Pétrole albertain: 14 milliards de dollars québécois plus tard

Le débat surréaliste qui fait rage au Canada anglais contre la décision de Denis Coderre et de la CMM de prendre position contre le pipeline Énergie Est vaut qu’on s’y arrête.

Dans La Presse, Yves Boisvert résume la question:

Tout se passe comme si le fait d’être une province « pauvre » rendait nulle et non avenue toute réserve sur un projet d’oléoduc.

Il y aurait d’un côté des objections nobles et raisonnables en Colombie-Britannique – les droits des Premières Nations, la préservation de la Nature et David Suzuki.

Et de l’autre, au Québec, un océan de pure mesquinerie et le marchandage politique de bas étage – d’ailleurs, ils ont rejeté leurs égouts dans le fleuve, ces gens-là…

M’est avis que ce qui menace le plus l’unité nationale, ce ne sont pas des objections à un projet mal vendu, mais l’expression enthousiaste de mépris au parfum néocolonial qu’on pourrait traduire par « Vos gueules, les pauvres ».

Mais les Canadiens anglais sont surs de leur bon droit. Ils nous envoient des milliards, donc on devrait accepter et ne pas mordre la main qui nous nourrit. J’avais abordé la question dans plusieurs billets de blogue qui méritent peut-être qu’on y revienne:

Pétrole albertain: 14 milliards de dollars québécois plus tard

L’emploi québécois dans les sables mouvants albertains

Pétrole: Haro sur la province pauvre !

Comment le Québec a financé, via Ottawa, le pétrole Terre-neuvien

 

 

 



21 réflexions au sujet de « Pétrole albertain: 14 milliards de dollars québécois plus tard »

  1. Est-ce que je dit vrais: En 1969 lorsque je débute sur le marché du travail,
    les gens contestaient que leurs impôts subventionnent Pétro-Canada pas rentable de Trudeau père en Alberta ???? au moment de devenir rentable vendu a l’entreprise privé.

  2. Le mot péréquation n’a jamais été bien expliqué et semble représenter un cadeau qu’Ottawa veut bien donner. D’où le Canada tire-t-il les fonds distribués en péréquation? De nos poches, de nos impôts, taxes et douanes. Il exige des sommes supérieures à ses propres besoins pour les distribuer en SUBVENTIONS et en PÉRÉQUATION, cette dernière pour compenser le manque de subventions accordées. Plus une province reçoit de subventions, moins, théoriquement, elle reçoit de péréquation, et vice versa. Le Québec est le deuxième à fournir le fisc à cause de sa population, mais le cinquième à recevoir des retours d’impôts. En 2014: IPE: 3735$; N.B.: 3464$; N.É.: 3202$; MANI.: 2625$ ET QUÉ.: 2387$
    Nunavut: 40 080$; Territoires: 29136$; Yukon: 24310$
    Il faut dire que la péréquation provient de nous-mêmes et qu’Ottawa n’a jamais soustrait de la péréquation les exactions qu’elle fait absorber par les Québécois comme un surplus d’impôts sur les dividendes, avec perte totale de 21% de revenus pendant 7 ans; comme les 14 milliards volés directement dans le fonds d’assurance-emploi recueilli par les employeurs et les employés pour les cas de chômage.

  3. Il faudrait que cette vidéo soit diffusée en Anglais aussi , M. Nantel est un as pour expliquer clairement les choses. Peut-être que certains anglos comprendraient le pourquoi de certaines choses et que les Québécois ne sont pas aussi ridicule qu’ils le croient.

  4. On devrait accepter le passage de ce long tuyau en échange de redevances basées sur le prix et le nombre de barils de pétrole vendus.Autrement qu’ils le laissent où il est.

    • Non! Aucune condition d’échange. On refuse de se laisser polluer. Les risques seront toujours trop grands.

