VU: LA BATAILLE DE DE GAULLE – RÉSISTANCE

Croyez tout le bien qu’on vous dit de ce film magistral. Fidèle, à quelques détails près, à la vérité de l’homme et de l’histoire, la fresque d’Antonin Baudry est un véritable tour de force: rendre à la fois complètement intelligible et complètement humaine une histoire complexe.
Après la défaite, de Gaulle, seul à Londres, prétend incarner la France. Cette fiction est fragile et risque à tout moment de s’écraser sous sa propre invraisemblance.
Les rapports avec Churchill sont savoureux, de Gaulle apparaît tour à tour glorieux et ridicule. Cela dure 2h39 et on en redemande. (2e partie le 11 sept)
En salles.
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Canada Day: les racines pourries du 1er juillet

Fidèle aux traditions, je republie ce billet, d’abord écrit en 2010, chaque 1er juillet depuis. Il est un des plus populaires de ce blogue.

Je l’ai un peu modifié pour mieux expliquer aux plus jeunes l’ampleur de la menace que faisait peser l’église catholique sur ceux qui oseraient voter contre le parti pro-canadien.


Pour tout étranger établi au Québec, l’étonnement est annuel. La Fête nationale du Québec, le 24 juin, est un événement majeur.

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Toute la vérité, rien que la vérité, sur la paternité

Mon dernier, vu par Ygreck

En 2006, j’avais écrit pour L’actualité un texte sur les joies d’être père. J’avais alors deux enfants. Ils sont maintenant cinq. Lisez donc ce texte, que j’offre pour la fête des pères, et multipliez-le par deux et demi !


J’ai 1001 raisons d’avoir des enfants à partager avec vous.

Mais je ne vous cacherai rien. Avoir des enfants est une hénaurme demande d’énergie. Un paquet de troubles. Surtout pendant, disons, les 122 premiers mois. Ils vous réveillent la nuit, vomissent dans votre lit, crachent sur vos belles chemises, essuient leurs bottes sur vos pantalons, cachent vos clefs sans se souvenir où ils les ont mises ou même s’ils les ont prises.

On na pas tout saisi de la condition humaine tant qu’on na pas transporté, dans ses bras, sous la pluie, tenant un sac d’épicerie et un sac d’écolier, le long de trois pâtés de maisons et sous les regards accusateurs, une enfant gesticulant et hurlant de colère d’avoir dû quitter la maison d’une amie, et qui ponctue ses pleurs de stridents: « Je te déteste, je ne veux plus jamais te voir ! » (20 minutes plus tard, elle vous dira qu’elle vous adore.)

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Distribution des prix (Ottawa)

Prix Arsène Lupin. Mark Carney, je vous l’ai déjà dit, est le gentleman cambrioleur de la politique canadienne. Il y a un an, il a dérobé la direction du Parti libéral du Canada à la régulière, en obtenant davantage de voix que des adversaires qui avaient eu le tort d’entrer en politique avant lui. Pour arriver ensuite à gagner le cœur des électeurs, il est allé dérober le joyau de la couronne du programme de Pierre Poilievre : l’abolition de la taxe carbone.

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Distribution des prix (Québec)

Prenons un peu de recul et jetons sur nos chefs politiques un regard qui ne s’encombre pas de la controverse du jour. Quels prix faut-il leur donner, juste avant leur départ pour l’été, les barbecues ou le Festival de Saint-Tite ?

Prix de la survenante. Christine Fréchette a été pour la première fois élue il y a moins de quatre ans. Elle est aujourd’hui première ministre. C’est fulgurant. Elle fut immédiatement placée à l’Immigration par François Legault, où elle a tardé à saisir l’ampleur du problème posé par les temporaires, mais a surtout dû nettoyer l’héritage catastrophique de Pierre Fitzgibbon à l’Économie, une tâche ingrate dont elle s’est tirée en affichant calme et aplomb. Avoir Bernard Drainville comme compétiteur pour la couronne caquiste fut le meilleur entraînement qu’elle pouvait obtenir pour se préparer au combat électoral. Avoir tiré l’intention de vote caquiste des bas-fonds des sondages, avoir surtout fait passer le niveau de satisfaction du gouvernement de la CAQ de 29 % sous Legault à 46 % aujourd’hui est un exploit. À ce point du récit, il n’est pas impossible que Christine Fréchette transforme, en octobre, son emploi d’été en contrat de quatre ans. Le simple fait que cette phrase puisse être écrite justifie l’attribution de son prix.

