier : alors qu’à une autre époque, la plupart des nouveaux docteurs pouvaient aspirer à devenir professeur d’université, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Une majorité de jeunes docteurs travailleront à l’extérieur de l’université : entreprise privée, économie sociale, gouvernement, etc. Si plusieurs d’entre eux finissent par laisser leur marque, la transition est parfois difficile. Plusieurs observateurs le soulignent depuis longtemps : la formation doctorale n’est pas suffisamment adaptée aux défis à l’extérieur de l’université et les institutions tardent à l’ajuster. Mon gouvernement soutiendra les universités dans la réforme du doctorat, afin que les jeunes qui poursuivent des études avancées acquièrent les compétences et expériences qui les préparent à la vie après l’université.
Une des façons de mieux tirer profit des jeunes docteurs est de renforcer les liens entre les universités et le secteur public. Plusieurs chercheurs souhaitent contribuer davantage à l’évolution des politiques et plusieurs ministères et organismes publics ont cruellement besoin d’innovation. Je souhaite donc lancer une initiative à plusieurs volets afin de soutenir l’innovation au sein du gouvernement. Cette initiative inclurait ainsi :
Comme je l’ai indiqué dans une proposition précédente (Un Québec riche de son équité), je m’engage à mettre un frein à la spirale des hauts salaires. Le secteur public doit donner l’exemple : Sous mon gouvernement, la rémunération de tous les employés de l’État sera limitée à un montant fixé 10 % en-dessous de la rémunération du Premier ministre (qu’on évalue à environ 250 000$ en incluant les avantages). Cette norme s’appliquera aux hauts fonctionnaires, mais aussi aux PDG d’Hydro-Québec, d’Investissement Québec, de la SAQ, de Loto-Québec, etc.
Les recteurs et les cadres supérieurs des universités : Depuis des années, la rémunération des recteurs et cadres supérieurs des universités soulève à très juste titre l’indignation des Québécois. Ce n’est pas le cas dans le réseau de l’Université du Québec, où elle est étroitement encadrée, mais dans les « universités à charte ». Ces universités prétendent que ces rémunérations exagérées sont motivées par la compétition entre grandes universités nord-américaines pour les talents des gestionnaires. Or il n’existe pas un seul cas où un de nos recteurs a été happé par une grande université américaine.
Ils seront donc assujettis à la même règle que le reste de la fonction publique.
ANNEXE
Les grandes lignes de la Politique nationale de la recherche et de l’innovation en dehors de l’enseignement supérieur.
Ce plan comprend:
– un nouvel outil qui offrira une aide financière et technique aux PME désireuses d’entreprendre le dépôt d’une première demande de brevet. La PNRI bonifie le soutien aux entreprises technologiques en démarrage. Elle lance un programme de premier emploi en recherche pour les finissants des collèges et universités. Des mesures touchent également la valorisation et le transfert des résultats de la recherche ainsi que les pôles d’excellence de calibre international développés par les entreprises.
– Les collaborations avec les équipes de chercheurs internationaux doivent être un élément important de la PNRI. Par exemple, le Réseau recherche innovation Québec sera créé; il favorisera une meilleure communication et établira des liens étroits entre les chercheurs, les organismes et les entreprises. Ce réseau bénéficiera entre autres de la plateforme QuébecInnove. Un soutien bonifié sera également accordé aux différents regroupements sectoriels de recherche industrielle pour favoriser la synergie entre chercheurs et industriels.
– La Politique priorisera sept domaines stratégiques pour lesquels le Québec dispose d’entreprises fortes et reconnues, de main-d’œuvre qualifiée et de chercheurs de renom. Il s’agit de l’aéronautique, du bioalimentaire, des biotechnologies, des énergies renouvelables et de l’électrification des transports, des industries créatives, des soins de santé personnalisés ainsi que des technologies de l’information et des communications.
Un effort de 25 millions d dollars pour les laboratoires dans les écoles
Un effort de 25 millions de dollars supplémentaires aux budgets actuels sera investi pour les laboratoires dans les écoles publiques situées en milieu défavorisé. Un soutien supplémentaire est également prévu afin de stimuler la relève en science et pour renforcer la culture scientifique, qui portera l’effort financier à 70 millions de dollars.
La collaboration est un thème central de la PNRI. On y réitère l’importance de regrouper les forces vives de la recherche et de l’innovation dans le but de relever les défis de société qui sont à nos portes sur les plans démographique, environnemental et identitaire.
La PNRI se traduit aussi par :
[1] https://jflisee.org/ne-pas-se-tromper-denjeu-lettre-ouverte-a-gabriel-jean-leo-line-et-martine/ Je suis heureux qu’Alexandre Cloutier ait repris ce concept.
Vous êtes plutôt d’accord ?
Joignez-vous à ma campagne
Voici les propositions que j’ai mise de l’avant
depuis mon entrée dans la campagne, le 16 mai dernier.
Proposition #1: Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.
Proposition #2: Immigration : Le chemin du succès
Proposition #3: Santé : Gel de l’enveloppe de rémunération des médecins
Proposition #4: Inégalités sociales : Un Québec riche de son équité
Proposition #5: Sièges sociaux : Miser sur la Caisse de dépôt et le développement régional
Proposition #6: Identité : La concordance culturelle
Proposition #7: Priorité PME : Moins de paperasse, plus d’entrepreneuriat
Proposition #8: Laïcité – une approche résolue et responsable
Proposition #9: Compte à rebours 2022 !
Proposition #10: Anticosti – Enfin sortir des faux-fuyants !
Proposition #11: Incarner la laïcité et l’ouverture
Proposition #12: Le pipeline Énergie Est: Pourquoi il faut dire Non et Non !
Proposition #13 : Pour un processus d’évaluation et de consultation « digne du 21e siècle »
Proposition #14 : Développement régional : rétablir les budgets et reconstruire les outils de développement dans le respect des régions
Proposition # 21: Pour une vraie culture de la culture au Québec
Proposition # 22: 8 propositions pour oser réussir la Métropole
Proposition # 23: L’information, un service essentiel
La série de Ma vie secrète est complète. La voici.
Dans la vie politique, c’est comme dans la vie tout court. Il faut prendre les choses au sérieux, sans se prendre, soi-même, trop au sérieux.
C’est ce que tentent de transmettre ces petites capsules sans prétention, sur ma « vie secrète » de gars finalement plus-comme-les-autres que vous pouviez le penser.
Une consommation légère de fin d’été, avant de plonger dans les débats…