  5. Il me semble qu’on paie encore des impôts et des taxes au fédéral, Toute les province recoivent une péréquation pourquoi pas le Québec, le soutien canadien au niveau de l’économie est en déclin au Québec, grâce a qui si le Québec est en perte et a droit èa une plus forte péréquation?

  6. Si Boisvert est capable de retrouver sa fibre québécoise, et de l’écrire en français, soyons sûrs que les fouille-poubelles anglo, s’ils sont aussi vicieux qu’ici, s’arrangeront pour que ça aille faire mal à qui de droit.

  7. Monsieur le maire fait jusqu’ici une belle lutte au projet de pipeline trans-canadien.
    Mais on a le sentiment qu’il achève tout juste de river le clou dans le cercueil des conservateurs, après son spectaculaire coup de marteau-piqueur contre une dalle installée à Montréal par Poste-Canada et ce, en pleine campagne électorale.
    On aimerait aussi que M. Coderre prenne en main avec autant de vigueur le dossier de la CSeries, crucial pour l’avenir industriel et économique de la métropole.
    Mais avec la dégelée que viennent de servir au Québec l’Ouest et le ROC dans l’affaire du pipeline, on peut être assuré que le gouvernement Trudeau va maintenant se sentir obligé politiquement – face au Canada anglais – de refuser de financer l’avènement de la CSeries, comme le demandent Bombardier et Québec.
    Le gouvernement Trudeau paraissait déjà sceptique à l’égard de ce financement de la CSeries, dès son entrée en fonction. Rien, depuis, vient modifier son attitude dans ce dossier, au contraire.
    Ottawa aura maintenant moins de difficulté à s’objecter au financement de la CSeries, se pliant ainsi aisément à la grogne torontoise.
    Toronto, qui s’est largement approprié les activités économiques de Montréal sous Trudeau première manière, pourra compter maintenant sur Trudeau seconde manière pour tuer Bombardier et entreprendre de s’approprier lentement le contrôle de la construction d’avions, qui fait le prestige économique de Montréal à travers le monde.
    Monsieur le maire, le dossier de la CSeries est peut-être plus important finalement que celui du pipeline trans-canadien, le pipeline étant de toute manière voué à l’extinction, vu la nature de son produit, tandis qu’avec la CSeries, il en va de milliers d’emplois et de milliards en investissements pour le prochain demi-siècle, tout ça dans la région de Montréal.
    Monsieur Coderre doit maintenant nous prouver qu’être maire libéral à Montréal confronté à des gouvernements libéraux à Ottawa et Québec facilite l’exercice du pouvoir plutôt qu’il ne le complique.
    La CSeries promet des avions moins bruyants et qui consomment moins de carburant; on comprend que ça gêne Boeing et Airbus de voir un troisième individu, Bombardier, vouloir s’installer dans leurs marchés mondiaux. Et la cerise sur le gâteau : Air Canada marche dans la démarche des grands pour écarter Bombardier.
    Ottawa a déjà aidé l’industrie automobile de l’Ontario. Ici c’est la construction d’avions qui importe et qui mérite qu’on s’y intéresse au premier chef.

  8. IRVING et SEA SPAN ont obtenu 66 milliards de contrats militaires pour des navires et pour le Brise Glace John Diefend Baker.

    Nous payons 23% de la facture comme on a payé 23% de la facture pour 9 bateaux de la Garde Cotière construit par IRVING et qui mettent en danger la vie des marins.

    IRVING a tout fait pour que Lévis n’ait pas de contrat, malgré le fait que la Loyds de Londres ait accord/ au chantier de la vie la note de chantier le plus performant des Ameriques en 2014.

    A Ottawa, il y a 37 centre de recherche scientifique qui bouffent plus de 30% de tous les budgets de R & D au Canada, mais n<en cherchez point 'a Gatineau, il n<y en a pas.

  9. Je ne crois pas du tout que c’est parce que le Québec est pauvre. Je crois plutôt que c’est parce qu’ils nous voient comme des vaincus et que le fédéral devrait décider, comme toujours, de la direction de la richesse. Mais, ça c’est plutôt gênant à dire.

