

(Ceci fut d’abord publié dans Le Devoir.)
Cette semaine, j’examine une réelle bizarrerie:
Les Québécois veulent la laïcité mais, selon de nouvelles données très récentes, ils sont à plusieurs égards moins racistes que les Canadiens !
Abonnez-vous aux balados Lisée101 pour aussi peu que 99¢/semaine pour le comprendre
(Psst: ne le dite pas aux trudeauistes !)
Écoutez des extraits des balados précédentes:
Pourquoi le Québec devrait taxer l’Alberta
Laïcité: Pourquoi le Canada va dire Non !
Pourquoi j’ai honte de Charles Taylor
Découvrez aussi mes balados Lisée202 sur l’histoire du Québec

Disponibles:
Aussi: Aux sources de la grande chicane politique québécoises.
et Le problème avec nos héros.
————————————————-
Pour obtenir le livre applaudi par la critique, en version imprimée, audio ou numérique, allez sur laboitealisee.com ou cliquez sur l’image ci-haut et obtenez mon dernier ouvrage, avec une réduction de 10% et une dédicace personna-lisée
On avait cru comprendre, depuis quelques mois, que le gouvernement Couillard voulait transformer les Québécois en Canadiens moyens, sur tous les plans.
Il semble que l’opération de ratatinement est plus chirurgical: on voudrait nous transformer en Ontariens moyens.
Cela a de l’importance, car comme le disait mon collègue Nicolas Marceau ce mardi à l’Assemblée nationale, amener le Québec à la moyenne canadienne signifierait réduire de 11 milliards de dollars les services publics aux citoyens du Québec. Mais atteindre la moyenne ontarienne signifierait couper… 17,5 milliards de services. La marche est plus haute, ou le précipice est plus profond.
On apprenait ce mardi dans La Presse, que le gouvernement Couillard et son opaque « Comité de révision des programmes » s’inspirent largement de l’Ontario. L’un de ses membres, l’économiste Claude Montmarquette, l’a confirmé. Les comparaisons ont été faites, il y a cinq ans, par lui, son collègue des HEC Robert Gagné, aussi sur la commission de révision et deux économistes plus centristes. Il révélait en effet un écart de 17,5 milliards dans la valeur des services rendus aux Québécois par rapport à ceux dont bénéficient les Ontariens.
Mais il recelait une autre information, encore bien plus intéressante. J’en parlais dans ce texte, que je vous offre en rappel:
Québec vs Ontario: Un excellent rapport qualité/prix
16 décembre 2009
Le Québec face à ses défis, c’est le titre du rapport publié mardi (pdf) pour préparer les esprits aux choix budgétaires douloureux qu’annoncera, au printemps, le ministre des Finances Raymond Bachand. Dans Le Devoir de ce mercredi, Jean-Robert Sansfaçon dénonce le texte comme partisan et décevant. Il n’a pas tort, j’y reviens.
Cependant il est instructif. Il démontre paradoxalement que les Québécois se sont donnés beaucoup plus de services que leurs voisins ontariens, à un coût plus que raisonnable. Voyons les chiffres:
Plus de services qu’en Ontario. Le rapport réalise en détails un travail que j’appelle de mes vœux depuis des années: une vraie recension de ce que l’État québécois offre à ses citoyens de plus que l’État ontarien. Il calcule que les Québécois reçoivent chaque année pour 17,5 milliards de services de plus que les Ontariens, soit 26% de plus, ce qui est énorme. Toute l’activité sociale et économique du Québec profite de ces dépenses. Dans l’ordre: Famille et services sociaux (5,5 milliards, garderies et hébergement d’aînés), transports (4,0, réseau routier et infrastructure), industrie (les crédits d’impôts, les régions, 1,8), santé (1,5, assurance-médicament) et éducation (1,5, frais de scolarité). Les économistes n’ont trouvé que 162 pauvres millions de dollars offerts par le gouvernement ontarien à leurs citoyens pour des services non disponibles au Québec (mais ne donnent pas de détail).
