Productivité: Si seulement on avait une politique là-dessus !

On a vu ces derniers jours sur ce blogue comment les plumes qui insistent pour « Mettre le Québec dans le rouge » utilisent des chiffres et des comparatifs erronés.

Mais au-delà du débat sans cesse recommencé sur le diagnostic québécois, la question essentielle demeure: que faire pour que le Québec soit encore plus riche, encore plus fort ?

Le rapport du Centre sur la productivité et la prospérité des HEC est assez bref sur les solutions à apporter, mais on y lit ce constat:

« Pour rester dans la course, le Québec a tout intérêt à trouver un moyen pour encourager les entreprises à investir davantage dans de meilleurs équipements. Il y va de notre capacité à assurer notre croissance économique et à mettre un terme au retard que nous cumulons en matière de productivité depuis de trop nombreuses années. »

Nous sommes tous d’accord. La clé de la croissance québécoise tient à l’augmentation de la productivité qui elle même tient à la qualité de l’outil de travail, donc des investissements des entreprises en équipement, en recherche et innovation et en formation du personnel.

Voyons voir. En cherchant bien, on pourrait imaginer une action gouvernementale intelligente et ciblée dont le Conseil du Patronat pourrait se réjouir que:

« les préoccupations exprimées depuis longtemps par le milieu des affaires aient été entendues et que le gouvernement ait décidé d’agir concrètement sur certains déterminants de la productivité. »

Une politique à ce point étendue dans sa portée que la Fédération des chambres de commerce du Québec affirmerait qu’elle

 « ne néglige aucun secteur de développement, mise sur l’accroissement de la productivité par des mesures favorisant l’innovation et soit adaptée aux enjeux des différents secteurs. »

Une politique si  lucide que la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain affirmerait qu’elle

« reconnaît le déficit de productivité dont souffrent nos entreprises depuis plusieurs décennies »

et  dont elle estimerait que

« les mesures annoncées pour inciter les entreprises à intégrer davantage les technologies de l’information et des communications ainsi que pour augmenter leur investissement en machines et matériel sont essentielles pour améliorer leur compétitivité. »

Ah, si seulement une telle politique existait !

Mais, attendez ! Elle existe ! Elle a été dévoilée il y a trois mois à peine, sous les applaudissements nourris de tous ceux qui se préoccupent de ces questions.

C’est la Politique industrielle de ma collègue Élaine Zakaïb, volet de la politique Priorité emploi du Gouvernement Marois. On peut en prendre connaissance ici.

Ce contenu a été publié dans Économie, Gouvernement Marois, Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois par Jean-François Lisée, et étiqueté avec , , . Mettez-le en favori avec son permalien.

À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !

5 avis sur « Productivité: Si seulement on avait une politique là-dessus ! »

  1. Bon anniversaire, monsieur Lisée !

    Ne vous oubliez surtout pas. Laissez-vous gâter.

    Venise
    13 février

  2. Le député. libéral Laurent Lessard doit démissionner.
    Il occupe actuellement le poste de whip en chef de l’opposition officielle et celui de critique officiel en matière de développement économique.

    Ce qu’on a appris aujourd’hui à la Commission Charbonneau est renversant vu le contexte de l’heure.

    Souvenez-vous que la député libérale Lise Thériault exigeait la démission de la ministre déléguée à la Politique industrielle péquiste d’Élaine Zakaïb pour avoir
    fermé les yeux.
    « Ça, c’est de la collusion pour favoriser les entreprises de Tony Accurso, a martelé Mme Thériault. Ça, ça méritait un coup de téléphone auprès de la police. Elle a fermé les yeux et s’est fait complice par son silence. »
    Lise Thériault
    http://media2.ledevoir.com/politique/quebec/398024/elaine-zakaib-a-ete-rencontree-par-la-commission-charbonneau

    L’arroseur arroser
    Le PDG de Ganotec ajoute qu’il est difficile d’obtenir de l’aide lorsque l’on souhaite contrecarrer l’influence excessive de certains locaux, dont la Commission de la construction du Québec (CCQ). Il affirme avoir même évoqué ses problèmes avec M. Cyr en 2005 avec le ministre du Travail libéral de l’époque, Laurent Lessard, qui lui a bien fait savoir qu’il ne voulait pas « toucher » à cela.
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/02/12/002-gerard-cyr-international.shtml

  3. Alors que je souscris pleinement avec le programme mené de main de maître par madame Zakaib, je ne peux passer sous silence que les anciens de 1960 s’étaient aussi soucié de productivité. J’en sais quelque chose parce que les premières contributions financières pour la création du COSE ont pigé dans mon maigre budget de commissaire industriel du Québec et directeur du développement régional au ministère de l’industrie et du commerce. (les nouvelles régions administratives, les délégués du MIC dans chaque région, les conseils économiques régionaux, les parcs industriels etc.)
    Je vous joins un lien Wikipedia qui raconte assez bien l’histoire de la création du Centre de l’Organisation Scientifique de l’Entreprise (COSE). À ce jour je ne connais pas les motifs du conseil du trésor pour le retrait de la contribution d’environ 45% du Québec à l’arrivée du Parti Québécois en 1976.
    Un deuxième lien vous dirige vers le site du COSE, devenu entreprise privée. Québec a tout intérêt à puiser à la longue expérience qu’ils ont accumulée, surtout à la lumière de la tertiairisation fulgurante de notre structure économique.
    Comme démontré çi-haut, je peux également jeter des éclairages historiques sur vos propres mandats, ayant fait partie de la jeune diplomatie québécoise: Paris 1965, Edmonton 1980, HongKong-Chine 1985.
    Continuez le bon travail.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d'organisation_scientifique_de_l'entreprise
    http://www.cose.qc.ca/

  4. Dans « Grande Entrevue de Jean-Philippe Décarie dans La Presse Affaires du 12 octobre 2013 », la présidente de Rio Tinto Alcan, madame Jacynthe Côté, mettait l’accent sur la nécessité de « Rebâtir le secteur manufacturier du Québec, » lequel entre les années 2000 à 2012, avait plongé de 20 à 12% du PIB du Québec. Elle félicitait le gouvernement Marois d’avoir mis l’accent sur l’utilisation des surplus d’électricité pour rebâtir notre secteur manufacturier. Madame Côté a donné l’exemple de l’Allemagne qui avait su surmonter la crise économique, tout simplement en conservant son PIB manufacturier à 20%.
    Si je me laissait aller, je ferais un lien entre Angela Merkel qui dirige une économie plus imposante que la nôtre, et Pauline Marois, par sa détermination à voir le Québec retrouver son désir de rebâtir son secteur manufacturier.
    Même si on se plait toujours à dire que le Québec fait pitié, et qu’il nous faut les libéraux au pouvoir, reconnaissons que les meilleures politiques ont été menée par des René Lévesque, Jacques Parizeau, Bernard Landry et Pauline Marois.
    Les gouvernements du Parti Québécois n’ont jamais lancé la CDPQ dans des investissements tout azimut à l’étranger, pour le plus grand mal des Québécois, comme on l’a vu avec la CDPQ « Charest voulait de meilleurs rendements, et ce n’était pas au Québec qu’ils obtiendraient ».
    On connait la suite, mais pas les détails de Junior Charest !

  5. Pour que le Québec soit plus riche n’y aurait-il pas également que les Québécois cessent de verser des milliards de dollars tous les ans en taxes et impôts à la royauté Outaouaise pour l’entretien de sa superbe, son armée, sa marine et son apartheid culturel? 😉

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