Le Courrier des Internautes

450px-Tastatur-deutsch-DSCN17831-150x150Beaucoup de trafic sur les pages commentaires du blogue cette semaine.

Le climat a fait chauffer les claviers, la langue a délié les arguments, la hanche a étonné et fait réagir, comme le coup de Poker.

 

À vous la parole:

* Le billet 5 choses indispensables à savoir sur le climat a suscité un débat épique entre ceux qui nient l’existence du problème, ceux qui en sont conscients et ceux qui pensent que ce sera une bonne chose pour le Québec. Je donne la palme de la meilleure réplique à Warren Peace, qui nous signale cette intéressante carte interactive qui nous permet de constater les dommages causés par une élévation du niveau de la mer. Et de voir que le Québec est une région très résiliente. Il ajoute:

À une élévation de 3 mètres correspond:

a) la disparition d’une partie d’Israël, le long du Jourdain, dont la partie nord deviendra un lac – très large!
b) Alexandrie, en Égypte, disparaîtra
c) le sud du Vietnam (jusqu’à et incluant Saigon) sera submergé
d) les banlieues sud de Karachi, au Pakistan, disparaîtront sous l’eau
e) la côte de l’Adriatique sera engloutie, de Ravenne à Venise et au delà
f) Adieu Amsterdam, Rotterdam et la Haye, aux Pays-Bas; les zones submergées vont de Calais, en France, à Hambourg, en Allemagne; elles incluent la côte ouest du Danemark.
g) au Québec, les îles de Sorel disparaîtront, de même que certaines îles à l’est de l’Île d’Orléans. Des quartiers complets de Trois-Rivières seront menacés.
h) aux USA, des millions de personnes devront être relocalisées, car la côte Atlantique (région de Washington à New-York en particulier) sera dûrement touchée…

= = =

Mais il y a lieu de se réjouir, nous disent (ses collègues internautes), car ils pourront agrémenter leur jardin de nouvelles variétés de pivoines pendant que les forêts du Nord du Qc flamberont.

Une mention, quand même, pour Jacques Noël:

J’ai passé ma jeunesse avec les Marxistes. J’ai traversé ma vie adulte avec les féministes puis les gays et lesbiennes. Là, chu poigné, depuis le début du 21e, avec les verts. (…) On en a pour des décennies…

Et je note avec un soupçon de fierté que ce billet fut référencé sur le blogue de l’économiste Gilles Raveaud, de la revue Alternatives Économiques, en France.

* Au sujet de la Révolte des étudiants trop branchés, ces lycéens français refusant de fermer leurs cellulaires en classe, Benjamin-Hugo Leblanc offre ce commentaire/témoignage:

Comment lui faire prendre la moindre altitude s’il n’existe plus aucun savoir partagé sur sa fondation, et si l’on se préoccupe davantage de discourir sur le maillet (méthodes pédagogiques) que sur la taille même des pierres? Ce savoir minimal, morcelé, méfiant à l’égard de ses formes instituées (et donc collectives), renvoie l’étudiant à lui-même, et tout charisme de fonction (Weber) ayant été destitué, il n’y a plus qu’une compétition des charismes personnels, à laquelle les étudiants sont évidemment prompts à prendre part. En fait, tout porte à croire qu’ils y sont de plus en plus encouragés. J’en veux pour témoins ces plans de cours dans un cégep de Québec que je ne nommerai pas, lesquels doivent désormais porter la signature du professeur et de l’étudiant – véritable contrat entre égales parties. L’involution progressive du maître vers l’”enseignant”, puis de l’enseignant vers l’”accompagnateur-animateur” illustre bien le processus par lequel on a éliminé tout modèle susceptible de susciter une émulation; l’irrespect et les incivilités en classe, aujourd’hui, ne peuvent y être étrangers.

* Au sujet de Après les cégeps: l’université, le lien vers ma proposition de réforme des frais de scolarité, j’engage avec l’ex-président de la FEUQ, Pier-André Bouchard-St-Amant, maintenant étudiant à la LSE, un intéressant échange. Atim Léon répond sur le oikosblogue avec sa propre contribution, qui ne me convainc pas mais qui vaut le détour.