Enfin la réponse à la question: on paie d’avantage, mais en a-t-on pour notre argent? Donc nous avons 26% de services de plus que nos voisins, 17,5 milliards. Combien cela nous coûte-t-il ? 17,5 milliards de plus ? Ce serait équitable. Pas du tout. Le rapport répond que notre facture fiscale est de 2,6% de notre PIB de plus que ce que paient les Ontariens, donc environ 7 milliards. Bref, pour un investissement de 7 milliards, nous recevons des services pour 17,5 milliards. Un rendement de 250% !
En termes de différence globale sur l’impôt des particuliers: les Québécois ne versent qu’un écart de 1 point de pourcentage (14,1% du PIB au Québec, 13,1% en Ontario). Cela n’a pas frappé les plumes de droite, mais lorsqu’on accepte de payer davantage pour avoir davantage de services, le rapport qualité/prix ou du moins quantité/prix est remarquable. Évidemment, il y a la dette. J’y reviens.
Les libéraux de Jean Charest sont les grands responsables. Un tableau fort instructif démontre que le gouvernement Bouchard (transparence totale: j’étais son conseiller) avait fait augmenter l’écart Québec/Ontario en termes de services à la population de 7,5 milliards à son arrivée à 9,5 à son départ. Mais le gouvernement Charest l’a, depuis, propulsé de 9,5 à 17,5. Je ne dis pas qu’ils ont eu tort, mais je constate que s’ils en sont aujourd’hui marris, ils ne peuvent pointer le doigt que vers eux-mêmes.
A quoi ces services servent-ils, concrètement? La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, en donne une bonne et partielle illustration dans une tribune publiée mercredi dans Le Devoir. La plupart de ses exemples, mais pas tous, sont spécifiques au Québec et non disponibles en Ontario:
Chaque année 113 449 personnes profitent de l’assurance parentale, 535 000 ménages touchent la prime au travail accordée aux gagne-petit, 1,8 [milliards] de dollars servent à diminuer les coûts des services de garde, 139 000 étudiants inscrits aux études supérieures reçoivent de l’aide de l’État, plus de 5 millions de jours d’hospitalisation sont offerts gratuitement, 1 550 000 personnes touchent un chèque de la Régie des rentes du Québec — et c’est souvent une bonne part de leur revenu de retraite —, plus de 287 000 personnes fréquentent l’éducation des adultes, 2,7 milliards de dollars sont consacrés par Emploi Québec à la formation de la main-d’œuvre afin de préserver l’employabilité et les emplois. Enfin, plus de 200 villages ont eu besoin de l’aide du gouvernement du Québec, parce que frappés de plein fouet par la crise forestière. Il s’agit de quelques exemples seulement illustrant l’importance de la capacité d’agir de l’État.
De bizarres omissions. Le rapport affiche un tableau montrant que l’impôt des sociétés est plus important au Québec (9,2% du PIB) qu’en Ontario (7,7%). Je ne le conteste pas. Mais ce chiffre a été choisi pour démontrer qu’on ne peut pas demander davantage aux entreprises dans l’effort à venir pour redresser les finances publiques. Mais on s’étonne que l’information ne soit pas complétée par le travail beaucoup plus pointu effectué l’an dernier pour le Québec par un des signataires, Pierre Fortin. Son rapport sur l’investissement indiquait que le critère essentiel pour la création de richesse n’est pas le taux d’imposition brut mais le TEMI: le Taux effectif d’imposition de l’investissement qui offre une vue globale de la fiscalité et des crédits d’impôt. Le Québec a fait chuter le sien de 34 % en 1998 à 24% en 2008 et prévoit le réduire à 16,2 % en 2012. Ce taux rendra le Québec en 2012 nettement plus compétitif que les États-Unis (36,9) et le reste du Canada (26,6).
