Souvenirs d’Atlantide

C’est à regret que je m’apprête à causer un grand chagrin à Julien Riel-Salvatore, le directeur du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal. Il a publié dans Le Devoir fin novembre un excellent texte dénonçant l’obscurantisme dont fait preuve Netflix en diffusant une série pseudoscientifique, À l’aube de notre histoire (Ancient Apocalypse en version originale). Son auteur, le Britannique Graham Hancock, prétend y démontrer que les survivants d’une civilisation avancée presque décimée à la fin de l’ère glaciaire ont parcouru le globe et enseigné aux autres Terriens, alors essentiellement des chasseurs-cueilleurs, comment pratiquer l’agriculture, lire les astres et ériger monuments et pyramides.

Ma réaction au texte de M. Riel-Salvatore fut : Quoi ? C’est sur Netflix ? Comment cela a-t-il pu m’échapper ? J’ai ensuite dévoré en quelques jours les huit épisodes. Mise en ligne le 11 novembre, la série de Hancock a tout pour plaire — et fut pendant quelques semaines l’une des plus écoutées au monde, avant d’être délogée par Harry & Meghan. On y découvre des structures, des monuments, des souterrains gigantesques dont, malgré des décennies d’écoute de Découvertes et autres Nova, j’ignorais totalement l’existence. Le montage est vif, les prises de vue, épatantes, la narration, engageante.

Les archéologues ont raison d’être atterrés par l’attention portée à des théories qui reposent sur un choix sélectif des faits et des découvertes, sur une volonté d’étayer une thèse plutôt que de tenir compte de la complexité paradoxale de l’état des connaissances, et sur des hypothèses plutôt que sur la méthode scientifique. « L’archéologie a des écrivains populaires », écrit Carl Feagans dans un numéro de la revue de la Société américaine d’archéologie (Society for American Archaeology) entièrement consacré à contrer les arguments d’un livre de Hancock.

Mais, poursuit-il, « nous sommes déclassés par ceux qui alimentent les médias avec de la pseudo-archéologie et du fantastique ». La Société a demandé à Netflix de désigner la série de Hancock comme une « science-fiction » plutôt que comme une « docusérie ». Pour l’instant sans succès. Hancock a aussi produit une demi-douzaine de best-sellers à l’appui de ses thèses.

La question n’est pas de savoir s’il a raison. Scientifiquement, sa preuve équivaut à un château de cartes posé sur du sable mouvant. La question est plutôt de savoir pourquoi un grand nombre d’entre nous, et l’auteur de ces lignes, souhaitent qu’il ait raison. Car le marché disponible pour cette pseudoscience est massif. Tout se passe comme si nous étions collectivement à la recherche d’un récit cohérent sur nos origines que les historiens actuels ne peuvent satisfaire.

La croissance de ces thèses, dans la fiction et dans la pseudoscience, est d’ailleurs fortement corrélée avec le recul de la croyance religieuse. Dans nos temples, on nous expliquait clairement et simplement nos origines divines, nos différends avec Dieu, le déluge et la tour de Babel. Même enfants, on pouvait suivre.

Notre esprit scientifique a balayé ces certitudes. Une lecture littérale de l’Ancien Testament nécessite d’envisager une coexistence des humains avec les dinosaures il y a 5000 ans à peine. La croyance autochtone voulant que la Terre repose sur une tortue avait pareillement la qualité de rendre les choses simples. Confronté à cette affirmation, l’astrophysicien Stephen Hawking rétorqua à une interlocutrice : mais sur quoi la tortue repose-t-elle ? Réponse : ce sont des tortues tout le long !

Le trop-plein de simplicité religieuse ayant disparu, dans un processus que les sociologues appellent « le désenchantement » du monde, sommes-nous en quête d’un récit de remplacement réintroduisant une dose de merveilleux, mais en s’appuyant sur des indices archéologiques ? Un récit contenant des éléments étonnants, réels, mais non miraculeux ? Réinsérer un déluge comme moment refondateur, mais le faire reposer non sur un récit divin, mais sur un faisceau d’indices, a quelque chose de réconfortant. Cela nous donne le droit de retrouver une vieille pantoufle.

L’attractivité de ces thèses dame le pion au consensus scientifique, qui n’offre qu’une prosaïque extension de la présence humaine, depuis le coeur de l’Afrique jusqu’aux confins de l’Amérique du Sud, sans autre rebondissement que l’éclosion naturelle des savoirs, modulée uniquement, selon la formidable explication de Jared Diamond dans De l’inégalité parmi les sociétés, par l’accessibilité au bétail domesticable, les bienfaits d’un climat tempéré et l’accélération de la propagation des savoirs lorsque les populations se jouxtent d’est en ouest, comme autour de la Méditerranée, plutôt que du nord au sud, comme dans les Amériques.

