Merci pour la moisson

C’était avant le temps de l’ingratitude. C’était quand on ne tenait pas tout pour acquis. Quand on ne pensait pas que tout nous était dû. C’était au contraire au temps où on avait trimé dur aux champs, qu’on avait dessouchés à s’en fendre les os, qu’on avait retourné la terre, planté les semences, entretenu les pousses, puis engrangé la moisson. On n’avait compté que sur nous-mêmes et, un peu beaucoup, sur le soleil et la pluie.

(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir.)

Reste qu’on s’arrêtait un instant, en octobre, pour exprimer sa gratitude. On disait qu’on remerciait Dieu. Qu’on lui rendait grâce. Sans doute. C’était une façon de dire qu’on remerciait la nature, la terre, la famille. Sa propre bonne santé, aussi. Tout ce qui avait fait en sorte qu’on passerait le dur hiver à venir avec de quoi se nourrir et se chauffer. À l’Action de grâce, si la récolte était bonne, on était en état de grâce.

Les urbains que nous sommes devenus peuvent-ils aujourd’hui se tourner vers le travail accompli dans la dernière année et rendre grâce ? Il le faut. L’esprit critique est une belle et bonne chose, mais il nous empêche souvent de reconnaître qu’à force de se concentrer sur ce qui ne va pas, on ne remarque pas qu’il pousse autour de nous de la beauté, de la justice, du progrès, des raisons d’être heureux.

Voici mes principales raisons de rendre grâce à la moisson québécoise cette année. En vrac et dans le désordre.

Félix et Leylah. Apparus comme des survenants sur notre écran radar en septembre, Félix Auger-Aliassime (21 ans) et Leylah Fernandez (19 ans) se qualifient pour le carré d’as des Internationaux de tennis des États-Unis. Époustouflants, magnifiques, éloquents.

Huit minutes. Le temps de l’ovation debout réservée à notre cinéaste Denis Villeneuve après le visionnement de son film Dune. Huit minutes. Quand même !

84 %. Le taux de double vaccination des Québécois admissibles.

Rétroviseur. Le refrain mélo de la chanson de l’année des Cowboy Fringants, simple et pénétrant : « C’est si triste que des fois quand je rentre à la maison / Pis que j’parke mon vieux camion / J’vois toute l’Amérique qui pleure /Dans mon rétroviseur… »

Croissance. Non seulement Cœur de pirate devient-elle entrepreneure et repreneuse de maison de disques, mais elle invite Alexandra Stréliski à toucher le piano dans sa dernière chanson.

Encore. Adèle qui choisit encore Xavier Dolan pour son nouveau clip, tourné à Sutton.

Place prise. Mélissa Bédard. De Star Ac à M’entends-tu ? et à la Semaine des 4 Julie, une étoile québécoise impose son talent et sa différence.

Audace. Le discours antiviolence conjugale dans les excellents Beaux Malaises 2.0. Merci Martin Matte.

Numéro 1. La place occupée au palmarès des émissions les plus écoutées en France le jeudi soir par la version française de Fugueuse, diffusée à TF1. Si l’extraordinairement pédagogique série de Michelle Allen peut faire reculer l’exploitation sexuelle dans toute la francophonie, ce sera déjà ça de pris.

Talent. Julie Le Breton. (Comme chaque année.)

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100 % CPE. De même, les quatre partis affirment maintenant que les centres de la petite enfance, plutôt que les garderies privées, doivent être le modèle pour les places à venir, ce que le PLQ et la CAQ contestaient avec force il y a trois ans à peine. Le modèle inspiré par Camil Bouchard, promu par Lucien Bouchard et mis en œuvre par Pauline Marois fait désormais consensus, au point que son exportation dans le reste du Canada fut un enjeu de la campagne électorale fédérale.

Zéro pétrole.Les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale sont désormais unanimes : il ne doit plus y avoir d’exploration ou d’exploitation gazière ou pétrolière au Québec. Un consensus impensable il y a seulement quatre ans.

Surprise. Le Canadien en finale de la Coupe Stanley ! Wow !

Il y a aussi des raisons de célébrer des choses qui n’ont pas eu lieu.

Zéro complot. Nous avons eu une élection fédérale, certes inutile, mais pendant laquelle les pires actes de violence furent l’écrasement d’un œuf sur la tête de Maxime Bernier et l’envoi de gravier en direction de Justin Trudeau. Mieux : personne n’a affirmé que l’élection était truquée, que les votes étaient volés, que les Russes, les Chinois ou le fantôme de Hugo Chávez avaient perverti le processus. Aucune horde d’excités n’a envahi le parlement pour exprimer sa colère.

Échappée belle. Justin Trudeau n’a pas été réélu majoritaire, Erin O’Toole n’est pas devenu premier ministre, les Beaucerons ont refusé d’envoyer Maxime au Parlement. Et Ottawa ne participera pas financièrement à la construction du troisième lien. Voyez ? Il y a des raisons électorales de rendre grâce.

Ça n’a pas de prix. L’exécrable série sur un Québec souverain débile, La Maison-Bleue, qui semble inspirée des discours de Jean Chrétien, fut mise en nomination aux Gémeaux, mais n’a heureusement reçu aucun prix.

Tuyau bouché. Le projet gazier GNL Québec n’aura pas lieu, canardé par le BAPE et enterré par la CAQ. Qui l’eût cru ?

Et la moisson ?

60 %. Le pourcentage de Montréalais qui font désormais pousser des fruits et des légumes sur leurs balcons ou dans leurs petits coins de verdure. La métropole québécoise est désormais la capitale mondiale de l’agriculture urbaine, dépassant Toronto, New York et Paris quant au nombre d’entreprises agricoles. La pandémie a encore accéléré le processus. Sur les tables urbaines du Québec, début octobre, on peut rendre grâce à la nature, au soleil, à notre labeur, à la moisson. C’est beau, non ?