L’autre omission significative porte sur le fardeau fiscal des particuliers. Le rapport indique que le Québec ne dispose que « d’une marge de manœuvre fort réduite » par rapport à nos voisins, dont les taux sont plus bas. Aucune mention n’est faite de l’augmentation des taux marginaux aux États-Unis d’Obama, ce qui donne un peu de marge au Québec chez les très hauts revenus, ou du fait qu’Ottawa dispose d’une tranche d’impôt supérieure à celle du Québec. Aucune référence non plus au travail remarqué d’un des signataires du rapport, Luc Godbout, qui écrivait en mai 2008 que le Québec offre à ses habitants une charge fiscale nette qui « se compare avantageusement avec celui de la moyenne des pays du G7 », donc des sept pays les plus riches. Il calculait notamment que, pour la très grande majorité des familles, l’État québécois est moins vorace que tous les autres, y compris les États-Unis. C’est qu’au lieu de présenter un graphique brut de ce que l’État perçoit, comme le fait le rapport, son étude de 2008 tenait compte aussi de ce que l’État redistribue. Sinon, ça n’a pas de sens.
Le rapport souligne que l’Ontario produit davantage de richesse par habitant que le Québec et note bizarrement que « l’écart se maintient » alors que son propre graphique montre qu’il s’est réduit, passant de 19% en 1991 à 14% en 2008, soit une vitesse de réduction de 0,3 points de pourcentage par an, dont on sait qu’il se prolongera au moins en 2009. Nulle trace des travaux de Pierre Fortin affirmant que le niveau de vie moyen québécois et ontarien sont, selon ses termes, « à parité ». Il vaut la peine de citer la conclusion de son étude de mai dernier à ce sujet.
La synthèse des faits que j’ai présentée a établi que le Québec est aujourd’hui aussi riche et moins inégalitaire que l’Ontario. Par la même occasion, il est apparu que le rendement comparatif du Québec n’est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat de politiques à long terme bien conçues et persévérantes : la révolution éducative, des relations de travail saines, la progressivité de l’impôt, la stabilité et le renforcement de la politique sociale. Il en ressort également que moins de pauvreté et d’inégalités n’entraîne pas nécessairement moins de prospérité et plus de chômage. Le Québec offre un bel exemple du contraire, et c’est tant mieux. (Présentation au Congrès annuel de la Société québécoise de science politique, Ottawa 28 mai 2009)
Personne ne nie que le PIB par habitant soit au Québec en retrait de l’ontarien, même si cet écart se rétrécit sur la trajectoire actuelle (donc le coureur québécois, à l’arrière, court plus vite que l’ontarien, à l’avant) et qu’il disparaît lorsqu’on examine, comme le fait Pierre Fortin, le niveau de vie réel des citoyens. Mais le rapport ne fait pas cette distinction, pourtant essentielle.
Au moins, le rapport terrasse un mythe répandu, celui des tranferts fédéraux: Le Québec ne paie pas sa générosité social-démocrate aux frais du reste du Canada, via les transferts, affirment les auteurs. « Même en soustrayant la contribution provenant des transferts, le Québec assume davantage de dépenses que les autres provinces. » Nous sommes donc, pour l’essentiel, maître chez nous en matière de choix sociaux.
La dette. Le rapport démontre que le poids relatif de la mauvaise dette (venue des déficits cumulés, plutôt que des investissements) sur l’économie québécoise fut en régression de son point fort de 1998 (42% du PIB) à l’heure actuelle (34%), avec un risque de remontée d’ici peu. A contrario du ton général du rapport, ces chiffres démontrent donc que la situation s’est améliorée alors même que le Québec se dotait de davantage de services que l’Ontario.
On peut chipoter tant qu’on veut sur ce qui constitue une bonne et une mauvaise dette, mais le fait reste que l’État québécois doit payer pour son service de la dette et que les taux d’intérêts historiquement bas en vigueur aujourd’hui ne seront pas maintenus indéfiniment. Il y a donc un vrai problème de finances publiques devant nous. Si les taux d’intérêts devaient augmenter de 4% — ce qui est loin d’être improbable — la facture annuelle pour le Québec serait de 6 milliards par an à terme. Bref, un déficit assuré.
La crise des finances publiques. Rien de ce qui précède ne doit nous détourner du fait que les finances publiques québécoises sont en effet dans un état précaire qui justifie des actions correctrices importantes. Les auteurs ont raison de souligner que des défis nouveaux et couteux se profilent à l’horizon sur les sujets de la santé, de la démographie et, ajouterais-je, de coûts environnementaux imprévus. On peut discuter de la qualité des projections et des hypothèses. Mais le principe de précaution doit être appliqué, là comme ailleurs.