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Le bulletin du commissaire à la langue: «Doit mieux faire!»

Lorsqu’il apparaît dans la salle des conférences de presse de l’Assemblée nationale, l’homme paraît mesuré, nuancé, aimable. Mais lorsqu’on lit sa prose, on est en droit de se demander s’il ne devrait pas, pour faire passer son message, lever le ton et taper du poing sur la table.

Il y a trois ans déjà que Benoît Dubreuil affine son diagnostic sur l’état et l’évolution du français, multiplie les recommandations. Dans son rapport annuel déposé cette semaine, il fait le bilan de l’application — ou non — des mesures qu’il préconise.

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Glaçant glossaire artificiel

Pendant que votre PME locale se demande si l’intelligence artificielle (IA) peut l’aider à mieux cibler ses clients ou à optimiser sa comptabilité, la discussion en cours entre experts peine à décrire les comportements de cette technologie en utilisant les dictionnaires existants. Ils doivent au contraire inventer de nouveaux mots et expressions tant l’IA offre des comportements imprévus et originaux.

Je vous en offre une liste partielle pour vous donner une petite idée. Les termes sont en anglais ; je tente donc des traductions.

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Lettre à Monsieur 50% + quoi ?

Cher premier ministre du Canada,

Vous étiez gouverneur de la Banque d’Angleterre alors que se déroulait sous vos yeux le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, d’abord, et celui sur le Brexit, ensuite.

Vous êtes intervenu, à titre de banquier en chef, dans les deux débats pour en éclairer les enjeux financiers et monétaires. Ayant lu quelques-uns de vos discours sur la question écossaise, j’ai pu constater que, sans vous prononcer sur le fond, vous abordiez ces questions avec sérieux, compétence et tact. Vous avez, par exemple, brillamment démontré qu’il serait plus judicieux pour une Écosse indépendante d’établir sa propre monnaie plutôt que de s’accrocher à la livre britannique.

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Péchés patriotes

Au lendemain de la révolte des patriotes, et alors que brûlent maisons et granges, que les femmes sont violées par les soldats de Sa Majesté, que les hommes sont torturés et tués, le curé de Saint-Esprit, dans Lanaudière, où la ferveur patriote était vive, demande conseil à l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, sur l’attitude à adopter face aux insurgés. Le prélat répond de « leur expliquer clairement que les sujets ne peuvent, sous peine de péché mortel, se révolter contre le Gouvernement établi […] ; qu’on ne peut être absous et recevoir aucun autre Sacrement […] qu’aucune raison quelconque ne saurait justifier une insurrection, puisque l’Église a toujours décidé que c’était un crime ».

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Le marché de la controverse

Je tiens à vous rassurer d’emblée, les internautes hollandais n’ont aucune conviction forte au sujet de l’indépendance de l’Alberta. Alors pourquoi inondent-ils les Internets de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler de la « slopagande » favorable à la sécession ? Pour faire des sous, tout simplement.

Depuis la pandémie, les cracks d’informatique ont compris qu’on peut faire des sous avec des controverses, quelles qu’elles soient. Le vaccin, les tensions raciales, les mensonges d’État, la guerre, le sexe, le sang : il suffit d’être à l’affût de ce qui choque. Les algorithmes des réseaux sociaux ont été conçus ainsi. Pour attirer de la publicité ou vendre des produits, il faut garder le consommateur sur son réseau le plus longtemps possible. Il fut rapidement démontré que rien ne garde l’attention avec plus de certitude que l’accusation, la révélation, le scandale, le complot. C’est pourquoi vous voyez si peu de contenu de Marcel Proust sur les réseaux.

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