Le journal du ministre: Notes africaines

Cher journal,

Le premier moment fort de notre mission africaine fut, littéralement, le premier moment.

 Dimanche matin, 200 femmes vêtues de robes blanches et orange nous attendent en banlieue de Dakar pour partager leur fierté. Elles sont des coopérantes. Elles fabriquent du savon artisanal et retirent une « motivation » (un revenu) croissante. Les organisatrices ont affiché dans la grande salle des tableaux de la croissance de la production, de la diversification des produits, du nombre de membres, et des « motivations » pour les dernières années. Impressionnant. On m’explique chaque tableau, chaque chiffre, on m’expose les objectifs pour la suite.

En quoi cela concerne-t-il le ministre blanc venu du Québec ? Ce sont des Québécois de la SOCODEVI, le bras international des coopératives québécoises, qui conseillent ces femmes. Qui « professionnalisent » leur fonctionnement, leur comptabilité, leur mise en marché. Et ils le font avec un budget du Programme de solidarité de notre ministère.

Pourquoi le Québec doit-il s’intéresser à l’Afrique ?

J’aurai le plaisir de diriger une mission multisectorielle en Afrique de l’Ouest du 6 au 15 septembre prochain. Déjà quelques dizaines d’entreprises et d’institutions québécoises sont inscrites, dans ce qui constitue une première étape de ce que la Première ministre et moi souhaitons: un renouveau de la présence québécoise en Afrique.

Pourquoi ce choix ? J’ai tenté de l’expliquer lors d’une conférence donnée lors de la Conférence de Montréal, le mois dernier:

Les participants à la mission de septembre pourront engager ou consolider des liens dans les capitales et centres économiques du Sénégal (Dakar), de la Côte d’Ivoire (Abidjan) ainsi que du Burkina Faso (Ouagadougou), trois pays au fort potentiel de développement.

Les entreprises et les institutions qui souhaitent obtenir plus d’information sur cette mission ou qui désirent y participer sont invitées à consulter le :www.export.gouv.qc.ca/fr/agenda/mission-en-afrique.

Cher journal: Notes francophones

Cher journal,

On se demande souvent si c’est bien la peine d’accueillir, au Québec, autant d’étudiants africains. Ces derniers jours, à Kinshasa, j’ai eu ma réponse.

La ministre de la famille de Centafrique a étudié au Québec. Le ministre de l’Économie du Gabon y a envoyé son neveu. Le chef de l’opposition du Congo est entouré de diplômés québécois.

Le nouveau Président tunisien, Moncef Marzouki, incarnation de la modernité, est un cas exceptionnel. Il a enseigné au Québec, en santé publique, et y a passé nombre de saisons.

Quel intérêt, au-delà du bonheur de s’être fait des amis partout ? C’est que l’Afrique sort de sa torpeur économique. La Côte d’Ivoire affiche un taux de croissance de 8,6%, le Congo de 7%, le continent entier oscille entre 6 et 8.

Selon le FMI, l’Afrique est aujourd’hui là où était la Chine il y a 20 ans: sur le point d’émerger.

Mon père et la politique internationale

« Il va régler ça, lui ! »

C’était, immanquablement, le commentaire de mon père Jean-Claude, lorsqu’on voyait à la télé un ministre canadien ou québécois se rendre dans un endroit troublé de la planète. Vous ai-je dit que mon père maniait l’ironie ?

Il avait raison, papa, de douter de la capacité de nos élus. Et c’est avec son sain scepticisme en tête que j’ai abordé, avec la première ministre, notre réel impact sur des événements qui nous dépassent.

Il faut le dire: le Québec a une image de marque dans les pays de la Francophonie. Sur 50 ans, l’engagement, l’énergie, le professionnalisme des artisans québécois ont construit une réelle réputation de probité et d’efficacité.

Mais nous ne sommes pas une grande puissance. Nous n’avons pas les muscles des États-Unis ou de la France. Notre intervention, dans le cas, en l’espèce, de la confiscation de la démocratie congolaise par le régime Kabila, n’a qu’un poids relatif. Comment en user au mieux ?