Mon estimé collègue Christian Rioux m’a écrit pour éclairer un peu mieux ma lanterne sur les origines de l’action de grâce, ou plutôt des fêtes des moissons, au Québec. Je l’en remercie. Voici son message:

« En réalité, les Québécois et leurs ancêtres canadiens français et canadiens n’ont jamais fêté l’action de grâce. Nous n’en avions pas besoin car nous avions bien assez de fêtes pour meubler notre calendrier d’automne (Saint-Michel, Sainte-Catherine, Toussaint, etc).

L’action de grâce est d’origine protestante et américaine. Elle arrive avec les Pilgrim Fathers et revêt aux États-Unis un caractère identitaire très fort. Pour ne pas être en reste, le Canada tentera de l’imposer, mais en lui donnant cette fois une connotation liée à l’Empire et à la célébration de la monarchie ou même du 11 novembre après la guerre.

            Les Québécois n’en avaient rien à faire. Comme en France, ils avaient plutôt des fêtes des récoltes avec la tradition de décorer la dernière gerbe et de faire ripaille.

            Voici ce que dit le Réseau de diffusion des archives du Québec à ce sujet. «Au Québec, la fête de la grosse gerbe a été célébrée à maintes reprises depuis 1883 par l’École supérieure d’Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière qui se faisait un honneur d’offrir à la communauté un banquet suivi d’une soirée récréative rappelant l’esprit des veillées de famille. Cette fête semble avoir fait partie des traditions de l’institution jusqu’au milieu du XXe siècle (L’Action catholique, 1947). La pratique de cette fête a aussi été retracée dans les cahiers de prônes du curé Eustache Santerre de la paroisse Saint-Arsène de Rivière-du-Loup (1923-1942). La fête de la grosse gerbe était célébrée par une soirée à la salle paroissiale. Faite de blé, d’avoine et d’orge, la gerbe était fabriquée et décorée pour l’occasion par la présidente des Enfants de Marie.»

            L’épluchette de blé d’inde est un témoignage de ces anciennes fêtes des récoltes. Il semble que, depuis trois ans, une Fête des moissons a lieu à Saint-Joseph de Beauce au début de septembre pour faire connaître les produits de la région. Moi qui passe l’été dans le Bas-du-fleuve, je peux témoigner de ce nouvel engouement pour l’agriculture québécoise. Loin de cet oxymore inventé par les bobos et que l’on nomme l’«agriculture urbaine», il y a dans nos régions une petite révolution agricole avec l’apparition de produits régionaux de grande qualité qui renouent avec nos racines françaises. Nos fromages en sont l’exemple le plus éloquent.  

Mobilisation générale dans Rosemont pour le bien des écoliers !

J’ai adressé la semaine dernière au ministre de l’Éducation, François Blais, une lettre cosignée par 50 organismes de Rosemont afin qu’il autorise enfin l’agrandissement de l’École Saint-Albert-Le-Grand, entre autres.

Extrait:

« La surpopulation des écoles, la vétusté des bâtiments et le déplacement d’élèves dans d’autres quartiers ne favorisent pas la réussite et la persévérance scolaire de nos jeunes. Les enseignants et les professionnels du milieu de l’éducation font un travail formidable pour assurer un environnement propice à l’apprentissage malgré des situations difficiles. Un investissement important et soutenu est essentiel dans les écoles de Rosemont, des quartiers centraux et dans l’Est de Montréal.»

Voici l’intégrale de la lettre:

Monsieur le ministre,

Comme beaucoup de Rosemontois, j’ai été étonné et déçu d’apprendre votre récent refus d’autoriser l’agrandissement de l’école Saint-Albert-Le-Grand, un projet que nous jugeons indispensable, comme je vous l’avais signalé dans une lettre précédente.·

La Commission scolaire de Montréal vient de vous faire parvenir une nouvelle demande d’autorisation pour cet agrandissement et je souhaite, avec les nombreux cosignataires de Rosemont dont les noms figurent en fin de missive, vous exposer les nombreuses raisons qui militent en faveur de ce projet.

D’abord sachez, Monsieur le ministre, que Rosemont est un modèle de qualité de vie urbaine pour les familles, ce qui explique que le quartier réussit à retenir et à attirer de nombreuses jeunes familles, participant ainsi à la vitalité démographique de Montréal.

Selon les prévisions effectuées par la CSDM en avril dernier, la croissance prévue de la population scolaire de niveau primaire dans Rosemont sera de plus de 16% d’ici l’année scolaire 2019-2020, soit près de 800 enfants supplémentaires. Ce qui équivaut à 23 classes.

Ces prévisions sont notamment fondées sur les projets immobiliers qui sont en phase finale, mais ne tiennent pas compte de la construction imminente de l’éco-quartier d’Angus et de ses 300 nouvelles habitations et d’autres projets actuellement à l’étude.

Les parents de Rosemont sont déjà très préoccupés de la surpopulation vécue depuis quelques années dans les écoles primaires de leurs enfants, avant même l’arrivée des nouvelles cohortes. Si la CSDM respectait les normes du plan technique et n’emplissait ses écoles primaires qu’à 100% de leur capacité, elle devrait trouver 52 classes nouvelles pour environ 1 000 enfants de Rosemont pour l’année 2016-2017.

L’école Saint-Albert-Le-Grand, par exemple, affiche un taux d’occupation global de 169%, même après s’être délestée cette année de ses classes préscolaires. Comme c’est le cas dans plusieurs autres écoles du quartier, cela signifie que chaque espace est utilisé pour la dispensation de cours. En conséquence, les élèves sont privés de bibliothèques, de locaux pour le service de garde, de salle de classes à vocation artistique (arts, musique, etc.), de locaux pour les spécialistes, de laboratoire de langues, etc.

À Saint-Albert, depuis quelques années, 10 unités préfabriquées situées sur le terrain de l’école accueillent cinq classes dans des conditions sous optimales. Songez, Monsieur le ministre, que le bureau de l’orthopédagogue a été aménagé dans un ancien placard!