* Au sujet du billet  Langue: l’exode et l’épicentre du séisme, Guillaume apporte ce témoignage du West Island:

L’exode des anglophones est un sujet TRÈS discuté dans la communauté anglophone, qui l’assimile à une épuration ethnique. Je viens du West Island, j’ai fait mes études à McGill et je peux confirmer que le phénomène est très répandu.

Ceux qui n’apprennent pas le français et ceux qui n’ont aucune intention de vivre ou travailler en français partent très rapidement après leurs études. Après 1995, mes voisins anglophones plus âgés ont suivi leurs enfants déjà partis en Ontario. En général été remplacés par des immigrants qui vivotent entre l’anglais et le français, selon les cas.

Il est très facile de passer toute sa vie à Montréal sans parler français du tout, surtout si on travaille dans certains domaines. Mais je dis à tous les anglos et immigrants d’apprendre le français et d’envoyer leurs enfants à l’école française pour la simple et bonne raison que s’ils veulent demeurer ici, ils doivent tisser un réseau social francophone. Avec tous les départs de gens qui ne trouvent pas leur place ici, un réseau social anglophone ici est beaucoup trop fragile pour résister plus d’une décennie. En ce sens, la communauté anglophone montréalaise ressemble maintenant beaucoup plus à une communauté d’exilés en territoire exotique (avec beaucoup plus d’institutions évidemment), qu’à une véritable minorité bien établie.

Joël Cuerrier ajoute aussi cette expérience personnelle fort instructive:

j’ai vécu deux ans à Lasalle, dans un quartier italien. Près de chez moi, il y avait une épicerie indienne, où je n’étais pas bienvenu, où je me sentais regardé de travers… et où on ne parlait pas français du tout. Devant chez moi, un dépanneur vietnamien. Sympathique le propriétaire, travaillant 16 heures par jour, sept jours semaine, toujours le sourire… mais pas un mot en français, même pour dire bonjour, pas possible. Le petit bar à côté de ce dépanneur, là aussi, j’étais un étranger, pas bienvenue, c’était des jamaïcains surtouts… enfin, des caribéens anglais. La serveuse parlait français, mais ça ne semblait pas être une place pour moi du tout. Idem pour le petit café d’à-côté, fréquenté pour des italiens uniquement, idem pour la boulangerie italienne, tout se passe en anglais. J’en ai eu marre un moment donné. J’imagine que c’est pour cela qu’il y a si peu de francophones dans l’ouest de l’Île, on en vient à se sentir si étranger qu’on sacre notre camp de l’autre bord du pont.

Quand c’est tout le temps, à tous les jours, partout, dans les commerces qui t’entourent, tu as beau prétendre pouvoir exiger d’être servi en français, c’est perdu d’avance. Tous ces commerces étaient ethniques et servaient majoritairement leur minorité ethnique, toutes les trucs à distance de marche de chez moi, en général, c’était en anglais. Ma rue en entier était majoritairement italienne et indienne. Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Dans tout cela, c’est toi le minoritaire. Alors, j’utilisais quand même ce dépanneur parce qu’il était à 30 secondes de chez moi. J’allais toujours à cette épicerie, parce que c’était de l’autre bord de la rue… et je ne disais pas un mot. Mon autre option, m’allonger de dix minutes pour marcher jusqu’à un autre dépanneur… ou prendre la voiture pour aller à une autre épicerie, c’est moi que je pénaliserais.

C’est beaucoup plus facile à vivre comme vous le faites, comme je le fais, quand on ne vit pas au cœur de ce problème. Maintenant, je suis en banlieue, je peux moi aussi me vanter d’exiger le service en français, puisque je n’habite plus à Lasalle et que je n’ai plus ce problème. Ça a été une des raisons qui m’ont décidé à partir, il n’y avait absolument aucune camaraderie dans ce voisinage. Je ne connaissais pas mes voisins.

Pierre Desrochers offre un autre témoignage, depuis Lanaudière:

Ici, dans la région de Joliette, nous arrivent depuis plus ou moins 8 ans des réfugiés Colombiens(il y aurait actuellement une soixantaine de familles), et, cette année, des Bhoutanais-Népalais.

Or, une bonne partie des réfugiés Colombiens, après un séjour variable ici, s’en vont à Montréal.Il s’agit, le plus souvent, des plus scolarisés ou, encore, des familles avec des enfants.Ils vont à Montréal pour:les études, l’emploi….pis l’anglais. Eh oui! Dans certains cas, pour apprendre l’anglais. Certains s’en sont allés en Alberta.

