Territoires non cédés, faut-il céder ? (Texte intégral)

Mes remerciements, d’abord, aux frères Molson, propriétaires du Canadien, pour avoir crevé l’abcès. En proposant gauchement d’accuser avant chaque match leurs centaines de milliers de partisans montréalais d’avoir injustement planté leurs pénates sur un territoire mohawk non cédé, ils ont propulsé à l’avant-scène un débat qui mijotait à feu doux depuis quelques années. Faut-il vraiment, dans un geste certes ancré dans la bonne volonté, affirmer que nous sommes tous, au fond, des voleurs ?

Tous esclavagistes ! (texte intégral)

Lorsque Cartier, Champlain, Maisonneuve mettent pied en Amérique, ils arrivent sur un continent esclavagiste. Des nations autochtones rencontrées leur offrent un cadeau: un esclave capturé lors d’une bataille contre une nation ennemie. Ces prisonniers de guerre sont maltraités, torturés, souvent tués. En Mohawk et Onondaga, le mot pour les désigner signifie « domestiqué » ou « dompté ». Chez les Outaouais, Ojibwés et Cris,  il signifie « animaux ». Au moins, ce malheur n’est pas héréditaire. Les survivants et leurs enfants sont adoptés dans la nation, intégrés, et cessent d’être en état de servitude.