Au débordement de population scolaire s’ajoute la nécessité de fermer temporairement certaines écoles du quartier dont l’état de vétusté avancée justifie des travaux majeurs et urgents. La planification de ces travaux force la relocalisation d’élèves dans d’autres bâtiments, ce qui réduit d’autant la marge de manœuvre dans le quartier.

Dès l’année 2016-2017, la surpopulation sera telle que 936 élèves de Rosemont devront être déplacés quotidiennement vers un autre quartier, en autobus, augmentant la congestion déjà lourde à l’heure de pointe dans les quartiers centraux de Montréal. Le coût de transport est estimé à 1,2M$ par année.

Plus d’un million de dollars par an perdus en fumée, alors qu’ils pourraient être investis dans de nouvelles classes.

Le projet actuel de l’école St-Albert-Le-Grand est évalué à 12,2M$. La configuration du terrain est propice à la construction d’un agrandissement comprenant dix classes et un gymnase. Chaque année de délai augmente les coûts de réalisation du projet.

Pour toutes ces raisons, nous croyons fermement que le projet d’agrandissement de l’école St-Albert-Le-Grand est prioritaire et qu’un investissement important et soutenu est essentiel dans les écoles des quartiers centraux et dans l’Est de Montréal.

La réussite et la persévérance scolaire supposent un environnement propice à l’apprentissage, ce que ne fournit pas en ce moment la surpopulation des écoles ni ne permettrait le déplacement d’élèves dans des embouteillages qui les conduiraient à d’autres écoles, dont le taux d’occupation dépasse déjà les normes de votre ministère.

Dans l’espoir que vous pourrez rapidement autoriser l’agrandissement de Saint-Albert-le-Grand, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.

Jean-François Lisée

Le maire de l’arrondissement, François Croteau, a appuyé la démarche avec sa propre lettre. Extrait :

Vous comprendrez notre déception et notre surprise à l’annonce du refus d’accorder à la CSDM les fonds nécessaires à l’agrandissement de cette école. Rosemont-La-Petite-Patrie vit depuis quelques années un mini «baby-boom » et une croissance démographique constante, contrairement à plusieurs tendances montréalaises. C’est un lieu propice pour bâtir une famille dans un milieu de qualité et dynamique. Il est donc impératif de s’assurer que l’offre scolaire soit suffisante pour répondre aux besoins grandissants sur notre territoire.

Bien entendu, nous allons maintenir, pour le moment, l’accommodement accordé à la CSDM pour le maintien de ces bâtiments temporaires. Mais, il serait déraisonnable de refuser de nouveau le financement de l’agrandissement de cette école. Nous parlons ici d’un service de base déficient. Nous demandons ainsi seulement une mise à niveau du service de base.

Si vous avez à cœur l’éducation de nos enfants et leur avenir, si vous considérez primordial d’offrir les conditions essentielles à la réussite de ces élèves, vous ne pouvez pas réitérer votre refus de financer l’agrandissement de l’école Saint-Albert-Le-Grand, vous devez revoir votre position et accorder les fonds nécessaires à la CSDM.

Liste des cosignataires (organismes ou organisations situés et/ou œuvrant dans Rosemont) :

Éric Norman Carmel, président du Conseil d’établissement de l’École Saint-Albert-le-Grand
Jean-Denis Dufort, Commissaire scolaire – Rosemont, Commission scolaire de Montréal
Érika Duchesne, conseillère de Ville, District Vieux Rosemont, Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie
Marc-André Gadoury, conseiller de ville, District Etienne-Desmarteau, Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie
Mouvement Je Protège mon école publique
Corporation de développement communautaire (CDC) de Rosemont
Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens
Accès-Cible Jeunesse de Rosemont
Carrefour familial l’Intermède
Carrefour communautaire Montrose
Table de concertation en petite enfance
Oasis des enfants de Rosemont
Perspective Jeunesse
CooPère Rosemont
Lettres en main
Bouffe-Action de Rosemont
Service de Loisirs Angus-Bourbonnière (SLAB)
Loisirs récréatifs et communautaires de Rosemont (LRCR)
Association montréalaise pour le développement des loisirs Tout-Petits (AMDL)
Association de loisirs pour personnes à autonomie réduite (ALPAR)
Accorderie de Rosemont
Comité Logement de Rosemont
Projet Sur la Main
Centre des femmes de Rosemont
SODER (Éco-Quartier)
Le Moulin à musique
Côté Cour, Côté Jardin
Collectif des entreprises d’insertion du Québec (CEIQ)
Imprime-Emploi
Insertech Angus
Groupe Part
Service d’entretien Pro-Prêt
Société de développement Angus
Habitations Nouvelles-Avenues
Comité régional des Associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)
Regroupement des organismes de promotion du Montréal Métropolitain (ROPMM)
Solidarité de parents de personnes handicapées
J’me fais une place en garderie
CPE Rosemonde
CPE Rhéa
CPE Cœurs de l’île
CIUSSS Centre-Sud de Montréal
Nourri-Source Montréal
Alternative Naissance
Service d’intégration à la communauté / Appartements supervisés Augustine Gonzalez
Répit Providence
Regroupement pour la cause de la dysphasie et des troubles langagiers
La Maisonnée
Corporation de développement de l’Est (CDEST)
Premiers Pas Montréal

 

Un grand pas en avant pour les Québécois.e.s trans

C’est un peu passé inaperçu, dans la très lourde actualité des derniers jours. Mais il faut attirer l’attention sur une évolution importante que les élu.e.s québécois.e.s sont en train d’accomplir: une plus grande reconnaissance des droits des personnes trans.

La Commission parlementaire des Institutions, dont je suis membre avec ma collègue Carole Poirier, qui est porte-parole en matières de droits, a patiemment étudié ces dernières semaines le projet de règlement qui permettrait a une personne transsexuelle de pouvoir modifier la désignation de son genre (Masculin, Féminin) sur ses documents officiels… sans devoir subir de transformation chirurgicale.