Jean-Sébastien Marsan pense cependant que le futur choc pétrolier sera bénéfique au français:

À propos de l’étalement urbain, il existe une piste de solution (qui s’imposera qu’on le veuille ou non, personne ne pourra l’empêcher): la hausse du prix de l’essence.

Vous n’êtes pas sans savoir que l’ère du pétrole à bon marché s’achève, que nous sommes en train de brûler ce qui reste de pétrole cheap. Le pétrole de demain, plus difficile à extraire et plus rare, sera plus coûteux. Ce sera la fin d’un mode de vie axé sur la liberté de se déplacer dans une voiture individuelle, donc la fin de la banlieue; le coût financier de ce mode de vie sera tout simplement hors d’atteinte pour la majorité des ménages.

Nous assisterons alors à un exode inversé, cette fois vers la ville. Montréal retrouvera ses francophones! (En investissant dans les transports en commun, il y aura peut-être moyen de densifier et de sauver du déclin les banlieues de première couronne.)

* Au sujet du Mystère de la hanche disparue, où je parle d’une photo sans doute retouchée de l’actrice Demi Moore, P. Bouchard écrit:

Mémo à monsieur Lisée , vous devriez changer de code d’accès pour faire des entrées sur votre blogue apparement Nathalie Petrowski on Marie-Claude Lortie s’en servent.

Je comprends qu’il trouve que j’ai des sujets parfois trop légers. Mais j’ai comme devise de prendre au sérieux les sujets légers et avec légereté les sujets sérieux.

Mfrance, elle, pose la question qui tue:

ce que je ne comprends c’est:  pourquoi enlever une hanche ? les hommes adorent les hanches non ??

Gébé Tremblay nous fait une confidence:

Et alors ?Ma femme me demande de faire la même chose sur les photos que je prend d’elle et qu’elle télécharge sur internet pour sa famille et amis à l’extérieur du pays.

Je suis graphiste de métier.Lorsqu’on se présente en public, est-ce qu’on se met sur son 36 ou pas ?C’est normal de s’avantager et de donner bonne impression. C’est la définition même du “maquillage”. On efface les défauts et met en valeur les qualités.

Le maquillage n’est pas un métier réservé à l’image, il est tout autant pratiqué par les ouvriers des mots. C’est la différence entre le bijoutier et l’artiste.

En effet, Demi est demie. Elle a été “taillée” comme un diamant. L’artiste exprime la beauté qui nous a échappée.

Julien David a le dernier mot:

La Moore, la Moore, que de crimes on commet en ton nom.

* Au sujet du Coup de poker de Loto Québec, Raphael P. voit une source de profit chez les joueurs étrangers.

Je suis bien d’accord avec vous que Loto-Québec à un devoir de retenue sur le territoire du Québec. Cela dit je trouve l’idée d’un site de poker en ligne intéressant dans la mesure ou cela pourrait permettre à loto-Québec d’aller trouver des revenus à l’étranger. Cet univers, celui du jeu en ligne, est en ce moment un nid de vipères contrôler par des groupuscules louches et sans aucun doute mafieux. Si loto-Québec réussi à mettre quelque chose en ligne d’intéressant je crois qu’un site de poker en ligne soutenu par un gouvernement (et donc beaucoup plus légitime) pourrait avoir beaucoup de succès auprès des adeptes du jeu en ligne partout dans le monde.

François Dorlot, lui, se fait enthousiaste et expansionniste:

Loto Q a tout à fait raison de vouloir “rapatrier” tous ces millions qui vont ailleurs. Mais il faut voir plus grand. Un seul exemple, celui des travailleurs et des travailleuses du sexe. Ils sont la proie des mafias, gangs de rues, et autre associations qui ternissent notre image. Que de taxes et d’impôts perdus! Honte! Pour rapatrier tous ces beaux millions, il est grand temps que Loto Q devienne Loto Cul et organise partout au Québec des lupanars, maisons de passe et autres lieux de saine distraction. Les casinos seraient des lieux d’excellence et de référence de ces pratiques. Ça couperait l’herbe sous les pieds de la pègre et nous permettrait d’investir tout cet argent au soutien des prostitué(e)s en détresse, à l’enseignement de la saine sexualité à l’école, etc. Mais bien sûr, pour protéger notre belle jeunesse, les praticien(ne)s seront recruté(e)s exclusivement à l’étranger, en particulier dans les pays les plus pauvres, afin de maximiser les profits, vu les maigres émoluments qui pourront dans ce cas leur être versés. Je compte sur vous, Monsieur Lisée pour pour vous faire le champion de ce grand virage social.

