Alerte rouge !

Tous les membres du Parti libéral du Québec ont reçu, la semaine dernière, une invitation à la fois politique et vestimentaire. « Ensemble, manifestons pour la liberté de choix et les droits de la communauté anglophone ! » Le message était « en bilingue ». Le français n’y était ni nettement ni même un tantinet, prédominant. De plus, il fallait « porter le plus de vêtements de couleur rouge possible afin de montrer à toute la communauté réunie que nous sommes présents pour eux ».

Moi, culturellement génocidé

J’avoue aujourd’hui avoir été, étudiant, victime de génocide culturel. Francophone, j’ai d’abord dû apprendre la langue du conquérant pour obtenir mes diplômes du secondaire et du collégial à Thetford Mines, où 99 % des membres de ma tribu parlaient français. En droit, dans une UQAM pourtant anticolonialiste, on me força ensuite à lire dans la langue de la reine Victoria des arrêts du Conseil privé de Londres. Leur nature impérialiste me faisait moins rager que leur effet soporifique. Ces épreuves n’arrivèrent pas, cependant, à entamer mon identité. C’est lorsque l’école de journalisme de Paris m’obligea, comme condition non négociable de mon succès, à apprendre une troisième langue — celle du conquistador Cortez — que le génocide percuta ma culture, que j’ai dû renoncer à mes racines et que je fus assimilé.

Le français, langue gruyère (intégral)

Un groupe de salariés de Lachine se lance à l’assaut de la multinationale Amazon. Ils souhaitent faire de l’entrepôt local le second établissement syndiqué de la pieuvre amazonienne sur le continent. On applaudit des deux mains à leur détermination et à leur courage, sachant l’acharnement avec lequel Jeff Bezos et ses sbires se battent contre les tentatives d’organisation ouvrières.