Tirer des roches aux anglais

Sur la question linguistique, certains me trouvent difficile à suivre. J’ai été, je crois, le premier à réclamer qu’une connaissance du français au point d’entrée soit obligatoire pour tous les futurs immigrants, y compris temporaires (sauf agricoles). La mesure est maintenant timidement intégrée. J’ai été le premier, je crois, à réclamer que les finissants des cégeps et universités anglophones aient des cours de français dans tous leurs cursus et soient testés sur leur connaissance du français comme condition éliminatoire de l’obtention du diplôme. Nous n’y sommes pas encore, mais il y a des progrès. J’ai été le premier, j’en suis certain, à déclarer que le maintien d’une majorité ayant le français comme langue d’usage à Montréal devait être un objectif national et que des mesures devaient être prises en ce sens. J’attends encore.

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Faire semblant

Le candidat avait mis son air fâché. La chose était franchement intolérable. Le gouvernement en place, sans cœur, venait de réduire les services en physiothérapie dans sa localité. « On ne peut pas demander aux régions de se développer et, en même temps, retirer progressivement les services dont leur population a besoin », a-t-il dit, outré. La mairesse et le préfet étaient à ses côtés, lundi, partageant sa juste colère.

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Oppositions – Dans la baignoire glacée

Daniel Johnson croqué par André-Philippe Côté, Le Soleil

L’ancien chef du Parti libéral du Québec Daniel Johnson fils l’avait-il fait encadrer ? Si oui, il est masochiste. Je parle de la caricature d’André-Philippe Côté, publiée dans Le Soleil du 13 janvier 1998, en première page en bas à droite, où on le voyait dans sa baignoire. C’était chaste, je vous rassure, il avait de l’eau jusqu’au-dessus du nombril et un petit canard ainsi qu’un petit bateau flottaient devant lui. On voyait cependant que l’eau de la baignoire était glacée. Des glaçons lui pendaient des bras. C’était la saison des glaçons, la crise du verglas du début de 1998.

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Distribution des prix (Québec)

Prenons un peu de recul et jetons sur nos chefs politiques un regard qui ne s’encombre pas de la controverse du jour. Quels prix faut-il leur donner, juste avant leur départ pour l’été, les barbecues ou le Festival de Saint-Tite ?

Prix de la survenante. Christine Fréchette a été pour la première fois élue il y a moins de quatre ans. Elle est aujourd’hui première ministre. C’est fulgurant. Elle fut immédiatement placée à l’Immigration par François Legault, où elle a tardé à saisir l’ampleur du problème posé par les temporaires, mais a surtout dû nettoyer l’héritage catastrophique de Pierre Fitzgibbon à l’Économie, une tâche ingrate dont elle s’est tirée en affichant calme et aplomb. Avoir Bernard Drainville comme compétiteur pour la couronne caquiste fut le meilleur entraînement qu’elle pouvait obtenir pour se préparer au combat électoral. Avoir tiré l’intention de vote caquiste des bas-fonds des sondages, avoir surtout fait passer le niveau de satisfaction du gouvernement de la CAQ de 29 % sous Legault à 46 % aujourd’hui est un exploit. À ce point du récit, il n’est pas impossible que Christine Fréchette transforme, en octobre, son emploi d’été en contrat de quatre ans. Le simple fait que cette phrase puisse être écrite justifie l’attribution de son prix.

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Lettre à Monsieur 50% + quoi ?

Cher premier ministre du Canada,

Vous étiez gouverneur de la Banque d’Angleterre alors que se déroulait sous vos yeux le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, d’abord, et celui sur le Brexit, ensuite.

Vous êtes intervenu, à titre de banquier en chef, dans les deux débats pour en éclairer les enjeux financiers et monétaires. Ayant lu quelques-uns de vos discours sur la question écossaise, j’ai pu constater que, sans vous prononcer sur le fond, vous abordiez ces questions avec sérieux, compétence et tact. Vous avez, par exemple, brillamment démontré qu’il serait plus judicieux pour une Écosse indépendante d’établir sa propre monnaie plutôt que de s’accrocher à la livre britannique.

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Les secrets de la « French section »

À la fin de 1992, alors que les sondages montrent qu’une majorité de Québécois sont enclins à voter pour l’indépendance, Jacques Parizeau est invité à prendre un avion privé, à Dorval, qui l’emmène quelque part en Nouvelle-Angleterre où l’attendent trois responsables du département d’État américain. Ils l’interrogent sur la future politique nord-américaine d’un Québec souverain. Ils lui montrent ensuite une série de photos, y compris celles de hauts fonctionnaires fédéraux que M. Parizeau pensait jusque-là avoir rencontrés sans que personne ne le sache.

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Les bonnes idées de Québec solidaire

L’entrepreneur François Lambert n’y est pas allé avec le dos de la cuillère d’argent lorsqu’il a répliqué aux rêveurs socialisants de Québec solidaire (QS) cette fin de semaine. Agrémentant son message de nombreux « Vos yeules ! », il les a accusés, parce qu’ils souhaitaient taxer les très, très grandes fortunes, d’être « complètement déconnectés ».

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Le brouillard dans Milliard

Charles Milliard tient vraiment à nous convaincre qu’il est un « fier francophone ». Il en veut pour preuve, nous a dit le chef libéral la semaine dernière, que son père et sa mère « ne parlent pas un mot d’anglais ». S’ils avaient au contraire été des lecteurs de la Gazette et des auditeurs de CJAD, ils auraient pu éviter à leur fils de s’enfarger dans la première disposition de dérogation venue. L’opposition acharnée de l’électorat anglophone et de leurs médias, à la fois à la loi 96 et à toute utilisation de cette disposition, est assourdissante.

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Pendant ce temps, chez Éric Duhaime…

On se bouscule ces jours-ci pour participer aux funérailles de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pourtant, s’il est vrai que les sondes indiquent que le parti est en phase finale, il n’est pour l’instant qu’aux soins intensifs, pas à la morgue.

Cela n’empêche ni le Parti québécois (PQ) ni le Parti conservateur du Québec (PCQ) de rôder autour des orphelins caquistes présumés, le premier aguichant principalement ses électeurs, le second voulant aspirer ses organisateurs et, pourquoi pas, un ou deux de ses députés. Nous sommes, après tout, en pleine saison canadienne de la chasse aux transfuges. L’attention de ces repêcheurs se tourne principalement vers les déçus de la course à la chefferie, ceux qui avaient choisi comme porte-étendard le nationaliste récemment très déporté sur le centre droit, Bernard Drainville.

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Le syndrome de l’imposteur (intégral)

Quand le chef et fondateur de la Coalition avenir Québec, François Legault entre dans l’anti-chambre du Salon rouge, en ce 15 novembre 2016, il se trouve en présence d’une rare concentration de leaders indépendantistes. Lucien Bouchard y est, comme Bernard Landry, François Gendron, dont on souligne le 40e anniversaire de vie politique, et moi, alors chef du parti.

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