Lire : Octobre, l’impressionniste et l’encyclopédiste

Dans l’offre de livres sur les 50 ans d’Octobre, ceux de Jules Falardeau et de Louis Fournier sont en un sens d’heureux cousins. Falardeau dans La crise d’Octobre 50 ans après offre un survol, magnifiquement illustré, du climat qui régnait pendant cette année folle. On voit, on touche, on goûte à l’époque.

Fournier dans sa réédition mise à jour de FLQ – Histoire d’un mouvement clandestin, nous entraîne dans l’enfilade des événements avec une précision de moine. Chaque attentat, chaque arrestation, chaque publication du FLQ, chaque sous-groupe de révolutionnaire.

Lire: Pauline à la page

Elle a bien failli tirer un trait définitif sur la politique. Un faux départ, au tout début. Embauchée comme attachée de presse de Jacques Parizeau en 1978, elle sort de cette expérience, écrit-elle, «traumatisée». Et elle promet qu’on ne l’y reprendra plus: « J’avais essayé, je ne m’y étais pas sentie à l’aise, point final.» La porte de la politique, ajoute-t-elle, était « verrouillée à double tour».

Voir: Derrière l’écran, la manipulation ?

Il faut voir, toutes affaires cessantes, Le documentaire Derrière les écrans de fumée (traduction de The Social Dilemma). Il explique avec une clarté que je n’avais vu ailleurs (pourtant je suis assez attentif à ces questions) la puissance avec laquelle les algorithmes de Facebook, Instagram et autres sont sciemment conçus pour vous retenir le plus longtemps possible en ligne. Pour maximiser les revenus de publicité, bien sûr.

Octobre 70: la grande peur de la jeunesse

Au cœur de l’argumentaire du pouvoir, en Octobre 1970, on trouve la jeunesse. Personne, à Ottawa, Québec ou Montréal, ne pense que le Front de libération du Québec, qui détient alors deux otages, puisse traduire son discours révolutionnaire en réelle tentative de prise du pouvoir. En réelle insurrection.

Or il faut pouvoir affirmer qu’existe au Québec, à ce moment, un état « d’insurrection appréhendée» pour invoquer la Loi sur les mesures de guerre qui donne aux policiers le droit d’arrêter et de perquisitionner sans mandats, puis de détenir des citoyens pendant 90 jours sans cautionnement.

Voir: Une première fiction sur les ‘deep fakes’ / et un docu sur la Casa de papel

Pour l’instant, on a beaucoup vu des « hypertrucages » (deep fakes) de politiciens, dans des démonstrations de ce qui pourrait être produit pour tromper les électeurs. Des hypertrucages auraient aussi cours dans l’industrie du porno, pour y introduire les visages — mais non les corps — d’actrices connues.

Le New York Times en a fait un excellent exposé l’an dernier: