Quand le chef et fondateur de la Coalition avenir Québec, François Legault entre dans l’anti-chambre du Salon rouge, en ce 15 novembre 2016, il se trouve en présence d’une rare concentration de leaders indépendantistes. Lucien Bouchard y est, comme Bernard Landry, François Gendron, dont on souligne le 40e anniversaire de vie politique, et moi, alors chef du parti.
Girouettes ?
Je le trouvais très convaincant, moi, Bernard Drainville, lorsqu’il nous parlait de la place du secteur privé dans la santé. Discutant du transfert au privé de certaines chirurgies, il savait parler au « vrai monde » : « Entre vous et moi, là, les cliniques privées, elles ne feront pas ça pour les beaux yeux du ministre, là. Si on s’en va vers le privé, il faut que le privé fasse un petit peu d’argent, il faut que la clinique privée fasse un petit profit. Alors, ce serait intéressant de voir quelle est la marge de profit de la clinique privée et voir si cette marge de profit là effectivement compense le gain d’efficacité que le privé va générer. Permettez-moi d’être très sceptique là-dessus. » C’est vrai ça. C’était en point de presse le 22 janvier 2009.
Le temps de la modestie
Comme je plains les concepteurs des plateformes électorales de nos partis politiques. À moins de cinq mois du déclenchement de la campagne, ils s’affairent ces temps-ci à aligner propositions et chiffres aptes à aguicher l’électeur indécis.
Mais, plus que pour n’importe quel cycle électoral précédent, ils se heurtent à trois obstacles géants.
Michael Rousseau, résistant !
Si Tump était futé
Les diplomates canadiens à Washington aimeraient bien savoir qui se cache derrière le pseudonyme « Mukden ». Ce personnage a publié il y a deux semaines un texte informé et argumenté sur ce que devrait être la stratégie de Donald Trump pour arriver à ses fins : avaler le Canada. Ils voudraient savoir s’il s’agit d’un étudiant brillant et retors ou d’un membre du gouvernement Trump, également brillant et retors, qui souhaite faire avancer ses thèses sous couvert de l’anonymat.
Chouette, le prix du pétrole augmente
Tenter de savoir quel sera, demain, le mois prochain ou dans deux ans, le prix du baril de pétrole est l’équivalent, selon une expression courante chez les boursicoteurs, de tenter d’attraper un couteau qui tombe. Le moins pire est de ne pas l’attraper. Le pire est d’en empoigner la lame.
S’il fallait cependant que « l’excursion » trumpiste en Iran se traduise par une hausse importante du prix du pétrole à long terme, cela aurait plus d’impact que toute politique publique ou fiscale sur notre capacité à vivre sur cette planète sans, disons, cramer.
Jacques Michel, dialogue d’outre-tombe
Le chansonnier Jacques Michel nous a quittés, sans prévenir. Cela m’a beaucoup attristé. J’ai donc résolu de l’interroger sur les raisons de ce départ, dans ce dialogue d’outre-tombe. Toutes les réponses sont de lui, je le jure. Toutes les questions sont de moi, je le jure aussi.
Jean-François Lisée : Pouvez-vous nous dire pourquoi nous avoir soudainement faussé compagnie, vous qui avez partagé nos vies si longtemps ?
Jacques Michel : J’voulais voir la lumière au bout du tunnel / Je me sentais coincé dans mon petit réduit / Je cherchais le chemin, je cherchais l’étincelle.
Accueillir toute la marmaille du monde
On ne pouvait accuser le socialiste Michel Rocard de manquer de compassion, lui qui avait consacré sa vie à améliorer le sort des Français les plus modestes. Premier ministre, il avait dû admettre que la réalité pouvait imposer des limites à la charité et avait déclaré que la France ne pouvait, en dernière analyse, « accueillir toute la misère du monde ».
Être pingre avec les pauvres
Peut-être estimez-vous scandaleux que, chaque mois au Québec, 600 000 personnes se présentent à une banque alimentaire, soient contraintes de faire la démonstration de leur état de pauvreté, et obtiennent un repas ou un sac de provisions. Peut-être êtes-vous attristé d’apprendre que, parmi ces bénéficiaires, 200 000 sont des enfants. Étonné, aussi, de constater que 20 % des demandeurs ont un emploi. Consterné d’apprendre que la situation empire année après année et qu’il y a eu, en trois ans, entre 2022 et 2025, 37 % d’utilisateurs supplémentaires de ce service de dernier recours.
Le monde tel qu’il est
L’attaque sur l’Iran est-elle conforme au droit international ? Absolument pas. C’est à partir de ce principe que le premier ministre socialiste espagnol l’a fermement dénoncée et a refusé à l’armée américaine d’utiliser ses bases militaires en sol espagnol pour son attaque. Il a même réclamé le départ de 11 avions ravitailleurs jusqu’alors logés sur son sol.









