Voir: Le wokisme en fiction, rire et pleurer

On peut penser que le première incurson du wokisme dans la fiction fut de l’ordre de la dérision. Deux chercheurs de l’Université de Portland en Oregon ont voulu mettre en lumière le caractère frauduleux des théories woke en proposant à une revue savante un texte affirmant que le pénis était, davantage qu’un organe sexuel, une construction sociale responsable, en particulier, du réchauffement climatique. Même si les auteurs avaient signalé qu’ils fondaient une partie de leurs recherches sur la lecture des mots-clics sur Twitter (hashtags), leur texte fut approuvé par le panel de scientifiques chargé de vérifier le sérieux de la recherche, et fut publié sous le titre de: “The Conceptual Penis as a Social Construct.”

Un des auteurs, Peter Boghossian, professeur de philosophie, fut accusé, non d’avoir utilisé une méthode scientifique pour dénoncer une fumisterie universitaire, mais d’avoir pratiqué une expérience sur des « sujets humains ». Les « sujets » étant les pauvres professeurs piégés ayant approuvé le caractère scientifique de leur article. Ils étaient, eux, les victimes, Boghossian, le micro-agresseur. Ce dernier vient de démissionner de l’université de Portland, estimant que les Woke ont irrémédiablement dévoyé ce lieu de savoir. On peut lire sa lettre de démission ici.

Hilarant !

Le phénomène woke avait fait son apparition dans la littérature américaine en 2000 sous la plume de l’auteur Phillip Roth, dans son exquis The Human Stain, (en français La tache). Le livre a été porté à l’écran en 2003 avec Anthony Hopkins et Nicole Kidman dans les rôles titres. En français, le film s’appelle La couleur du mensonge. Il est notamment disponible sur Prime Video.

The Human Stain, ou La Tache, est à pleurer. On pouvait penser que l’intrigue sur la question raciale, était, soit tirée par les cheveux, soit l’illustration d’un cas très rare. Le réel ayant dépassé la fiction, cette trame dramatique a quitté la littérature pour s’imposer dans l’actualité.

Si on pleure avec La Tache, on rit avec The Chair, sur Netflix. Une nouvelle directrice du département de littérature, jouée par Sandra Oh, doit composer avec la chute des inscriptions des étudiants, l’âge avancé de plusieurs professeurs et… les wokes. Un prof ayant voulu se moquer du fascisme en faisant un salut nazi en classe, je vous laisse imaginer la suite.

The Chair/La directrice n’offre pas une critique forte et nuancée du phénomène. Il apparaît comme une réalité dans laquelle elle doit naviguer. L’intérêt de la série tient aux caractéristiques des personnages, pour beaucoup truculents, aux dialogues et aux situations. Un divertissement.

Sur Neflix.


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L’offre actuelle télé de SF ? Bof ! (Sauf…)

Mes lecteurs réguliers savent que je suis fan de SF et assez bon public. Régulièrement, je vous informe de mon appréciation des récents arrivages.

Contrairement aux chroniqueurs qui donnent leur avis à partir des seuls premiers épisodes disponibles au moment des lancements des séries, je m’efforce de vous donner les miens après les avoir écoutées au complet, pour pouvoir juger de la qualité de l’arc narratif. (Je fais une exception plus bas pour WondaVision.) Cependant je ne peux pas dire que, en ce moment, on soit bombardés par des séries inoubliables.

Ai-je d’abord le droit de vous dire que je n’ai pas été emballé par The Mandalorian ? C’est correctement fait et il est rigolo de voir bébé Yoda à la fin du premier épisode (et par la suite) mais je n’ai pas senti qu’il fallait que je voie l’épisode suivant. (Sur Disney +)

C’est fâcheux car Disney nous annonce toute une série de spin-offs de Star Wars (et de Marvel) dans l’année qui vient. Un de ceux là sera-t-il incontournable ? Je l’espère mais n’en suis pas certain.

Je pensais avoir trouvé le bon filon avec His Dark Materials/À la croisée des mondes, la série fondée sur les bouquins de Philip Pullman. Vous aviez peut-être vu le film de 2017 avec Nicole Kidman qui couvrait la première partie du récit. Ce film (assez bon) devait être le premier de trois mais l’accueil du public fut trop timide pour produire les suivants. Le thème anti-religieux qui sous tend le récit a provoqué aux États-Unis un appel au boycott du film.