Je vous rassure, c’est déjà fait. Je défends, avec moins de truculence, une thèse semblable dans Pour une gauche efficace.

* Finalement, Gilles de NDH, au sujet de mes Vidéo-clips du samedi, écrit ceci:

J’ai comme l’impression que vous sortez directo de Dawson, l’essentiel de vos références culturelles sont anglo-saxophones…

Excellente remarque. Cela m’avait fait tiquer aussi. Je fais un effort cette semaine, mais je suis aussi, un toute petit peu, tributaire des suggestions que l’on m’envoie.

Le courrier des Internautes (3)

Les internautes furent très actifs cette semaine sur ce blogue. Le score est maintenant:
Lisée : 54 billets
Internautes: 787 commentaires !
Vous comprendrez donc que je sois très sélectif dans ce courrier. Mais je vous lis (presque) tous.  Enfin, tous, mais (presque) au complet !

Au sujet de l’invasion des torses-objets, qui note que les acteurs sont nettement plus musclés aujourd’hui qu’il y a 20 ans, P. Bouchard souligne:

Ça me rapelle une aneccdote d’Ang Lee au sujet du tournage de son film sur Woodstock qui racontait avoir viré un nombre énorme de jeunes figurants parce que leur physique ne correspondait pas du tout à ceux des jeunes des années 70.

Mais Marie-Michèle m’en veut un peu:

Je n’ai qu’un seul commentaire : cette photo de Sean Connery était-elle vraiment nécessaire pour prouver votre point ?  Je serai marquée à vie de cette image maintenant…! 🙂

P. Bouchard a le dernier mot sur ce sujet:

Qui l’eût cru, une discussion sur les abdos masculins sur le blogue de Monsieur Lisée, à quand une discussion sur la mode d’été chez Madame Hébert ? ;)

Plusieurs internautes ont poussé les hauts cris à ma suggestion de faire revenir les membres de la Commission Cliche pour un deuxième tour (Lucien, Brian, Guy: Revenez ! Ils sont devenus fous). Ils proposent à la place:

Dupé: Pierre-Marc Johnson, l’ex-ministre Jean Cournoyer et Bernard Landry.

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Yves Gratton ajouterait aux revenants de Cliche: Bernard Descoteaux du Devoir: ce n’est ni Gérard Filion, ni Claude Ryan mais un André Laurendeau, à l’écoute, sage , avec un esprit de synthèse exceptionnel. (Je transmets à Bernard.)

Christine propose de recruter de jeunes commissaire, selon une technique à la mode:

Je préférerais qu’on offre la chance à des plus jeunes d’avoir une arène ou exprimer à fond leur fougue de jeunesse. De là, aurions nous peut-être des surprises sur de nouveaux leaders? Tiens, tiens, une commission à la Star Académie.

Julien David est indulgent en écrivant: Si vous arriviez à faire quelque chose avec Mulroney je vous Schreiber reconnaissant.

En verve, Julien David commente aussi mon billet sur le couple Sarah Palin/Eva Peron, avec cette formule:

Je voudrais comprendre, Obama évita Sarah une fois, bon… si l’Argentine l’évita comment pourra-t-on expliquer plus tard de quelle façon Sarah lévita jusqu’à la présidence?

Au sujet d’Un réfugié dans la blogosphère: Jacques Brassard, Guy Levasseur offre cette remarque sensée:

Diantre nous sommes vraiment en train de devenir un pays !!!!
Nous avons même notre propre “Rush Limbaugh” Québecois. À quand une chaine radiophonique internet animée par Jacques Brassard ?

Au sujet de ma série de billets sur les Cégeps français, où je propose que les cégépiens anglophones aient 75% de leur enseignement en français, et les francopohones 25% en anglais, Alexis écrit ceci:

If  everone writes a quarter of their texts in english or if a quarter (25%) of the interventions on this blog are in english, M. Lisée will rapidly see how UNCOOL his «solution» is! I don’t want a 25%/75% linguistic division in Quebec, I like our present 90%/10%!

