Dollard des Ormeaux, guérilléro

Fut un temps, où Dollard était, sur son char allégorique, une des stars du défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Il avait sa journée bien à lui. Des célébrations lui étaient spécifiquement dédiées, fin mai, d’Edmonton à la Nouvelle-Angleterre. Le maire, l’évêque, les députés prononçaient des discours, déposaient des gerbes de fleurs, bénissaient des drapeaux. Des soldats de l’armée canadienne y étaient au garde à vous, les chorales entonnaient des chants patriotiques, le tout arrosé, à la nuit tombée, de feux d’artifices. On était dans les années 1920. Dollard des Ormeaux, mort au combat pour défendre en mai 1660 la petite colonie montréalaise contre l’assaut de 800 Iroquois, faisait l’unanimité. (Sauf chez les Mohawks, descendants des Iroquois qui, invités à une des cérémonies, se portèrent pâles.)

Les accents gaulliens de Gabriel Attal

Les parlementaires québécois suivaient avec attention, jeudi, le discours du premier ministre français. Les mots choisis étaient forts, offrant aux liens franco-québécois une couleur d’éternité, de jeunesse éternellement renouvelée. Il se passa quelque chose lorsque l’invité d’honneur déclara ce qui suit : « Certains pensaient sans doute que le français avait pour vocation à disparaître de la carte de l’Amérique du Nord. Ils ne connaissaient pas les Québécois… »

Mésaventures esclavagistes en Nouvelle-France (intégral)

Au début, les esclaves autochtones achetés par des colons français prenaient presque tous la poudre d’escampette. C’est que d’autres colons, opposés à cette sujétion, leur révélait  que l’esclavage était illégal en France et en Nouvelle-France et qu’ils pouvaient donc déguerpir.

L’étincelle autochtone des Lumières

Kondiaronk signant la Grande Paix en 1701

Liberté, égalité, fraternité. Mais où sont-ils allés chercher tout ça ? Comment des penseurs, Rousseau, Voltaire, Locke, Jefferson et les autres, vivant dans des sociétés parfaitement inégalitaires, où régnaient depuis des millénaires l’arbitraire, l’abus de pouvoir, le règne des dogmes religieux, ont-ils pu même concevoir que les individus pouvaient être libres, avoir des droits, s’affranchir de leurs maîtres, être égaux ? L’ancienne agora citoyenne grecque, la République romaine pouvaient certes les inspirer, comme les nombreuses révoltes françaises et européennes contre la tyrannie, des villes parfois devenues des communes et pronant la fraternité, les Anglais qui avaient renversé leur roi, les Hollandais gouvernés par leurs provinces unies.

Célébrer Angélique

Le procès et l’exécution de l’esclave noire Maire-Josèphe-Angélique furent un événement majeur de l’histoire de Montréal du XVIIIe siècle. En ce Mois de l’histoire des Noirs, quoi de mieux que de se rappeler sa mémoire et célébrer sa soif de liberté.

On peut forcer le trait en résumant l’affaire ainsi : accusée sans preuve formelle d’avoir allumé un incendie qui allait détruire 45 immeubles, dont l’hôpital Hôtel-Dieu, Angélique fut le bouc émissaire de la vindicte populaire, condamnée à être humiliée, torturée, à avoir la main coupée, puis à être brûlée vive devant une foule haineuse.