Cependant il est clair que le document qu’on nous présente a pour but d’écarter de la gamme des réponses possibles une augmentation du fardeau fiscal des Québécois les plus riches (qui, soulignons le, bénéficient entre autres des tarifs de garderie, d’électricité, de frais de scolarité, etc, les plus bas sur le continent). Le document veut au contraire nous convaincre que toutes les issues sont fermées, sauf de procéder à des hausses de tarifs, notamment électriques, de scolarité et autres, et à des baisses de services. Ce n’est pas clairement exprimé dans ce rapport, qui n’est que le premier d’une série. Mais le sillon est tracé.
Que des économistes libéraux, au sens économique, tel que Robert Gagné et Claude Montmarquette, en soient signataires tombe sous le sens. Ils sont partisans du moins d’État. Les signatures de Pierre Fortin et de Luc Godbout, généralement plus équilibrés dans leur approche, est plus étonnante. Le vrai test de cohésion de cet attelage viendra cependant lors de la formulation des remèdes, dans leurs prochains rapports. Ce devrait être divertissant. Comme vous, j’ai hâte !
On a vu ces derniers jours sur ce blogue comment les plumes qui insistent pour « Mettre le Québec dans le rouge » utilisent des chiffres et des comparatifs erronés.
Mais au-delà du débat sans cesse recommencé sur le diagnostic québécois, la question essentielle demeure: que faire pour que le Québec soit encore plus riche, encore plus fort ?
Le rapport du Centre sur la productivité et la prospérité des HEC est assez bref sur les solutions à apporter, mais on y lit ce constat:
« Pour rester dans la course, le Québec a tout intérêt à trouver un moyen pour encourager les entreprises à investir davantage dans de meilleurs équipements. Il y va de notre capacité à assurer notre croissance économique et à mettre un terme au retard que nous cumulons en matière de productivité depuis de trop nombreuses années. »
Nous sommes tous d’accord. La clé de la croissance québécoise tient à l’augmentation de la productivité qui elle même tient à la qualité de l’outil de travail, donc des investissements des entreprises en équipement, en recherche et innovation et en formation du personnel.
Voyons voir. En cherchant bien, on pourrait imaginer une action gouvernementale intelligente et ciblée dont le Conseil du Patronat pourrait se réjouir que:
« les préoccupations exprimées depuis longtemps par le milieu des affaires aient été entendues et que le gouvernement ait décidé d’agir concrètement sur certains déterminants de la productivité. »
Une politique à ce point étendue dans sa portée que la Fédération des chambres de commerce du Québec affirmerait qu’elle
« ne néglige aucun secteur de développement, mise sur l’accroissement de la productivité par des mesures favorisant l’innovation et soit adaptée aux enjeux des différents secteurs. »
Une politique si lucide que la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain affirmerait qu’elle
« reconnaît le déficit de productivité dont souffrent nos entreprises depuis plusieurs décennies »
et dont elle estimerait que
« les mesures annoncées pour inciter les entreprises à intégrer davantage les technologies de l’information et des communications ainsi que pour augmenter leur investissement en machines et matériel sont essentielles pour améliorer leur compétitivité. »
Ah, si seulement une telle politique existait !
Mais, attendez ! Elle existe ! Elle a été dévoilée il y a trois mois à peine, sous les applaudissements nourris de tous ceux qui se préoccupent de ces questions.
C’est la Politique industrielle de ma collègue Élaine Zakaïb, volet de la politique Priorité emploi du Gouvernement Marois. On peut en prendre connaissance ici.
C’est comme la marée. Chaque année, on nous revient avec le caractère chétif de l’économie québécoise. Les exagérations pleuvent.
Chaque année, des économistes doivent remettre les pendules à l’heure et c’est souvent le cas de Pierre Fortin. Hier, on a vu comment il a dégonflé le ballon de l’écart de richesse entre le Québec et les États-Unis.
Il s’en prend aussi, dans un blogue récent, aux calculs qui minimisent le taux de croissance du Québec. Souvent, on utilise la croissance du PIB brut, plutôt que le PIB par habitant, comme le font pourtant toutes les organisations internationales.