Cher Alexis, je constate que votre anglais est excellent, mais comme je vous sais souverainiste, je constate aussi qu’il ne vous a pas assimilé. Pourquoi ne pas donner aux 76% des Québécois qui le désirent un enseignement conséquent de la langue seconde, a fortiori dans l’enseignement post-secondaire, pour qu’ils le sachent aussi bien que vous ?

Au sujet du billet sur le film 2012, Christian Martel, qui habite Oxford, écrit:

Sur une note personnelle, j’habite en Grande-Bretagne et la salle au complet s’est éclaté de rire à la simple vue d’une aristocrate à chapeau qui décide d’emmener ses neuf chiens corgies avec elle dans l’Arche (on a tous compris que c’était la Reine Elisabeth II.)

En effet, si vous voyez le film, la ressemblance est frappante et pas très flatteuse.

Le Courrier des internautes (2)

En vrac, donc, quelques réponses à vous, fidèles et néanmoins critiques lecteurs du web:

Au sujet de Une psy montréalaise présidente de l’Europe ?, sur l’ex-prof de l’UdeM devenue présidente de Lettonie et aujourd’hui en lice pour la présidence européenne, Sylvain offre ce témoignage:

Je suis un ancien étudiant de Madame (Veira Vike-Freiberga), elle enseignait un cours sur la psychopharmacologie à U de M. Le matin du 9 nov 89, c’est elle qui apprenait à ses élèves la chute du mur de berlin. La psychopharmacologie fut mis de coté pendant 3 heures pour laisser la place à cet événement. J’amais je n’oublierai cette grande Dame.

François 1 me demande si je suis un « idiot utile », citant un texte de la plus jolie économiste de droite en Amérique, Nathalie Elgrably-Lévy, de l’Institut économique de Montréal, qui assimile les tenants de la gauche, comme je suis, aux compagnons de route du communisme ainsi nommés par Lénine. L’argument de Mme l’économiste de droite est très fin et peut-être retourné. Est-elle une de ces personnes de droite qui ont accompagné la montée du fascisme en Europe, pour s’en trouver fort penaud ensuite. On voit l’utilité de ce genre d’argument: nul.

Mais je réponds directement à la question: oui à 50%. Je tente d’être utile. Pour le reste, je serais idiot de m’ériger en mon propre juge.

Les commentaires sur les blogues ne sont pas exempts, dans leurs critiques envers le blogueur et envers les autres intervenants, de mauvaise foi et de mauvaise humeur. Cela m’intéresse peu. Mais j’aime bien lorsque la critique, même infondée, est bien tournée. Ainsi je souligne le commentaire aussi bref que vif de J.L Vaillancourt au sujet de mon billet sur le Prince Charles intitulé La visite de M. Rien:

Cette analyse de M. Rien par M. Nul est inutile et ne mène nulle part.

Merci aux internautes qui m’ont signalé des coquilles ou fautes dès la mise en ligne de textes qu’il m’arrive d’écrire avant d’aller au dodo.

Le courrier des Internautes

Depuis l’ouverture de ce blogue, j’ai écrit 26 articles et vous avez répondu avec 320 commentaires. Chers Internautes, je vous lis, mais je ne peux vous répondre à tous. De temps à autre, cependant, je ferai quelques réponses ciblées. Voici mes premières.

D’abord à A. Gervais qui m’écrit:

j’espère que vous n’ ètes pas le fils de la Lisée
qui me doit au dessus de $1600 de loyer et qui faisait la même chose avec d’autres propriètaires
Jamais je voterai péquiste et j’ espère que jamais
plus ils prendront le pouvoir.

Cher M. Gervais, je ne suis pas le fils de cette Lisée et je m’adresse solennellement à cette Lisée pour qu’elle rembourse au plus tôt la somme due car elle nuit vraiment à la réputation de la famille et, au surplus, nuit à la famille souverainiste.

Au sujet de la santé aux États-Unis, Pierre Desrochers demande si je pourrais « nous résumer le plan adopté . Et votre opinion là-dessus? » Je le renvoie à l’excellente vulgarisation donnée par la spécialiste Antonia Maioni, que j’interviewe ici. Je partage totalement son opinion.