Preuve de l’impopularité de ce consensus, aux États-Unis, le pourcentage des gens qui croient que des extraterrestres nous ont visités dans l’Antiquité est passé de 20 % en 2015 à 43 % l’an dernier. Pas étonnant : la thèse est propagée depuis la fin des années 1960 et a fait plus récemment l’objet de huit saisons consécutives sur des chaînes spécialisées. L’ensemencement de la vie sur Terre par des cousins de E.T. est très présent dans la science-fiction et a récemment été remis en scène par Ridley Scott dans Prometheus.

Ce n’est pas la thèse de Hancock, héritier plutôt de la tradition de la civilisation perdue de l’Atlantide, d’abord décrite par Platon il y a 2500 ans et à laquelle croit désormais un Américain sur deux. Il fait une habile jonction entre plusieurs de nos incrédulités. D’abord, la difficulté que nous avons de croire que des peuples peu avancés aient pu construire des monuments gigantesques incarnant des formules mathématiques (comme pi) et s’alignant sur des phénomènes célestes. Ensuite, le fait que ces constructions se retrouvent simultanément sur plusieurs continents.

Ses détracteurs l’accusent de nous refaire le coup des colonisateurs blancs venant bénir de leur science les peuples indigènes. Vrai, les premiers récits sur l’Atlantide les présentaient avec la peau pâle. C’est ce qu’on disait aussi de Jésus et des siens, comme de Cléopâtre, avant de se rendre compte qu’en ces contrées, on est généralement basané. Dans son dessin animé de 2001, Disney nous présente d’ailleurs les Atlantes comme très bruns de peau. Pour tout dire, on s’en balance qu’ils aient la peau verte ou les yeux bridés. L’important est la promesse portée par l’hypothèse de leur existence. Celle du réenchantement.

(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir.)

Les wokes dans l’espace

À l’écran, la science-fiction a souvent permis de repousser les limites de ce qui était socialement accepté. Puisque l’intrigue se déroule dans le futur et dans des espaces lointains, pourquoi ne pas y afficher des comportements jusqu’alors proscrits sur Terre ?

C’est ainsi que, dès 1966, la première série Star Trek comptait une femme noire (Uhura, jouée par Nichelle Nichols) parmi un équipage multiracial et, plus encore, multiespèces. Le capitaine James T. Kirk (le Montréalais d’origine William Shatner) brisait régulièrement le tabou de la mixité en succombant aux charmes de femmes venues d’ailleurs, en particulier une espèce d’amazones séduisantes à la peau verte, qui transformaient les hommes en autant d’esclaves comblés.

Il était normal que, de décennie en décennie, l’offre audiovisuelle de science-fiction s’adapte aux mœurs changeantes des Terriens, ou tente de pousser plus loin l’acceptabilité. La deuxième itération de la formule est apparue en 1987 avec Star Trek. La nouvelle génération. Avec le recul, la frontière de la diversité alors franchie semble puérile. Mais l’audace résidait dans le choix d’un non-Américain comme capitaine du vaisseau : Jean-Luc Picard, un Français qui a un vignoble en Bourgogne.

Ce choix était étonnant, car on trouve encore aujourd’hui aux États-Unis un courant antifrançais très fort, surtout sur les questions militaires, les Américains estimant avoir dû aller sauver la France des troupes allemandes lors des deux conflits mondiaux. https://c7fd90f6aca47a069ef111bfcb189383.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Par exemple, lors du refus du pays de participer à l’invasion de l’Irak, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Donald Rumsfeld, avait déclaré, cinglant : « Aller à la guerre sans la France, c’est comme chasser l’orignal sans accordéon. » Le choix d’un capitaine de vaisseau spatial venu de France était donc contre-intuitif. Pour amortir le choc, peut-être, les producteurs ont décidé de le faire jouer par un acteur shakespearien britannique, Patrick Stewart.

Un Français, une femme, un Noir

C’était en 1995 le tour d’une femme d’assumer la position de capitaine, dans Voyager. Son second était un acteur latino représentant l’équivalent spatial des Premières Nations, tatouage facial à la clé. Un Noir assuma ensuite le premier rôle dans Deep Space Nine, en 1999.

Après un long hiatus, la série télé en cours depuis 2017, Discovery, est de loin la plus avant-gardiste. L’héroïne est une femme noire (Sonequa Chaunté Martin-Green, excellente), au service, dans les premières saisons, d’une capitaine asiatique (Michele Yeoh, idem). L’ingénieur-chef et le médecin de bord, qui sont toujours des personnages essentiels dans l’univers Trek, forment ici un couple gai. Deux personnages transgenres (dont un Asiatique) sont apparus dans les deux dernières saisons.