Je vous laisse écouter mon intervention lors du débat de la semaine dernière avant d’aller plus loin: 

Après l’audition des témoins et des experts, Carole et moi avons proposé à la ministre et à la commission plusieurs recommandations, dont voici l’essentiel:

« Les témoignages entendus en commission parlementaire nous amènent à conclure que le processus de changement de la mention du sexe est un geste hautement réfléchi et lourd de conséquences pour les personnes trans. Il serait faux de croire que ces dernières entreprennent ce processus à la légère. […]

En somme, donner accès à un changement d’état civil facilité, transparent et gratuit, sans contraintes médicales ou légales, est un outil puissant pour favoriser l’inclusion et l’émancipation des personnes trans et à en faire des citoyens égaux dans les droits comme dans les faits.

Il est temps que les personnes transgenres et transsexuelles obtiennent les mêmes avancées sociales que tous les autres citoyens du Québec.

En conséquence, l’opposition officielle propose:

1) de fixer la condition exigée aux personnes transsexuelles ou transgenres en conformité aux principes d’autodétermination et de dépathologisation, et se lise comme suit:

« Le demandeur atteste qu’il assume l’identité sexuelle désirée, s’identifie à celle-ci et a l’intention de la maintenir. »

2) de fixer une seule balise, en aval du changement de la mention du sexe:

« Si le demandeur souhaitait effectuer à nouveau un tel changement, il devra déposer une requête à la Cour supérieure du Québec pour y exposer ses motifs et y obtenir une autorisation. »

3) de revoir les critères de changement de nom du Directeur de l’état civil pour qu’ils s’adaptent, ipso facto, au processus légal de changement de la mention du sexe afin de maintenir une cohérence à l’acte d’état civil et sur les multiples papiers d’identité des personnes transsexuelles ou transgenres.

4) de traiter le principales lacunes du projet de règlement, soit la non-inclusion des personnes mineures et immigrantes, par un engagement de la ministre de la Justice à l’effet qu’elle déposer dans les plus brefs délais un rapport sur l’opportunité de modifier ultérieurement le règlement pour les y inclure.

5) de créer un guichet unique aux fins des modifications administratives nécessaires pour l’authentification du nouveau prénom et de la transmission des documents officiels (ex.: cartes, permis) par les différents organismes publics, à la personne concernée.

6) de rendre possible la modification des rôles parentaux sur l’acte de naissance des enfants, avec la possibilité d’un troisième rôle parental, soit celui de « parent », en plujs de « mère » et « père ».

7) de créer une table de travail pour partager les bonnes pratiques d’intégration des personnes trans dans les réseaux publics et parapublics et au-delà. »

On peut constater que l’essentiel de nos recommandations ont été reprises dans le rapport, unanime, de la Commission, que l’on peut trouver ici (pdf).

Reste maintenant à la ministre de la Justice de mettre en œuvre ces recommandations. Nous avons bon espoir de la voir agir en ce sens au cours des prochains mois. Nous resterons actifs et vigilants.

 

Comment l’austérité du PLQ heurte les handicapés

Vous aviez vu ce récent article de La Presse:

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Ce mardi j’ai interrogé à ce sujet la ministre libérale Lucie Charlebois:

Les réponses de la ministre vous ont-elle convaincues ? Pas moi. Ni les responsables des résidences concernées, de l’Association des Ressources Intermédiaires, qui a émis un communiqué pour rectifier les faits.

L’Association réitère ce qu’ils m’avaient raconté récemment, c’est-à-dire que des représentants du ministère de la santé les ont informés de leur décision de procéder

« unilatéralement [à] des coupures auprès des très petites
ressources intermédiaires, et ce sans égard aux impacts sur les services  offerts aux personnes les plus vulnérables hébergées dans ces ressources.
À maintes reprises l’ARIHQ a formulé des demandes à l’effet de procéder à  l’examen des cas particuliers auxquels la ministre déléguée fait référence. »

Donc, contrairement à ce qu’affirme la ministre, aucun mécanisme n’est en place pour trouver des « points de passage ». Au contraire, ses représentants ont livré une fin de non-recevoir à l’Association. J’ai demandé par lettre à la ministre de recevoir personnellement les représentants de l’Association, ce qu’elle devrait faire sous peu.

Voici le communiqué intégral:

L’ARIHQ tient à rectifier les  propos
de la ministre déléguée Lucie Charlebois

Contrairement à ce que laisse entendre la Ministre déléguée à la
Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique,
madame Lucie Charlebois, lorsque confrontée en Chambre à l’Assemblée
nationale par M. Jean-François Lisée, député de Rosemont, sur la question des
coupures dans les petites ressources intermédiaires spécialisées en
déficience intellectuelle, l’ARIHQ n’a jamais signé une entente de
coupures avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Par ailleurs, Mme Charlebois parle à tort de mécanismes de protection en
place pour assurer le maintien de la rétribution jusqu’en 2015, ce qui
n’est pas pourtant pas le cas pour les petites ressources intermédiaires
dont il est question, jamais les représentants de l’ARIHQ n’ont reçu
l’assurance du maintien de cette rétribution jusqu’en décembre 2015.

Or, les représentants ministère de la santé et des services sociaux
recommandent unilatéralement des coupures auprès des très petites
ressources intermédiaires, et ce sans égard aux impacts sur les services
offerts aux personnes les plus vulnérables hébergées dans ces ressources.
À maintes reprises l’ARIHQ a formulé des demandes à l’effet de procéder à
l’examen des cas particuliers auxquels la ministre déléguée fait référence.

