Quatre ans de Legault: Côté obscur

Gouverner est un art difficile. Les problèmes sont complexes, les acteurs nombreux, les arbitrages difficiles. L’erreur rôde à chaque tournant. L’indulgence s’impose lorsque les ratages sont mineurs. Mais il y a des cas où des décisions structurelles sont nécessaires, promises, puis abandonnées. On entre alors dans le domaine de l’inexcusable. Voici quelques cas.

Quatre ans de Legault: Côté lumière

Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas dans l’histoire moderne du Québec un gouvernement qui a maintenu pendant ses quatre années de pouvoir un niveau de popularité aussi élevé que celui de François Legault. J’essaie de cerner dans ce texte les raisons de cet ensoleillement. Samedi, j’aborderai le volet obscur du bilan caquiste.

Ailleurs

On nous dit qu’il existe un lieu dans lequel les Québécois se sont politiquement agglutinés ces dernières années. Ailleurs. « Les Québécois sont ailleurs », répétait cette semaine le nouveau caquiste Bernard Drainville. On cherche en vain cet endroit sur les mappemondes modernes. Peut-être pouvait-on le trouver, peuplé de dragons, au pourtour des anciennes cartes qui présumaient que la Terre était plate.

L’heure venue de l’imputabilité

Le brouillard s’éclaircit sur tout ce qui a convergé pour entraîner la mort de 5060 aînés dans les CHSLD durant la première année de la pandémie au Québec. Les principaux responsables resteront le virus et les incertitudes entourant la bonne réponse à y opposer. Mais à hauteur d’hommes, et de femmes, les professionnels de la gestion et de la politique aux commandes pendant les premières semaines du drame ont-ils fait des choix qui ont aggravé la situation ? Autrement dit, d’autres choix auraient-ils pu réduire le nombre de morts ? Il est facile de dire oui a posteriori. Avoir su, on aurait fait autrement.

Les emmerdeurs

Sommes-nous désormais gouvernés par Twitter ? Nos élus ancrent-ils maintenant leurs décisions sur leurs humeurs du moment, leurs frustrations et leurs coups de colère ? Le président de la République française, Emmanuel Macron, a malheureusement donné le ton en affirmant délibérément en entrevue qu’il voulait « emmerder les non-vaccinés ». Oui, a-t-il ajouté, « jusqu’au bout ». On ne se souvient pas que Charles de Gaulle ait jamais voulu emmerder quiconque, y compris les Allemands, qu’il voulait vaincre, tout simplement. Oui, un jour qu’un manifestant lui criait « Mort aux cons ! », il a répondu : « Vaste programme ». Remarquez, il n’a jamais tenté de mettre en œuvre cette opération qui aurait pu être salutaire, mais, avouons-le, difficile d’application.