Le Québec dans le monde: Diversifier notre économie

L’extrait de mon discours du CORIM du 11 février portant sur la nécessaire diversification de notre économie:

Verbatim :

Les Québécois, vous le savez, ont pour tradition d’ouvrir des sentiers et des routes là où il n’y en avait pas. Le continent nord-américain est couvert de noms français parce que nos ancêtres découvreurs et coureurs des bois, depuis l’incomparable Champlain, n’ont pas eu peur de l’inconnu. Ils ont transigé avec les populations locales avec respect et équité.

Il y a encore aujourd’hui une manière québécoise d’être au monde. Non encombré de bagage colonialiste ou de visée impérialiste, traitant d’égal à égal, projetant une image de leadership efficace mais convivial.

Notre approche commerciale est empreinte de cette ADN québécoise. Nous restons nous mêmes et défendons jalousement notre capacité à définir nos politiques et nos façons d’être, tout en voulant nous déployer sur tous les continents. Nous exportons la moitié de tout ce que nous produisons. Notre économie dépend de notre succès à faire apprécier à l’étranger ce qui nous rend distincts ici.

Voyons quelques chiffres.

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Le déficit commercial est un enjeu majeur de notre politique étrangère et intérieure. Il est largement tributaire, vous le savez, de nos importations de pétrole. Le gouvernement Marois a une ferme volonté de réduire cette dépendance de deux façons : D’abord en électrifiant le transport – 25% des voitures d’ici 2020, 75% des transports publics d’ici 2030. Ensuite en produisant notre propre pétrole, de manière responsable.

Mais nous voulons aussi résoudre ce problème en augmentant nos exportations.

Voici l’évolution de nos exportations aux États-Unis, notre principal client, depuis la crise.

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Je vais vous parler de diversification, mais cela s’applique aussi à nous voisins du sud. Nous nous attachons aux marchés émergents à l’intérieur des États-Unis : notamment dans le Sud-Ouest, notamment au Texas, où nous menons avec succès plusieurs missions commerciales. La progression de nos exportations dans l’État de New York continue aussi de manière soutenue.corim 4corim 5

Voici maintenant l’évolution de nos exportations vers l’Europe corim 6Ici, même dans un marché déprimé, nous avons la certitude que la conclusion de l’accord commercial provoquera une augmentation significative de notre présence, donc de l’emploi supplémentaire au Québec.

Mais voici l’évolution de nos exportations dans les pays du BRIC.

Le Brésilcorim 7

La Russie (et ici, il y a sous-estimation car plusieurs importateurs russes prennent livraison de nos exportations en Allemagne ou en Scandinavie)

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L’Indecorim 9

La Chinecorim 10

On voit combien la diversification de nos marchés est importante et pourquoi nous tenons, dans les paramètres que nous avons indiqués, à conclure des accords avec l’Inde et appuyons en principe l’accord trans-pacifique qui est en début de négociation.

Voyez d’ailleurs d’où est venue la croissance de nos exportations depuis la crise. Alors que notre présence aux États-Unis est massive, notre croissance dans le BRIC est presque aussi forte. C’est donc très prometteur.

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Dans cette image, on voit la progression de la diversification de nos exportations au cours de la dernière décennie.

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Voici maintenant une comparaison avec le reste du Canada.corim 13

J’en profite pour vous montrer une illustration de l’internationalisation de l’économie québécoise. Voici la source de nos importations. Notez que seulement 30% vient des États-Unis. Comparez maintenant avec le reste du Canada.

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La diversification de nos importations et de nos exportations est un signe de plus grande robustesse de notre économie. Nous ne sommes pas à la merci des fluctuations économiques d’un seul partenaire. Nous y gagnons en résilience.

Les entreprises québécoises sont évidemment les premières responsables de ces succès étrangers. Mais le gouvernement québécois offre un accompagnement très actif. L’an dernier, nos services commerciaux ont épaulé 3000 entreprises dans leurs démarches d’exportation, au Québec ou à l’étranger.

Nous voulons être encore plus efficaces dans cet accompagnement et une des priorités de notre action cette année est la définition d’une nouvelle politique commerciale. Elle va mieux identifier, d’une part, le potentiel d’exportation de nos entreprises, et mieux cibler, d’autre part, les pays ou les secteurs économiques les plus porteurs pour les prochaines années. Ainsi, chacune de nos actions aura un maximum d’impact. Une consultation est en cours auprès de tous les acteurs économiques.

Nous avons ajouté un nouvel outil à notre trousse de présence à l’étranger: Les bureaux d’Expansion Québec, dont le premier fut ouvert à New York en décembre par la Première ministre.

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Le truc est d’inciter des entreprises québécoises à faire le saut à l’étranger en diminuant leurs coûts et leur risque. Plutôt que de se jeter, seul, dans un nouveau marché, nous les invitons à utiliser un espace de bureau, déjà équipé, pour trois à 18 mois, à se prévaloir des services de consultance d’un chef de bureau qui connaît les entreprises québécoises et le marché local et de cohabiter avec d’autres entreprises québécoise et française dont ils peuvent partager l’expérience.

L’idée n’est pas de nous, mais de nos partenaires de Rhône Alpes International, qui dispose déjà de 27 de ces bureaux dans le monde. Elles sont maintenant à disposition de nos entreprises. Le Québec ajoutera d’ici cinq ans 15 bureaux supplémentaires pour un réseau total de 42. Ces services sont tarifés mais extrêmement compétitifs. Mais cela permet au gouvernement québécois d’autofinancer toute cette opération.corim 16



2 réflexions au sujet de « Le Québec dans le monde: Diversifier notre économie »

  1. J’attendais et souhaitais ces informations si bien appuyées et expliquées sur les relations internationales du Québec. C’est primordial de nous informer. Merci!

  2. Monsieur Lisée à raison. Il faut tenter un premier pas et revenir sans cesse pour aboutir. L’étude du marché est important c’est l’utilité du fonctionnaire en affaires économiques de la Délégation Général et son devoir de recherche pour identifier les besoins européens, et propager l’information qui est indispensable pour faire aboutir des implantations commerciales émanant du Québec. J’habite Paris. J’ai vue une toute petite société québécoise d’équipement automobile s’acharner à proposer ses produits, simplement des lampes pour équiper les camions afin de mieux les voir. Il fallait répondre à une législation européenne obligeant les gros véhicules à être mieux vus. Ces québécois ont bien flairé cette opportunité et ils connaissent ce travail d’équipementier, ils sont arrivés au bon moment. Pareil, il y a quelques années, pour une entreprise de porte et fenêtre qui a finalement installé une usine en France. Pour ce qui est de Rhône Alpes, La région à commencé ses relations avec le Québec sans vous et par le réseau universitaire international.

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