« L’ARIHQ est fortement opposée à de telles coupures et réclame du
Ministère qu’il maintienne le financement actuel jusqu’à ce qu’il prenne
le temps de bien évaluer les besoins et le profil de ces personnes
exigeant un encadrement de haute intensité, et ce tel signée entre le
Ministère et L’ARIHQ », indique Johanne Pratte, directrice de l’ARIHQ. La
directrice générale ajoute « qu’il est nécessaire de procéder conjointement
(ARIHQ-MSSS)  à l’examen minutieux des cas particuliers compte tenu que
des fermetures de ressources seraient désastreuses pour les résidents qui
font partie des plus vulnérables de notre société. »

Le réseau des ressources intermédiaires, c’est 800 membres, 12 000
personnes hébergées, près de 8 000 employés et plus de 400 millions de
dollars en activité économique.

Victimes d’actes criminels: le déficit de compassion libéral se creuse

L’Association québécoise Plaidoyer-Victimes pose ce jeudi une question essentielle au gouvernement Couillard, qui selon La Presse envisage une « réduction importante » de l’aide aux victimes d’actes criminels, pourtant bonifiée par le gouvernement du Parti Québécois en 2013, avec l’appui du… PLQ:

« Le gouvernement s’apprête à couper dans le régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il avait annoncé ses couleurs dès son arrivée au pouvoir. On n’est guère donc surpris. On peut cependant questionner cette démarche qui vise à sabrer notre régime actuel sous le seul prétexte qu’il est plus coûteux au Québec qu’ailleurs au Canada. Est-ce qu’on s’est questionné sur la qualité des services offerts par les régimes d’indemnisation des autres provinces, voir sur l’absence de tels régimes dans certains coins du pays? »

J’ai interrogé la ministre de la Justice à ce sujet aujourd’hui. Elle répond que des changements sont souhaitables. Je veux bien, mais sans réduire les sommes. Elle a été incapable de s’engager à ne pas piger dans les budgets consacrés aux victimes.

Notre décision, en tant que gouvernement, d’améliorer la condition des victimes découlait de témoignages entendus en Commission parlementaire, en particulier celui d’Isabelle Gaston.

Plusieurs députés peinaient à contenir leurs larmes, à l’écoute de toute la détresse que vivent les familles durement endeuillées qui sont laissées trop souvent à elles-mêmes.

On n’assistera rarement à un moment aussi poignant à l’Assemblée nationale !

On peut le visionner en cliquant sur l’image qui suit. Je le conseille à Martin Coiteux et à son équipe de compresseurs.

Isabelle

CAQ et PLQ: Des déserteurs de la compassion ?

Nous étions pourtant tous d’accord, il y a un an à peine, en mai 2013. Tous, Libéraux, Caquistes, Solidaires et Péquistes.

Nous avons tous reconnus que:

« L’assemblée nationale demande au gouvernement de rehausser le financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux ».

Pourquoi? Parce que ces 3000 organismes, et 1000 autres dans les secteurs de la famille, de l’éducation et de la défense des droits, apportent au quotidien un appui inestimable à des dizaines de milliers de Québécois vulnérables.

Le gouvernement du Parti québécois a répondu à l’appel unanime de l’Assemblée en prévoyant, dès septembre de cette année, trois mesures phares: un rehaussement annuel de 54 millions pour stabiliser le financement de base des organisations, une enveloppe de 10 millions pour les aider à devenir propriétaires de leurs locaux, des mesures pour que les salariés de ces organismes aient des bénéfices et des retraites décents.

Tout le monde a applaudi.

Ce jeudi, tout le monde n’a pas applaudi.

Ce jeudi, ma collègue Françoise David a présenté à l’Assemblée, avec mon co-parrainage, une motion qui réitérait tout simplement ce que nous avions dit, ensemble, il y a un an.

Cette fois, le PLQ a dit non. Le PLQ a estimé qu’il serait impossible, dans le budget de 90 milliards de dollars qui sera déposé la semaine prochaine, de trouver 54 millions pour 4000 groupes d’aide, soit 0,06%
r
Cette fois, la CAQ a dit non. Non pour coparrainer la motion, non pour participer à la conférence de presse commune avec les groupes concernés, non pour réitérer publiquement sa position de mai 2013. Ce refus fut clairement signifié aux organismes concernés.

Ce qui est particulièrement étonnant lorsqu’on lit la lettre envoyée il y a à peine six mois par François Legault aux organismes communautaires de sa région:

Legault

Le chef caquiste aurait-il oublié cet engagement depuis ? Non, il l’a réitéré dans un journal local IL Y A DEUX JOURS:

Questionné sur des dossiers qui touchent particulièrement les communautés lanaudoise et moulinoise, M. Legault a entre autres déploré les problèmes d’équité qui perdurent dans le financement des organismes communautaires ainsi que dans les ressources du réseau de la santé et des services sociaux.

Son député de Masson, Mathieu Lemay, disait la même chose le 2 mai dernier:

« Également, sur la scène communautaire, les organismes ont hâte de voir si le rehaussement du financement qui leur a été promis par le Parti Québécois sera maintenu par le Parti libéral. Nos organismes ont besoin de ce financement, et moi et mon parti entendons suivre ce dossier de près.»

Cela vous choque ? Joignez-vous à la campagne:

Et ma question à ce sujet à la ministre ce jeudi:

Solidarité: Philippe Couillard saura-t-il faire les bons choix?

Ce n’est pas un secret, les membres du gouvernement Couillard se promènent de ministère en ministère avec de grands couteaux pour tenter de réduire rapidement les dépenses publiques.

Ils le font avec un empressement tel qu’ils ont, temporairement, mis en péril l’ouverture de garderies qui attendaient leurs premiers poupons. Heureusement, ils se sont ravisés.

D’autres décisions prises ces jours-ci n’auront cependant pas une telle visibilité et pourraient n’apparaître que le 3 juin, lors du dépôt du budget et du livre des crédits.

C’est pourquoi un grand nombre de groupes sont inquiets de ce qui pourrait leur arriver. C’est le cas de tous ceux qui sont intéressés par l’Itinérance et des 3000 groupes communautaires qui aident, au quotidien, les Québécois les plus fragiles.