Mathieu Demers réagit à mon petit billet sur le taux de chômage du Québec, aujourd’hui plus faible qu’au Canada et aux USA. Dans ce dernier pays, écrit-il,

Quand l’économie roule au mieux, le chômage est entre 3 et 4%. Trouvez-moi l’année où le Québec a eu ce taux de chômage, élément majeur pour déterminer le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

En fait, le taux de pauvreté au Québec est historiquement beaucoup plus faible que le taux américain. Calculé selon les mêmes critères, il était, selon les dernières données disponibles, de 18,8% aux USA en 2002 (donc une année de chômage faible), de 13% en Ontario et de 10% au Québec. Si on parle de « pauvreté sévère », où les citoyens ont moins de 30% du seuil de faible revenu, les chiffres étaient de 6% aux USA, 2,8% en Ontario et 1,7% au Québec. On sait également que, pendant la décennie, la pauvreté a été en légère hausse aux USA (sous Bush) et en légère baisse au Québec, où il a atteint en 2008 son plancher historique. (J’en traite dans la Gauche efficace.)

Raphael P. commente mon billet sur la mauvaise saison télévisuelle de science-fiction en me suggérant de regarder les premiers épisodes de Stargate:Universe, meilleurs que les autres de ce filon qui ne m’a pas beaucoup accroché — lui non plus. Je vais m’y mettre.

Au sujet de mon billet « Exporter la discrimination », Marc Pérusse écrit ceci:

Il y a une légère naîveté qui frôle l’hypocrisie dans ce que vous présentez. Car il y a, dans la population québécoise, des gens qui vont faire la file à une caisse plus achalandé pour éviter d’être servi par une presonne de minorité visible. Il y a des parents qui sont dérangés que des hommes s’occupent d’enfants, soit en service de garde ou à l’école. Certains n’iront pas demandé à un préposé féminin des conseils sur les outils, même si ladite préposé est assignée à ce département. La différence entre le québécois mentionné dans mes exemples et ceux qui font partie des minorités mentionnés dans votre article est que ces derniers expriment tout haut ce qui les dérangent. Si le musulman, juif orthodoxe ou chrétien sectaire (pour reprendre vos mots), décidaient de rester dans la ligne d’attente et laisser passer le suivant en attendant qu’un préposé masculin soit disponible, mais qu’il le faisait en silence, serait-ce plus acceptable?

Ma réponse est oui, ce serait (et c’est) plus acceptable. L’individu a tout le loisir de moduler son propre comportement pour être fidèle à ses préjugés et en ce cas il lui incombe d’attendre, de changer de file, de retourner chez lui. Le problème de l’accomodement demandé à la SAAQ est que l’État est sommé d’internaliser le comportement discriminatoire, d’en reconnaître la valeur (!) et de s’organiser en conséquence.

Sur un autre aspect du même billet, un athée écrit ce qui suit:

Toutes les grandes religions sont misogynes – votre prémisse, invoquée comme une évidence, tient-elle vraiment ? […] La misogynie – qui désigne avant tout, suivant son étymologie, un sentiment : la haine des femmes – imprègne-t-elle vraiment de part en part, et irrémédiablement, toutes les idées caractéristiques de la pensée religieuse ? Une personne qui tient à l’égale dignité des sexes se doit-elle alors d’être athée – si oui, l’athéisme est-elle une croyance à part ou simplement l’absence de toute religion ? On n’aurait aucun mal, il est vrai, à déterrer des citations vitupérant la femme chez les plus grands auteurs chrétiens. Mais vous savez bien qu’un corpus aussi vaste peut fournir des appuis à des thèses historiques les plus diverses, sans rien établir quant au sentiment essentiel qui définit les “grandes religions” (haine de la femme ou non). En tant qu’athée qui tient farouchement à la laïcité des institutions publiques, je dois avouer que ce raccourci m’exaspère – surtout qu’il détonne dans un blog par ailleurs très instructif et solidement argumenté…

Il est vrai qu’on peut trouver dans le corpus chrétien — et dans le corpus et/ou la pratique islamique — des éléments favorables aux femmes. Mais il faut les chercher et elles viennent contredire ou atténuer l’organisation même de ces religions. Les chrétiens tenant de l’égalité des sexes finissent toujours par buter sur l’impossibilité pour une femme d’être l’égale de l’homme au sein de la hiérarchie chrétienne. Cette contradiction explique en partie l’atténuation du lien entre l’église et les peuples les plus proches de l’idéal d’égalité, dont le peuple québécois. J’ai un peu badiné sur cette question dans mon texte Marie-Madeleine 17, Benoît 16.