Lorsqu’on calcule correctement pour 2013, la croissance québécoise est égale à celle du Canada tout entier (pourtant dopé par les provinces pétrolières) et supérieure à l’Ontario.
Ce petit manège sur le PIB brut ou par habitant dure depuis longtemps, au détriment du Québec. Je l’avais expliqué pour les 20 dernières années ici:
Combattre les exagérations des détracteurs est une chose, mais la meilleure réponse est d’améliorer encore la performance québécoise, sujet du billet de demain !
Québécor Média fait ses choux gras, ces jours-ci, d’une étude du Centre sur la productivité des HEC montrant combien les Québécois sont nuls, poches et pauvres.
Ce n’est pas la première fois, et ce n’est pas la dernière.
L’économiste Pierre Fortin vient de remettre, encore une fois, les pendules à l’heure dans L’actualité. Je le cite :
Il y a trois ans, le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, lançait que les Américains étaient 45 % plus riches que les Québécois. Ce dernier fondait son jugement en toute bonne foi sur une affirmation à cet effet du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.
Depuis lors, plusieurs d’entre nous ont démontré que le chiffre de HEC repris par François Legault était erroné. Mais les affirmations erronées, surtout quand elles sont politiquement commodes, ont la vie dure.
Je vous laisse aller voir comment le professeur Fortin corrige les erreurs des HEC, mais voici comment les chiffres paraissent lorsqu’ils sont plus proches de la réalité:
Pierre Fortin dégonfle considérablement le ballon du retard économique du Québec en corrigeant la copie des HEC.
Mais même ce tableau mérite réflexion, car il donne le pouvoir d’achat moyen, sans prendre en compte les plus grandes inégalités de revenus entre les Québécois d’une part, les Ontariens et les Américains de l’autre.
Pierre et moi avions fait ce calcul il y a deux ans pour conclure qu’à temps de travail égal, le pouvoir d’achat de 99 % des Québécois était supérieur à celui de 99 % des Ontariens et des Américains.
On trouvera ce texte ici, et j’en résume les conclusions dans cet extrait vidéo:
Qu’est-ce qu’on nous rebat les oreilles, ces temps-ci, avec la péréquation! Un argument partiel et partial.
Je l’ai pris de front dans mon bouquin La droite K.O. et j’en résume l’argument ici:
Denis Lebel et consorts affirment que le Québec est la plus pauvre au Canada, donc elle reçoit le plus gros montant de péréquation. Mais lorsqu’on calcule tous les robinets des transferts (sans parler du déséquilibre des budgets défense, salariés fédéraux, crédits d’impôts pétroliers, investissements dans le nucléaire et l’automobile ontariens) alors pourquoi reçoit-on moins que la moyenne des provinces ?
(Calculs S. Gobeil, dernières données disponibles).
Pour les autres capsules vidéo de La droite K.O., c’est ici.
Chers lecteurs, nous interrompons le lancinant commentaire
anti-modèle québécois des détracteurs professionnels du Québec pour vous transmettre ce bref message d’intérêt public.
C’est quand même bizarre: on lit dans les gazettes, on entend sur les Radios X et de la bouche de l’opposition libérale et caquiste combien la gouvernance péquiste nuit à l’économie québécoise.
Mais c’est bien pire que vous pensez! Le PQ a une influence telle qu’il nuit à l’économie de tout le continent. Oui, oui.
Vendredi dernier, les chiffres sur l’emploi de décembre ont été publiés. Non seulement la Charte et Martine Ouellet ont-elles nui à la création d’emploi au Québec, mais également à celle de l’Ontario et à celle des États-Unis, tous décevants !
C’est un travail de longue haleine ! Pour toute l’année 2013, le modèle québécois a réussi à faire en sorte, certes, de dépasser les objectifs de création d’emploi établis par les Libéraux l’année précédente, pour atteindre une création d’emploi modérée, mais Nicolas Marceau a usé de son influence pour faire en sorte que tout le Canada soit déprimé !
