Un commerce agréable

Vous le savez peut-être, je suis ministre du Commerce extérieur et, comme l’a indiqué Mme Marois dans son discours d’ouverture, nous sommes en train de redéfinir la politique commerciale du Québec. Pour ceux que ça intéresse, j’ai fait deux interventions récentes sur ce sujet.

D’abord dans le journal Les Affaires, dans une entrevue à François Normand. Extraits:

Exportations : la méthode Lisée

La diversification des marchés internationaux du Québec avec des interventions ciblées sera la priorité du gouvernement Marois, à l’intérieur des États-Unis, dans les pays du BRIC et en Afrique, dit Jean-François Lisée, que nous avons rencontré à son bureau de Montréal.

Aux États-Unis, Québec mettra le paquet pour développer nos exportations dans le sud du pays, précise le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.

«C’est le marché émergent à l’intérieur même des États-Unis», dit-il. Le Texas est d’ailleurs déjà le deuxième marché d’exportation du Québec sur le marché américain après l’État de New York. En 2011, nos expéditions y ont atteint 5,9 milliards de dollars américains.»

Pour accroître les exportations dans les États du sud, Québec misera sur des missions commerciales. Jean-François Lisée illustre le potentiel de cette approche avec l’exemple du Texas. En janvier 2012, trois des neuf entreprises qui ont participé à une mission dans cet État ont signé des ventes totalisant 7 millions de dollars. Et en octobre, cinq des sept entreprises qui sont allées au Texas ont conclu des ventes potentielles d’une valeur de 4 M$, dont Coencorp. […]

Québec ciblera aussi mieux ses interventions dans le BRIC. Par exemple, en Russie, le gouvernement aidera les entreprises québécoises à devenir des fournisseurs de groupes établis dans ce pays, comme le quincaillier français Leroy Merlin. […] Selon M. Lisée, cette stratégie d’intégrer les chaînes d’approvisionnement comporte un avantage important pour les entreprises québécoises : elles n’ont pas à gérer les risques d’affaires associés au marché russe, dont la corruption et une culture d’affaires différente. Ces risques incombent aux détaillants.

Par ailleurs, en Chine, Québec y privilégiera les missions commerciales ciblées. La plus récente, dirigée par François Gendron, vice-premier ministre et ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en est un bon exemple. En novembre, il a accompagné des entreprises québécoises à des salons commerciaux à Zhuhai, à Hong Kong et à Shanghai. Ces villes accueillaient respectivement l’Airshow China (aéronautique), le Cosmoprof (cosmétiques) et le FHC China (agroalimentaire).

L’Afrique se trouve au même niveau de développement économique que l’était la Chine il y a 20 ans, selon le Fonds monétaire international. C’est pourquoi Québec veut se positionner dès maintenant sur ce continent.

Le gouvernement Marois pourrait même ouvrir un bureau en Afrique, où il n’a aucune présence. «On est en train de travailler là-dessus sérieusement, et ça va devenir clair d’ici le printemps», dit le ministre, en précisant qu’une politique africaine sera déployée d’ici juin 2013.

Les opportunités vers l’Europe

Les partenaires engagés dans le commerce avec l’Europe étaient réunis récemment à Montréal dans le Carrefour Europe. Je leur ai préparé ce petit vidéo:



9 réflexions au sujet de « Un commerce agréable »

  1. Malheureusement, la visite de Francois Gendron, n’aura pas eu grand effet. J’ai l’occasion de le rencontrer après avoir su par un ami qu’il était ici. Aucunement, la communauté Québécoise établie ici n’en fut informé. Comment avancé si les autorités qui représente le Québec sont totalement déconnectés de tous les Québécois qui sont sur le terrain ici? Ne serait-il plus intelligents de regrouper tout le savoir faire  »Made in Québec » sous une même vision?

  2. Bonne idée, celle de se rapprocher de l’Afrique. Le Québec y est totalement absent, ce qui n’est pas normal.

    Merci.

  3. Est-ce que l’agriculture (incluant l’élevage) ne devrait pas devenir une priorité?

    Contrairement a d’autres produits dont les prix sont déprimés ou aléatoires comme le gaz naturel ou les minerais, le prix de toutes les viandes est en hausse forte et constante depuis plusieurs années déja. Pas besoin de faire une coûteuse étude de marché: on voit très bien l’augmentation des denrées alimentaires lorsqu’on fait notre épicerie! Et sur le plan mondial, des masses de population désirent abandonner l’agriculture de subsistance pour se trouver un emploi en ville: rien qu’en Chine on parle de 300 millions de personnes!

  4. Bravo, bravo pour vos efforts de diversification des marchés extérieurs!

    Cependant, Montréal offre bien peu de vol à destination de ces divers marchés!

    Air Canada négocie surtout des accords internationaux pour des vols en partance de Toronto, Calgary et Vencouver!

    À ma connaissance, Montréal ne dispose d’aucune liaison aérienne à destination du Brésil, de l’Inde, de Chine, de Russie, etc.

    L’histoire nous enseigne que le développement du commerce passe d’abord par des liens de communication entre les personnes et des moyens de transport des biens!

  5. Au sujet de la diversification des marchés, voir du côté des États de l’Amérique du Sud et de l’Afrique… de récents contacts dans le cadre de voyages d’affaires m’ont laissé entrevoir tout le potentiel de tels territoires. Une diversification des marchés qui devrait s’accompagner d’une ouverture plus grande également en matière d’immigration des personnes.

  6. Comme citoyenne, j’aime ce rapport en direct que font intervenir les billets de Jean-François Lisée. Ces billets ont le mérite de nous rapprocher du gouvernement Marois et de démystifier la politique au quotidien. Bravo à vous! Il n’en demeure pas moins que nous voulons restés vigilants face à nos élus!

  7. Attention de ne pas tomber dans le simplisme. Contrairement à la Chine il y a vingt ans, l’Afrique n’est pas régie par un seul gouvernement. Elle n’a pas de culture d’action commune et ne se considère pas comme un tout, loin de là. La formule est belle, mais la réalité est infiniment plus complexe et pleine de pièges. Merci de rester circonspect.

  8. Sans présence en Afrique nul espoir pour les compagnies Québécoises.
    Les Chinois l’ont compris il y a 20 ans aussi et sont partout en Afrique : commerce, construction d’infrastructure, projets de développement, capitaux, main d’oeuvre même.
    Les Français sont évidemment intimement imbriqués dans tous les réseaux de presque tous les pays d’Afrique francophone depuis le 19ième siècle! Ils voient venir les Québécois, qu’ils craignent, avant même que l’avion ait décollé de l’aéroport PET et sont particulièrement habiles à nous médire auprès de leurs amis Africains.
    Côté anglophone le Nigéria et l’Afrique australe sont des partenaires potentiels intéressants. L’Afrique du Sud est économiquement sophistiquée mais le pays a fortement déçu en termes de croissance économique ces dernières années. Le Nigéria a un potentiel incroyable mais requiert des nerfs d’acier pour s’y aventurer commecialement.
    Le Maghreb est en ébullition.
    Pas évident l’Afrique, n’y mettez pas trop de billes à moins que vous songiez à brasser des affaires à moyen et long terme. Des années d’efforts.

  9. Merci JFL pour votre intervention pour plus de démocratie et de bnne gvnance en RDC. Ns sommes disponibles pr discuter avec vous des possibilités d’affaires pour le Québec au Congo.

Les commentaires sont fermés.