La composante féminine domine dans la série — le chef de la Fédération des planètes est plutôt une cheffe — et dans l’écriture. Les personnages partagent constamment leurs états d’âme et discutent de problèmes irrésolus de leur enfance, même au milieu d’une mission où chaque minute compte face à l’annihilation imminente de la planète Terre. Jusqu’à l’ordinateur, Zora, à la voix féminine, qui a droit à une séance de thérapie de la part du psy en chef, campé par le cinéaste canadien David Cronenberg (la série est tournée à Toronto).

Le contenu woke ne semble pas rebuter les critiques adeptes du genre, qui, sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, accordent à la série des notes de 81 % à 92 %, ce qui est extrêmement élevé. J’estime pour ma part que les trames narratives de Discovery sont les plus fortes en science-fiction télé en ce moment. (J’utilise ici le mot woke de façon positive, comme synonyme de progressiste.)

Vous me direz : ça manque de lesbiennes ! En effet, mais on les trouve dans l’autre série Trek courante, intitulée Picard, et c’est tout un choc. Les Trekkies avaient un souvenir vif du personnage de Seven, introduit antérieurement et joué avec aplomb par Jeri Ryan. Seven combinait la froideur robotique héritée de son passage dans l’espèce assimilationniste des Borgs et la sensualité incarnée par sa beauté et des formes voluptueuses mises en valeur par un uniforme moulant.

Voilà qu’on la retrouve amourachée d’une autre membre d’équipage, ce qui provoque dans l’auditoire masculin des Trek une brusque reformulation de l’univers de leurs fantasmes.

Star Wars, DC et Marvel

L’univers de Star Wars a encore des croûtes à manger avant d’égaler le wokisme ambiant des Trek.

Il a opéré sa révolution féministe dans la dernière trilogie de la saga. La protagoniste est une femme, Rey (Daisy Ridley), et la résistance est dirigée par la princesse Leia (Carrie Fisher). La productrice Kathleen Kennedy a poussé le bouchon très loin dans l’épisode Les derniers Jedi, dont le thème central opposait la sagesse féminine à la dangereuse impétuosité masculine. Deux personnages masculins de la résistance, jugeant médiocre le plan de sauvetage de Leia et de la vice-amirale Holdo (Laura Dern), mettent en œuvre leur propre stratégie, qui, elle, met vraiment les troupes en danger. Le ton « maternaliste » de Leia et Holdo envers ces pauvres mâles est à couper au couteau et ne passerait jamais la rampe si les genres étaient renversés.

La masse de testostérone inhérente aux deux autres univers de science-fiction populaires, DC et Marvel, rend le virage woke extrêmement ardu. Chez DC, la revanche fut incarnée en 2017 par le succès de Wonder Woman (Gal Gadot), icône féministe, avec un box-office plus important que plusieurs des superhéros masculins, dont Superman et Aquaman. (Le nouveau Batman vient de lui ravir sa première place, cependant, et le second Wonder Woman était décevant.)

Chez Marvel, l’effort pour faire surgir des figures féminines fortes fut tardif, mais visible. La trame de Captain Marvel illustre clairement la révolte de l’héroïne (Brie Larson) contre l’homme contrôlant (Jude Law). L’époustouflant Black Widow met en vedette un trio de femmes mémorables (Scarlett Johansson, Rachel Weisz, Florence Pugh) et, de toute évidence, indestructibles œuvrant à libérer de l’emprise d’un oligarque russe tout un bataillon féminin chimiquement subjugué. Plus que les scènes d’action imaginatives, le film étonne par la qualité de ses interactions personnelles et de ses dialogues.

On ne trouvait pas chez Marvel (du moins à l’écran) des non-hétéros, à moins qu’on admette comme couple mixte la relation de Wanda (Elizabeth Olsen) avec son mari, incarnation d’une intelligence artificielle. (Elle a eu sa propre série télé, WandaVision, très originale. À voir.) On pourrait aussi mettre dans le camp des fluides l’attraction du demi-dieu Loki pour sa propre incarnation féminine dans l’excellente série portant son nom ! Un couple gai (et noir) a finalement fait son apparition en 2020 dans Les éternels (pas le meilleur film de la série).

La frontière de la diversité a aussi été franchie avec l’intégration en 2020 d’un héros asiatique (Shang-Chi et la légende des dix anneaux, pas génial, mais pas mauvais). L’Inde est enfin représentée dans Les éternels. En juin prochain, Miss Marvel, adolescente du New Jersey dont la famille est d’origine indienne, sera, au surplus, une musulmane pratiquante dans sa propre série télé. Ce qui nous fait nous interroger a posteriori sur la pratique religieuse des autres superhéros.

Chez DC Comics, on a souvent vu Batman à l’église chrétienne pour enterrer ses parents, Clark Kent et Lois Lane ont dû se marier également à l’église ; des divinités païennes abondent dans le monde des dieux et des demi-dieux chez Marvel, mais c’est à mon souvenir la première fois qu’on voit un superhéros pratiquant.

