Voir, lire, sortir : Coco et les filles, Séraphin et Mulder, 2084 et le poqué de Goudreault

J’ai décidé de vous faire part, comme ça le vendredi en fin d’après midi, de mes coups de cœur. Mes avis sont gratuits, et c’est ce que ça vaut !

Théâtre: les filles de Coco

J’ai adoré. Le texte est vif, le ton parfaitement crédible, le jeu juste, la structure efficace. Quatre jeunes québécoises, sœurs et amies, revivent leurs parcours émotif à l’heure du décès de l’une d’entre elle. Une grande entrée en scène pour l’auteure et comédienne Nathalie Doummar. A La Licorne, mais les billets partent comme des petits pains chauds.
cocoTélé (1): Les pays d’en haut

Antoine Bertrand, comme né pour le rôle du Curé Labelle.

Antoine Bertrand, comme né pour le rôle du Curé Labelle.

Je suis assez vieux pour avoir vu la série originale (mais, non pas celle à la radio). J’ai vu trois épisodes de la nouvelle, je suis emballé. D’abord par le rythme. Dès les premières minutes, la situation est installée, les personnages en action. Et quels personnages ! Un Séraphin complètement nouveau, beaucoup plus mystérieux et d’autant plus dangereux. Une Donalda d’une fougue démultipliée. Et un Curé Labelle campé par un Antoine Bertrand qu’on croirait né pour le rôle. Seul bémol: plusieurs acteurs ont les dents beaucoup trop blanches à mon goût ! Mais je pardonne.

En reprise sur ici.tout.tv

Télé (2) : Le retour de Fox Mulder

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J’ai un faible pour Gilian Anderson, meilleure dans la série The Fall.

Catastrophé pendant le premier épisode de la nouvelle série de The X-Files. J’avais suivi la série culte à l’époque. Les premières saisons étaient captivantes. Les dernières bâclées. J’espérais un retour de la qualité. Erreur. Réentrée des personnages invraisemblable, scènes loufoques et mal jouées. Et cigarette-smoking-man, le conspirateur-en-chef qui revient dans la dernière scène, n’a-t-il pas reçu un missile en plein visage dans la finale de la série précédente ? Et le bureau des The X-files ne fut-il pas incendié ? Skinner et Mulder ne s’en souviennent pas ? Le deuxième épisode est un peu mieux. Et c’est seulement parce que j’ai un faible pour Gillian Anderson, qui joue Dana Scully. Si vous souhaitez la voir dans une bonne série où elle excelle, essayez The Fall, sur Netflix.
On peut voir les épisodes de X-Files ici.

Livres (1): Big Brother à la sauce islamique

26131294Dans 2084, La fin du monde, Sansal nous transporte dans une contrée où règne sans partage un pouvoir religieux crypto-islamique. A travers l’expérience d’un jeune homme, il en pénètre les rouages, puis les magouilles, pour tenter finalement de trouver des frontières hors de cette contrée pourtant présentée comme sans limite.
La langue est belle, la construction théorique de cette théocratie totale aussi, le voyage du protagoniste ne manque pas d’intérêt. Mais au-delà de la caricature, on ne voit pas en quoi cela fait avancer le débat.
Donc pour ceux qui cherche un assez bon roman, mais pas trop de clef.

Livres (2) : Parcours d’un poqué

25460640Je ne connaissais pas David Goudreault. Je l’ai entendu slammer lors d’une assemblée publique de la Fédération des enseignants du Québec et j’ai été séduit par la qualité de sa pensée et de sa langue. Je le lui ai dit et il m’a donné cet ouvrage, La bête à sa mère, que j’ai dévoré.
On suit les progressions/régressions d’un poqué de l’enfance, qui devient poqué de l’adolescence, puis de l’âge adulte. C’est fascinant et épeurant. On se demande d’ailleurs comment Goudreault en sait autant sur cette sous-culture.

À votre tour

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À propos de Jean-François Lisée

Il avait 14 ans, dans sa ville natale de Thetford Mines, quand Jean-François Lisée est devenu membre du Parti québécois, puis qu’il est devenu – écoutez-bien – adjoint à l’attaché de presse de l’exécutif du PQ du comté de Frontenac ! Son père était entrepreneur et il possédait une voiture Buick. Le détail est important car cela lui a valu de conduire les conférenciers fédéralistes à Thetford et dans la région lors du référendum de 1980. S’il mettait la radio locale dans la voiture, ses passagers pouvaient entendre la mère de Jean-François faire des publicités pour « les femmes de Thetford Mines pour le Oui » ! Il y avait une bonne ambiance dans la famille. Thetford mines est aussi un haut lieu du syndicalisme et, à cause de l’amiante, des luttes pour la santé des travailleurs. Ce que Jean-François a pu constater lorsque, un été, sa tâche était de balayer de la poussière d’amiante dans l’usine. La passion de Jean-François pour l’indépendance du Québec et pour la justice sociale ont pris racine là, dans son adolescence thetfordoise. Elle s’est déployée ensuite dans son travail de journalisme, puis de conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, de ministre de la métropole et dans ses écrits pour une gauche efficace et contre une droite qu’il veut mettre KO. Élu député de Rosemont en 2012, il s'est battu pour les dossiers de l’Est de Montréal en transport, en santé, en habitation. Dans son rôle de critique de l’opposition, il a donné une voix aux Québécois les plus vulnérables, aux handicapés, aux itinérants, il a défendu les fugueuses, les familles d’accueil, tout le réseau communautaire. Il fut chef du Parti Québécois de l'automne 2016 à l'automne 2018. Il est à nouveau citoyen engagé, favorable à l'indépendance, à l'écologie, au français, à l'égalité des chances et à la bonne humeur !

5 avis sur « Voir, lire, sortir : Coco et les filles, Séraphin et Mulder, 2084 et le poqué de Goudreault »

  1. Le vrai journaliste est de retour, vraiment super. Bien apprécié ces critiques.

  2. A voir, le film «Mustang» au Cinéma Beaubien. La vie de 5 soeurs est bouleversée par la montée de l’intégrisme religieux dans un village situé à 1000 km d’Istanbul … Une coproduction Turquie-Allemagne-France. Ce film représente la France aux Oscars, dans la catégorie «Meilleur film étranger»

    https://www.youtube.com/watch?v=ZlQZ7j9vvMw

  3. Nous avions publié sur le site des Artistes pour la Paix un texte de David Goudreault contre la guerre pour lequel il nous avait gracieusement accordé la permission. C’est un être articulé, ses textes en témoignent, mais il faut l’entendre les dire, avec un sens du rythme aiguisé et la conviction de la vérité dans le ton de voix.

  4. Bonne idée que ce Voir, lire, sortir. C’est donc un rendez-vous hebdomadaire du vendredi après-midi. Avec plaisir!

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