Dans les deux cas, le gouvernement du Parti québécois avait largement consulté, puis défini et annoncé des politiques raisonnables, chiffrées, budgétées et applaudies. Il s’agissait non seulement de mieux coordonner et financer les actions, mais d’intervenir en amont des problématiques pour, à terme, obtenir de meilleurs résultats à moindre coût pour la société, l’État, les contribuables.

La tentation doit être très forte, ces jours-ci au Conseil du Trésor, de faire des économies de court terme en éliminant ou réduisant fortement les engagements que notre gouvernement avaient pris. Ce serait une erreur.

Ce serait économiser un dollar aujourd’hui pour en payer 10 demain. Ce serait aller à contre-courant d’un consensus général sur une action nécessaire en itinérance et sur une consolidation du travail des 3000 groupes en santé et services sociaux.

Ce serait aussi rompre un engagement pris il y a exactement un an par les députés du PLQ qui se sont joints à leurs collègues des autres partis pour adopter à l’Assemblée nationale une motion unanime réclamant le « rehaussement du financement des organismes d’action communautaire autonome en santé et services sociaux. »

Pour mémoire, voici les éléments des deux politiques: La solidarité, une richesse pour le Québec, dévoilée le 30 octobre 2013, puis la Politique de lutte à l’itinérance, dévoilée le 27 février, et dont les sommes étaient prévues pour l’exercice financier débutant le premier avril dernier:

Solidarité:

QUÉBEC, le 30 oct. 2013 – Dans le cadre du document d’orientations et d’initiatives La solidarité : une richesse pour le Québec, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a annoncé la mise en place d’initiatives ambitieuses et structurantes nécessitant un investissement additionnel de 320 M$ d’ici 2017.

Ces mesures permettront d’agir sur trois plans : le soutien aux personnes seules, le soutien aux aidants et la préparation de l’avenir.

Ainsi, des mesures permettant d’agir auprès des personnes ont été annoncées afin d’améliorer leurs conditions de vie, de faciliter leur participation au marché du travail, de favoriser leur inclusion sociale et de soutenir les familles et les enfants :

  • la bonification de l’aide financière aux personnes seules prestataires de l’aide sociale
    Les personnes seules, prestataires de l’aide sociale, sont les personnes les plus pauvres de notre société, particulièrement celles ne bénéficiant pas d’aide au logement. La hausse constante du coût des loyers fragilise leur situation. Pour couvrir leurs dépenses liées au logement, leurs prestations d’aide sociale augmenteront de 20 $ par mois à compter du 1er février 2014. La hausse se poursuivra sur trois ans pour atteindre 50 $ par mois le 1er janvier 2017. Cette bonification profitera à près de 60 000 prestataires, et représente un investissement de 71,4 M$ d’ici 2017.
  • le déploiement du plan d’action Un Québec fort de son immigration
    Ce plan d’action agira sur plusieurs fronts, soit une meilleure sélection des candidats, plus de francisation et un soutien aux employeurs et aux régions pour faciliter l’intégration. Ce plan d’action relance la promotion des services de francisation et hausse l’offre de cours à temps complet afin d’augmenter la maîtrise du français et de favoriser l’insertion professionnelle. Son budget total est de 57 M$ d’ici 2017, dont 13 M$ additionnels en francisation.
  • l’encadrement des conditions de travail des travailleuses domestiques
    Un projet de loi sera élaboré pour assurer une plus grande protection aux travailleuses domestiques et corriger les inégalités qu’elles vivent. Le projet de loi s’inscrit en cohérence avec les standards internationaux les plus élevés en matière de conditions de travail décentes pour ces travailleuses.
  • l’encadrement des agences de placement temporaire
    Le gouvernement procédera, au cours des prochains mois, à l’encadrement des agences de placement temporaire pour assurer une plus grande protection aux personnes y travaillant. Ces mesures visent, notamment, à donner une garantie de la légalité des pratiques fiscales des entreprises, à protéger les salaires versés aux employés et à accroître la transparence du secteur.
  • le lancement d’une campagne sociétale contre les préjugés à l’égard des personnes démunies et vulnérables
    La pauvreté et le recours à l’aide sociale sont des stigmates qui peuvent freiner les démarches pour briser le cycle de la pauvreté. Afin de poursuivre la lutte à la pauvreté, le gouvernement lancera une campagne sociétale pour contrer ces préjugés.
  • la bonification du soutien à l’intégration dans les services de garde pour les enfants handicapés
    Une aide est déjà versée aux services de garde dans le but de couvrir un accompagnement pour environ 250 enfants handicapés ayant d’importants besoins. La bonification permettra de doubler le nombre d’enfants handicapés accompagnés, d’augmenter le nombre d’heures d’accompagnement offert à chaque enfant et de hausser le taux horaire de l’aide financière. Cela représente un investissement de 6 M$ d’ici 2017.
  • la bonification des services de haltes-garderies communautaires
    Les haltes-garderies communautaires offrent aux parents un service de garde temporaire pour qu’ils participent notamment à des activités de francisation ou d’intégration sociale ou professionnelle. Un investissement de 2,86 M$ d’ici 2017 permettra à 20 nouveaux organismes d’offrir ces services aux parents et d’augmenter de 3 % le nombre d’heures de présence par enfant.
  • le soutien au déploiement d’interventions éducatives communautaires pour une saine alimentation
    Des organismes seront appuyés pour offrir différents modèles d’éducation pour une saine alimentation aux familles des milieux défavorisés, ce qui représente un investissement de 8 M$ au cours des trois prochaines années.