Bref, la culture populaire est un important lieu de validation et de renforcement des comportements sociaux. La science-fiction offre aux auteurs et aux producteurs une marge de manœuvre supplémentaire, une excuse pratique pour repousser les limites de ce qui est convenu et y intégrer de la nouveauté. Force est de constater que les univers audiovisuels de science-fiction Star Wars, DC et Marvel ont peu ou pas contribué — ou alors très tardivement — à élargir les horizons raciaux et de genre de leurs énormes auditoires. Star Trek fut et demeure à l’avant-garde, et va encore aujourd’hui là où personne n’est allé auparavant.

On trouve les Star Trek courants sur Crave, les Marvel et les Star Wars sur Disney+.


(Ce texte a d’abord été publié dans Le Devoir.)

L’offre actuelle télé de SF ? Bof ! (Sauf…)

Mes lecteurs réguliers savent que je suis fan de SF et assez bon public. Régulièrement, je vous informe de mon appréciation des récents arrivages.

Contrairement aux chroniqueurs qui donnent leur avis à partir des seuls premiers épisodes disponibles au moment des lancements des séries, je m’efforce de vous donner les miens après les avoir écoutées au complet, pour pouvoir juger de la qualité de l’arc narratif. (Je fais une exception plus bas pour WondaVision.) Cependant je ne peux pas dire que, en ce moment, on soit bombardés par des séries inoubliables.

Ai-je d’abord le droit de vous dire que je n’ai pas été emballé par The Mandalorian ? C’est correctement fait et il est rigolo de voir bébé Yoda à la fin du premier épisode (et par la suite) mais je n’ai pas senti qu’il fallait que je voie l’épisode suivant. (Sur Disney +)

C’est fâcheux car Disney nous annonce toute une série de spin-offs de Star Wars (et de Marvel) dans l’année qui vient. Un de ceux là sera-t-il incontournable ? Je l’espère mais n’en suis pas certain.

Je pensais avoir trouvé le bon filon avec His Dark Materials/À la croisée des mondes, la série fondée sur les bouquins de Philip Pullman. Vous aviez peut-être vu le film de 2017 avec Nicole Kidman qui couvrait la première partie du récit. Ce film (assez bon) devait être le premier de trois mais l’accueil du public fut trop timide pour produire les suivants. Le thème anti-religieux qui sous tend le récit a provoqué aux États-Unis un appel au boycott du film.

La nouvelle adaptation télé débute avec une excellente première saison. La seconde est malheureusement truffée de longueurs, ce qui a diminué mon enthousiasme. On attend la troisième et dernière livrée de 8 épisodes en décembre. (Sur Crave)

La science fiction n’a pas à être spectaculaire pour être captivante. Le petit film Moon, de 2009, avec Sam Rockwell répond à cette définition. Le récent Midnight Sky/Minuit dans l’univers, de et avec George Clooney sur Netflix fait partie de ce genre minimaliste qui ne manque pas d’intérêt. (Sur Netflix).

Dans l’univers Marvel j’ai bien écouté les deux premiers épisodes disponibles de WandaVision mais je ne peux encore en recommander le visionnement. Il s’agit ici des deux héros de Marvel, la sorcière Wanda qui a des pouvoirs nombreux et Vision qui est l’incarnation d’une intelligence artificielle supérieure. Sans explication, on les retrouve dans une banlieue américaine des années 50. Ces deux épisodes sont des pastiches des séries comme Papa a raison. On comprend qu’ils vont transiter ensuite dans des pastiches de séries des années 60 et 70. Des indices nous font comprendre qu’il y a anguille sous roche et des forces maléfiques en jeu. Bref, on verra d’ici la fin de la saison si cela tient la route. (Sur Disney +)

Je continue de penser que la série Star Trek Discovery constitue en ce moment la meilleure offre télé de science fiction, y compris pour sa troisième saison qui vient de se terminer. L’originalité sur le fond et sur la forme (qui a enragé beaucoup de Trekkies) est soutenue, le jeu des acteurs principaux est excellent. J’ai trouvé que la dernière saison s’étendait un peu trop à mon goût sur les états d’âme des protagonistes mais, cela dit, on passe un bon moment. (Sur Crave)

Pour mes précédentes recensions de science-fiction, c’est ici.

Bons visionnements !


Cliquer pour vous renseigner et vous abonner.

Combien de fois faut-il voir Tenet?

Parmi les films les plus géniaux de l’histoire du cinéma, il faut mettre Inception. Imaginé, scénarisé et écrit il y a 10 ans par Christopher Nolan, Inception est à la fois un thriller, un film de science-fiction et un traité de psychologie. Nolan nous emmène dans cette folle complexité mais nous en fait ressortir en rattachant presque tous les fils. Un tour de force.

