Prisonniers de la monarchie ?

Lorsque Charles de Gaulle est descendu du navire Colbert, en juillet 1967, il a mis pied en terre fédérale, le port de Québec. Le gouverneur général du pays l’attendait. Bien que le Ô Canada ait été choisie, l’année précédente, comme hymne du pays, la fanfare militaire joue God Save The Queen. Le protocole l’exige, car on est en présence du représentant de la Reine. La foule de Québécois réunis pour assister à l’arrivée du Général se met à huer la ritournelle monarchiste et à tenter de l’enterrer en chantant La Marseillaise.

Les gros chars

Avouez que lorsque vous entendez la voix masculine, grave et amicale de Dan Bigras vous vanter les mérites du mastodonte Ram, une partie de vous opine : voilà un bon gars, champion des bonnes causes, qui nous invite à la robustesse. Nous ne serions réellement en voiture qu’à bord de ce puissant pick-up. D’autant qu’il nous en vante les excellentes conditions de crédit. Karine Vanasse, elle, est habillée pour une soirée chic lorsqu’elle nous invite à enfourcher une autre voiture de taille imposante, la Nissan Rogue, indispensable, semble-t-il, pour aller soit au ballet, soit aux pommes.

Le capitalisme triomphe à Québec Solidaire (et ma réponse à Amir)

« L’idéalisme, il faut en avoir beaucoup. Surtout au début. Parce que ça réduit à la cuisson. » Ce mot d’un ami écologiste français est plein de sagesse. La cuisson, c’est le choc du réel, les contraintes de la vie politique, la force du statu quo. L’important est de garder le cap malgré les obstacles. Et de ne pas, au nom de la quête du pouvoir, renier son idéal d’origine.

(Une version de ce texte a été publiée dans Le Devoir.)

USA : Les progrès du coup d’État

« Je me fiche complètement de savoir pour qui les gens vont voter. Ce qui m’intéresse extraordinairement, par contre, est ceci : qui va compter les votes ? » Joseph Staline aimait dire les choses crûment. Son ministre de la justice avait un jour confirmé que la constitution de l’URSS protégeait bien « la liberté d’expression ». Mais, avait-il ajouté, elle ne protégeait pas « la liberté après l’expression ». Riche nuance.

(Une version de ce texte a d’abord été publiée dans Le Devoir.)

Dans l’antichambre de la prédominance de l’anglais

Résumons-nous. Plusieurs PDG, vivant au Québec depuis de longues années, ne peuvent prononcer leurs discours en français. Évidemment, ils obligent au quotidien tous leurs cadres supérieurs à s’adresser à eux In English Only. Notre ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, affirme qu’il ne « serait pas réaliste » d’exiger qu’ils parlent le français comme condition d’accès à une aide publique québécoise. Ah bon ?

(Une version de ce texte a d’abord été publiée dans Le Devoir.)