  10. « Mais les Canadiens anglais sont surs de leur bon droit.  » Vous perdez vous même votre argument. Le mépris ne viens pas du fait qu’ils soient canadiens, anglais ou canadiens anglais, le mépris vient du fait qu’ils soient riches.
    Le projet de loi C42 inclus des dispositions pour permettre d’être associé au terrorismes ceux qui s’opposent au développement des ressources énergétiques au pays. Cela a été fait lorsque le northern gateway pipeline (qui lui va vers l’ouest) était en développement et si ça c’est pas du mépris!

  11. Il me semble qu’il y a un parallèle à faire entre ce dossier et celui de l’allongement de la piste d’aviation sur une petite île près de Toronto. Les Torontois ont dit qu’ils n’en voulaient pas parce que cela serait trop bruyant. Pourtant cela aurait avantagé la vente d’avions de la série C de Bombardier. Porter Aviation voulait en acheter quelques dizaines. Très rapidement, Marc Garneau a fait part de son opposition et on n’en a plus entendu parler. En passant y a-t-il une compagnie aérienne canadienne qui a passé commande pour ces nouveaux avions? Je ne crois pas.

    Il m’apparaît que c’est ce qu’on appelle du fédéralisme asymétrique!
    Bonne journée.

  12. Il ne faut pas lâcher, l’Ouest ne nous respecte pas. Quelle va être la prochaine menace? Tant que les Québécois ne décideront pas avec fermeté de leur destin, nous allons devoir accepter les miettes qu’ils voudront bien nous laisser.

  13. Il serait aussi très pertinent de faire le calcul des coûts pour les consommateurs du Québec de s’approvisionner en pétrole albertain raffiné par Valero et Suncor depuis l’inversion de l’oléoduc 9B, deux entreprises qui alimentent presque toutes les stations d’approvisionnement, les exceptions étant Shell qui n’a pas encore tout démantelé ses installations dans l’est de Montréal, Irving qui s’alimente au Nouveau-Brusnwick et Esso à Sarnia.

  14. Je trouve ces arguments pour l’indépendance, non seulement très appropriés, mais assez évidents merci !
    J’en vois d’autres : je préfère confier mes impôts à des gens du Québec, d ma langue, de ma culture et de mon environnement social, plutôt que de les confier à des gens d’une autre culture et d’un autre partie du monde. Je n’ai pas peur qu’au Québec on puisse trouver TOUTES les ressources humaines et les compétences pour se payer un pays à notre désir.
    Croyez-vous vraiment que les Danois, pays beaucoup plus petit que le nôtre, accepteraient d’envoyer leurs impôts aux Allemands pour que les Allemands décident quoi faire avec cet argent ?

  15. Svp, continuer à taper sur ce clou. C’est une affaire aprte à réunir les Québécois autour de ceux qui vont dire que ce projet n,as aucun sens.Il faut aussi dire que même avec pipeline, les trains et bateaux vont continuer. Aussi ceux qui pensent que la sécurité va être mieux, se gourrent, et ils faut le dire.Merci

  16. Le meilleur moyen de lutter contre le projet de pipeline Energie-Est, c’est encore de faire l’indépendance du Québec!

  17. Merci de se rappel, M. Lisée, je trouve moi aussi qu’on ne rappelle pas assez à quel point le Québec a financé le développement des provinces du ROC depuis (et même avant) la création du Canada, dans cette histoire. Pas mal sûr que si on fait le calcul avec intérêt des dépenses en infrastructures du financées par les Québécois au fil du temps, il s’en tire encore à bon compte avec la péréquation.

    • Et auxquelles il faudrait ajouter les subventions (exemptions d’impôt et autres) dont profitent les pétrolières.

    • Les deux partis supposément indépendantistes devraient répliquer à ces faussetés de façon immédiate, d’abord aux lanceurs de pierres et ensuite aux journaux de l’endroit qui devraient corriger les préjugés.

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