Il s’y est remis en 2004 avec Interstellar. La complexité des rêves est remplacée ici par celle de l’espace et du temps. Le canevas est aussi gigantesque, sinon plus, et Nolan nous oblige en fin de film à accepter les raccourcis qu’il prend avec l’espace-temps. On ne peut pas dire qu’on saisit exactement ce qui se passe et on ne pourrait pas l’expliquer en termes simples mais, bon, c’est de la fiction, alors on en ressort avec le sourire.

Nolan s’est demandé comment il pourrait faire encore plus fort, encore plus songé, encore plus complexe. C’est Tenet, disponible en VSD depuis plus d’une semaine. Les critiques ont crié au génie et les cinéphiles, sur Rotten Tomatoes, sont contents à 70%. Je me permets une voix discordante.

Le film est magnifiquement conçu et réalisé, certes. Nolan introduit une nouvelle variable du concept de voyage dans le temps, l’inversion. Pendant que vous vivez le temps en traversant les secondes vers le futur, d’autres peuvent le traverser en revenant à travers les secondes vers le passé et vous croiser au passage. Se battre même. Y compris (attention: divulgâcheurs à venir) se battre avec soi-même. Un qui vient et un qui va.

Je vous fait un aveu: il m’a fallu, après l’avoir écouté attentivement, aller sur des sites spécialisés pour me faire raconter certains éléments de l’intrigue qui m’avaient échappés. Et même une fois expliqués, il me semble qu’il reste des trous (donc, des gens de l’avenir veulent faire disparaître le passé parce qu’on a gâché la planète, mais eux ne mourront pas même en assassinant tous leurs ancêtres ? Ils ont donné leur technologie d’inversion à un marchand d’armes russe mais ne le surveille nullement et ne savent pas qu’il va faire disparaître l’humanité entière ? Etc.)

Bref, alors qu’on sortait d’Inception avec l’impression que notre intelligence avait été testée, mais respectée; alors qu’on sortait d’Interstellar avec le sentiment qu’on avait compris l’essentiel et aimé le reste; on sort de Tenet convaincu que, soit on est trop idiot pour comprendre, soit il n’y a rien à comprendre.

Je vois bien la difficulté qu’a Nolan. Comment inventer une histoire époustouflante, sortir des sentiers battus, tout en restant lisible. Cette fois, cependant, je pense qu’il a mal jugé le degré de complexité qu’on peut traduire sur pellicule.

Devez-vous le voir ? Ce n’est pas indispensable. Comme Nolan est un grand créateur et que je suis bon public, je le suivrai dans ses errances. Mais il faut être un mordu.

Vous connaissez le montréalais Ryan George ? Il a inventé une forme nouvelle de critique de film. Il fait semblant d’en présenter le scénario à un producteur et, ce faisant, il met en lumière les incongruités du projet. Pour Tenet, il s’est surpassé:

__________

Cliquez pour commander. Versions numériques disponibles.

Voir: Les rendements décroissants de Altered Carbon

Avant de me plonger dans la seconde saison d’Altered Carbon, sur Netflix, j’ai revu la première. J’ai été ré-enchanté. La qualité du scénario, des intrigues entrelacées, les questions posées par le prolongement de la vie sont encore plus clairs à la seconde écoute. Le jeu des protagonistes, en particulier de la star mexicaine Martha Higadera dans le rôle de la policière pugnace, est éclatant. Cette série est, à mon humble avis, ce qui s’est fait de mieux en SF depuis The Matrix.

Pouvait-on en attendre autant de la deuxième saison ? Les scénaristes font de leur mieux pour ajouter de l’épaisseur à l’intrigue principale, le tout est compétent, mais la magie de la première saison n’est pas au rendez-vous.

https://youtu.be/_MzbLQBeR9Y

Netflix a mis en ligne cette semaine un anime japonais qui prolonge l’intrigue, Resleeved, et on tombe vraiment, là, dans le conventionnel.

Bref, faut-il voir la seconde saison ? Vous passerez un meilleur moment à revoir la première…


—————————————————————————————————————–

La bande-annonce de ma dernière balado:

On s’abonne ici.

 

À voir (ou pas) : l’offre actuelle télé de science fiction

Vous n’en pouvez plus d’attendre la troisième saison de WestWorld sur HBO/Crave? Ou la deuxième saison de Altered Carbon sur Netflix ? Ou la troisième saison de Star Trek Discovery sur CTV/SciFi ? Moi non plus. Et j’ai dit tout le bien de ce que je pensais des saisons précédentes de ces séries dans des billets précédents. Je les mets sans hésitation dans la catégorie des séries qu’il faut voir si on aime la SF (cliquez sur les liens pour lire ce que j’en pense).

Je vais passer en revue quelques séries disponibles qui se laissent regarder, mais qui ne sont pas indispensables.