Par ailleurs, des mesures destinées à soutenir ceux qui aident ont été présentées afin d’appuyer l’action des organismes communautaires et des entreprises d’économie sociale tout en améliorant leurs conditions d’exercice :

  • la hausse du financement gouvernemental à la mission d’organismes communautaires
    Les organismes communautaires sont des partenaires essentiels pour atteindre une solidarité de proximité. Pour les aider, le gouvernement haussera leur financement de 54 M$ par an pour les trois prochaines années, ce qui correspond à 162 M$ d’ici 2017. Cela permettra d’améliorer le soutien aux organismes œuvrant notamment en santé et services sociaux, en éducation, en famille, en employabilité et en logement afin d’augmenter les services à la population.
  • le lancement des consultations sur le plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire et bénévole
    Les consultations au sujet du nouveau plan d’action auront lieu à l’automne 2013. Celui-ci misera sur l’engagement des citoyens, renforcera la capacité d’agir des organismes communautaires et assurera la cohérence et la constance des interventions du gouvernement.
  • la mise en place d’un programme d’acquisition et de rénovation d’immeubles à vocation collective
    Ce programme offrira un soutien aux organismes communautaires pour leurs projets collectifs d’acquisition ou de rénovation d’immeubles, ce qui leur permettra de consolider leur mission et de diminuer leurs coûts de fonctionnement. Ce soutien de 10,2 M$ d’ici 2017 améliorera leurs conditions matérielles et les services offerts à la population.
  • l’amélioration des conditions de travail dans le milieu communautaire par un meilleur accès à des avantages sociaux
    Les conditions de travail des organismes communautaires sont parfois peu attrayantes, ce qui peut nuire au maintien des meilleures ressources et ainsi affecter les services à la population. Pour appuyer ces organismes, le gouvernement propose trois mesures :

    • financer une étude de faisabilité au sujet de la création d’un programme d’assurance collective particulier pour les personnes travaillant dans le milieu communautaire;
    • contribuer au financement d’une campagne de formation et de promotion en région pour le Régime de retraite des groupes communautaires et de femmes;
    • financer une étude de faisabilité au sujet de la création d’une mutuelle de prévention en santé et sécurité du travail au bénéfice des organismes communautaires.

Itinérance:

Ensemble, pour éviter la rue et en sortir

Montréal, le 27 février 2014 – La ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, madame Véronique Hivon, a lancé aujourd’hui la première Politique nationale de lutte à l’itinérance – Ensemble, pour éviter la rue et en sortir. Cette politique vient donner une impulsion forte aux nombreux acteurs des milieux concernés par la lutte à l’itinérance pour faire converger leurs efforts et les réunir autour d’une vision ambitieuse, globale, cohérente et durable afin de prévenir et de contrer l’itinérance.

Ne plus tolérer l’intolérable

« Aujourd’hui, nous envoyons un message clair : celui que nous ne pouvons plus tolérer l’intolérable ! L’itinérance ne peut plus être considérée comme une fatalité. En ce sens, le gouvernement se veut le moteur d’un changement qui nous interpelle tous : élus, administrations et établissements publics, organismes communautaires, autorités policières, judiciaires et citoyens. Il faut faire de la lutte à l’itinérance une priorité nationale collective », a déclaré la ministre Hivon.

Pour que chaque personne puisse avoir une place, « sa place », il nous faut miser sur le fait que les personnes en situation d’itinérance sont des citoyens à part entière. Il faut miser aussi sur leur pouvoir d’agir, en tenant compte de la complexité des situations, de la multiplicité des visages de l’itinérance, de la diversité des parcours et de l’absence de réponse unique à un phénomène de cette envergure. Il est aussi nécessaire de privilégier une approche individualisée d’accompagnement et de soutien.

Une action de tous les instants, touchant à tous les aspects du problème

La Politique identifie cinq axes d’action prioritaires :

–          le logement;

–          les services de santé et les services sociaux;

–          le revenu;

–          l’éducation, l’insertion sociale et l’insertion socioprofessionnelle;

–          la cohabitation sociale et les enjeux liés à la judiciarisation.

« Il faut travailler pour accroître la capacité des personnes à se loger et les accompagner dans leurs démarches, par exemple en rendant accessible une plus grande diversité de types de logements et d’hébergement. Il est aussi fondamental d’amener les services de santé et les services sociaux vers les personnes en situation d’itinérance, en les adaptant à leur réalité et à leurs besoins spécifiques. Sur le plan du  revenu, il faut assurer une plus grande sécurité financière et un meilleur accompagnement des personnes pour faciliter l’accès au revenu. Nous devons également faire preuve de flexibilité et de souplesse dans l’accompagnement avec la modulation des programmes, entre autres en ce qui concerne l’insertion sociale, l’insertion socioprofessionnelle et l’employabilité, et favoriser des programmes de formation alternatifs. En ce qui a trait à la cohabitation sociale, nous devons combattre les préjugés, sensibiliser, former et favoriser la déjudiciarisation ainsi que la présence d’intervenants sociaux dans les équipes d’intervention policière », a ajouté madame Hivon.

Un plan d’action à venir, mais déjà, des mesures concrètes et ambitieuses

La Politique servira d’assise au plan d’action interministériel 2014-2019, qui sera dévoilé au cours des prochains mois. Le plan d’action préconisera des actions ciblées et concrètes pour l’ensemble des axes prioritaires définis dans la Politique.

Déjà, à la faveur du budget présenté le 20 février dernier, certaines actions clés sont identifiées. Ainsi, 3 250 logements sociaux seront construits, dont 500 pour les personnes en situation d’itinérance, ce qui correspond au double du nombre de logements sociaux qui leur est actuellement réservé et représente un investissement de 46 millions de dollars.

« Souvent, les problématiques d’itinérance s’accompagnent de problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Dans ce contexte, notre gouvernement choisit d’investir également une somme additionnelle de 6 millions de dollars pour des services de proximité aux personnes en situation d’itinérance, principalement en santé mentale et physique, et en soutien communautaire. Il est essentiel d’agir sur le terrain et cet investissement va d’ailleurs dans le sens des objectifs que nous poursuivons avec le prochain Plan d’action en santé mentale. Nous sommes convaincus que cet engagement fort contribuera à réduire l’itinérance », a ajouté le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Réjean Hébert.

