Troisième vitesse

Les parents rassemblés en cette soirée de rentrée n’en croyaient pas leurs oreilles. Ils avaient inscrit leurs bambins dans une école secondaire publique, oui, mais en prenant bien soin de les placer, contre paiement supplémentaire, dans un programme enrichi d’arts-études. Mais voilà que la directrice, qui s’était exceptionnellement présentée à la rencontre parents-enseignant, pressentant l’orage, était au regret de leur annoncer que le nombre d’inscrits dans le programme — moins de 20 — était insuffisant pour faire en sorte que le groupe suivrait, ensemble, la totalité des enseignements prodigués.

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Faire semblant

Le candidat avait mis son air fâché. La chose était franchement intolérable. Le gouvernement en place, sans cœur, venait de réduire les services en physiothérapie dans sa localité. « On ne peut pas demander aux régions de se développer et, en même temps, retirer progressivement les services dont leur population a besoin », a-t-il dit, outré. La mairesse et le préfet étaient à ses côtés, lundi, partageant sa juste colère.

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Le Québec, seul face aux Gafam

Si les derniers mois, et la dernière semaine, nous ont appris quoi que ce soit, c’est que nous sommes, nous, les Gaulois d’Amérique, bien seuls dans notre volonté de tenir tête aux géants du Web. Le New York Times disait savoir cette semaine que l’équipe de négociation canadienne s’était dite prête à revoir une de ses mesures de réglementation des GAFAM en échange de — laissez-moi deviner — la protection des usines de camions en Ontario. Cela ne faisait pas le poids.

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Oppositions – Dans la baignoire glacée

Daniel Johnson croqué par André-Philippe Côté, Le Soleil

L’ancien chef du Parti libéral du Québec Daniel Johnson fils l’avait-il fait encadrer ? Si oui, il est masochiste. Je parle de la caricature d’André-Philippe Côté, publiée dans Le Soleil du 13 janvier 1998, en première page en bas à droite, où on le voyait dans sa baignoire. C’était chaste, je vous rassure, il avait de l’eau jusqu’au-dessus du nombril et un petit canard ainsi qu’un petit bateau flottaient devant lui. On voyait cependant que l’eau de la baignoire était glacée. Des glaçons lui pendaient des bras. C’était la saison des glaçons, la crise du verglas du début de 1998.

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Réplique à Trump: Viser juste (intégral)

Donc, c’est la guerre (commerciale). La plus grande puissance économique, militaire et culturelle que la terre ait connue a décidé de nous affaiblir. Il faut d’abord se rappeler que ce n’est pas normal. Avant Trump, à répétition, des présidents américains ont pratiqué l’extorsion sélective sur certains de nos secteurs (magazines, bois d’œuvre, etc). Mais jamais nous n’avons connu un tel niveau de mépris pour notre existence même. Ce n’est pas normal et, quoi que répète Mark Carney pour dramatiser, ce n’est pas permanent.

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Slogans – Des mots qui cognent (avec mise à jour)

Il faut choisir quelques mots. Des mots, comme l’a fait dire Luc Plamondon à Céline, qui sonnent, qui résonnent et qui cognent et qui, plus important encore, donnent un sens. Que penser du millésime 2026 de nos partis politiques ? Chacun son avis, mais, en attente du slogan de la CAQ (ex-CAQ ?), je ne suis pas mécontent.

Les slogans de campagnes électorales peuvent être géniaux ou médiocres — parfois à dessein — et nous en disent énormément sur ce que les stratèges des partis pensent de la position de leur formation sur l’échiquier politique. C’est un appel, parfois un aveu, souvent un acte d’accusation contre les adversaires.

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VU: LA BATAILLE DE DE GAULLE – RÉSISTANCE

Croyez tout le bien qu’on vous dit de ce film magistral. Fidèle, à quelques détails près, à la vérité de l’homme et de l’histoire, la fresque d’Antonin Baudry est un véritable tour de force: rendre à la fois complètement intelligible et complètement humaine une histoire complexe.
Après la défaite, de Gaulle, seul à Londres, prétend incarner la France. Cette fiction est fragile et risque à tout moment de s’écraser sous sa propre invraisemblance.
Les rapports avec Churchill sont savoureux, de Gaulle apparaît tour à tour glorieux et ridicule. Cela dure 2h39 et on en redemande. (2e partie le 11 sept)
En salles.
Autres suggestions ici:

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Canada Day: les racines pourries du 1er juillet

Fidèle aux traditions, je republie ce billet, d’abord écrit en 2010, chaque 1er juillet depuis. Il est un des plus populaires de ce blogue.

Je l’ai un peu modifié pour mieux expliquer aux plus jeunes l’ampleur de la menace que faisait peser l’église catholique sur ceux qui oseraient voter contre le parti pro-canadien.


Pour tout étranger établi au Québec, l’étonnement est annuel. La Fête nationale du Québec, le 24 juin, est un événement majeur.

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Toute la vérité, rien que la vérité, sur la paternité

Mon dernier, vu par Ygreck

En 2006, j’avais écrit pour L’actualité un texte sur les joies d’être père. J’avais alors deux enfants. Ils sont maintenant cinq. Lisez donc ce texte, que j’offre pour la fête des pères, et multipliez-le par deux et demi !


J’ai 1001 raisons d’avoir des enfants à partager avec vous.

Mais je ne vous cacherai rien. Avoir des enfants est une hénaurme demande d’énergie. Un paquet de troubles. Surtout pendant, disons, les 122 premiers mois. Ils vous réveillent la nuit, vomissent dans votre lit, crachent sur vos belles chemises, essuient leurs bottes sur vos pantalons, cachent vos clefs sans se souvenir où ils les ont mises ou même s’ils les ont prises.

On na pas tout saisi de la condition humaine tant qu’on na pas transporté, dans ses bras, sous la pluie, tenant un sac d’épicerie et un sac d’écolier, le long de trois pâtés de maisons et sous les regards accusateurs, une enfant gesticulant et hurlant de colère d’avoir dû quitter la maison d’une amie, et qui ponctue ses pleurs de stridents: « Je te déteste, je ne veux plus jamais te voir ! » (20 minutes plus tard, elle vous dira qu’elle vous adore.)

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Distribution des prix (Ottawa)

Prix Arsène Lupin. Mark Carney, je vous l’ai déjà dit, est le gentleman cambrioleur de la politique canadienne. Il y a un an, il a dérobé la direction du Parti libéral du Canada à la régulière, en obtenant davantage de voix que des adversaires qui avaient eu le tort d’entrer en politique avant lui. Pour arriver ensuite à gagner le cœur des électeurs, il est allé subtiliser le joyau de la couronne du programme de Pierre Poilievre : l’abolition de la taxe carbone.

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