Mieux que nous

Mieux que nous se déroule dans la Russie actuelle. Un prototype très avancé, unique, de robot se retrouve dans une usine de robots de générations inférieures. Le prototype, féminin, s’échappe et s’attache à une famille en particulier.

Meurtres, intrigues corporatives et politiques, triangle amoureux s’ajoutent à la tension classique entre robot et émotion.

La première saison présente un arc narratif complet.

Sur Netflix.

Encore Perdus dans l’espace

La nouvelle mouture de Perdus dans l’espace est nettement plus anxiogène que la précédente.

Le gentil robot de la série d’origine a été remplacé par un robot extraterrestre potentiellement meurtrier.

Le détestable Dr Smith d’antan est, lui, joué par une arnaqueuse de première.

Les deux premières saisons ont leurs longueurs mais ne manquent pas de rebondissements. C’est censé être familial mais je ne le recommande pas aux moins de 13 ans.

Sur Netflix

Les quatre saisons de The Expanse

The Expanse commence sur le ton d’un film noir de détective, avec un personnage à la Humphrey Bogart, qui chasse les trafiquants, d’eau, notamment, dans les villes minières souterraines de la ceinture d’astéroïdes qu’on trouve entre Jupiter et Mars.

Sur fond de tension entre la Terre, les colonies sur Mars qui ont déclaré leur indépendance et les mineurs de la ceinture qui se révoltent contre leur exploitation, le détective enquête sur une disparition qui le mène à une découverte menaçante pour toute l’humanité.

Certains estiment que The Expanse est exceptionnel (la 4e saison a un taux de 100% sur Rotten Tomatoes). J’estime pour ma part que la première et la troisième saison sont les meilleures, mais que l’argument central devient très obscur dans la 4e.

Sur Amazon Prime

Ad Astra, un film qui se prend au sérieux

Il a été présenté comme un grand film, sobre et profond, sur les grandes questions existentielles. Je l’ai pour ma part trouvé fade, long, pas vraiment bien ficelé, et n’ai pas été convaincu par l’argument central.

Interstellar, par exemple, est un film qui se prend aussi infiniment au sérieux, mais qui livre la marchandise.

Jugez vous-mêmes, Ad Astra est disponible sur les canaux de télé à la carte.

En attendant l’arrivée d’un autre film de SF excellent, si vous ne les avez pas vus, je vous propose deux films encore disponibles sur Netflix.

Bright (2017), qui est à mon avis le meilleur film récent de Will Smith, sur la collaboration d’un policier avec un extraterrestre un peu bourru, offre d’excellents dialogues et un bon suspense. Extinction (2018) se présente aussi comme un suspense d’action mais nous emmène dans un retournement à la Phillip K. Dick.

Tous les deux sur Netflix


La bande annonce de ma dernière balado Lisée101:

La bande annonce d’une récente balado Lisée202:

 

À voir (ou pas): Deux navets, un bijou, un sourire

Vous me savez bon public. Lorsque je cherche un divertissement pur qui ne me fera ni pleurer, ni réfléchir, on peut généralement compter sur les super-productions américaines. Il y en a d’excellentes. Il y en a des passables. Mais compte tenu des équipes de scénaristes et de dialoguistes, des effets spéciaux maintenant complètement maîtrisés, de la qualité du montage puis des projections devant des groupes tests suivis souvent de modifications importantes, il est rare qu’on se retrouve devant quelque chose de complètement indigeste.

Prenez le film Venom, par exemple. À la frontière de l’univers Marvel et Spider-Man. Le scénario est invraisemblable (je veux dire, même à l’intérieur de sa logique propre). Plein de trous. Mais on passe quand même un bon moment. L’acteur principal est attachant, les dialogues sont parfois hilarants. Les effets sont réussis.

Les navets

Il est donc exceptionnel que des films à grands budgets se retrouve sur nos écrans en étant des navets complets.

Je vous en nomme deux qui sont désormais disponibles sur le petit écran: John Wick III avec Keanu Reeves et Dark Phoenix, dernier de la série X-Men.

 

Dark Pheonix, X-MenDans le cas de Dark Phoenix, on est dans une série assez forte qui nous avait habitué à beaucoup mieux. (Je recommande X-Men : Jours d’un avenir passé/Days of future past, de 2014 et Logan, de 2017.)

Simplement minables. L’arc dramatique est faible, les dialogues insipides. On ne comprend tout simplement pas comment ces films ont passé les filtres hollywoodiens.

 

Le bijou

Heureusement, les services de télé à la carte nous offrent depuis mercredi un petit bijou. Yesterday. La bande-annonce:

Avertissement: le tout début est un peu lent. En VO anglaise, il faut s’habituer à l’accent British. Patel n’est pas un grand chanteur. L’histoire d’amour est convenue. Le dénouement, un peu forcé. Mais le tout est absolument charmant, amusant, émouvant. Pas un très grand film. Mais un très bon moment.