Il faut lire le « Bilan de fin d’année 2013 » que fait Statistique Canada pour se rendre compte de l’ampleur du dommage causé:
La progression de l’emploi [au Canada] en 2013 s’est chiffrée à 102 000 ou 0,6 %, soit le taux de croissance de décembre à décembre le plus bas depuis 2009. […]
En Ontario, la progression de l’emploi survenue au cours de la première moitié de l’année a été contrebalancée par la baisse enregistrée en décembre, de sorte que l’emploi était à peu près au même niveau que celui observé 12 mois plus tôt.
Le même jour, à Washington, la commissaire du Bureau of Labor Statistics avait sûrement Pauline Marois en tête lorsqu’elle a admis que la mesure la plus exacte de l’emploi, la proportion de la population active qui a un emploi, était celle d’un cardioélectrogramme plat depuis 2009 — c’est donc que les politiques du PQ ont frappé les É.-U. trois ans avant son élection:
The labor force participation rate declined to 62.8 percent in December. Over the year, this rate declined by 0.8 percentage point. The employment-population ratio, at 58.6 percent, was unchanged in December and over the past 12 months. In fact, this measure has held at or near this level since late 2009.
(Le taux est de 58,6 % aux É.-U., de 60,3 % au Québec et de 61 % en Ontario)
À cause du PQ, les gens quittent l’Ontario !
Et si ce n’était que ça. Mais non seulement les politiques péquistes détruisent-elles l’économie, elles s’attaquent désormais à la démographie. Les gazettes ont mis en lumière, en début d’année, le nombre de personnes qui quittent le Québec pour échapper aux soins de Réjean Hébert. Mais je ne remercierai jamais assez les journalistes et chroniqueurs pour avoir eu pitié de leurs lecteurs en leur cachant le fait que le ministre-médecin faisait aussi peur aux Ontariens !
Les données de janvier à septembre 2013 des gens qui quittent les provinces montrent, certes, que 28 439 résidents québécois ont fui la rhétorique agricole de François Gendron, mais pourquoi, sur la même période, 69 644 Ontariens ont-ils fui l’offensive de notre souverainiste alimentaire?
On me dira, il y a plus d’Ontariens que de Québécois. Oui, ils forment exactement 166 % de la population québécoise. Alors sont ils 246 % à quitter leur province?
Et pourquoi, seulement de juillet à septembre, 4 000 Ontariens ont-ils déménagé… au Québec? Ils sont malades ou quoi?
Pour être sérieux un instant, il faut noter que, de janvier à septembre, quand on inclut ceux qui entrent et ceux qui sortent des provinces, soit l’immigration interprovinciale, l’Ontario s’en tire un tout petit peu moins bien que le Québec ( il fait 1,28 de la progression québécoise, au lieu d’en faire 1,66 comme le voudrait sa taille).
Mais lorsqu’on ajoute les étrangers qui migrent vers le Québec et l’Ontario, alors là, la surprise est totale. Et on se demande pourquoi les journalistes qui se sont penchés sur ces tableaux en début d’année n’ont pas sauté sur ces chiffres.
De janvier à septembre 2013, le solde de l’immigration internationale au Québec (donc les entrants moins les sortants) fut de 48 000 ! Bref, 48 000 étrangers ont choisi de s’établir dans la province pourtant décriée en permanence par les médias torontois. Ces gens ne lisent-ils pas le National Post?
En fait, ce taux d’immigration est proche du taux d’immigration par personne le plus élevé au monde… celui de l’Ontario (qui pour la période fait 1,81 de notre solde, plutôt que 1,66).
J’aimerais pouvoir vous dire combien d’Américains ont quitté leur pays pour fuir la menace péquiste et les discours de Pierre Duchesne. Malheureusement, le Census bureau américain ne tient pas le compte des gens qui quittent. Cependant la presse américaine fut très préoccupée, cet automne, par le fait que les Américains renoncent à leur citoyenneté six fois plus qu’avant et que, de 2005 à 2010, 356 000 Américains ont déménagé au Mexique !
Bon, comme ces commentateurs ne travaillent pas pour la Gazette, ils vous diront que le renoncement à la citoyenneté se fait par des expatriés américains à l’étranger voulant fuir l’impôt et que l’exode vers le Mexique s’explique par le retour d’enfants d’immigrants mexicains. Mais on sent bien que la peur de la séparation du Québec doit être la cause sous-jacente…
Je n’ai pas le temps de vous en parler, mais j’ai bien l’impression que le PQ est aussi la cause du ralentissement de l’économie indienne.
