La seconde guerre froide, année zéro

L’histoire s’écrit sous nos yeux. Comme d’habitude, elle n’arrive pas sans avoir envoyé des avertissements. Il y a eu des faits nouveaux, puis une tendance, des hésitations, une montée en puissance, puis la chose s’est imposée. Une nouvelle réalité.

Parfois, il faut un événement. À lui seul, il parait anodin. Un anarchiste assassine un archiduc. Un populiste exalté et un peu ridicule est élu au Reichstag. Mais cet événement provoque une accélération de l’histoire. Il est la goutte qui va faire déborder le vase.

Québec/USA – les symptômes politiques du virus

Malgré son nom qui rappelle la couronne, le virus planétaire n’est pas monarchiste. Il est plutôt anarchiste, en embuscade, cassant ce qui est le plus cassable.

Il n’en infecte pas moins tout le corps politique. On verra, demain, comment son impact fut inégalitaire. On mesurera les taux de mortalité dans les pays aisés et dans ceux qui le sont moins. Dans les quartiers populaires ou huppés. Chez les itinérants et les puissants. On verra aussi comment des pays aux niveaux de développement équivalents ont mieux ou plus mal géré la crise. Et alors la question se posera de la compétence exercée, ou de l’incompétence étalée, à danger égal. Après le bilan sanitaire, arrivera le bilan populaire.

À voir: Quand #MeToo frappe à droite

Le film Bombshell, désormais disponible dans votre salon, est instructif à plusieurs niveaux.

D’abord parce qu’il témoigne d’un jalon important dans le mouvement contre le harcèlement sexuel au travail.

La plainte portée par la vedette du réseau américain de droite Fox News, Gretchen Carlson, date de juillet 2016, donc précède les allégations contre Harvey Weinstein et même la généralisation du mot clé #MeToo, en 2017.

Bientôt sur les écrans US: la campagne la plus mensongère de l’histoire

Dans les derniers jours de la campagne présidentielle de 2016, le quartier général de Donald Trump mettait en oeuvre la plus grande opération numérique jamais vue. Sans même compter l’aide des Russes, l’équipe Trump a mis sur Facebook près de 6 millions de messages de toutes sortes, contre seulement 66 000 mises en ligne par l’équipe d’Hillary Clinton.

Détenant de l’information personnelle sur des millions d’électeurs potentiels, entre autres grâce à Cambridge Analytica, la campagne Trump ciblait ses messages en fonction des intérêts et comportement de chacun.

Ce qu’Andrew Scheer emprunte à Donald Trump

Énonçons d’abord une absolue certitude, Andrew Scheer n’est pas Donald Trump. En fait, personne n’est Donald Trump sauf, bien sûr, Donald Trump, ce qui est une très bonne chose.

Mais moi qui suis de très près l’actualité américaine depuis des années, je ne peux m’empêcher de voir comment, sous les conservateurs de Stephen Harper et maintenant d’Andrew Scheer, plusieurs des traits les plus détestables du Parti Républicain américain se sont installés dans notre paysage politique. Certains ont surgi avec plus d’ampleur même au cours de la présente campagne électorale.