Le sourire

Un de mes petits plaisirs est d’écouter sur YouTube, après avoir vu un film américain (ou une série télé), l’épisode de Pitch Meeting qui concerne ce film. Montréalais d’origine, l’auteur et acteur Ryan George joue dans ces clips un double rôle, celui du scénariste qui présente son idée de film et celui du producteur qui va l’acheter. L’idée est de faire ressortir les invraisemblances des scénarios. Il ne faut donc jamais l’écouter avant d’aller voir le film. Mais c’est drôle lorsqu’on l’a encore frais à la mémoire.

Par exemple, j’ai discuté ici de la déception occasionnée par la dernière saison de Game of Thrones. Ryan George présente un Pitch Meeting particulièrement bien ficelé à ce sujet:

Vous trouverez facilement sur YouTube les Pitch Meetings sur les films qui vous intéressent. Il y en a une centaine.

Mais restons sur Game of Thrones. Les critiques sont légion. Mais quelle aurait été une meilleure finale ? L’auteur torontois Daniel Whidden a mis en ligne une proposition de dernière série immensément meilleure que celle que nous avons vu. Il montre comment, sans ajouter d’épisode, il aurait été possible de maintenir le suspense jusqu’à la toute fin et de dénouer la totalité des intrigues laissées en plan. Je suis très admiratif.

Étonnant, non ?

 


Ma dernière balado vous attend. En voici la bande annonce:

Voir: Deux séries SF qui repoussent les limites

Vous me savez fan de SF. Je répète qu’à ce jour, pour la profondeur du propos et la qualité d’exécution, personne n’a encore mis en péril la première place tenue par la trilogie Matrix (quadrilogie avec Animatrix). Mention spéciale, cependant, pour le film Inception.

Deux séries télé récentes s’approchent à mon avis de l’étalon-or Matrix: Westworld et Altered Carbon. Deux séries pour adultes, avec sexe, violence et sang à profusion. Coeurs sensibles s’abstenir.

WestworldQuand Michael Chrichton a écrit et réalisé en 1973 le film Westworld, l’idée que des robots dotés d’intelligence artificielle allaient, nécessairement, se retourner contre leurs créateurs faisait déjà partie de la trame narrative classique. Tout était dans la manière de le présenter. Le film de Westworld passait ce test, avec les effets spéciaux de l’époque.

À 35 ans de distance, la série de HBO du même nom ajoute plusieurs étages de complexité au récit. Les robots vont s’en prendre aux humains, c’est certain. Il y a un conflit entre les inventeurs du parc d’attraction western et la logique corporative de ses propriétaires, c’est entendu. La clé est dans l’acquisition de la conscience par les robots (ici, comme le veut l’époque, les personnages féminins sont à l’avant-garde) et dans le rôle joué par les inventeurs dans leur éveil.

La qualité de la production, la qualité du jeu des acteurs et actrices — avec la valeur sûre incarnée par Anthony Hopkins — les surprises savamment préparées, tout concorde pour faire de Westworld une aventure de SF qui marque son époque. Je recommande vivement la première saison. (Je n’ai pas terminé la seconde).

Sur HBO

Altered Carbon évite (presque) complètement la question de l’intelligence artificielle. Dans cet univers, la conscience et la personnalité d’un individu sont captés dans un disque qui peut changer d’enveloppe corporelle. Ce qui ouvre tout un champ d’intrigue, de changement de corps, de prolongement de la vie, donc de réflexion sur le temps, la mortalité et l’immortalité.

On assiste ici à une enquête policière sur un puissant « immortel’ pourtant assassiné. L’enquête est prétexte a un récit sur l’exploitation sexuelle, les inégalités, la révolte. Ambitieux, à la fois film noir et visuellement magnifique, Altered Carbon pousse les limites. Une deuxième saison est annoncée.

Sur Netfilx


 

Abonnez-vous et ayez accès à ma nouvelle balado:

Message (à peine fictif) des médecins à François Legault: Mille fois merci !

 

Voir: Suzanne Clément en français de France !

Le jeu, Suzanne ClémentJe ne sais pas ce qui lui a pris, mais l’algorithme de Netflix m’a récemment proposé Le Jeu, film français sorti l’an dernier. Je lui en suis très reconnaissant !

Cette reprise d’un film italien met notamment en vedette notre Suzanne Clément. Le jeu est simple: dans un souper entre couples et amis, tout le monde met son téléphone portable sur la table.

Appels, textos, photos, tout ce qui est reçu est partagé entre tous. Pas de cachette, pas de secret. Je vous laisse découvrir la pagaille que cette transparence provoque, du drame à la rigolade. Un très beau moment.