La nouvelle adaptation télé débute avec une excellente première saison. La seconde est malheureusement truffée de longueurs, ce qui a diminué mon enthousiasme. On attend la troisième et dernière livrée de 8 épisodes en décembre. (Sur Crave)

La science fiction n’a pas à être spectaculaire pour être captivante. Le petit film Moon, de 2009, avec Sam Rockwell répond à cette définition. Le récent Midnight Sky/Minuit dans l’univers, de et avec George Clooney sur Netflix fait partie de ce genre minimaliste qui ne manque pas d’intérêt. (Sur Netflix).

Dans l’univers Marvel j’ai bien écouté les deux premiers épisodes disponibles de WandaVision mais je ne peux encore en recommander le visionnement. Il s’agit ici des deux héros de Marvel, la sorcière Wanda qui a des pouvoirs nombreux et Vision qui est l’incarnation d’une intelligence artificielle supérieure. Sans explication, on les retrouve dans une banlieue américaine des années 50. Ces deux épisodes sont des pastiches des séries comme Papa a raison. On comprend qu’ils vont transiter ensuite dans des pastiches de séries des années 60 et 70. Des indices nous font comprendre qu’il y a anguille sous roche et des forces maléfiques en jeu. Bref, on verra d’ici la fin de la saison si cela tient la route. (Sur Disney +)

Je continue de penser que la série Star Trek Discovery constitue en ce moment la meilleure offre télé de science fiction, y compris pour sa troisième saison qui vient de se terminer. L’originalité sur le fond et sur la forme (qui a enragé beaucoup de Trekkies) est soutenue, le jeu des acteurs principaux est excellent. J’ai trouvé que la dernière saison s’étendait un peu trop à mon goût sur les états d’âme des protagonistes mais, cela dit, on passe un bon moment. (Sur Crave)

Pour mes précédentes recensions de science-fiction, c’est ici.

Bons visionnements !


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À voir: Quand #MeToo frappe à droite

Le film Bombshell, désormais disponible dans votre salon, est instructif à plusieurs niveaux.

D’abord parce qu’il témoigne d’un jalon important dans le mouvement contre le harcèlement sexuel au travail.

La plainte portée par la vedette du réseau américain de droite Fox News, Gretchen Carlson, date de juillet 2016, donc précède les allégations contre Harvey Weinstein et même la généralisation du mot clé #MeToo, en 2017.

C’était donc la première fois qu’une figure importante du  portait une accusation contre un géant des médias: Roger Ailes, fondateur et dirigeant de l’énorme succès qu’est le réseau Fox News. Le film, très proche des faits, expose non seulement la pratique de harcèlement au sein de Fox, mais également la difficulté qu’ont les victimes à se reconnaître les unes les autres et à faire front commun. D’autant qu’une campagne pro-Ailes se déroule à l’intérieur de la chaîne, mobilisant hommes et femmes contre ce qui est considéré comme une attaque injuste contre son intégrité.

La qualité des interprètes — Kidman, Robbie et l’extraordinaire Charlize Theron — leur ressemblance avec les véritables personnages porte le film, lui donne puissance et véracité.

Ailes n’est pas le seul à créer le climat de harcèlement, d’autres dont l’animateur vedette O’Reilly y participent et, au dehors, on assiste à la montée en popularité du candidat Donald Trump, dont le rapport aux femmes est une publicité ambulante pro-harcèlement. La question « dure » que lui pose l’animatrice Megyn Kelly lors d’un débat républicain, puis la hargne que Trump déploie contre elle sur twitter et en entrevues, constitue un autre volet de cette étude de cas. Les auditeurs de Fox préfèrent Trump à Kelly, ce qui met cette dernière en porte-à-faux.

Il est fascinant de voir la prise de conscience de ces femmes conservatrices, participant à un réseau qui charrie des valeurs souvent opposées à l’égalité des sexes, un réseau qui a comme politique de bien montrer les longues jambes dénudées des animatrices pour faire de l’audience. Le risque réel que pose à leur carrière toute prise de parole fait constamment partie de leur réflexion sur l’opportunité de dire leur vérité.

Leur courage n’en est que plus admirable.

Il est bon, après avoir vu le film, d’écouter la table ronde organisée par Megan Kelly avec plusieurs protagonistes du film.



La bande-annonce de ma dernière balado:

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