Rappelons aussi que le rehaussement historique du financement des organismes communautaires annoncé l’automne dernier par l’investissement de 120 millions de dollars sur trois ans pour soutenir la mission globale des organismes communautaires en santé et en services sociaux fera une différence significative dans l’aide apportée aux personnes sur le terrain.

Cette politique marque un tournant dans l’action du Québec en matière d’itinérance. Elle est le fruit d’une concertation approfondie, qui s’est notamment consolidée dans le cadre du Forum de consultation présidé par la ministre Hivon en juin dernier, et qui a permis de créer une réelle synergie entre les quelque 140 participants de toutes les sphères et de toutes les régions du Québec. Elle répond à une demande du milieu de lutte à l’itinérance maintes fois répétée depuis 2006. Le gouvernement est convaincu que cette politique suscitera l’adhésion et la mobilisation nécessaires à sa bonne mise en œuvre, et qu’elle favorisera une action continue et coordonnée pour répondre aux besoins à la fois complexes et variés des personnes dans cette situation de grande vulnérabilité.

« L’itinérance a été particulièrement présente dans l’actualité récemment. La Politique nationale de lutte à l’itinérance contribuera à la garder à l’avant-scène, mais pour une raison résolument positive : celle de la naissance d’un mouvement de solidarité sans précédent qui fera souffler un vent de changement dans les rues du Québec. Car le message que lance cette politique en est un d’espoir, celui de nous dire qu’ensemble, nous pouvons prévenir et contrer l’itinérance, que nous pouvons faire une réelle différence dans la vie des personnes en situation d’itinérance qui, comme toutes les autres, aspirent simplement à une vie belle et digne », a conclu madame Hivon.

#Smartnomination: Comment Mike Ward a fait de moi un bon samaritain!

Pause politique sur le blogue. Il en faut. Un peu de positivisme dans le débat, cela repose et soulage.

Ça s’appelle une #smartnomination. C’est une réponse aux absurdes necknominations, genre de programme de promotion du délire éthylique.

Être smartnominé, c’est être mis au défi de faire de bonnes actions, pour le simple plaisir de rendre service, d’enjoliver la vie de ses semblables.

C’est l’humoriste Mike Ward qui m’a fait le plaisir — je ne sais pas pourquoi, mais je suis reconnaissant — de me lancer le défi, à la fin de sa propre journée de bonnes actions. Il avait lui-même été mis au défi par un autre humoriste: Alexis Barrette.

Voici comment j’ai tenté de relever le défi:

Et j’ai, comme c’est la règle, smartnominé trois personnalités québécoises:

1) Serge Chapleau, le caricaturiste qui semble s’intéresser à moi (enfin, à l’idée qu’il a de moi. Ma mère le prend mal !) Cela ne ferait pas de tort à Serge de se forcer à être gentil pour quelques heures;

2) Aucune difficulté à être gentilles pour mes deux autres choix: Véronique Cloutier (je n’en reviens pas que personne n’y ait pensé avant moi) et Isabelle Boulay.

La #smartnomination de Mike Ward :
http://youtu.be/WNXyRU-zzlI

Et celle d’Alexandre Barrette:

Un anti-virus contre le décrochage scolaire

Prévenir et réduire le décrochage scolaire est un des grands défis sociaux au Québec: 41% ne réussissent pas à terminer leur secondaire en 5 ans.

J’ai rencontré une des équipes qui font concrètement reculer le décrochage: Perspectives jeunesse, établi dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Présentes chaque jour dans trois écoles secondaires, les intervenantes de Perspectives jeunesse offrent une écoute individuelle et des projets à chaque jeune à risque de décrochage. Deux volets d’intervention permettent de travailler en amont et en aval des situations de décrochage : Option et Drop-in. Le premier vise une réduction du taux de décrochage en décelant dès les premiers jours de classe les jeunes qui seraient plus portés à abandonner afin de leur offrir une approche personnalisée en début de parcours. Drop‑In vise plutôt une réinsertion scolaire des jeunes qui ont perdu leur motivation par une mise en action et l’élaboration d’un projet de vie englobant, notamment par des stages en milieu de travail dans des entreprises telles qu’Ubisoft.

Les résultats sont probants: depuis ses débuts en 2007, 1300 jeunes ont été en suivi et en démarches d’accompagnement psychosocial et plus de 4500 étudiants ont été interpellés par leurs activités de motivation et de persévérance scolaire. Et leurs programmes fonctionnent. Le taux de décrochage est passé de 52% à 37% à l’École Père-Marquette, 79% des jeunes suivis par le programme Option restent à l’école. Leur projet pour l’avenir: étendre leur programme à d’autres écoles afin de raccrocher encore davantage de jeunes.

Cliquez sur la vignette ci-dessous pour télécharger le vidéo de présentation de Perspective Jeunesse

Cliquez sur la vignette ci-dessous pour télécharger le vidéo de présentation de Perspective Jeunesse

CMBTTR L’NLPHBTSME

J’étais vendredi dans les locaux de Lettres en main, organisme de Rosemont d’alphabétisation. En plus d’avoir accompagné plus de 1 000 citoyens dans la découverte de la lecture et de l’écriture, l’organisme produit des brochures explicatives sur des sujets d’intérêt (alimentation, santé, etc), écrits dans une langue simple. Ils ont été téléchargés 1,5 millions de fois !

L’importance de faire reculer l’analphabétisme est de plus en plus comprise au Québec, et c’est tant mieux. L’ONF, en collaboration avec Le Devoir, a mis en ligne en novembre dernier un outil interactif expliquant la problématique, à partir de trois témoignages. On peut le consulter ici.

Lettres en main et l’organisme La Jarnigoine ont aussi produit un vidéo à l’intention des analphabètes et de leurs proches, intitulé Tu m’aides-tu ? Le voici:

Cliquez pour vous rendre à la vidéo

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