(Note: comment demander à l’algorithme de Netflix de m’aviser chaque fois qu’une nouveauté francophone apparaît ? Si quelqu’un le sait, me le signaler svp)

Le sens de la fête, suzanne clément, Jean-Pierre Bacri Appâté à l’idée de voir encore comment ça va pour notre Suzanne Clément dans sa carrière française, je suis tombé sur un autre bijou, Le Sens de la fête, disponible notamment sur Illico.

J’avoue ne pas avoir été attentif lors des César de 2018, le film a raflé tous les prix: meilleur film, meilleur acteur, meilleur scénario, meilleur montage. Mme Clément joue un petit rôle mais l’ensemble, dominé par Jean-Pierre Bacri, est impeccable.

Bacri dirige une entreprise de traiteur qui doit organiser un mariage dans un château français. Tout est dans les dialogues, savoureux.

C’est de l’équipe qui nous a présenté les Intouchables. Alors…

Vous me savez très intéressé par la Science Fiction. Je peux donc vous éviter une déception.
The Wandering Earth, science-fiction, Chine, JupiterLe méga-film chinois The Wandering Earth (sur Netflix) ne pourra satisfaire que ceux qui ont aimé, disons, toute la série des Transformers.

Les effets spéciaux sont bons. On est dans le gigantisme et les très gros camions. Menacé par une explosion imminente du soleil, les terriens propulsent leur planète pour s’échapper mais, à l’approche de Jupiter, la catastrophe les attend.

La trame est construite sur une relation père-fils qui ne passe tout simplement pas. Du moins pas en occident.

 

Bodyguard, garde du corps, espionnage, british Si vous ne savez pas quelle série britannique d’espionnage choisir sur Netflix, voici mon petit palmarès:

– BodyGuard, de loin supérieur

– London Spy, très glauque. Je ne recommande pas.

– Line of duty, je n’ai pas passé le second épisode.

 


 

Abonnez-vous et ayez accès à ma nouvelle balado:

Le futur chemin de croix vert de la CAQ

En voici un extrait:

 

 

 

Voir: Avengers – Monumental !

(Avis: il n’y a pas de divulgacheurs dans ce texte)

Maintenant que la dernière page est écrite, il faut prendre un pas de recul pour embrasser d’un seul regard l’ensemble de l’oeuvre. Et admettre qu’elle est gigantesque. Avengers – Phase Finale vient clore une série de 22 films échelonnés sur 11 ans. (Oui, je les ai tous vus. Certains plus d’une fois). Jamais l’histoire du cinéma ne nous avait présenté un narratif d’une telle ampleur, ajoutant chaque année de nouveaux personnages, des interactions, de nouvelles couches de complexité.

Les détracteurs de films de super-héros peuvent bouder tant qu’ils le veulent, rejeter le genre, détester les effets spéciaux. Mais on doit s’incliner devant le talent et l’inventivité déployés pour livrer à l’écran le monumental Univers Marvel.

Je le dis avec plus d’assurance encore après avoir vu le dernier chapitre (de cette première grande phase) et avoir constaté que les auteurs sont allés bien au-delà de ce qui aurait été acceptable pour clore le cycle. Ils se sont dépassés.

Le dénouement aurait pu être relativement linéaire. Ils ont cassé la ligne et plongé personnages et spectateurs en plein désarroi narratif dans la première heure (de trois). Ils auraient pu maintenir les personnages intacts. Ils ont joué avec Hulk, avec Thor, entre autres. Ils auraient pu faire de la dernière super-héros rentrée, Captain Marvel, la clé de la solution. Ils l’ont heureusement utilisée avec parcimonie, ce cycle n’étant pas le sien. Elle dominera le suivant. Ils ont trouvé le moyen de nous faire revivre des moments-clés de la série. Ils n’ont pas lésiné avec les points de clôture fichés dans le sol en fin d’opus.

Et pour nous faire bien comprendre qu’on était dans une finale, ils ont laissé se dérouler le générique sans nous aguicher avec une scène du prochain film de la phase suivante. Une retenue appréciée (même si on est resté jusqu’au bout, juste au cas.)

Tous les films précédant Avengers – Phase Finale

Avec cette série, les Studios Marvel et la relativement petite équipe de scénaristes et de réalisateurs ont démontré qu’on pouvait penser grand, établir son scénario sur plusieurs films à la fois, maintenir une grande cohésion tout en étonnant, faire cohabiter les meilleurs effets spéciaux du cinéma avec des moments d’humour, de détresse, de bravoure et de nostalgie.

J’y retourne…

Ici, un bon papier sur la conception de la série (en anglais).

 


Abonnez-vous et ayez accès à ma nouvelle balado:

Enfance: L’insondable sans-gêne des Libéraux

Pour obtenir le livre applaudi par la critique, en version imprimée, audio ou numérique, allez sur laboitealisee.com ou cliquez sur l’image ci-haut et obtenez mon dernier ouvrage, avec une réduction de 10% et une dédicace personna-lisée 😉