Chers lecteurs, nous interrompons le lancinant commentaire
anti-modèle québécois des détracteurs professionnels du Québec pour vous transmettre ce bref message d’intérêt public.
C’est quand même bizarre! Selon un rapport publié ces jours derniers par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le nombre de salariés dans la métropole qui œuvre dans les industries créatives placent Montréal septième parmi les métropoles nord-américaines, sur 21.
C’est relatif, direz-vous. Oui. Mais les chiffres bruts parlent aussi: bien qu’elle se classe au 13e rang sur le plan de la population totale, Montréal arrive au 9e rang pour la taille absolue de ces industries créatives. La région métropolitaine de Montréal se positionne donc parmi le top 10 des régions créatives nord-américaines, que ce soit en termes absolus ou relatifs. Pas mal.
Bon, évidemment, notre objectif est de battre Toronto d’ici 5 ans et de se retrouver dans les 5 premiers.
Mais cela fait quand même un petit velours de voir Montréal devant Boston, Nashville, Denver et Chicago.
On cartonne évidemment davantage dans certains sous-secteurs créatifs:
Arts : Avec 5,2 emplois par tranche de 1 000 emplois, Montréal se classe au 4e rang dans ce sous-secteur, tout juste derrière New York (5,5) et Los Angeles (5,8). Montréal se classe également au 4e rang pour l’emploi total absolu dans ce sous-secteur.
Architecture et design : Avec 5,4 emplois par tranche de 1 000 emplois, Montréal se retrouve aussi au 4e rang dans ce sous-secteur, derrière Vancouver (6,7), Toronto (6,3) et San Francisco (5,6).
Film, vidéo, radiodiffusion, télédiffusion: avec 10,6 emplois par tranche de 1 000 emplois, Montréal est au 5e rang, et avec une intensité avoisinant celles San Francisco (11,6) et New York (11,8).
C’est encore mieux si on place Montréal dans le palmarès des métropoles européennes.
Devant Amsterdam, Paris, Rome et Barcelone — et loin devant Berlin — c’est assez impressionnant.
Devant 500 personnes réunies ce vendredi au Palais des Congrès, le PDG de Sid Lee, Jean-François Bouchard, vantait le caractère « Euro-Américain » de la créativité montréalaise.
Il a raison. Mais nous saurons que nous aurons vraiment fait notre marque lorsqu’une autre métropole créative émergente se présentera comme « Montréalo-européenne » ou « Montréalo-asiatique ».
Nous revenons maintenant à notre programme régulier.
Chers lecteurs, nous interrompons le lancinant commentaire
anti-modèle québécois des détracteurs professionnels du Québec pour vous transmettre ce bref message d’intérêt public.
C’est quand même bizarre! Des Québécois dominent le marché du spectacle à Las Vegas. On s’y est habitué. C’est un Québécois. Luc Plamondon, qui a montré aux Français comment faire une comédie musicale sur Notre-Dame-de-Paris. De l’histoire déjà ancienne.
Trois fois en trois ans, un film québécois est choisi parmi les finalistes des meilleurs films étrangers aux Oscars. Pas de quoi en faire tout un cinéma !
Y-aurait-il un exploit que des Québécois devraient réaliser quelque part sur la planète pour qu’on soit, définitivement, ébahis. Par exemple: produire le spectacle le plus vu de toute l’histoire de la plus grande nation au monde: la Chine.
C’est déjà fait. La société Media Novalux, d’Éric Villeneuve, produit depuis 2005 à Shanghai le spectacle « ERA intersection of time ». Il est présenté tous les jours dans trois ville chinoises. Total: 3,2 millions de billets vendus, le plus populaire de tous les temps en Chine.
Je suis allé le voir lors de mon passage en Chine: époustouflant. C’est ce qu’ont conclu aussi les jurys chinois qui ont couronné le spectalce ERA de plusieurs prix d’innovation commercial, artistique et marketing. Deux des numéros ont gagné la médaille d’or au festival de cirque de Monaco.
Nous revenons maintenant à notre programme régulier.