Au sujet de « Jean Charest, un bâtisseur », où je renvoie à une video du PLQ sur l’hydro-électricité qui ne mentionne pas le nom de René Lévesque, William B, me demande:

M. Lisée, j’attends toujours une analyse objective de votre part, et j’attends toujours….
Pourquoi le PQ ne se ventent-ils pas que le PLQ avec le ministre libéral, René Lévesque a complété la nationalisation de l’hydro-électricité ?

Je ne peut parler que pour moi, mais je vous assure que, lorsque j’écrivais des discours pour MM Parizeau et Bouchard, je ne manquais aucune occasion de dire du bien de Jean Lesage et de son ministre René Lévesque. Tant que nous est venu aux oreilles des récriminations de libéraux qui trouvaient qu’on voulait « récupérer » Lesage. J’avoue cependant été moins disert au sujet de Bourassa.

Au sujet du billet Construction: Être Eliott Ness ou Al Capone, Atim Leon écrit:

Merci pour cette analyse [qui ] rend justice à la difficile situation dans laquelle se trouve la FTQ. L’atteinte à sa réputation a été très lourde cette année. J’aimerais souligner d’ailleurs qu’aucune perquisition n’a été faite à la FTQ, ni même à la FTQ-Construction. Les journalistes de l’émission Enquête n’ont rien démontré d’illégal et la police elle-même n’a rien trouvé d’illégal. Les enquêtes de la police portent sur certaines entreprises et non sur les syndicats. La seule perquisition a eu lieu au Fonds de solidarité pour obtenir les dossiers que le Fonds avait constitué sur certaines entreprises de la construction qui avaient demandé de son financement par le passé (refusé, soit dit en passant). D’autres perquisitions similaires ont lieu régulièrement dans d’autres institutions financières sans que cela fasse les manchettes…

Rien à ajouter.

Jacinthe Tremblay, ancienne attaché politique de Jean Doré, renchérit au billet Harel a gagné… dans le Montréal pré-fusions:

La réforme municipale de 2002 a eu comme conséquence un déni total de démocratie pour les citoyens de l’Ancienne Ville de Montréal. LEUR ville a été morcelée SANS QU’ILS N’AIENT UN MOT À DIRE – seuls les gens des banlieues ont eu droit à un référendum, pour comme contre les fusions. Et depuis, le maire élu par le million de citoyens de l’Ancienne Ville de Montréal n’a jamais été celui qu’ils ont élu. La Communauté urbaine de Montréal, qui assurait, en plus d’une saison gestion de services insulaires, en plus de fonctionner dans la plus grande harmonie possible entre Francos et Anglos, n’existe plus. Et les arrondissements de l’Ancienne Ville de Montréal sont les plus mals foutus en terme d’infrastructures souterraines et routières services publics alors qu’ils sont la vitrine de la Métropole du Québec sur le monde.

Les citoyens de l’Ancienne Ville de Montréal sont enfin les plus pauvres de l’île. Comme disait un ami avant ce désastre : Les Montréalais sont pauvres mais au moins, ils ont Montréal. Ils ne l’ont plus!

Elle propose en conclusion l’introduction de la proportionnelle à Montréal pour réparer un peu les dégâts. Julien David, lui, propose les deux tours de scrutin, à la française. J’appuie à deux mains. L’élection de Montréal plaide pour la tenue d’un second tour. Introduisons le dans notre métropole, voyons le résultat, et discutons ensuite de son application pour tout le Québec.

Finalement, au sujet du billet « Faut-il financer W? Non! » où je m’insurge contre la pratique courante où les entreprises paient à leurs cadres des repas déductibles d’impôt pour aller écouter George Bush, François 1 demande:

Vous affirmez que l’État ne devrait pas financer, du moins indirectement par le jeu des dépenses admissibles des sociétés, les discours de W… Et si c’était Bernard Landry? ou Jacques Parizeau? Je suis assuré que votre position serait tout autre non?

Justement non. Je m’oppose à ce privilège, quelque soit la personne qui parle. Je me suis exprimé plus longuement sur toute la pratique des comptes de dépenses dans la chronique Faire payer les riches: mode d’emploi.