Comprendre l’Afrique (4) : Le phénomène Kony 2012

L’été, saison idéale pour parfaire sa culture générale. Je vous propose de semaine en semaine les meilleures entrevues de Planète Terre, par thèmes et en séquence logique. Cette semaine, l’Afrique.

perrot_copy-ae0de victory-ed7e6Sandrine Perrot est chercheure à CERI Siences-Po Paris.
Dernier texte paru : « The Campaign against the LRA : Old wine in new bottles ? », dans Victory Among People : Lessons from Countering Insurgency and Stabilizing Fragile States, sous la dir. de D. Richards et G. Mills, RUSI/Brenthurst Foundation, 2011, pp. 295-312.

rodriguez-2-fcea3 GenerationC-vol1_101-96cebSandra Rodriguez est doctorante en sociologie à l’Université de Montréal.
Dernière publication : Génération C : Les « C » en tant que citoyens, 10 conseils pour répondre à leurs attentes, vol 1, no. 1, janvier 2011.

Comprendre l’Afrique (3): L’Afrique saignée de ses capitaux

L’été, saison idéale pour parfaire sa culture générale. Je vous propose de semaine en semaine les meilleures entrevues de Planète Terre, par thèmes et en séquence logique. Cette semaine, l’Afrique.

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ndikumana-6afb2 Africas-Odious-Debts-52a78Léonce Ndikumana est professeur d’économie au collège Andrew Glyn de l’Université du Massachusetts à Amherst.
Dernier ouvrage paru : Africa’s Odious Debts : How Foreign Loans and Capital Flight Bled a Continent, London, Zedbooks, 2011.

Comprendre l’Afrique (2) : Le lent développement démocratique

L’été, saison idéale pour parfaire sa culture générale. Je vous propose de semaine en semaine les meilleures entrevues de Planète Terre, par thèmes et en séquence logique. Cette semaine, l’Afrique.

511CDFTCCBL-_SL500_AA300_-3ea1b Roland-Marchal_1-2-186eb-2-c544e villalonlCERIUM-2-a0977-e680aLeonardo A. Villalon est professeur associé à l’Université de Montréal et directeur du Centre d’études africaines de l’Université de Floride
Dernière publication : The Fate of Africa’s Democratic Experiments : Elites and Institutions, Indiana University Press, Août 2005, 336p.

Roland Marchal
est chercheur au CERI-SciencePo, Paris.
Dernier article paru : Soudan within the regional politics of the Horn, Fondation Heinrich Bull

Comprendre l’Afrique (1) : Les esclavages africains

L’été, saison idéale pour parfaire sa culture générale. Je vous propose de semaine en semaine les meilleures entrevues de Planète Terre, par thèmes et en séquence logique. Cette semaine, l’Afrique.

(Aller à 12’44 »)

Coquery-882ad  miniature-php-dfdeaminiature-php-2-48ab7Catherine Coquery-Vidrovitch est professeure émérite à l’Université Paris-7-Denis-Diderot.
Derniers livres parus : Enjeux politiques de l’histoire coloniale, Édition Agone, Paris, 2009, 192 p.
Des victimes oubliées du nazisme : les Noirs et l’Allemagne dans la première moitié du XXe siècle, Éd. du Cherche-Midi, Paris, 2007 196 p.

Ni vu, ni Kony 2012

Êtes-vous l’une des 56 millions de personnes à avoir vu la vidéo, terriblement efficace, appelant à une mobilisation citoyenne massive pour arrêter Joseph Kony, le leader de la Lord’s Resistance Army, responsable du kidnapping de dizaines de milliers d’enfants soldats en Ouganda et dans les environs depuis 25 ans ?

C’est un petit bijou d’instrument de mobilisation. (Vous pouvez le voir à la fin du billet.) Le ton, le montage, l’utilisation des enfants — blancs et noirs — le rythme, les étapes à franchir, tout y est. (En fait, je me serais passé de la référence à Hitler, entre autres.)

Mais voici la question: est-ce efficace ? Et la deuxième, qu’est-ce que j’en sais, moi qui suis concentré sur la politique québécoise ?

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Joseph Kony et quelques-unes de ses victimes